Il aura fallu 11 ans de développement – et autant de prototypes – avant que François Tissier ne lance son catamaran démontable et transportable. Son Iziboat est d’autant plus abouti que ce premier modèle a déjà deux saisons dans les flotteurs ; il a été testé par 1 200 équipiers !
Infos pratiques
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Lieu de l’essai : La Flotte-en-Ré, France
Conditions de l’essai : mer plate, 10 à 15 nœuds de vent
Rendez-vous est pris sur un petit parking ombragé par des pins : quelques voitures, bien sûr, mais surtout un drôle de catamaran prêt à naviguer. François Tissier, à l’origine du projet, est en pleine discussion avec une famille franco-belge : Nino, en fauteuil roulant, semble très désireux de naviguer ! Cette rencontre impromptue démontre que l’Iziboat – avant même de naviguer – mérite bien son nom. L’intérêt de ce petit multicoque est bien sûr la possibilité de le démonter – et donc de le transporter et le stocker – très facilement. L’opération prend 15 minutes. La bonne tenue des différents éléments est assurée par deux puissantes sangles. Pour ceux qui habitent près de l’eau, le constructeur suggère même le transport en vélo. Possible en effet, mais sur un terrain plat, puisque l’Iziboat pèse tout de même 152 kg – soit autant qu’un Hobie 16. Quelques kilos devraient être gagnés sur les prochains modèles de série. Première astuce pour la mise à l’eau : des roues s’encastrent directement dans les flotteurs. Les coques en polyester adoptent un dessin moderne avec des étraves inversées et un volume généreux – 469 l par flotteur.

Le génois à recouvrement est très efficace dès le bon plein.
Mais au près, même quand la voile est en partie enroulée, le cap pâtit des points de tire très excentrés.
La garde-robe complète grand-voile/petit foc/gennaker nous semble le meilleur choix.
Les extérieurs adoptent des flancs quasi verticaux de manière à se passer de dérives. Le fond des coques adopte un concave marqué afin de générer un effet coussin d’air. Les safrans sont relevables. La structure et le gréement sont en aluminium. La grand-voile est très originale : avec ses deux grandes lattes quasi verticales et sa bôme articulée, elle s’enroule autour du mât. Un flotteur est encastré en haut du mât pour éviter le retournement total en cas de dessalage. Adapté à tous, ce petit multicoque dispose de vrais sièges, et se mène de façon intuitive grâce à un joy-stick – soit l’équipement standard de la plupart des pédalos de plage…

Les roues de mise à l’eau s’encastrent directement dans les coques ; on peut les emporter en navigation.
Finalement, ce sont les fins barreurs qui parfois peinent à trouver leurs marques : la barre fonctionne pour eux à l’envers et cette position face à la route peut les dérouter. Dans la pratique, quelques embardées lors des premiers bords, rien de plus. L’engin est étonnamment stable : jusqu’à 10 nœuds de vent, un solitaire n’a pas besoin de changer de siège. Entre 10 et 15 nœuds, là, on s’installe au vent. La vitesse dépasse rapidement les 10 nœuds : une sensation de glisse facile déroutante ! Les écoutes sont à portée de main – grand-voile en haut entre les deux sièges et génois à fort recouvrement sur le trampoline.
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Vit-de-mulet coulissant sur le mât et articulé afin de pouvoir mâter la bôme, réglage de la tension de bordure grâce un cliquet : le gréement fourmille d’astuces !
L’Iziboat mouille peu, et la position relativement surélevée participe également à rester le plus souvent au sec. Evidemment, en l’absence de stick, pas de rappel hors des assises ; c’est possible pour un équipier si on est deux. Dans cette configuration en double, la position au trapèze est envisageable – mais on frappe le bout très bas faute de haubanage. Au près, la dérive est sensible à faible vitesse pour devenir quasi nulle dès que l’Iziboat prend de la vitesse. Les points de tire très excentrés du grand génois interdisent de faire du cap. Il serait possible de les rentrer… mais le confort de l’équipage en pâtirait. Un petit foc – il est proposé – donnerait de bien meilleurs résultats au louvoyage. Le package grand-voile/ foc/gennaker est assurément le meilleur moteur pour l’Iziboat, qui ne ressemble décidément à aucun autre multicoque du marché.

Les carènes adoptent un concave prononcé afin de générer un effet coussin d’air
Le mot de Nino, à la barre de l'Iziboat
« Voilà bientôt dix ans que je me déplace en chaise roulante. Cela faisait aussi au moins autant de temps que je n’avais plus navigué ! Cet après-midi, j’ai rencontré François par hasard, il montait son prototype Iziboat et on a échangé quelques mots. Il n’en a pas fallu plus pour qu’il me propose un essai en mer ! Je ne m’y attendais pas : une vraie bonne surprise. Le transfert à bord s’est effectué sans problème. Malgré le fait que je n’aie plus l’usage de mes jambes, j’ai pu m’installer tout seul facilement. Un vrai bateau inclusif. Super impressions en mer. L’assise permet une très bonne stabilité et laisse suffisamment d’aisance pour naviguer en autonomie. Une superbe expérience pour un retour en mer réussi ! »
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Iziboat
Longueur : 5,14 m
Largeur : 2,40 m
Tirant d’eau : 0,8 m
Tirant d’air : 6,34 m
Poids : 152 kg
Poids équipage max : 260 kg
Surface de voile : 15,4 m2
Grand-voile : 8,8 m2
Génois : 6,6 m2
Prix version Go : 9 990 € (promotion lancement)
Prix version Beach : 11 990 € (promotion lancement)
Texte : Emmanuel van Deth - Photos : Iziboat et l’auteur

