Troisième modèle de la gamme, l’Excess 11 est assurément une nouveauté 2020 incontournable : d’abord parce qu’il défriche un marché abandonné depuis quelques années, celui des catamarans de croisière de moins 40 pieds, ensuite parce qu’il n’emprunte aucun moule à un Lagoon.
Infos pratiques
- Le chantier : Excess 11
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Excess 11
- Assuez votre Excess 11
- Articles autour du Excess 11
Un nouveau catamaran très excitant à essayer, mais un temps qui s’y prête un peu moins avec une visibilité inférieure à 200 m, voilà ce qui nous attendait mi-mars à La Rochelle(, France). C’est le tarif d’un essai excusif… Au moins, la pluie du matin s’est enfoncée dans les terres, et le vent s’est levé à une quinzaine de nœuds – parfait pour le marin (et crève-cœur pour le photographe, j’ai fait ce que j’ai pu). Vu du ponton, l’Excess 11 se différencie nettement de ses aînés par ses coques plus nervurées, son rouf plus court, et surtout son mât, posé sur le pont. Le chantier, malgré les normes de construction qui imposent des échantillonnages généreux – 40 % de poids en plus pour la structure comparé à un Lagoon 380 –, est parvenu à tenir un devis de poids serré grâce au pont et au rouf réalisés en injection, mais également en mettant en place des process industriels qui limitent raccords et doublages des panneaux. Le module du carré, par exemple, intègre la penderie de la cabine Propriétaire et s’emboîte dans les coques.
Un vrai vélo !
Les deux moteurs de 29 CV sont bien adaptés au déplacement de ce catamaran – 9 t lège. Aucune difficulté lors des manœuvres au port, une vitesse de croisière honorable de 6,8 nœuds, et un volume sonore contenu, même dans les cabines arrière. En série, le chantier propose un réservoir de 200 litres de gazole. On peut en commander un second en option.
Hisser une grand-voile de 60 m2 – nous disposons de la version Pulse Line – est aisé, dérouler le foc autovireur plus encore : en quelques minutes, nous voilà sous voile. Au près, le 11 tient un cap de 50 à 55° et cavale à près de 7 nœuds alors que le vent ne souffle qu’à 12 nœuds. Logiquement, les coques relativement courtes sont bien plus sensibles à l’état de la mer qu’une plate-forme de 50 pieds ; mais l’agrément de barre nous motive à négocier au mieux les vagues et à conserver un bon écoulement laminaire sur les penons du solent. On peut dérouler le gennaker dès 65/70° du vent s’il est faible : ce sont ces conditions qui promettent, selon les polaires de VPLP, un excellent rendement : 9,2 nœuds à 75° d’un vent de 12 nœuds. L’angle minimum augmente bien sûr si la brise est plus consistante. Avec 14 nœuds de vent, on déroule les 62 m2 à partir de 110°. La vitesse augmente sensiblement – gain de 1,5 nœuds –, mais la différence de régime est moins flagrante qu’à bord des Excess 12 et 15. Précisons que notre version Pulse Line offre 8 m2 de surface de voile en plus au près, et que notre modèle d’essai est équipé d’hélices repliables.
Deux postes de barre et bimini ouvrant
A bord, le cockpit paraît évidemment étriqué, comparé aux catamarans de 40 pieds et plus. Mais tout y est : une table de 1,09 m par 76 cm capable d’accueillir 4 personnes (6 ou 7 avec des tabourets), deux grands banquettes supplémentaires, des jupes arrière bien aménagées, et bien sûr les deux postes de barre (70 cm de diamètre), marque de fabrique Excess. Toutes les manœuvres sont concentrées à tribord, à l’exception de la drisse de gennaker et du premier ris – poste de barre bâbord. Chaque bout a un motif distinct tout en respectant une harmonie générale de couleur. Subtil, élégant, mais pas si facile à mémoriser – en tout cas pour moi ! Le double siège de barre repliable, identique à celui de l’Excess 12, est astucieux, mais mérite un effort de finition. On retrouve ici le fameux « toit ouvrant Targa » découpé dans le bimini – une sacrée bonne trouvaille. Le travail réalisé sur les vitrages du rouf permet, depuis chaque poste de barre, de garantir une excellente visibilité vers la carène opposée. La circulation vers le bain de soleil avant et les grands trampolines (celui de bâbord est plus large que son voisin, car la goulotte de la chaîne de mouillage est décentrée) est aisée ; on accède sur le rouf (très glissant sur l’avant et les côtés) grâce aux échelons de mât rabattables.
Compact mais fonctionnel
On accède à la nacelle par une porte coulissante de 1,82 m par 76 cm. Un format largement en dessous des cotes proposées par Bali, par exemple, mais qui ne gêne en rien l’aisance de circulation entre le cockpit et l’intérieur. Là, on relève une confortable hauteur sous barrot de 2,09 m.
A l’instar du cockpit, la nacelle présente une surface de plancher limitée : au début, un équipier a vite fait d’en gêner un autre. Honnêtement, on s’y fait très vite, et il est aisé de s’approprier la cuisine en L côté cockpit, la table du carré (124 cm par 73 cm) et la petite table à cartes de 69 cm de largeur, orientée travers à la marche. Les larges ouvertures offrent une vue imprenable à 360°. Au final, difficile de faire mieux dans un tel volume, volontairement restreint. Rappelons ici que l’Excess 11 ne fait que 38 pieds ! Mesure que l’on oublie dès qu’on pénètre dans les coques : certes, à bâbord, on partage un cabinet de toilette. Mais les couchages sont larges : 1,60 m à l’arrière (travers à la marche) et 1,80 m à l’avant. Beaucoup de rangements sont prévus, avec en particulier de très grands coffres sous les matelas. Les passages de portes sont tous supérieurs à 45 cm et l’aération est assurée par deux panneaux ouvrants. A tribord, la coque dédiée au propriétaire offre un grand lit de 2 m x 2 m, un bureau et une immense salle de bains.
Conclusion
L’arrivée de ce nouveau modèle est une bonne nouvelle pour la marque Excess, qui s’affranchit désormais de l’outillage des Lagoon existant : ce 11 est donc un modèle sans contrainte préexistante, ce qui a permis aux architectes et aux architectes de pousser un peu plus le curseur vers la performance. Le lancement de l’Excess 11 est également un message fort pour le marché du multicoque de croisière : oui, on peut naviguer confortablement à bord d’un catamaran de moins de 40 pieds ! Gageons que cet Excess 11 saura prendre la relève de deux modèles iconiques de 38 pieds, l’Athéna 38, et bien sûr le Lagoon 380.
Descriptif technique :
Constructeur : Excess Catamarans
Architecte : VPLP
Design extérieur : Patrick Le Quément
Design intérieur : Nauta Design
Longueur hors-tout : 11,33 m
Longueur à la flottaison : 11,06 m
Largeur : 6,59 m
Tirant d’eau : 1,15 m
Tirant d’air standard : 17,27 m
Déplacement : 9 t
Surface de voile : 77/85 m2 (Pulse Line)
Grand-voile : 55/60 m2
Foc autovireur : 22/25 m2
Code 0 : 54/62 m2
Spi asymétrique : 110 m2
Motorisation : 2 x 29 CV
Carburant : 200 ou 2 x 200 l
Eau : 300 l
Cabines : 3 ou 4
Homologation CE : A8 B12 C16 D20
Prix : 235 000 € HT
Prix du modèle essayé : 343 021 € HT
Principales options HT :
Pack Sail Away ; 11 050 €
Version Pulse Line : 13 838 €
Plus-value pour winch électrique 40.2 arrière tribord à la place du standard : 2950 €
Accastillage de Code 0 avec tangon et emmagasineur : 4115 €
Code 0 Mylar plan de voilure standard : 6306 €
Code 0 Mylar Pulse Line : 7006 €
Pack électronique Raymarine : 2116 €
Toit ouvrant en toile : 2021 €
2e siège poste de barre bâbord : 2850 €
Fond de cockpit arrière + jupes en teck : 4650 €
Bossoirs inox : 2699 €
Balcon avant et siège composite avec filières avant : 859 €
Passerelle carbone 2,60 m repliable avec housse + 2 lyres : 2750 €
Commandes moteurs électriques aux postes de barre : 8854 €
Hélices tripales repliables : 2387 €
Dessalinisateur 60 l/h 12 V : 12 125 €
Batteries AGM à la place des batteries acide standards : 729 €
Convertisseur 12/230 V-2 kVA : 2850 €
Panneaux solaires sur bossoirs (4 X 120 W) : 9340 €
Pack annexe CL290 avec moteur Yamaha 6 CV : 7220 €
Les +
Performances convaincantes
Bimini « Targa »
Facilité de manœuvre
Les –
Finition des sièges de barre rabattables perfectible
Avant et côtés du rouf glissants