Etes-vous plutôt Lagoon ? Dévoilé en 2017, le Lagoon 50 représente avec le 40, le 42 et le 46 les modèles de la dernière génération conçue par le leader mondial des catamarans de croisière. Ce 50, à sa sortie, s’intercalait entre le best-seller Lagoon 450 et le 52. Son ambition : rester accessible à un équipage familial et offrir le maximum de confort.
Ou Excess ?La gamme Excess, lancée par le Groupe Bénéteau il y a tout juste un an, se démarque des Lagoon par des performances revues à la hausse et une attention portée au plaisir de naviguer. L’Excess 15 partage le même châssis que le Lagoon 50, ce qui permet d’établir des comparaisons pertinentes entre les deux modèles.
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LAGOON 50
50 pieds – ou presque – et près de 8 tonnes de charge utile : les caractéristiques du Lagoon 50 en font un support idéal à la grande croisière tout confort. Mais une telle unité de plus de 20 tonnes lège reste-t-elle gérable en famille ? C’est bien l’objectif que s’est fixé le constructeur. Si les modèles de taille supérieure sont le plus souvent confiés, dans la pratique, à un skipper pro, le Lagoon 50 est bien conçu pour être géré en famille.

Lieu de l’essai : El Arenal, Majorque - Espagne
Conditions : vent de sud-est 5 à 10 nœuds, mer calme
LAGOON DERNIÈRE GÉNÉRATION
Malgré un franc-bord et des surfaces vitrées imposants, l’allure générale du bateau reste fluide. Nervures, hublots de coques intégrés dans une réservation, redans, bande de couleur entre les hublots du rouf et le bimini, haut des étraves plongeantes… autant de petits détails qui affinent un catamaran volumineux. Cette recherche quant au design est directement issue du travail réalisé sur le Lagoon 42 ; elle a été déclinée avec le même succès sur le 40 et le 50 un an plus tard, puis sur le 46. Si le Lagoon 39 et le 52 ont imposé le mât reculé dès 2013, c’est donc bien le 42 qui inaugure la dernière génération – elle se caractérise par des nouveaux codes de design, mais également par un cockpit plus épuré encore. Comprenez que le plancher de ce dernier, bien sûr au même niveau que celui de la nacelle, se poursuit à l’arrière des coques, pratiquement jusqu’aux jupes arrière. Le constructeur valide donc une fois de plus son concept de gréement à la fois très élancé et reculé – le mât est en appui sur le rouf, et non devant. L’idée est d’optimiser le centrage des poids – et donc de diminuer le tangage –, tout en offrant au foc autovireur une surface respectable. Enfin, le chantier a opté pour un poste de pilotage sur le flybridge.
ADAPTÉ À UN ÉQUIPAGE RÉDUIT
Etablir les voiles, grâce au winch électrique, ne demande pas beaucoup d’efforts. Quasiment toutes les manœuvres se gèrent depuis le flybridge, réparties sur des winches et bloqueurs parfaitement accessibles au barreur. La barre est directe, le bateau répond bien, ne rechigne pas à virer, même sans beaucoup de vitesse. De là-haut, la vue sur le plan d’eau, les étraves et le plan de voilure est parfaite. En revanche, le bimini masque les deux poupes. Globalement, le 50 est donc bien adapté à un usage familial. Un seul hic à l’heure de vérifier le passage d’une bosse de ris, ou bien de plier la grandvoile : la hauteur de la bôme peut imposer quelques acrobaties – d’où l’intérêt de l’option canoë, qui facilite le stockage de la voile… et ces déplacements « en altitude ». Par vent faible, le Lagoon 50 se déhale correctement, pour peu que le Code 0 soit déroulé. Le chantier insiste lourdement sur l’intérêt de cette voile, indispensable pour animer le speedo en dessous de 10 nœuds de vent réel. Coupée plate, la voile porte jusqu’à 60° du vent réel dans les airs légers – pas très loin du cap optimum. A partir de 20 nœuds de vent, le Lagoon 50 est capable d’assurer des moyennes de l’ordre de 8 à 10 nœuds, mais réclamera des bonnes vagues pour partir en surf – et donc atteindre des vitesses plus élevées. Côté motorisation, mieux vaut opter pour les 80 CV proposés en option, plutôt que les 57 CV livrés en standard.

PLACE AU FLYBRIDGE !
Le plan de pont fait la part belle aux surfaces dédiées au farniente : le cockpit, pour commencer, est parfaitement protégé par le bimini, et la table sur bâbord peut doubler sa surface pour accueillir jusqu’à 12 convives. Une cuisine complète permet de préparer les repas à l’extérieur. La plate-forme hydraulique permet de stocker l’annexe et propose, en plus des deux jupes arrière, tout ce qu’il faut pour profiter d’un mouillage agréable. La circulation générale sur le pont est particulièrement soignée : marches larges, passavants-boulevards (avec raccourci depuis le cockpit), accès facile par les deux côtés au flybridge. Et pour se poser, entre les banquettes arrière, le solarium avant et celui du fly, on n’a que l’embarras du choix. A noter : un grand coffre sous le solarium permet de ranger tous les coussins.
EPONTILLE ET MODULE AU CENTRE DE LA NACELLE
La nacelle, comme à bord de tous les Lagoon, offre un volume maximal et une excellente protection contre le rayonnement solaire grâce aux hublots verticaux. On est immédiatement conquis par la luminosité intérieure, la vue quasi panoramique et la qualité générale de la finition. En revanche, contrairement à la tendance actuelle, l’ouverture côté cockpit n’est pas très large ; si la baie vitrée offre bien 1,50 m en position ouverte (soit 3 m de surface vitrée au total sur l’arrière), la largeur de passage utile se limite à 89 cm – la faute aux deux meubles cuisine en L, dont les retours « mordent » sur l’ouverture. Une configuration qui est sans doute la conséquence de l’épontille, elle-même solidaire d’un meuble central. Du coup, le carré en U (table de 185 cm par 75 cm) est très avancé. A tribord, la table à cartes est de bonne taille – 75 cm par 62 cm –, mais orientée dos à la route. Et les cabines ? Le constructeur en propose 3, 4 ou 6. La première version propose toute la coque tribord au propriétaire avec lit queen size (1,60 m de largeur à la tête), pléthore de rangements, un dressing comme à la maison, un bureau, et enfin une magnifique salle de bain avec deux lavabos.

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Plan d’aménagement du Lagoon 50 version 3 cabines.
Constructeur : Lagoon
Architectes : VPLP
Design : Nauta Design
Longueur hors-tout : 14,75 m
Longueur à la flottaison : 14,31 m
Largeur : 8,10 m
Tirant d’air : 26,51 m
Tirant d’eau : 1,40 m
Déplacement : 20,83 t
Surface de voile : 158,1 m2
Grand-voile : 97,8 m2
Foc autovireur : 60,3 m2
Gennaker : 114 m2
Spi asymétrique : 240 m2
Matériau : sandwich balsa/polyester
Construction : infusion
Motorisation : 2 x 57 ou 80 CV Yanmar
Capacité carburant : 2 x 520 l
Réservoir eau : 2 x 240 l
Certification : A/B/C/D – 12/14/20/30 personnes
Année de lancement : 2017
Prix de base : 589 000 € HT
EXCESS 15
Pourquoi une nouvelle marque quand on couvre déjà 45 % de marché du catamaran habitable ? Parce que, selon les responsables marketing de Lagoon, on arrive à un point dur, un maximum… Excess propose des modèles un peu plus sportifs, et surtout qui renouent avec l’essence de la navigation – l’idée est un peu de reprendre la barre qu’on avait laissée au pilote automatique…

Lieu de l’essai : Port Adriano, Majorque - Espagne
Conditions : vent de sud-ouest 13 à 18 nœuds, mer agitée
NOUVELLE MARQUE, NOUVELLE IDENTITÉ VISUELLE
L’Excess 15 emprunte donc de nombreux éléments au Lagoon 50, à commencer par une bonne partie du pont, le fond de nacelle et les carènes. Mais ce catamaran a tout de même été repensé de fond en comble. Pour commencer, le gelcoat des coques adopte un gris soutenu au lieu du classique blanc des Lagoon. Les hublots de coques adoptent un design plus arrondi et plus discret. A l’extérieur, les flancs de coques nervurés sont un peu moins « joufflus » que ceux du Lagoon 50 ; on perd 3,5 cm sur chaque bord. Passons au rouf : il est tout d’abord un peu plus court – 15 cm à l’arrière et autant à l’avant – et se passe de flybridge. Le dessin des hublots latéraux est inédit. A l’avant, les vitrages sont un peu inclinés. L’ensemble évoque incontestablement une ambiance plus « sport » que celle du Lagoon. Au-delà des effets de design, ce sont tout de même près de deux tonnes (presque 10 % du déplacement) qui ont été gagnées. Un très net effort qui mérite d’être souligné… et qui sera accentué encore sur les prochains Excess – en tout cas pour les modèles qui s’affranchiront de tout ou partie de l’outillage Lagoon, ce qui est déjà le cas de l’Excess 11. Quant au gréement, il est très proche de celui du Lagoon. Mais peut être boosté.
BONUS DE SURFACE DE VOILE
Forts d’un catamaran sensiblement moins lourd que le 50, les architectes ont dessiné un plan de voilure boosté – ou plutôt deux. Le mât est donc rallongé, et l’ancrage de la bôme est bien plus bas en l’absence de flybridge. Le foc autovireur perd quelques mètres carrés, mais le bilan reste à la hausse (159,5 m2 au près contre 158,1 pour le Lagoon 50). Mais c’est la version Pulse Line qui véhicule l’ADN toute neuve d’Excess. Le mât est rallongé de 2,45 m de façon à offrir 8,5 m2 de plus à la grand-voile, un modeste 0,4 m2 au foc et 10 m2 de plus au gennaker. Au final, l’Excess 15 Pulse Line arbore un vrai gréement de coursier : le tirant d’air est deux fois supérieur à la longueur des coques ! Le profil des mâts a d’ailleurs gagné en inertie latérale – et conserve les deux étages de barre de flèches finalement adoptés sur le Lagoon 50. Malgré l’imposante surface de voile, les manœuvres ne posent pas de problèmes. Mais nous conseillons tout de même aux équipages réduits d’opter pour les winches électriques en option. Les manœuvres se répartissent sur trois postes : barre d’écoute à l’arrière, drisse et écoute bâbord de gennaker à bâbord, et tout le reste à tribord. Les polaires de vitesse ne laissent planer aucun doute : l’Excess 15 est bien plus véloce que le Lagoon 50, surtout aux allures comprises entre 50 et 90° du vent et par petit temps. En revanche, à mesure que le vent monte et qu’on abat, la différence de vitesse se réduit. La version Pulse Line, quant à elle, offre un gain moyen de 7 % de performances, comparée à l’Excess 15 Standard. A noter : le caractère ardent de cette version, constaté lors des tout premiers essais, a été depuis contrôlé par des safrans plus profonds et plus compensés. Les biellettes ont été rallongées. Du côté des moteurs, on retrouve deux Yanmar de 57 ou 80 CV.
POSTES DE BARRE SUR LES COQUES ET BIMINI OUVRANT
Ce qui différencie le plus l’Excess 15 du Lagoon 50, ce sont les deux postes de barre : le constructeur a installé une barre à roue à l’arrière de chaque coque et un siège double rabattable (1,47 m) – dont la finition mériterait un petit effort. On goûte un vrai plaisir de barre, d’autant que le 15 parvient malgré son déplacement encore conséquent à offrir des vraies sensations de glisse. Seconde nouveauté : le bimini rigide est décapotable sur toute sa partie centrale : un vrai bonheur ! Une bonne idée piquée aux Sense, une ancienne gamme de monocoques Bénéteau. Pour le reste du plan de pont, on retrouve peu ou prou celui du Lagoon 50 : une grande table de cockpit (85 cm x 162 cm), une belle banquette arrière de 2,40 m, des passavants larges (82 cm au plus étroit), et enfin un pontage avant et des trampolines bien dégagés.

UNE FINITION PLUS DÉPOUILLÉE ET MODERNE
Ici aussi, la trame des aménagements est identique à celle du Lagoon 50. On relève donc la même entrée relativement étroite, la cuisine en L et le carré surélevé… à un détail près : le meuble de desserte central a disparu, au profit d’une banquette de carré plus avancée avec une table de 140 cm par 60 cm qui se dédouble. Idem pour le retour de banquette bâbord, remplacé par un meuble de rangement. Cette nouvelle organisation a notre préférence : elle libère la circulation dans la nacelle. Le traitement de la finition et de la décoration est totalement différent. Les matériaux nobles – essences de bois sombres, inox et cuir - tout comme la sellerie moelleuse, sont remplacés par des boiseries plus claires, des plaquages blancs et des coussins plus sobres. Une ambiance plus jeune, plus décontractée… on aime ou on n’aime pas, à vous de voir ! Les possibilités quant aux cabines (de 3 à 6) sont identiques. On retrouve dans les coques ce même souci de simplification – plus de fargues autour des couchettes, par exemple –, mais tous les lits conservent 1,60 m de largeur.
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Plan d’aménagement de l’Excess 15 version 3 cabines.
Constructeur : Excess Catamarans
Architectes : VPLP
Design : Nauta Design
Longueur hors-tout : 14,76 m
Longueur à la flottaison : 14,31 m
Largeur : 8,03 m
Tirant d’air : 27,90/30,35 m
Tirant d’eau : 1,40 m
Déplacement : 19,06 t
Surface de voile : 159,5 m2
Grand-voile : 104,5/112 m2
Foc autovireur : 55/55,4 m2
Gennaker : 117/127 m2
Spi asymétrique : 245 m2
Matériau : sandwich balsa/polyester
Construction : infusion
Motorisation : 2 x 57 ou 80 CV Yanmar
Capacité carburant : 2 x 520 l
Réservoir eau : 2 x 240 l
Certification : A/B/C/D – 14/14/20/30 personnes
Année de lancement : 2019
Prix de base : 605 000 € HT

En version Pulse Line, l’Excess 15 gagne presque 2,45 m de tirant d’air comparé à la version standard.



