Le KC54 est le deuxième modèle de la jeune marque Kinetic. Un catamaran de croisière en carbone qui joue la carte de la performance et de la technologie, histoire de se différencier sur ce segment où la concurrence est importante.
Lieu de l’essai : Annapolis (Maryland – USA)
Conditions : vent 8 à 12 noeuds, 2 personnes à bord, petit clapot
Infos pratiques
- Le chantier : KC54
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Kinetic KC54
- Assuez votre Kinetic KC54
- Articles autour du Kinetic KC54
Kinetic Catamarans est un nouvel acteur sur le marché des multicoques puisque le constructeur est né en 2015. À l’origine, on trouve un homme, Bob Hayward, aux multiples talents. Il recherchait le catamaran de ses rêves, celui qui correspondrait parfaitement à son programme. Ne le trouvant pas, il décida de s’associer avec le Sud-Africain Leon Scheepers pour reprendre l’ancien chantier de Phil Harvey, à Knysna, en Afrique du Sud, qui construisit notamment quelques modèles pour Gunboat. La marque Kinetic était née. Après le KC62, premier modèle à prendre la mer, voici donc le KC54 qui, avec sa taille, débarque sur un segment très disputé dans l’univers du catamaran de croisière. Pour autant, Bob Hayward et Leon Scheepers ne sont jamais à court d’idées, et le Kinetic se démarque de la concurrence sur bien des plans. Premièrement, le chantier a fait de la chasse au poids une obsession. Pour alléger les plates-formes et augmenter les performances, les catamarans sont réalisés avec une structure entièrement en carbone, un matériau à la fois très solide et assez léger. L’autre caractéristique, c’est le recours à des solutions technologiques presque avantgardistes comme les vérins hydrauliques pour les voiles, les haubans en Kevlar, les enrouleurs électriques ou un propulseur d’étrave abaissable avec système de commande par joystick. Une fois réglé, tout le multicoque ou presque se pilote à partir de quelques boutons à côté de la barre. Enfin, tous les Kinetic sont semi-custom, ce qui laisse une bonne marge de manoeuvre pour le propriétaire enclin à façonner son futur multicoque.
![]() |
![]() |
Si le catamaran est proposé avec un jeu de voiles croisière dans la version standard, la plupart des clients optent immédiatement pour le set « Performance », plus efficace et plus complet.
Le Kinetic est réalisé presque entièrement en carbone, incluant le mât et la bôme.
Design sobre et moderne
Esthétiquement, le KC54 affiche une ligne très moderne avec des étraves inversées, un long hublot de coque qui souligne la silhouette, une timonerie et un roof très rectilignes ainsi que des espars en carbone. L’ensemble est d’une grande sobriété. Vu de l’avant, le catamaran est là encore particulier, puisque le pontage s’arrête assez tôt pour laisser place à un trampoline XXL. Au final, les superstructures très courtes sont, là encore, un moyen de gagner du poids. La nacelle, d’une épaisseur modérée, permet au catamaran d’offrir un tunnel de belles dimensions. Ce qui frappe aussi, c’est la finesse des étraves et leur hauteur assez impressionnante, confirmant la vocation haute mer de ce multicoque.
L’arrière est quant à lui un peu massif, du moins quand la plate-forme de bain est relevée. En position basse, cette grande plage de bain est accessible depuis le cockpit par un bel escalier, ce qui fait du KC54 une embarcation très accueillante. Les jupes disposent elles aussi d’une plage de bain avec, de surcroît, un espace de rangement dans le plancher. Autre caractéristique de cette poupe, on y trouve une barre sur chaque bord (option) avec un petit escalier menant sur les passavants.
Une fois à bord, les espaces sont assez bien définis, à savoir un cockpit arrière destiné à la détente et à la convivialité, un pont principal intérieur et un petit cockpit juste devant la timonerie, laquelle regroupe les winches, poulies et bloqueurs, ainsi que deux petits sièges pour se reposer au mouillage. C’est de là que s’effectue une partie du réglage des voiles. Dommage qu’il n’y ait pas de puits à bouts de prévu – au bout de quelques minutes, toutes les drisses reviennent dans ce cockpit. Deux marches repliables permettent de grimper sur le roof où est installé le mât, tandis que l’avant de ce cockpit regroupe une série de coffres très pratiques. De là, un long tangon traverse le trampoline pour amurer les voiles d’avant, ici toutes installées sur des enrouleurs électriques.
Le cockpit avant réservé aux manoeuvres, l’arrière est donc libéré de tous les éléments liés à la navigation, à l’exception des deux barres. Relativement vaste, ce cockpit arrière offre, sous la forme de deux banquettes en L et de quelques assises supplémentaires, jusqu’à 10 places en comptant les deux poufs. Sur tribord, une table dépliable permet de profiter d’un repas, tandis que l’ouverture centrale du tableau arrière pour rejoindre la plage de bain améliore de beaucoup la circulation à bord. On trouve également un grill et une grande glacière, savamment dissimulés sur chaque bord. Grâce à une toile, les côtés de cet espace peuvent être fermés pour rester à l’abri du vent. L’ensemble est presque entièrement recouvert par une longue casquette, tandis que deux bossoirs repliables accueillent une annexe de taille confortable.
![]() |
![]() |
Bob Hayward a créé la marque Kinetic Catamarans en 2015 dans le but de construire le multicoque de ses rêves.
La poupe intègre une plate-forme repliable qui peut supporter l’annexe ou agrandir la surface de bain arrière. L’accès au cockpit se fait alors par trois escaliers.
Un carré baigné de lumière
Une grande porte coulissante donne accès au pont principal entièrement entouré de surfaces vitrées. Autant dire que la luminosité est maximale. Assez classique, l’aménagement de ce carré comporte une grande cuisine en L avec un îlot central et, sur bâbord, deux canapés et deux chaises permettant d’accueillir 8 ou 9 personnes autour de la table, parfait pour les soirées mojito ! Sur l’avant, une grande barre à roue en carbone vient prendre place avec, juste devant, une console bardée de boutons, c’est de là que le barreur opère. Au besoin, une porte mène vers le cockpit de manoeuvre avant, tandis qu’à droite du barreur, une table à cartes avec de l’électronique permet d’assurer la navigation. Sur chaque bord, un escalier, en carbone, mène à la partie nuit. Le carbone est de toute façon présent partout dans ce bateau, y compris au niveau des toilettes, qui sont, vous l’aurez deviné… en carbone ! Nativement, le KC54 est proposé en version trois ou quatre cabines. Là encore, comme il s’agit d’un semi-custom, on peut imaginer une organisation très différente. Sur notre modèle d’essai, il s’agissait de la version quatre cabines avec chacune sa propre salle d’eau. Grâce au long hublot de coque, aux panneaux de pont apportant un éclairage zénithal ou à la baie vitrée arrière donnant sur la jupe, ces quatre espaces sont véritablement très lumineux. Petit bonus, un hublot ouvrant donnant sur le tunnel est disposé au-dessus de la tête de lit des cabines avant, un vrai plus pour l’aération. Une fois encore, la taille et l’emplacement des salles de bains peuvent être modifiés au moment de la commande, tout comme la décoration ou la couleur des boiseries. Niveau finition, le Kinetic reste relativement sobre – mais le résultat est assez flatteur. Même si le carbone est omniprésent, la couleur blanche des murs et les boiseries réchauffent l’atmosphère. L’équipement est quant à lui assez généreux, surtout pour ce qui concerne les aspects techniques. On y trouve également un générateur Fisher Panda de 6 kW, 12 panneaux solaires flexibles de 144 Wc ou encore une climatisation performante (4 x 10 000 BTU). Pour la partie confort, s’agissant d’un multicoque semi-custom, c’est à chaque propriétaire de faire la liste de ses besoins. Le catamaran est néanmoins proposé en version standard ou en version « Performance », avec un mât plus grand, des dérives en carbone, un mât rotatif, des winches plus performants ou encore des voiles supplémentaires.
![]() |
![]() |
Débarrassé de toute manoeuvre, le cockpit arrière devient un espace très convivial, avec de nombreuses assises et des tables.
Baigné de lumière, le pont principal offre à la fois un bel espace repas, une très grande cuisine bien équipée et le poste de pilotage intérieur.
Un jeu de voiles pour la croisière très polyvalent
Si le nom de la marque évoque immédiatement un univers très technologique, la mise en oeuvre du KC54 se révèle elle aussi assez futuriste. De fait, le Kinetic a été presque totalement automatisé pour être mené par un équipage réduit et pour faciliter les manoeuvres. La bôme en carbone profite ainsi d’un vérin hydraulique, la montée de la grand-voile se fait de manière électrique, tout comme le déploiement de la voile d’avant. Le réglage des différentes voiles peut également s’affiner en appuyant sur quelques boutons, et tout cela sans presque avoir besoin de quitter le poste de barre intérieur. Le mât en carbone est d’ailleurs installé sur le roof, et un large toit en verre permet, depuis la barre, de jeter un oeil sur le gréement. Pour être franc, la manière d’opérer est un peu déconcertante au début. Toutefois, n’allez pas croire que tout se fait sans intervention humaine. Même si les tâches les plus rébarbatives se font électriquement, une bonne partie des réglages peut se faire à partir du cockpit avant, et les winches ne sont pas là pour la décoration. En outre, la machine n’a pas (encore) remplacé le feeling du barreur. Pour sortir du port ou les jours de pétole, le Kinetic est équipé de deux Yanmar de 80 CV avec une isolation phonique très efficace, ce qui garantit une certaine tranquillité en faisant route au moteur.
![]() |
![]() |
Les jupes sont assez larges et intègrent des coffres de rangement.
L’arrière du cockpit dispose d’une grande glacière et d’un gril, tous les deux cachés par un capot.
Presque aussi vite que le vent
Question performances, avec un déplacement lège de 16,2 tonnes, le KC54 rejoint indiscutablement le clan des catamarans performants (13,9 t pour l’Outremer 55 ; 14,7 t pour le HH55). Des valeurs à mettre en perspective avec des catamarans typés confort (20,80 t pour le Bali 5.4 ; 27,7 t pour le Lagoon 55). On peut donc espérer des résultats sous voile intéressants. En version standard, le catamaran peut être équipé avec un jeu de voiles de croisière ou avec un jeu de voiles performance. On peut également, si désiré, opter pour un set spécifique. Notre modèle d’essai, le numéro 1 de la série, est équipé avec des voiles de croisière. Un choix suffisant pour nombre d’usages, mais qui permet surtout d’afficher un prix attractif.
Le vent oscille entre 6 et 12 noeuds et des risées jusqu’à 18 noeuds : il n’y a rien de (très) sportif en baie de Chesapeake le jour de notre essai. Toutefois, le Kinetic ne demande pas beaucoup d’air pour prendre de la vitesse. Le chenal derrière nous, nous envoyons la grand-voile. Le génois déroulé, l’accélération est immédiate. Un premier bord de près bâbord amure nous emmène à un peu plus de 8 noeuds, avec un vent à 10 noeuds, puis à 8,5 noeuds avec un vent forcissant à 11 noeuds, c’est encourageant. Nous changeons d’amure pour aller chercher des conditions un peu plus favorables.
L’empannage s’effectue en douceur, presque en silence, et quasiment entièrement depuis le poste de barre intérieur grâce au fameux pupitre. Le vent monte à 12 noeuds, puis 18 noeuds – ce qui permet au catamaran, toujours au près, de grimper à 10 noeuds, puis à 12 noeuds, ce n’est pas mal du tout. Outre l’aspect performance, le Kinetic offre un comportement très agréable. Très doux à la barre, il profite de son tirant d’eau de 3,2 m, dérives en position basse, pour garder fermement le cap et pour tirer parti des 200 m2 de toile au près. A bord de ce multicoque, les invités apprécient la croisière qui se déroule dans un confort première classe. Nous décidons ensuite d’envoyer le spi pour un bord de grand largue. Livré avec le jeu de voiles de croisière, le spinnaker affiche 187 m2, alors que l’on monte jusqu’à 250 m2 en version « Performance ». Quoi qu’il en soit, ainsi gréé, le catamaran file à près de 12 noeuds pour un vent réel de 10,5 noeuds, c’est plutôt correct. Il serait intéressant de faire une sortie avec un peu plus de vent et un jeu de voiles « Performance », ce qui devrait amener le bateau autour de 15 noeuds, mais de toute manière, la vitesse n’est pas forcément une fin en soi, surtout quand on parle de croisière ou de vie à bord.
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Le KC54 est disponible en version 3 ou 4 cabines. S’agissant d’un catamaran semi-custom, on peut imaginer un aménagement très différent, avec un bureau dans la suite propriétaire ou une « utility room » pour les voyageurs autour du monde. Les couleurs des murs et des boiseries peuvent eux aussi changer.
Conclusion
Ce catamaran cultive sa différence. Léger, rigide et efficace sous voile, il se démarque par son automatisation très poussée, un concept qui plaira ou non. Reste que, pour un 54 pieds en carbone, son tarif reste correct, du moins dans sa version de base. Outre l’aspect performance, le KC54 peut accueillir huit personnes pour une croisière dans le confort avec en sus quelques bonnes surprises comme l’immense plage de bain arrière. Enfin, son offre semi-custom permet de l’adapter à vos envies, une option qui peut faire la différence.
![]() |
![]() |
![]() |
Même si le catamaran est largement automatisé, le cockpit avant reste avant tout dédié aux manoeuvres.
Sur tribord, une table à cartes regroupe l’électronique et les commandes moteur.
LES + :
+ Concept semi-custom
+ Déplacement modéré
+ Luminosité intérieure
LES - :
- Une débauche de technologie un peu déconcertante
- Tarif élevé en version « Performance »
- Pas de puits à drisses
![]() |
![]() |
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Kinetic Catamarans (Afrique du Sud)
Concepteur : Simonis Voogd Yacht Design
Longueur hors-tout : 16,50 m
Longueur à la flottaison : 16,30 m
Largeur hors-tout : 8,50 m
Tirant d’eau : 1,40/3,20 m
Tirant d’air : 24,60 m
Déplacement lège : 16,25 t
Déplacement en ordre de marche : 22,50 t
Grand-voile (Croisière) : 91,00 m2
Grand-voile (Performance) : 102,00 m2
Solent (Croisière) : 57,00 m2
Solent (Performance) : 60,00 m2
Génois (Croisière) : 109,00 m2
Génois (Performance) : 115,00 m2
Code zéro (Croisière) : 123,00 m2
Code zéro (Performance) : 127,00/167,00 m2
Spinnaker (Croisière) : 180,00 m2
Spinnaker (Performance) : 225,00 m2
Couchages : 6 (3 cabines) – 8 (4 cabines)
Carburant : 1 000 l Eau : 1 000 l
Eaux noires : 2 x 61 l
Motorisation : 2 x 80 CV Yanmar
Prix : 2 430 430 € HT en version standard
Principales options en € HT :
Option 3 postes de barre : 40 000
Package Performance : 28 830
Propulseur d’étrave abaissable : 20 100
Dérives carbone : 36 780
Mât rotatif : 14 370
Panneau solaire additionnel : 1 310
Machine à laver séchante : 1 640
Icemaker : 1 520
Four micro-ondes : 1 230
Table de salon qui s’abaisse : 1 410
Cockpit en teck : 5 240
Compresseur de plongée : 4 960

















