Voilà une occasion toute fraîche, puisque la production s’est arrêtée il y a moins d’un an. L’Hélia 44 a en effet tiré sa référence au profit de l’Elba 45. Plutôt bon marcheur et confortable, le 44 a su séduire les loueurs, mais également les équipages familiaux désireux de partir en grande croisière.
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Mieux fini et plus confortable encore que son prédécesseur l’Orana 44, l’Hélia est sans doute le premier modèle du constructeur Fountaine Pajot à mettre en avant la fameuse « qualité perçue ». On est loin des assemblages approximatifs et des matériaux bas de gamme typiques des catamarans des années 1980/1990. Le constructeur a mis le curseur finition bien plus haut, de façon à ce que le visiteur soit immédiatement conquis par le confort, l’atmosphère et un sentiment de bien-être. Une opération qui ne tient pas seulement à quelques panneaux de Corian ou à des couchages island beds : l’Hélia 44 est clairement bien plus luxueux que ses prédécesseurs. Ce modèle dessiné par Berret/Racoupeau conserve des caractéristiques générales très proches de celles de l’Orana – signé Joubert/Nivelt. En termes de design, toutes les courbes ont cédé la place à des lignes plus nerveuses et anguleuses – brion d’étrave, jupes arrière, hublots de rouf. Mais les hublots de coque en amande (remplacés sur l’Elba 45 par des découpes trapézoïdales) sont toujours au rendez-vous.
Cahier des charges
« Du confort, certes, mais toujours des performances. Pas question de sacrifier le plaisir de naviguer, même si on passe en réalité 80 % du temps au port ou au mouillage. » Voilà ce que nous expliquait le chantier il y 8 ans. Pour autant, l’Hélia 44 n’a rien d’un Gunboat ou d’un HH… Il a bien fallu caser de vastes cabines pour y loger des couchages de bonne taille. Les coques sont donc relativement larges au pont, mais sensiblement plus fines à la flottaison grâce au redan intérieur. Côtés appendices, pas de dérives, on est resté fidèles à la simplicité avec des ailerons fixes.
Surfs à près de 20 nœuds
Sensiblement plus lourd que son prédécesseur et à peine plus toilé, l’Hélia ne part pas sur le papier avec un avantage décisif ; et pourtant, ce modèle se déhale plutôt bien sous gennaker par petit temps. Au près, ça se gâte un peu. Le 44 parvient à remonter à 45° du vent apparent – soit 55° environ du vent réel –, pas mieux, sous peine de décrocher. Certains propriétaires rapportent des moyennes supérieures à 10 nœuds au portant dans la brise, et même des surfs à 18 nœuds.
Poste de barre surélevé
Surélevé, mais toujours en contact avec le cockpit, le barreur voit parfaitement l’étrave et l’arrière tribord tribord. A bâbord ? Ça demande un peu de pratique : on se lève pour voir l’étrave, on se penche sous l’échelle d’accès afin de distinguer la poupe. Le sommet du rouf est aménagé en lounge, soit un vaste bain de soleil très séduisant. Toutes les manœuvres reviennent à portée du barreur, enfin juste devant, sur trois winches – deux 50 et un 46 électrique. On pouvait opter en option pour le tout électrique. Seule l’écoute de spi bâbord est isolée dans le cockpit sur bâbord.
Un plan de pont réussi
Le cockpit de plain-pied est un véritable prolongement de la nacelle, impression renforcée par la grande ouverture en L – la porte vitrée est complétée par un panneau coulissant – et par le bimini rigide qui offre une excellente protection. La table, avec ses 172 cm par 84 cm, est assez grande pour manger à 6, voire 8 en se serrant un peu. A tribord, le chantier a aménagé une méridienne. La partie supérieure des bossoirs a été étudiée afin de servir de support aux engins de plage. La circulation sur le pont est particulièrement fluide : seulement deux marches pour atteindre les larges passavants. Pour l’amarrage, on compte trois taquets sur chaque bord. Le guindeau et la chaîne du mouillage sont bien centrés près du mât.
Un intérieur avec des couleurs sombres, puis claires
Les premiers Hélia adoptent de nombreuses surfaces sombres – plan de cuisine gris, sellerie marron – contrastant avec des boiseries plus claires. La version Evolution se cantonne à des teintes claires, à l’exception du plancher. Des goûts et des couleurs…
Certains modèles sont équipés d’une table basse, sorte de bar de 103 cm par 51 cm. On avait la possibilité d’opter pour une grande table transformable en lit double d’appoint. La cuisine est positionnée en U à bâbord. La table à cartes est orientée à 45° de la route : la vue sur l’extérieur est excellente, mais on préférerait tout de même être face à la marche. Dans les coques, une ou deux cabines selon la version choisie. Le propriétaire profite d’un canapé, d’une salle d’eau XXL et d’un grand bureau. Les autres cabines invités ne sont pas en reste avec leurs couchettes accessibles par les côtés de 2 m x 1,60 m, leurs rangements généreux et leurs toilettes attenantes. Autre bon point : l’éclairage naturel et l’aération, bien traités.
Conclusion
Avec sa capacité de charge supérieure à deux tonnes, l’Hélia 44 est bien adapté à la vie à bord. Un parfait support pour un tour du monde ou une boucle atlantique, de préférence en version 3 cabines. Un équipage familial appréciera le cockpit géant, le trampoline et l’accès facile à l’eau. Les manœuvres à portée du poste de barre facilitent le contrôle de ce catamaran dont les performances sont globalement convaincantes.
Les points à vérifier :
Si le bilan des premières unités en neuvage était contrasté en raison de nombreuses interventions de SAV – trappes de survie et commandes de barre modifiées –, la structure de l’Hélia 44 est robuste. Les coques, réalisées en sandwich balsa/polyester grâce au procédé de l’infusion, sont réputées solides. Les fonds sont renforcés afin de résister aux collisions avec les objets flottants. Quant aux ailerons, ils sont conçus pour ne pas provoquer de voie d’eau même en cas d’avarie grave (échouement violent, par exemple). Le pont, lui aussi en sandwich, fait appel à la technique de l’injection : il reste rigide même sur les modèles construits il y a 8 ans. Le gréement à double étage de barres de flèches et guignol est un vrai poteau. A part l’état des voiles et des moteurs – ils peuvent déjà avoir souffert d’un usage intensif ou d’un manque d’entretien –, pas de mauvaises surprises à craindre.
Les +
Performant du bon plein au portant
Confort remarquable, en navigation comme au mouillage
Robustesse de la structure et du gréement
Les –
Manque de punch au près par petit temps
Certaines pièces d’accastillage un peu légères
Gestion de l’énergie à bord à optimiser
Fiche technique :
Constructeur : Fountaine Pajot
Architectes : Berret/Racoupeau
Matériau : sandwich polyester en infusion
Longueur de coque : 13,30 m
Longueur à la flottaison : 12,58 m
Largeur : 7,40 m
Déplacement : 10 800 kg
Tirant d’eau : 1,15 m
Surface de grand-voile : 70 m2
Génois : 45 m2
Gennaker : 115 m2
Cabines : 3 ou 4
Motorisation : 2 x 40 CV
Eau douce : 750 l
Carburant : 470 l
Production : 280 exemplaires de 2012 à 2019
Prix occasion : à partir de 300 000 € HT