Successeur du 50, le HH52 débarque sur le marché des sport-cruisers avec de grandes ambitions, des promesses quant aux performances et de nombreuses idées et innovations. Un cocktail déjà attirant sur le papier et qui, une fois en mer, se révèle encore plus séduisant.
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Conditions : vent sud-est 15 à 20 nœuds, mer plate
Rares sont ceux qui savent que HH provient de Hudson et Hakes, les fondateurs du chantier, mais tous les passionnés de catamarans connaissent HH, alors… Il aura fallu à peine plus de 10 ans pour que le constructeur aux deux mêmes initiales se fasse un nom dans l’univers des multicoques. Fabriqués en Asie, les HH naviguent sur toutes les mers du globe avec une gamme « catamarans voile » qui s’étend de 44 à 88 pieds. Le nouveau 52 a pour sa part la lourde tâche de succéder au HH50, un multicoque couronné de succès et qui, de surcroît, est positionné sur un segment extrêmement disputé. Le HH52 s’inscrit dans la lignée des catamarans « performance- cruising » modernes, avec de fait une double orientation : croisière hauturière confortable et performances sous voile.
Conçu par le célèbre cabinet d’architecture navale Morrelli & Melvin, ce catamaran a également été pensé pour optimiser la propulsion hybride.
Pour contrer la concurrence, le chantier a donc décidé de frapper fort tout en partant d’une base éprouvée. Le nouveau venu est donc bien basé sur le 50 et conserve un air de famille indéniable, notamment avec ses longs hublots de coque qui finissent en pointe vers l’avant. Les concepteurs ont également gardé une nacelle au profil supérieur élancé. Toutefois, le gros montant latéral arrière disparaît au profit d’une solution plus légère qui fait la part belle à la place dans le cockpit et à la circulation. Surtout, le grand changement se situe au niveau des postes de barre. Jadis positionnés en position surélevée de chaque côté, ils sont maintenant complètement repoussés sur les listons, avec un siège quasiment placé au-dessus de l’eau et… ultime surprise, une barre franche. Outre le bénéfice en navigation sur lequel nous reviendrons, cet agencement dégage beaucoup d’espace dans le cockpit.
Autre nouveauté, le catamaran profite d’un espace de manœuvre avant, en pied de mât, directement accessible depuis le carré.
Fabrication moderne et chasse au poids
Côté fabrication, le HH52 adopte une construction en sandwich carbone/époxy, avec une distinction entre la version Ocean Cruising (OC) qui emploie un sandwich combinant fibre de verre et carbone dans les zones de charge élevées, et la version Sports Cruising (SC) qui utilise le carbone à peu près partout (structure, coques, mobilier, etc.) afin d’optimiser le poids tout en offrant une résistance maximale.
On monte à bord par les longues jupes arrière et par trois marches. Cette disposition est pratique pour accéder à l’annexe ; en revanche, le dinghy devra se contenter de bossoirs et non pas d’une plateforme, un choix qui permet de sauver un peu de poids – et qui se révèle plus économique.
Sur notre catamaran test, le cockpit était débarrassé des postes avec barre à roue « classiques », nous y reviendrons plus loin. Profitant de l’espace disponible, le cockpit offre deux assises en L avec une table sur tribord et une autre banquette adossée au tableau arrière. Le tout est protégé par des vitres latérales et, sur chaque bord, un escalier mène aux passavants. Un aménagement simple et fonctionnel.
Les passavants sont larges et les capots de pont flush rendent la circulation aisée. Bien repoussées sur le livet de pont, les dérives ne barrent pas la route. Pour favoriser les performances, les concepteurs ont équipé l’avant du catamaran d’un grand trampoline sans trop de coffres, un choix qui là encore permet de gagner du poids. Une poutre avant en carbone assure la rigidité, tandis qu’un renfort longitudinal central se prolonge par un bout-dehors, lui aussi en carbone. Trois enrouleurs prennent place sur ce poste avant pour pouvoir effectuer l’essentiel des manœuvres depuis le cockpit. L’ancre, située sous cette structure, sera en revanche peu accessible depuis le pont ; en cas de problème, il faudra travailler avec l’annexe.
Un intérieur fonctionnel, modulable et apaisant
Depuis le cockpit, on accède également directement au carré intérieur. Grâce à une porte assez large et à une fenêtre basculante vers le haut, la séparation entre l’intérieur et l’extérieur s’efface. Une fois dans le salon, le HH52 conserve l’aspect minimaliste du cockpit, avec un espace repas sur bâbord, une cuisine en L implantée sur l’arrière et sur le côté tribord, et enfin un îlot central faisant également office de leaning-post pour le poste de barre intérieur. Un aménagement un peu inédit, mais qui facilite la circulation. Le poste de barre en lui-même est très bien équipé et une porte de chaque côté permet d’accéder en deux secondes au cockpit de manœuvre avant, en pied de mât, c’est vraiment pratique, et cela permet aussi d’améliorer la ventilation à bord.
Revenons à la cuisine : très fonctionnelle, elle est conçue avec des matériaux faciles à entretenir comme le Corian et comporte tout le nécessaire pour de longues traversées. L’équipement proposé par le chantier intègre notamment un système de filtration d’eau par UV pour la cuisine et de l’électroménager haut de gamme, mais tout cela peut bien entendu être personnalisé au moment de la commande.
Autre bon point de cet intérieur, les immenses surfaces vitrées et le grand capot de pont permettent de profiter d’une excellente luminosité et offrent une vue panoramique, peu importe l’endroit du salon où l’on se trouve.
Du carré, un escalier confortable et des mains courantes astucieusement intégrées dans les cloisons facilitent l’accès aux cabines. Pour la partie nuit, le HH52 offre beaucoup de modularité, avec principalement deux ou trois cabines qui peuvent être en partie transformées. Sur notre multicoque d’essai, nous profitions ainsi d’une cabine Propriétaire sur bâbord, avec un couchage double sur l’arrière et une très belle salle d’eau sur l’avant. Outre l’espace disponible, le lit est entouré de hublots (dont la trappe de sécurité) et de miroirs, ce qui offre une luminosité extraordinaire. Le couloir cache beaucoup de rangements et la salle de bains dispose notamment d’une très grande douche, bref, le grand confort…
La coque tribord propose une configuration un peu différente, avec un couchage double à l’arrière, une salle de bains centrale et une autre cabine multifonction sur la proue. Cette dernière peut en fait être aménagée selon les desiderata du client, pour devenir un atelier, une salle de sport, un bureau, ou tout simplement une cabine supplémentaire. Elle profite au passage d’un couchage escamotable qui disparaît dans la cloison en position fermée.
Comme sur le reste du catamaran, la luminosité intérieure est excellente, tandis que les matériaux et les couleurs peuvent vraiment être personnalisés par le Propriétaire. Dernier point positif, l’isolation sonore est efficace, ce qui permet de bénéficier d’un endroit calme, même en navigation.
Une barre franche pour les sensations
Le HH52 est présenté comme un « sport cruiser », ce qui implique des performances dignes de ce nom. Pour y parvenir, les concepteurs ont littéralement fait la chasse au poids et ont également adopté une surface de voile plus importante que sur le HH50. En fait, le mât a été implanté un peu plus en arrière, ce qui permet d’utiliser une voile d’avant plus grande. De même, la bôme est ancrée sur le mât un peu plus bas, ce qui, là aussi, autorise une augmentation de la surface de voilure.
Pour contrôler la navigation, on a le choix ; pour les jours de mauvais temps ou si le soleil tape trop fort, le poste de barre intérieur est l’endroit idéal, d’autant qu’il est situé à environ un mètre du poste de manœuvre avant. Ce poste de barre profite aussi d’un grand capot de pont pour garder un œil sur le gréement, et de toute l’électronique nécessaire. En pied de mât, on trouve donc deux gros winches électriques Harken et un troisième plus polyvalent. Les bloqueurs sont accessibles et des sacs permettent de ranger les manivelles de winch et autres accessoires nécessaires. Enfin, trois marches facilitent l’accès au pont avant en cas de besoin.
L’autre option consiste à barrer depuis les postes de barre arrière. Si des postes de barre traditionnels sont bien disponibles sur la version SC, il y a fort à parier que la plupart des acheteurs choisiront les barres franches latérales. On profite ici d’un siège confortable au-dessus de l’eau, la visibilité est optimale, et surtout… mener ce catamaran véloce de 52 pieds en barre franche est un pur plaisir ! Pour faciliter le travail du barreur, une console avec un écran et toutes les commandes principales est installée sur chaque bord, sachant que le maniement des dérives, du chariot de grand-voile et des principales drisses est assisté électriquement.
Au regard des performances du catamaran, le poste avec barre franche latérale est définitivement un excellent choix. Concrètement, grâce à son déplacement modéré, le HH décolle à la moindre risée, et accélère rapidement jusqu’à atteindre une vitesse de croisière respectable. Lors de nos essais, avec 15 à 20 nœuds de vent, nous avons régulièrement évolué autour de 10 à 12 nœuds, ce qui constitue une excellente moyenne. A la faveur d’une veine de vent un peu plus favorable, nous avons même atteint 14 nœuds, ce qui est très flatteur. Le chantier annonce pour sa part des pointes autour de 22 nœuds dans des conditions favorables. Sur la version SC, les longues dérives latérales autorisent également une navigation efficace au près serré, ce qui n’est bien sûr pas le cas de nombreux catamarans équipés de quillons peu profonds.
Que ce soit sous Code 0 ou sous gennaker, le HH s’est également montré stable, confortable et facile à barrer grâce à un équilibre du plan de voilure irréprochable, bref, tout ce que l’on demande à un multicoque de croisière rapide. Pour une expérience encore plus personnelle, le chantier propose un large choix de voiles à définir lors de l’achat.
Le plein de technologie
Le HH52 intègre une technologie de pointe tant au niveau de sa motorisation que de la gestion de l’énergie. Côté propulsion, on retrouve le système EcoDrive hybride cher à la marque, et désormais proposé en version standard. Il s’agit d’une propulsion électrique constituée de deux moteurs de 5 kW associée à une motorisation diesel Beta Marine. La grande surface de panneaux solaires (4 900 Wc) intégrée sur le toit du catamaran alimente un parc de batteries 48 V de 43,2 kWh.
Et pour aider les panneaux solaires, le système a également recours à l’hydrogénération, ce qui permet de garder les batteries en charge. De manière concrète, toutes les petites navigations (manœuvres, entrée et sortie de port et de chenal) se font en mode électrique, avec une autonomie de 5 à 6 heures, sans émissions polluantes et en silence. Le système est également suffisant pour la consommation énergétique du bord, et de ce fait, le catamaran n’embarque même pas de générateur. Le moteur diesel reste disponible pour les navigations rapides au moteur ou en moyen énergétique de secours, et l’ensemble du système est géré par une interface CZone.
Des caractéristiques qui font du HH52 un candidat idéal pour les traversées océaniques sans craindre de se retrouver à court d’énergie.
Conclusion
Avec le HH52, le chantier a non seulement su capitaliser sur le succès du modèle précédent, mais surtout, il apporte de nouvelles solutions pratiques avec de nombreuses technologies innovantes, mais sans tomber dans l’excès. Le carnet de route semble donc bien respecté, puisque ce catamaran est sans aucun doute un croiseur confortable et rapide qui n’attend qu’une chose, prendre le large.
Les barres franches
Performances
Pas de version quatre cabines
Pas de plateforme arrière
Descriptif technique
Architectes : Morrelli & Melvin
Longueur hors-tout : 17,05 m
Longueur de coque : 15,80 m
Largeur : 7,44 m
Tirant d’eau (dérive haute) : 1,65/3,54 m
Tirant d’eau (ailerons) : 1,56 m
Tirant d’air : 23,31/24,29 m
Déplacement lège : 13 t
Grand-voile : 86/89 m2
Solent à recouvrement : 52/61 m2
Code 0 : 100/108 m2
Gennaker : 161 m2
Motorisation hybride standard : 2 x 38 ch et 2 x 5 kW
Cabines : 2/3
Cabinets de toilette : 2
Certification CE : A
Prix de base : 1 570 000 € HT
www.hhcatamarans.com
Les longues dérives latérales du modèle SC sont bien repoussées sur le livet de pont, ce qui n’entrave pas la circulation sur les passavants.
La fenêtre basculante vers le haut permet de faire disparaître la séparation entre l’intérieur et l’extérieur.