Le groupe Hudson Yacht a présenté en septembre dernier à l’occasion du Cannes Yachting Festival la version « Sports Cruising » de son modèle de croisière de 50 pieds. Le HH50-SC, diffusé à 5 exemplaires, est donc résolument tourné vers les performances de haut niveau sans délaisser le grand confort et même une certaine idée du luxe. Nous avons pu naviguer à bord de ce catamaran qui rappelle immanquablement l’univers « grand tourisme ».
Infos pratiques
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Conditions : 6 à 10 noeuds, mer peu agitée
ll y a tout juste deux ans, nous avions pris la barre du premier catamaran HH conçu pour la grande croisière. Le HH50 Ocean Cruising, au contraire des catamarans full carbon comme le HH66 ou le HH55, avait introduit en effet des coques infusées en fibre de verre/mousse/vinylester. Aujourd’hui, nous avons le plaisir de naviguer sur le premier modèle de HH50-SC présenté en Europe. Au chapitre des différences entre les deux versions, l’inventaire est simple. Les coques sont ici réalisées en carbone sur une ossature elle aussi en carbone. Les quilles à ailettes sont remplacées par des dérives (toujours en carbone) courbes et profilées plongeant à 3,30 mètres sous la surface. Le mât aluminium Sparcraft custom peint en noir est substitué par un mât carbone Marstrom à section en profil de goutte d’eau. Le plan de voilure est boosté d’environ 5 % comparé à celui de la version Ocean, tandis que la fabrication entièrement carbone de l’ensemble fait descendre le poids lège de 1,5 t – on arrive donc à peu près à 11,5 t, ce qui favorise nettement le rapport poids/puissance. Deux postes de barre symétriques permettent le réglage optimum sur chaque bord. Un jeu de voiles optionnel Doyle en Hydranet et un reacher radial Maxikote complètent ces spécifications très axées sur la performance. Car, sans offrir l’efficacité des multicoques de course, bien plus légers et inconfortables, ce HH50-SC entend bien s’en rapprocher et octroyer de réelles sensations de glisse sur l’eau grâce à ses dérives dont le galbe soulage l’enfoncement des coques et diminue la traînée tout en favorisant le gain au vent. Pour autant, « la rigueur de fabrication, la qualité et la finition des aménagements sont sans compromis », comme le précise Seth Hynes, le président de la marque, afin d’offrir le meilleur confort aux occupants, voire un luxe non ostentatoire.
Un procédé de fabrication dérivé de la course
Si l’on pouvait encore avoir un a priori sur la capacité des ateliers chinois à fournir la qualité ultime, le HH50-SC ne laisse plus aucun doute dans ce domaine, jugez-en par vous-même. Les coques sont fabriquées en sandwich carbone/mousse Corecel/époxy sous infusion. La mise en œuvre est très soignée. Les panneaux de mousse sont chauffés avant disposition pour épouser à la perfection le shape et les courbures de coque, sans que ruptures ou craquelures ne se forment, garantissant une cohésion du sandwich parfaite. L’infusion de l’ensemble est effectuée dans une hydrométrie contrôlée. A la fin du procédé, l’ensemble est passé au four pour une post-cuisson qui va figer l’intégration des matériaux, comme cela se pratique sur les unités de course. Les parties soumises à de rudes efforts (liaisons, pieds de mâts, de chandeliers, accastillages, etc.) sont monolithiques avec des tissus pré-imprégnés. Toutes les cloisons, structurelles ou non, les lisses et couples formant l’ossature, les poutres de compression, les modules de cabine de douche, les planchers, absolument tout est fabriqué selon un cahier des charges hyper exigeant garantissant rigidité et robustesse exceptionnelles. L’ensemble du mobilier est construit à partir de panneaux en sandwich mousse PVC très légers, faits maison, accordant le gain de poids ainsi économisé en partie à l’accueil des équipements de confort – sans trop alourdir le devis de poids.
Une mise au point méticuleuse
A l’image du bras-poutre en croix intégrant les bras de martingale, le davier du mouillage et l’amure des voiles d’avant en une seule pièce, on s’aperçoit en montant à bord que tout l’accastillage a fait l’objet des plus vives attentions. Les deux postes de barre sont munis de commandes électriques pour baisser et remonter les dérives, et pour actionner le chariot de grand-voile. Les winches électriques Harken, avec commande au pied permettent de reprendre sans effort toutes les drisses, bosses et écoutes qui reviennent aux pianos sur chaque bord. L’organisation de la vingtaine de bouts de manœuvres est rigoureuse et facilite la manipulation, les dormants se stockant dans une grande baille en avant des barres. Cette disposition est très étudiée pour virer, empanner très rapidement, comme nous le verrons plus tard sur le plan d’eau de la baie de Cannes. La livraison standard propose un catamaran extrêmement complet, avec dérives, quasi paré à naviguer, mais la plupart des équipements sont repris dans une très longue liste d’options qui comporte plusieurs alternatives pour chaque poste, y compris une bôme carbone ou une pelle de safran de rechange. L’accastillage et les voiles sont choisis par le commanditaire selon le degré de performance souhaité. Rien n’a été oublié, et les aménagements bénéficient également de ce choix quasi tentaculaire, qui a cependant été soigneusement mis au point pour leur bonne intégration. Le détail est poussé jusqu’à indiquer le poids de chaque option pour paramétrer le déplacement pleine charge avec la plus grande précision.
Aménagement à la carte
Le HH50-SC est proposé en standard avec trois cabines, dont une suite Propriétaire à bâbord, ou quatre cabines en option. Pour la coque à deux cabines, l’unique douche centrale possède un accès de part et d’autre depuis les salles d’eau de chaque cabine. Performance oblige, la largeur des coques est limitée à 1,73 mètre : les lits sont donc cintrés par les bordés. Pour autant, l’ambiance cocooning est évidente grâce aux matériaux de finition et aux assemblages qui respirent le luxe. A ce titre, les placages de boiserie, les peintures, intérieures comme extérieures, la sellerie et les vaigrages, plans de travail, stores et rideaux sont à composer à la carte parmi un vaste éventail de choix. Ceci donne la possibilité à l’instar d’une unité semi-custom de composer un multicoque unique correspondant au plus juste à la personnalité et aux goûts du Propriétaire. Sur le pont principal, la convivialité est de mise : la grande baie vitrée, à trois vantaux, se rétracte pour laisser place à un immense espace carré-cockpit. On peut ici dresser une table pour une douzaine de convives – et même inviter l’équipage voisin que vous aurez bien sûr battu en régate. L’équipement est digne des unités les plus prestigieuses, mais les options ont été sélectionnées aussi bien pour leur pertinence que pour leur légèreté. Beaucoup d’astuces parsèment le bord, comme l’évier qui comporte des rainures supportant égouttoir et planche à découper – en plus, c’est design ! Le rouf et éventuellement les bossoirs d’annexe sont recouverts de panneaux solaires pour alimenter le parc batteries adaptable en fonction des nombreux équipements de vie à bord.
De belles sensations de navigation
Nous sortons du Port Canto à l’aide des Beta 38 chevaux, une option qui s’avère très ergonomique pour l’entretien, car la cale moteur est exiguë. Le chantier a planché sur une version EcoDrive avec une motorisation diesel électrique qui répondra aux nouvelles exigences environnementales. Seul petit bémol, cette motorisation sur ligne d’arbre sera positionnée sous les couchettes arrière, ce qui nécessitera une isolation sans faille. Hisser le magnifique jeu de voile Doyle en Hydranet est une formalité avec l’ensemble des winches électriques. La faible brise oscille entre 6 et 10 nœuds en baie de Cannes et nous commençons par remonter au vent sous solent. Tous les pleins faits et une douzaine d’invités à bord ne sont pas des éléments favorables aux performances dans ces conditions légères. Néanmoins, le HH50 se déhale à 6 nœuds au près bon plein, mais il est difficile de noter les bienfaits des dérives dans ce cas. La charge sur les haubans est affichée sur les écrans Zeus B&G, et nul doute que cette information devient capitale quand la brise forcit. Pour l’heure, nous abattons à 70 degrés du vent et déroulons le gennaker. Avec 10 nœuds de vent réel, plus de 9 nœuds sont atteints. Si nous étions moins chargés, nous parviendrions certainement à marcher à la vitesse du vent – voire plus vite. Parvenus sur les contreforts de l’Estérel, nous empannons. La cinématique de la manœuvre est d’une limpidité déconcertante. Les poulies de renvois et winches électriques font merveille. On sent bien que l’équipe du chantier est habituée à régater, et l’ergonomie s’en ressent. En prenant la barre, les sensations sont dignes d’unités de course ; douceur et précision du système Jefa agrémentent somptueusement le quart de barre, d’autant plus que la rigidité de la plate-forme tout carbone se perçoit très nettement du bout des doigts et des pieds. Rien ne tremble ou ne vibre, le plaisir est exempt de toute disgracieuse perturbation.
Conclusion
Nous avions déjà été séduits par la version croisière du HH50, et l’apport de performances plus excitantes, sans être extrêmes, de cette version Sports Cruising nous apparaît plus ludique encore dans ce segment. Difficile de prendre en défaut cette unité de grand standing remarquablement construite. Les innombrables paramétrages, s’ils sont bien choisis, garantissent de posséder le multicoque qu’il vous faut. A la réflexion, à ce tarif, cela paraît plutôt normal. Le panache sous voile du HH50-SC ravira son Propriétaire en lui procurant les sensations d’un engin de course. En famille ou entre amis, aucun désagrément de confort n’est à craindre, le catamaran pouvant naviguer vite, très sereinement. Cette combinaison harmonieuse de performances, sensations, confort et sécurité n’est-elle pas l’essence même du Grand Tourisme ?
Construction et finitions irréprochables
Plaisir de naviguer et performances au rendez-vous
Moteurs sous les couchettes arrière en version EcoDrive
Nécessite un cahier des charges précis
Descriptif technique
Architecte : Morelli & Melvin
Longueur hors-tout : 15,79 m
Longueur de flottaison : 14,89 m
Largeur : 7,44 m
Tirant d’eau (dérives) : 1,65/3,30 m
Tirant d’air : 24,29 m
Déplacement lège : 11 574 kg
Déplacement en charge : 16 000 kg
Motorisation : 2 x 38 CV Beta marine
Grand-voile à corne : 83,08 m²
Foc autovireur : 39,59 m²
Solent : 62,30 m²
Gennaker : 103,76 m²
Spinnaker : 138,10 m²
Prix de base : 1 830 000 $ HT avec les dérives
Prix du catamaran essayé : 2 100 000 $ HT
Principales options en $ HT
6 winches électriques Harken : 16 500
Commande électrique dérive : 13 860
Panneaux solaires 1 480 Wc : 20 200
Pack voiles Hydranet Doyle : 63 000
Bôme carbone : 16 700
Générateur Northern Lights : 26 500
B&G pack supplémentaire : 27 000
Choix du bois vernis : 45 000



