Ce best-seller des années 1970 s’est permis de rester en production pendant 27 ans – sans doute un record chez les multicoques habitables. Certes, ce petit catamaran a su évoluer, mais, avec ses deux roufs, son cockpit central, son mât reculé et ses poupes norvégiennes, il conserve quelle que soit sa version une personnalité bien à lui !
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En 1971, l’Heavenly Twins 26 a bien quelques concurrents dans son pays d’origine, la Grande-Bretagne : on pense au fameux Iroquois (voir MM201). Mais, à la différence de ce modèle qui affichait clairement des velléités de performance, l’Heavenly Twins se définirait plutôt comme un baroudeur minimum, assez proche du Catalac 8M – même si ce dernier tient pour le coup un peu du house boat. Le tour de force de l’Heavenly Twins est de parvenir à caser deux roufs séparés par un cockpit central sur des coques de seulement 8,20 m.
27 ans de production !
Au final, les concurrents de ce catamaran déroutant sont plutôt les monocoques. Les skippers anglais désireux de profiter d’un grand volume habitable sont séduits par ce petit multicoque, d’autant que son design général reprend des codes « classiques », comme les arrières norvégiens et le cockpit central. Son nom – jumeaux célestes en français est également une belle trouvaille pour finir de convaincre un marin encore réticent à passer au multicoque. D’autant que ce vocable colle parfaitement à un voilier avec deux coques et deux roufs… En creusant un peu, l’influence de James Wharram est difficile à écarter. Mais elle se limite au dessin, puisque l’Heavenly Twins est un voilier de série construit en polyester, alors que les plans Wharram utilisent avant tout le bois comme matériau et sont avant tout destinés à la construction amateur. Compte tenu de sa très longue production, l’Heavenly Twins a connu de très nombreuses évolutions. Voici un état des lieux des différents millésimes : 1971 – lancement du premier Heavenly Twins 26 Mark I. Le mât est rapidement rallongé de 60 cm. 1975 – version Mark II sans modifications notables. 1977 – Mark III avec safran en polyester, fond de nacelle prolongé vers l’arrière et quillons avancés. 1981 – Mark IV avec pont en sandwich balsa, structure plus rigide et légère et caissons étanches. En 1987, les derniers 26 profitent d’un franc-bord et d’une nacelle rehaussés. 1989 – lancement de l’Heavenly Twins 27, qui adopte un nouveau plan de pont.
Il est aisé de capoter le cockpit de par la forme des deux roufs. / Les deux étraves, bien défendues, sont complétées par un semblant de troisième coque – en fait, une baille à mouillage carénée.
Motorisation : la grande diversité !
progresser face à une mer chaotique et manœuvrer dans un port, mais le hors-bord présente de multiples avantages à bord d’un petit multicoque : il est facile et relativement peu onéreux à remplacer, son entretien est simple, il est léger, et enfin ne prend presque pas de place. Certains modèles sont équipés d’un unique diesel mais de deux hélices – transmission hydraulique. Les Heavenly Twins les plus récents sont le plus souvent équipés de deux classiques diesel – un dans chaque coque.
Un plan d’aménagement inédit
Le rouf qui déborde sur les coques est un principe d’aménagement typiquement anglo-saxon, toujours en cours aujourd’hui à bord d’un Gemini ou d’un Rappier. Ici, la nacelle abrite donc un classique carré transformable en couchette double. En coursive, la cuisine à bâbord, les toilettes à tribord. Pas de cabines à l’avant des coques – elles sont bien trop fines. A l’arrière, les coursives mènent au rouf arrière, aménagé avec deux cabines indépendantes. Les versions avec deux diesel ne proposent pas ce double accès intérieur, mais deux descentes depuis le cockpit.
Le carré offre une belle vue sur l’avant. Il est transformable en couchette XXL. / A bâbord, la cuisine est installée en coursive.
Plan de pont : il donne le maximum !
L’architecte Pat Peterson appliquait déjà les recettes de Bali Catamarans d’aujourd’hui : surface maximum en dur pour le pont ! La plage avant se prolonge donc pratiquement jusqu’aux étraves, et c’est idem à l’arrière – et même rallongé, on l’a vu, sur les modèles les plus récents. Le cockpit, assez court, se présente comme la tranche centrale d’une bulle qu’on aurait découpée – laquelle forme deux roufs. Tous deux s’étalent assez loin vers le livet de pont, ce qui nuit évidemment à la largeur des passavants. Les déplacements restent néanmoins possibles.
Pas forcément rapide… mais peut aller loin
En version de base, l’Heavenly Twins n’a rien d’un coursier. Ce catamaran n’a pas franchement la réputation d’un foudre de guerre – surtout au près. Quant au plaisir de barre, il est inexistant, ou presque. Néanmoins, ce modèle est plutôt sûr pour sa taille, si l’on en juge par les incroyables périples relatés à son bord. Le gréement plutôt ramassé et le dessin des coques garantissent un comportement sain même dans la grosse brise et la mer formée. Le basétai permet d’envoyer une trinquette ou un tourmentin. Rien n’empêche un nouvel acheteur de booster à peu de frais ce catamaran avec un gréement un peu plus élancé – mais pas plus lourd, attention !
Conclusion
L’avantage n°1 de ce catamaran est assurément son rapport confort/ prix, absolument imbattable. Mais les Heavenly Twins ont aussi beaucoup d’ autres arguments : les très nombreux exemplaires construits s’étagent sur près de 30 ans de production, ce qui se traduit par une grande facilité pour trouver ce modèle, partout présent ou presque dans l’hémisphère nord, et à tous les prix ! Ce catamaran est également très connu par les aficionados du multicoque : Heavenly Twins Catamaran Group compte tout de même 565 membres sur Facebook !
LES +
+ Structure robuste
+ Aménagements originaux et confortables
+ Facile à manœuvrer
Les -
- Performances décevantes au près
- Rafraîchissement à prévoir
- Charge utile limitée
L’essai de l’Heavenly Twins 26 par Multihull International en février 1984.
LES POINTS À VÉRIFIER
Les premières unités fêtent tout juste leurs 50 ans… autant dire que les périphériques, s’ils sont d’origine, ont toutes les chances d’être cuits ! Gréement dormant, moteur(s), plomberie, accastillage, plomberie ne sont probablement plus de première monte – sans parler des voiles. L’art de l’acheteur est de jauger la qualité de ces nouvelles installations, leur pertinence et leur pérennité. En ce qui concerne la structure, on relève parfois sur les premiers modèles une faiblesse du rouf au niveau du pied de mât. Quant aux traverses en bois qui soutiennent le fond du cockpit, elles sont parfois sujettes à la pourriture. Ces deux points sont relativement faciles à rattraper, pas d’inquiétude !
FICHE TECHNIQUE
Constructeur : Heavenly Cruising Yachts
Architecte : Pat Peterson
Matériau : polyester
Longueur : 8,20 m
Largeur : 4 m
Tirant d’eau : 0,70 m
Déplacement : 1,85 t
Surface de voile : 35 m2
Surface de grand-voile : 13 m2
Surface de génois : 22 m2
Motorisation : hors-bord ou diesel
Production : 430 exemplaires de 1971 à 1998
Prix : à partir de 18 000 €