L’aluminium est un matériau noble, mais il est mal adapté à la construction en série. L’offre commerciale est donc rare, surtout dans les tailles modestes ; le Galileo 41’ vient répondre à la demande de propriétaires convaincus par les qualités de ce type de réalisation à l’unité.
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La philosophie du Galileo 41’
L’approche originale comble un vide au sein du marché des multicoques de voyage ; le 41’ se démarque de la production standard en affirmant son identité de projet personnalisé. Il peut être livré à différents stades de finition, les fichiers numériques fournis par les concepteurs faciliteront la découpe et l’assemblage des aménagements pour les amateurs.
La silhouette générale passe bien, les volumes arrière supportant la structure bossoir sont plus rugueux…
MAHÉ SADRY : un prototype pour le tour du monde
Patrick souhaitait vagabonder en famille sur le bleu sauvage, il avait une idée précise des dispositions à prendre pour parer aux aléas d’un tel programme ! L’élu sera un catamaran simple et costaud qui viendra, le cas échéant, suppléer par sa rusticité au manque d’expérience de l’équipage. Le choix du chantier Jet Alu (disparu depuis) était logique en raison de son expertise de la découpe au jet d’eau des tôles de Sealium ; Olbia à Hyères se chargeant de l’aménagement et de la préparation finale à proximité du domicile de la famille.
Malgré un positionnement résolument "voyageur" le GALILÉO marche bien à la voile, même dans des conditions très légères !
Le Sealium, un alliage hautes performances pour la mer
L’aluminium a beaucoup de qualités, mais sa tolérance au formage est limitée (fragilisation par écrouissage), il n’aime guère les recoins humides et l’exposition aux fuites électriques dont nos bateaux sont truffés. Il redoute également les zones d’efforts alternés qui peuvent entraîner la rupture d’assemblages sous dimensionnés. Une première parade a été proposée : le procédé des tôles épaisses Strongall de Meta (assorti de systèmes anti-corrosion à base de zinc silicaté qui ont également une action antifouling propre). La seconde, mise au point par Pechiney et commercialisée par Alcan, est le Sealium. Épaisseurs traditionnelles, soudabilité supérieure, résistance à la corrosion renforcée, caractéristiques mécaniques remarquables et poids en baisse réhabilitent ”l’alu” pour la construction des multicoques ! Son défaut principal : il n’aime pas être maltraité par la presse hydraulique, on doit donc concevoir les développés de bordés en conséquence. Les chantiers spécialisés sont rares, après la fermeture de Jet Alu, les architectes d’ADN recommandent le CN Allais à Cherbourg.
Une silhouette de baroudeur, trapue et chamarrée, on remarque la bonne élévation de la nacelle…
De la chaudronnerie à la mise à l’eau : le rôle de l’aménageur de bateaux de plaisance
La coque brute de MAHÉ SADRY livrée chez Olbia à Hyères, un très gros travail commence. L’isolation et le vaigrage d’un catamaran de 12m en aluminium ne sont pas une sinécure, une noria de compétences (menuiserie, électricité, mécanique, gréement, sellerie, peinture) est nécessaire jusqu’à la mise à l’eau de l’été 2008. Dans le double souci d’améliorer l’isolation et de limiter les poids dans les hauts, le Galileo est doté d’un roof composite en sandwich de belle facture (réalisation CN Rive Sud), une excellente idée !
La conception des espaces extérieurs est tout à fait judicieuse pour un croiseur au long cours tranquille; l'ordonnancement du carré est efficace, comme le traitement du mobilier.
Une silhouette de vagabond sympathique
La livrée jaune pétard, relevée d’une frise ethnique, colle parfaitement à l’identité du bateau. Les petites imperfections de chaudronnerie auraient du être évitées, mais ne nuisent pas à la perception positive du Galileo. La stylique moderne de la nacelle adoucit les lignes un peu rugueuses des formes développables. L’œil avisé note l’élévation remarquable de la nacelle et les entrées d’eau assez fines. Le 41’ flotte haut en charge normale, le brion est presque dégagé et les jupes callipyges ne sont pas immergées. Depuis la naissance de l’étrave un petit bouchain spatule juste au-dessus de la flottaison pour former un redan, le tunnel de nacelle est propre sans décrochés de bordés, toujours sonores !
Le GALILEO en pleine cavalcade (vitesse 10-15nds), malgré des conditions de vent fort, le bateau reste confortable.
Un cockpit spacieux et futé
La structure arrière (double arceau tubulaire) sert de support au rail d’écoute de GV, aux panneaux solaires orientables et au bimini-toile (renforcé d’un marchepied central) : simple et efficace ! Le carré extérieur et sa banquette en U ouvrent un bel espace de vie, convivial, abrité des intempéries. La passerelle transversale arrière est très pratique, elle offre une desserte confortable des bossoirs d’annexe ; ”ce chemin de ronde” aurait du être inclus dans le périmètre de sécurité des filières ! Une main courante et des taquets soudés sur les jupes renforceront la vocation tous terrains. L’ergonomie générale et les passavants ”boulevards” favorisent les transitions entre les différents niveaux ; les capots de pont des coquerons moteurs ont été remontés d’un niveau par rapport à l’habitude, leur étanchéité sera donc moins mise à l’épreuve. Les accès au toit du roof et au pied de mât sont parfaits.
La bonne facture du mobilier merisier et de la sellerie est mise en valeur par une ouverture panoramique exceptionnelle.
Des aménagements agréables et rationnels
L’atmosphère intérieure du Galileo est réussie. L’ébénisterie merisier (malgré quelques imperfections d’assemblage) et la sellerie rouge sont de bonne facture ; conjuguées avec une vision moderne et fonctionnelle des volumes du roof (cuisine, table à carte, carré, tableau électrique), elles permettent une lecture claire, sobre et aérée de l’espace central. Le plan d’aménagement de MAHÉ SADRY définit une coque propriétaire et un flotteur dédié aux enfants (2 cabines avec bureau dont une transformable avec un lit superposé). L’isolation phonique et thermique est tout à fait satisfaisante. Il est possible de simplifier la présentation tout en allégeant bateau et budget par rapport à cette version assez luxueuse.
Les aménagements sont agréables, rationnels et modernes…
Mistral fort et pétole : les conditions ordinaires d’un essai méditerranéen !
En cette fin avril 2009, le coup de tabac de NW est bien installé : 30 nœuds, rafales prolongées à 40, pas idéal pour un bateau neuf ! Après une visite détaillée pendant le préchauffage des moteurs, nous embouquons la passe du fleuve Gapeau en prenant gare aux bancs de sable charriés par ce cours d’eau dont les sautes d’humeur sont violentes. Sous 1 ris et solent à peine roulé, le 41’ démarre fort (il reste encore 45m2 de GV) et ratisse, vent de travers, la mer revêche du canal des îles d’Or. Nous sommes toilés pour un essai dynamique, la vitesse oscille entre 9 et 12 nœuds ; 2 ris auraient été de mise en navigation ordinaire ! Entre la Presqu’île de Giens et Porquerolles, je lofe au bon plein, puis au près pas trop serré, le Galileo ne rechigne pas à monter au vent et se comporte parfaitement. Le tangage est réduit, les oscillations de la plate-forme restent modérées et les coques passent en douceur sans lever d’embruns. Pas mal, non ? Devant l’entrée du port de Porquerolles, nous virons, un os entre les dents en direction de la plage d’Hyères que nous avons choisie pour modifier le chemin d’écoute de GV à l’entrée de son bloqueur. Ces deux traversées de 7 milles ont été abattues à un train d’enfer… pour un bateau de croisière. L’escale est propice à un test de mouillage. Mise au point effectuée, en confiance avec le Galileo, nous repartons dans la plume pour un bord de portant d’une quinzaine de milles. Comme souvent par vent fort dans le canal des îles, la mer est nerveuse et croisée, mais le 41’ utilise ses bonnes aptitudes géométriques. Entre 9 et 13 nœuds, ponctuellement 14 sur les vagues, il glisse confortablement. La banquette de pilotage est agréable et fonctionnelle, la transmission hydraulique (comme toujours), assez frustrante. Cette cavalcade était intéressante ! Presque vent arrière, il aurait été judicieux de frapper un palan sur l’excellent rail ajouré, soudé au pont (afin d’ouvrir la GV en gardant la chute tendue) et de mettre en place le tangon de foc, apparaux qui ne figure pas encore dans les indispensables du ”kit cat de grande croisière”. La prise de coffre par 40 nœuds de Mistral soulignera la nécessité d’équiper le 41’ d’hélices tripales repliables plus efficaces. Contrairement à nos voisins (à bord d’un monocoque) barricadés à l’intérieur, nous profitons d’une belle soirée de baston dans le carré panoramique du Galileo. Le lendemain, notre voyageur prouvera qu’il sait également tirer son épingle du jeu dans le petit temps en poursuivant sa route sous voiles avec 6 nœuds réels !
Coques en sealium sur lisse pointée et cloisons, du costaud pour le grand voyage.
CONCLUSION
Le Galileo est malin, la construction en Sealium est rassurante et le roof composite, pertinent. Simple et rustique, il offre des performances cohérentes et un comportement agréable. Les ailerons complètent l’outillage tous terrains de ce passe-partout ; une version à dérives pivotantes dotée de béquilles de protection des hélices permettrait de repousser encore les limites et d’effacer la surface mouillée au portant tout en exploitant les qualités des fonds aluminium pour l’échouage. Plus cher que ses concurrents en composite, il s’adresse à une clientèle de voyageurs qui savent que la croisière hors-pistes expose les bateaux à des mauvais traitements involontaires que l’aluminium supporte mieux. Généreusement toilé, le Galileo reste facile à utiliser, le solent autovireur est parfait pour le programme, le genaker vient à la rescousse dans les petit airs. La taille de 41’ constitue un bon compromis pour le voyage, MAHÉ SADRY explore actuellement la Caraïbe avant de poursuivre vers le Pacifique !
Les plus
• Personnalité et programme • Construction Sealium et roof composite • Bonnes qualités nautiques
Les moins
• Winch d’écoute de GV sur portique • Position des filières arrière (elles ferment la passerelle) • Budget final un peu plus élevé que le composite de série
LES CONCURRENTS
Modèle Chantier Surface voiles Longueur Prix en euros HT Banana 40’ Prometa Construction navale 88m2 11,95m 325 000 Outremer 42’ Outremer 100m2 13,10m 350 000 Phisa 42’ Atelier Phisa 94m2 12,79m 384 000
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Architectes : Bernard Lelièvre et Alban Vigner Chantier : Jet Alu (chaudronnerie)/Olbia (aménagements, équipement) Longueur : 12,50m Largeur : 6,90m Tirant d’eau : 1,05m Plan anti-dérive : ailerons soudés Poids lège : 8,3t Déplacement : 10,9t Surface GV : 60m2 Solent : 25m2 Spi : 95m2 Moteurs : 2 X 30cv Diesel in board Gasoil : 2 X 215L Eau : 2 X 215L Certification : A pour 8 personnes Prix : 400 000 euros HT équipé grande croisière – coque nue : 150 000 euros HT