Les powercats présentent pour les plaisanciers de nombreux atouts : qu’ils naviguent en croisière ou lors de sorties à la journée, ils trouveront sur cet Iliad 50, construit en Chine et commercialisé par la société australienne Multihull Solutions, stabilité et espace. Ce bateau est le premier 50 pieds d'une gamme qui a également exposé un 70 pieds au Salon de Sydney, en attendant pour plus tard un 60 puis un 90 pieds.
Infos pratiques
- Le chantier : Iliad 50
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Iliad 50
- Assuez votre Iliad 50
- Articles autour du Iliad 50
« Il ne s’agit pas là d’un powercat de plus », comme me l’a souligné Mark Elkington, le patron de Multithull Solutions, alors que nous contemplions l’Iliad 50 amarré le long de la Gold Coast. « L’Iliad complète notre gamme Fountaine Pajot (en attendant le prochain Power 67, NDLR), des bateaux à propulsion IPS idéaux pour la croisière côtière, un marché très différent de l’acheteur d’Iliad. Là, nous partons sur 50 pieds, ce qui représente la taille minimale pour charger tout l’équipement qu’un vrai bateau de large nécessite. »

Focus sur le navire d’exploration.
Les yachts de style explorateur n’ont jamais été aussi populaires : les plaisanciers cherchent à échapper à la foule, tout en adoptant les dernières technologies qui les libèrent des services accessibles uniquement au quai. Pour les yachts à moteur, la consommation de carburant est un élément clé, et c’est là tout l’intérêt des catamarans, avec leurs coques à faible traînée. « La réalisation de ce projet et ensuite la formation d’un consortium pour mettre un tel navire sur le marché se sont avérées être un défi de taille », poursuit Elkington. « J’ai visité une cinquantaine de chantiers à travers le monde à la recherche d’un navire de type hauturier, assez solide pour pouvoir être beaché si nécessaire, mais la plupart des navires existants utilisent des moteurs couplés à une transmission IPS, qui s’avère trop vulnérable. Aussi nous sommes-nous retrouvés confrontés face à un choix : soit nous saisissions ces opportunités, ou alors il nous fallait former une équipe et construire par nous-mêmes. »
L'équipe comprend l'ancien designer d'Azimut Riccardo Bulgarelli, et un chantier naval chinois, Xinlong Yachts, situé à Zhanjiang, sur la mer de Chine méridionale, près de l'île touristique de Hainan. Le chantier construit des navires en métal, mais aussi en composite, il a notamment à son actif la mise à l’eau de navires d’exploration de type Bering. Une société a été créée, Global Marine, elle détient la marque Iliad, et Multihull Solutions en est le concessionnaire sur la zone Asie-Pacifique. Le premier résultat de cette collaboration a été un prototype lancé en octobre 2017 et qui a parcouru 3 000 milles en Asie à des fins de recherche et développement, incluant notamment l’étude d’un typhon au Vietnam. « Ce bateau a été construit sans moule, ce qui nous a permis d’améliorer le prototype jusqu’au stade où nous avons créé un moule abouti pour le premier Iliad 50 », nous confie Elkington. La philosophie de l’explorateur exigeait que la coque soit résistante, de façon à ce que les arbres d’hélice et les safrans soient protégés par un skeg et une ligne de quille.

L’Iliad et ses trois niveaux d’espace de vie
Le résultat de ce consortium australo-chinois m’a impressionné, alors que je me rapprochais du premier 50 pieds sur le ponton du Southport Yacht Club, par une chaude journée sur la Gold Coast. « Le grand flybridge domine l’ensemble, il crée trois niveaux d’espace de vie tandis que, sous les ponts, des versions propriétaire ou charter sont disponibles », explique Elkington, « notre autre positionnement sur ce marché tient dans une construction semi-personnalisée et un niveau de finition exceptionnellement élevé. Un autre argument repose sur notre capacité à proposer des bateaux de base équipés de toutes les options, plutôt que de lister pléthore d’options, une stratégie commerciale éprouvée avec succès par des constructeurs de qualité tels que Nautor-Swan. »
On distingue trois niveaux de vie, dont celui situé tout en haut avec l’immense flybridge qui se prolonge jusqu'à l’arrière de l’Iliad 50. En montant ici, via les marches intérieures du cockpit, vous découvrirez une zone semi-couverte avec un salon pouvant accueillir jusqu’à huit convives, doté d’un mini bar équipé d’une plaque électrique et d’un frigo. La console de direction est décalée sur bâbord. Elle complète celle du carré, l’idéal pour naviguer dans les hauts-fonds. Le flybridge convient également aux manœuvres dans les marinas étriquées.
En regardant sur l’arrière, et notamment le revêtement de sol en teck épais, on remarque un espace ouvert conçu pour accueillir une annexe, mais, s’agissant d’un bateau custom, cet endroit peut très bien recevoir des transats ou même un jacuzzi. « Dites-nous simplement ce que vous voulez », suggère Elkington.
Le hard-top en polyester supporte les équipements de communication, et sur l’avant les tauds transparents en Cristal peuvent être fermés pour protéger des intempéries. La console de direction est dominée par l’écran du traceur de carte Raymarine Hybrid Touch, on y trouve aussi les commandes du pilote automatique et les commandes électroniques des moteurs Volvo D6-435. Parmi les caractéristiques du catamaran, citons leurs deux moteurs éloignés l'un de l'autre (contrairement à un monocoque), ce qui leur confère une très bonne maniabilité, en leur permettant notamment de pivoter sur place ; cette possibilité évite l’installation d’un propulseur d'étrave. Cependant, leur structure imposante intensifie le fardage (et entraîne une consommation accrue de carburant) : des moteurs aussi puissants que ces 435 conviennent donc bien à cette taille de navire.

Un loft en guise de carré
Sur le pont principal, la partie arrière constituera un solide argument de vente pour les acheteurs potentiels, notamment ceux qui viennent du monocoque, toujours plus étroit. L’Iliad 50 dispose d’un vaste espace de détente, typique du catamaran. Le mini-bar et les assises pouvant accueillir jusqu’à 8 convives transforment le pont arrière en une véritable extension du carré, et ce d'autant plus que la cuisine se trouve juste à l'intérieur.
La zone entière est protégée par le prolongement du flybridge, bien soutenu par des tubes inox de gros diamètre et qui communique naturellement avec le carré. L’ensemble est fermé par de grosses portes coulissantes. A l'intérieur, l’espace de vie est bien aéré, le carré est à bâbord, avec en vis-à-vis la cuisine, et un peu plus sur l’avant, à bâbord, se trouve la partie salon. A côté prend place le deuxième poste de pilotage (facultatif). Comme la partie avant du carré est surélevée d'une marche, cela donne une vue dégagée depuis le poste de barre. Et compte tenu de l’inclinaison de la menuiserie en merisier, la vue est donc bien dégagée en navigation. L'espace de rangement qui entoure le poste de pilotage reçoit le panneau de commande électrique principal, cet emplacement s’avère pratique pour contrôler tous les systèmes. Sa partie supérieure est adaptée au stockage de cartes roulées. Les cloisons latérales verticales offrent beaucoup de volume et de lumière naturelle, tandis que la large ouverture sur l’avant permet une bonne circulation de l'air au mouillage.
Le cuisinier appréciera la cuisine en U, pratique pour se caler dans des conditions de navigation toniques, et on remarquera les appareils de qualité, et notamment une plaque de cuisson électrique de marque Siemens. On appréciera également les plans de travail spacieux en Corian, et deux éviers inox profonds. Les grands placards situés au-dessus et sous les plans de travail sont parfaits pour les navigations au long cours, et peuvent loger un lave-vaisselle, tandis que les réfrigérateurs à deux tiroirs gardent les denrées périssables au frais. Les autres appareils électroménagers comprennent une machine à laver installée dans la coque du propriétaire. Je ferais un seul reproche : l'absence de fargues pour retenir la vaisselle. Le plus frappant, mis à part la couleur élégante du merisier, réside dans le niveau de détail et la qualité de la finition. Les connaisseurs apprécieront les finitions à la main, notamment les extrémités arrondies, des dessus de table à cocktail incurvés, et les coutures impeccables sur les canapés en cuir souple. Le bateau de notre essai n’avait été terminé que la veille. Deux personnes venaient de l’acheter : ils avaient aimé leur catamaran de série, mais avaient changé d’avis en constatant le niveau de finition de l’Iliad 50.
Suite privée
La descente dans la coque bâbord, par les marches situées juste en face du carré, mène à la suite du propriétaire. Fermée par une porte coulissante, la coque lui est entièrement dédiée, avec un grand lit en îlot à l’arrière, là où à la mer les mouvements sont les plus agréables, et l’espace toilette plus en avant. Le plus grand portlight se trouve à côté du lit et offre une vue dégagée sur l’eau. Les autres, assez grands et rectangulaires, donnent une sensation de légèreté ,tandis que les stores assurent la confidentialité en cas de besoin.
Le souci du détail est de nouveau palpable à la vue des garnitures des portes de placards, des petits fauteuils en cuir, tout comme le canapé somptueusement rembourré ainsi que des mains courantes placées là où il faut. Le volume de la salle de bains est suffisant, la ventilation quant à elle étant assurée par des hublots ouvrants, limitant de fait le recours à la climatisation. Le teck sous les pieds et les toilettes électriques Tecma de qualité complètent joliment la zone. Dans la coque tribord, les deux couchettes doubles avec salles de bains privatives sont tout aussi bien aménagées, on appréciera le confort offert par les matelas à mémoire de forme et les étagères des bibliothèques, entourées d’éclairages du meilleur goût.
La possibilité de s’échouer
La surface de pont disponible est une donnée importante pour les navigations sous les tropiques ; à bord de l’Iliad 50, il est plus que suffisant. Les larges passavants, protégés par un haut bastingage, permettent d’accéder au pont avant en toute sécurité. Ici, on trouve des bains de soleil doubles (en tissu Sunbrella de qualité). Le matériel de mouillage est installé entre les deux assises. La chaîne court sous la nacelle, les pieds nus apprécieront. Le guindeau est un Quick vertical de 2 000 W. Idéalement, un deuxième guindeau aurait pu être installé, mais la présence de forts taquets doubles permet de s’en passer. En revenant sur l'arrière, on remarque que chacun des tableaux arrière possède des marches moulées qui mènent jusqu’à l’eau. L’annexe trouvera sa place sous les bossoirs (ou sous le flybridge). C’est également là que se trouvent les trappes qui conduisent aux moteurs. L’équipement standard prévoit des Volvo 375 sur lignes d’arbre, mais jusqu'à 10 choix de moteurs sont disponibles, de marques différentes. « Notre slogan est la liberté de choix, elle concerne la plupart des systèmes, incluant les moteurs et l’électronique », indique Elkington, « nous serons heureux de conseiller nos clients, mais au final, ce sont bien sûr eux qui décident. »
En accord avec la philosophie d’un bateau d’exploration, seule la transmission par arbre d’hélice est toutefois retenue. Les choix concernant la motorisation s’étagent jusqu'à 500 CV. Et, quels que soient les moteurs montés, tous seront logés dans des coques aptes à l’échouage grâce à des arbres protégés par des skegs.
On découvre dans les salles des machines un espace vaste et bien organisé, avec des appareils électriques et des batteries surélevées au-dessus du Volvo D6-435. Seuls les fournisseurs majeurs du marché ont été retenus, tels que les filtres Racor, les onduleurs Victron et un système anti-feu Seafire. L’accès pour les opérations d’entretien, vidanges ou courroies, est également soigné, de même que le système de transmission de la direction. Parmi les autres systèmes importants, on notera également le groupe de 12 kVA Westerbeke et le système d’eau chaude. L’ensemble bénéficie de la norme CE catégorie A, une construction solide en fibre de verre, avec des ailerons pour permettre l’échouage. Plusieurs cloisons étanches existent, elles isolent notamment les salles des machines et le milieu des coques. Elles protègent également les étraves d’un choc frontal.
« Les coques sont construites en résine vinylester, non seulement sous la ligne de flottaison, mais également au-dessus, avec du monolithique autour de la ligne de quille et des autres points importants », indique Elkington. Pour le reste de la construction, le chantier Xinlong a utilisé la technique de l’infusion sous vide, sur de la mousse PVC à cellules fermées. Lors des différentes étapes de la construction, des contrôleurs indépendants ont régulièrement visité le chantier.

Au large de la Gold Coast
S’extirper de la petite marina a représenté le premier test des capacités de l'Iliad 50. Il aura suffi d’actionner les deux manettes de gaz séparément, en marche avant et en marche arrière, pour faire pivoter le 50 pieds sur place, avant de poursuivre dans le chenal d’accès peu profond. Encore un argument en faveur de ce faible tirant d’eau, pour aller éventuellement jusqu’à la plage en cas de besoin. Derrière la barre, en haut du flybridge, on bénéficie d’une vue bien dégagée sur les hauts-fonds qui s’étendent jusqu’à l’île de Stradbroke Sud. Nous les avons contournés avant de pousser les manettes des gaz, provoquant un rugissement modéré, mais absolument aucune vibration de la part des Volvo de 435 CV. Nous atteignons alors notre vitesse maximum, 21 nœuds, avec les moteurs à 3 450 tr/min. En revenant à une vitesse de croisière plus calme de 18 nœuds, la consommation en carburant s’établit à 105 litres/heure. Les sauts entre les îles du Pacifique sont donc au programme de ce powercat : à moyenne de 10 nœuds environ, l’autonomie de 750 milles est suffisante pour rallier mes mouillages préférés en Nouvelle-Calédonie et au-delà. Les conditions rencontrées lors de cet essai, temps calme et ensoleillé, n’ont pas été très sévères, il a donc fallu aller chercher un peu de mouvement. Une action sur la barre hydraulique a amené le l’Iliad 50 croiser son propre sillage, sans que l’on entende le moindre murmure à bord. En fait, je n’ai pas pipé mot au cours de cet essai, ce qui en dit long sur les qualités de ce catamaran à moteur.

Conclusion
Ce powercat à déplacement semi-lourd est capable de tenir des vitesses de croisière à deux chiffres, tout en offrant une bonne autonomie. La clé de cette polyvalence résidant dans un vaste choix de moteurs, tous entraînés par arbre, adaptés aux besoins des clients.
Les +
Grande autonomie
Robustesse
Qualité de finition
Les –
Prix élevé
Manque quelques fargues dans la cuisine
Fardage important
Descriptif technique
Constructeur : Xinlong Yachts, Chine
Architecte : Riccardo Bulgarelli
Longueur totale : 15,51 m
Bau maxi : 7,35 m
Tirant d'eau : 1,25 m
Tirant d'ai r: 6,49 m
Déplacement (lège) : 24 000 kg
Motorisation standard : 2 x 370 CV, Volvo ou Yanmar (2 moteurs Volvo D6-435, transmission par arbre sur le bateau de notre essai)
Capacité des réservoirs de carburant : 2 700 litres
Capacité des réservoirs d'eau : 700 litres
Autonomie maxi : 2 500 milles
Prix : 2 500 000 AU $ (bateau à l’eau et taxes acquittées en Australie)
LES CHIFFRES MULTICOQUES MAG
Lieu de l’essai : Southport Yacht Club, Gold Coast, Australie
Conditions : mer calme, vent faible, six personnes à bord, réservoirs remplis à 60 %
Motorisation :2 x Volvo D6-435 HP
|
Tours/mn |
Vitesse en nœuds |
Consommation horaire en litres |
Autonomie en milles |
|
1 000 |
5.7 |
5.7 |
2700 |
|
1 500 |
8.6 |
12 |
1935 |
|
2 000 |
10 |
36 |
750 |
|
2 500 |
13 |
70 |
501 |
|
3 000 |
18 |
105 |
462 |
|
3 450 |
21 |
150 |
378 |