Depuis 12 ans, HH s’est construit une image de chantier moderne proposant des unités à la fois performantes et confortables. Le dernier-né (et plus petit modèle) de la marque, le HH44, enfonce un peu plus le clou en s’équipant d’un système de propulsion inédit et en intégrant pas mal d’astuces à bord.
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Conditions : Mer calme à agitée, 6 à 10 nœuds de vent, 8 personnes à bord
Pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec cette marque encore jeune, HH a été créée en 2012 par Paul Hakes – un vétéran de la construction navale – et par le groupe Hudson Yacht Group. C’est aussi de cette association que vient le nom, avec un H pour Hakes et un H pour Hudson. L’idée de départ était de construire des catamarans de croisière rapide, un marché qui connaît un succès croissant à travers le monde. A l’origine, tous les catamarans étaient produits à Xiamen, en Chine, mais, face au succès, une deuxième usine est désormais implantée à Cebu, aux Philippines. Une installation qui va permettre de produire environ une trentaine de HH44 par an, et donc de réduire les délais de livraison.
Dès le départ, la marque a fondé de grands espoirs sur le HH44, un catamaran dévoilé après le HH66 et le HH50, et qui devient surtout le plus petit modèle de la gamme, c’est-à-dire l’entrée dans le monde HH. Contrairement aux autres catamarans de la marque, le HH44 n’a pas été dessiné par Morrelli & Melvin, mais par James, le fils de Paul Hakes.
Une allure moderne alliant élégance et sportivité
L’ambition était donc de proposer quelque chose de radicalement différent, avec d’excellences performances, mais également une très bonne habitabilité.
Sur le plan esthétique, James a su conserver le style HH avec des coques longues et effilées, des étraves inversées acérées et un long thublot de coque qui accentue l’impression de longueur et apporte de la sportivité à la ligne. La timonerie, qui démarre quasiment au milieu de la longueur, profite elle aussi d’un profil très aérodynamique, avec un pare-brise très incliné et un toit qui se prolonge par un bimini abritant le cockpit. Pour alléger l’ensemble, les concepteurs ont opté pour une vitre latérale unique du plus bel effet. L’arrière est un peu coupé à la serpe, ce qui ne nuit pas à l’esthétique, et permet surtout d’intégrer les jupes repliables, une bonne idée.
La finesse des étraves et la nacelle très haute confèrent elles aussi un sentiment de légèreté, tandis que le bout-dehors intégré donne un aspect conquérant à l’ensemble. Ce pont est surmonté d’un mât en carbone qui culmine à 22 m au-dessus des flots. Dans l’ensemble, ce catamaran a donc plutôt fière allure, alliant avec brio modernité et sportivité.
Le HH44 est disponible en deux versions : OC (Ocean Cruising) et SC (Sport Cruising). Le premier, plus accessible en prix, se contente d’un mât en aluminium, de mini quilles ou encore de coques blanches. La version SC, plus haut de gamme, intègre une coque couleur en carbone, mais aussi des dérives courbées, un mât carbone, des panneaux solaires de toit, et bien entendu le système Ecodrive. Dès lors, c’est naturellement cette dernière version qui est la plus populaire, puisque 80 % des commandes sont sur le SC. C’est d’ailleurs aussi cette version que nous avons testée.
Un plan de pont qui privilégie la convivialité
Au moment de monter à bord, une autre caractéristique surprend : c’est le fait que le pont culmine très haut, garantissant une bonne protection de l’équipage et une bonne habitabilité. Une porte latérale dans le bordé donne accès au cockpit. Du coup, en navigation, avec les jupes relevées, l’arrière du bateau est totalement fermé, avec de surcroît un creux de pont de 82,5 cm, un bon point pour les enfants en bas âge. L’ouverture des jupes se fait aisément de manière manuelle, et avec la jupe vient une marche intermédiaire pour un accès facile à la baignade ou à l’annexe. Cette dernière, qui peut mesurer jusqu’à 3,50 m, vient se loger entre les deux coques, sur l’arrière grâce à des bossoirs. En revanche, le HH44 ne comporte pas de plate-forme centrale arrière.
Du cockpit, l’accès au pont avant est facile, et les passavants très larges comme les filières assez hautes facilitent le cheminement. Autre bon point, les drisses passent dans un tunnel, ce qui libère le pont. Composé en grande partie d’un trampoline, ce pont avant donne également accès au pied de mât, tandis que deux marches permettent de monter sur le roof. C’est là aussi que se trouve le chariot du foc autovireur. Trois enrouleurs prennent place sur le bout-dehors en carbone, ce qui fait qu’au final, on peut manœuvrer entièrement le bateau depuis le cockpit et en équipage réduit. Enfin, de grands coffres permettent de stocker les voiles ou les défenses.
Trois cabines baignées de lumière
Revendiquant de belles performances, le HH44 fait également la part belle à la convivialité, avec notamment un grand cockpit extérieur protégé par un toit et offrant facilement sept ou huit places assises sur les différentes banquettes ainsi qu’une table centrale. Autre bon point, les deux postes de barre sont directement installés à l’arrière de ces assises : le barreur n’est donc pas isolé du reste de l’équipage.
La cloison entre le cockpit et le pont principal est constituée d’une grande porte vitrée coulissante et de deux fenêtres basculantes, de manière à abolir le plus possible la frontière entre l’intérieur et l’extérieur.
Organisé de manière très rationnelle, ce pont principal dispose d’un coin repas, d’un espace navigation/bureau et d’une cuisine en U comportant un évier, un four, une plaque de cuisson, un réfrigérateur, et bien entendu beaucoup de rangements. Bonne surprise, les deux fenêtres avant basculent pour offrir une excellente ventilation dans le catamaran.
Sur chaque bord, un escalier donne accès à la partie nuit composée de trois cabines. La coque bâbord est réservée au Propriétaire, avec un couchage double sur l’arrière et une grande salle d’eau sur l’avant avec douche séparée. Entre les deux, on trouve beaucoup de rangements ainsi que la machine à laver. On apprécie également la luminosité procurée par les longs hublots de coque ou par la grande fenêtre arrière qui fait aussi office de sortie de secours.
La coque tribord accueille quant à elle deux cabines avec chacune un lit double et une unique salle d’eau à partager. Petite astuce, la cabine avant tribord peut être équipée d’une bannette d’appoint qui s’accroche au-dessus du lit, c’est plutôt bien pensé. Là encore, l’espace est baigné de lumière.
Autre détail intéressant, les moteurs sont installés sous les couchages arrière. Si en premier lieu on pouvait craindre le bruit et les vibrations induites en cas de navigation de nuit, en fait, le niveau sonore a vraiment été bien maîtrisé, tout comme les vibrations. J’ai pu le vérifier in situ : on retrouve presque la même ambiance sonore que celle d’un voyage en train, ce qui est pour moi idéal pour dormir.
Relativement sobre, cet intérieur profite d’un bon niveau de finition et, comme pour tous les modèles HH, il existe un grand choix de couleurs, de tissus et de boiseries pour personnaliser votre multicoque comme bon vous semble.
Autre avantage, le HH44 arrive avec un équipement complet, notamment dans cette version SC, et si la liste des options est encore longue, on peut déjà naviguer sans avoir à ajouter des accessoires.
Des postes de barre modulables
Les barres se situent sur chaque bord et très en arrière. Comme sur de nombreux catamarans désor- mais, elles pivotent d’un côté à l’autre avec trois positions, l’une complètement abritée, une au centre et une complètement à l’extérieur. Cette dernière offre une visibilité maximale sur la route comme sur le gréement. Qui plus est, un petit siège escamotable permet de barrer confortablement pour les longues distances. Reste que ce poste de barre est loin d’être parfait. Premièrement, si l’on apprécie d’avoir le tableau de bord et les contrôles moteur juste derrière la barre et le fait que toutes les drisses reviennent au cockpit, il est difficile (sauf pour les très grands) d’atteindre les bloqueurs. Pour y parvenir, il faut auparavant déplacer la barre sur le côté, pas vraiment idéal si l’on doit manœuvrer rapidement. De même, un coffre à bouts est logé dans le dossier de la banquette, ce qui fait que l’on doit faire lever les invités pour accéder à ce rangement – heureusement pas très souvent. Autre point discutable, quand la barre est côté intérieur ou même en position centrale, il n’y a aucune visibilité directe sur le gréement. A la place, le chantier a préféré garder tout l’espace du roof pour installer des panneaux solaires. En contrepartie, ce poste de barre est plutôt confortable et, si besoin, l’accès aux larges passavants est immédiat.
Le HH44 affiche un déplacement lège d’un peu plus de 10 tonnes, ce qui reste raisonnable. Pour propulser l’ensemble, on dispose d’une grand-voile de 72,4 m2 et d’un solent de 44,1 m2, soit une surface au près de 116,5 m2. On peut également utiliser un génois de 84,8 m2, voire un gennaker de 148,9 m2. Une voilure signée Doyle et qui est l’une des plus puissantes de la catégorie.
Pour notre essai, dans la baie de San Juan, à Porto Rico, nous bénéficions de conditions assez calmes, du moins tant que l’on reste à l’abri. Un vent de 6 à 7nœuds qui ne permet pas vraiment de tirer parti des capacités du catamaran. Toutefois, sous grand-voile et solent, un petit coup de barre permet de se caler au bon angle avec le vent. L’accélération est franche et immédiate. Nous tirons quelques bords dans la baie avant de quitter l’abri. Le vent forcit un peu et nous rencontrons une bonne houle de 1,50 à 2 m, résultat du coup de vent des jours précédents. Dans ces conditions, le HH44 ne démérite pas. Mieux, il se montre confortable et conserve sa faculté à accélérer tout en restant manœuvrable, comme nous le constatons dans les (petites) bourrasques.
Avec 10 nœuds de vent, nous atteignons déjà 8 nœuds en naviguant à 60° du vent. Un chiffre qui corrobore les données constructeur, qui annoncent même une vitesse de 22 nœuds à 120° du vent avec 26 nœuds de vent, des conditions déjà musclées. Dans une brise « normale », le HH44 est néanmoins capable de naviguer entre 12 et 14 nœuds, ce qui est déjà appréciable pour la catégorie, et ce qui confirme surtout que la promesse de performance est tenue.
Autre point fort de ce catamaran, il a vraiment été conçu pour être manœuvrable presque entièrement depuis le cockpit. Cela se manifeste notamment au travers des trois crochets intégrés pour les prises de ris. Dans les faits, il suffit d’affaler un peu la grand-voile juste au-dessous du niveau du ris, et de la remonter un peu. Elle se cale alors dans le crochet, et le tour est joué.
L’Ecodrive, un système hybride parallèle totalement unique
Ce qui fait également la différence entre le HH44 et la plupart de ses concurrents, c’est bien entendu sa motorisation hybride, puisqu’il s’agit d’un des tout premiers catamarans au monde à utiliser cette technologie. Concrètement, le système Ecodrive du chantier se compose de deux moteurs diesel Beta de 30 CV, auxquels viennent s’ajouter deux moteurs électriques de 10 kW, le tout associé à un parc de batteries 48 V de 50,4 kWh.
Le catamaran peut être propulsé par les moteurs diesel ou par les moteurs électriques jusqu’à la vitesse de 7,5 nœuds avec 3 heures d’autonomie.
Pour recharger les batteries, le HH dispose de trois différentes sources. La première, c’est bien entendu les moteurs diesel qui, durant leur fonctionnement, rechargent les batteries. Le catamaran intègre également 4,1 kWc de panneaux solaires sur le roof. Enfin, quand le 44 est sous voile, les hélices Gori des moteurs se transforment en hydrogénérateurs pour recharger les batteries. Au final, le HH44 affiche une très grande autonomie électrique, que ce soit pour la propulsion ou pour la consommation électrique du bord, et permet de naviguer en silence et sans polluer dans nombre de situations.
Conclusion
A l’heure où nous écrivons ces lignes, le chantier a déjà vendu une quarantaine d’exemplaires du HH44. Un joli succès qui n’est pas difficile à comprendre, puisque la marque a réussi à concentrer dans 44 pieds bon nombre d’éléments qui étaient jusqu’alors réservés à des unités bien plus grandes. Le HH44 fait aussi le plein de technologies, et propose un système de propulsion et de production d’énergie aussi efficace qu’innovant. Certes, quelques points, comme l’ergonomie du poste de barre, peuvent être améliorés, mais au final, ce catamaran offre une bonne habitabilité, des performances très correctes, une propulsion écologique convaincante, sans oublier une ligne élégante – cela fait déjà pas mal !
Reste que tout cela se paye, puisque le tarif du HH44 se situe un peu au- dessus de ses concurrents, à savoir l’Outremer 45, le Balance 442 ou le Nautitech 44 Open (sans dérives, certes) pour ne citer qu’eux. Une différence qui s’explique facilement, puisque le HH (en version SC, rappelons-le) profite de coques en carbone ou encore de la présence de l’Ecodrive.
Difficile de tout avoir...
Performances
Nombreuses astuces à bord
Pas de fenêtre de toit au poste de barre
Descriptif technique
Design : James Hakes
Longueur hors-tout : 15,31 m
Largeur : 7,15 m
Tirant d’eau : 1,20 m / 3,00 m
Hauteur du pavois dans le cockpit : 0,82 m
Tirant d’air : 22,00 m
Déplacement lège : 10 606 kg
Déplacement en charge : 14 500 kg
Grand-voile : 72,4 m2
Solent : 50,6 m2
Génois : 84,8 m2
Trinquette : 12 m2
Gennaker : 148,9 m2
Motorisation : 2 x 30 CV Beta
Moteurs électriques : 2 x 10 kW
Réservoir carburant : 2 x 275 l
Eau : 400 l
Batteries : lithium-ion 50,4 kW
Panneaux solaires : 4,1 kWc
Homologation CE : A
Prix de départ version SC : 1 415 000 US$
