Il est rare d'avoir la chance de pouvoir essayer un bateau en configuration réelle de croisière, tel qu'il sera vraiment utilisé par son propriétaire. A bord de ce Knysna 480, n°1 de la série, nous avons pu vivre à bord une semaine complète, avec un bateau en ordre de marche, tous pleins faits, chargé de nourriture, de nos affaires et avec son équipage au complet… Bref, un véritable essai vérité !
Infos pratiques
- Le chantier : Knysna 480
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Knysna 480
- Assuez votre Knysna 480
- Articles autour du Knysna 480
Comment joindre l'utile à l'agréable ? Imaginez : devoir aller essayer un catamaran de croisière... aux Maldives ! C'est donc juste avant le salon de Dubaï que nous nous envolons pour cet essai si particulier… Notre Knysna 480 est le premier sorti du chantier en 2009. Il a été convoyé par la mer du chantier en Afrique du Sud jusqu'à son lieu d'exploitation à Malé, soit tout de même plus de 3500 milles. Un test déjà éloquent ! Et depuis maintenant quasiment deux ans, il est exploité en charter avec équipage. Ce n'est donc pas, pour une fois, un bateau neuf que nous allons essayer, mais un bateau bien rodé et surtout en vraie condition de navigation, avec équipement complet (du groupe au dessal, en passant par les congélateurs, l’eau, le réfrigérateur et bien sûr avitaillement et gasoil pour 10 personnes pendant une semaine…). C'est parti pour une semaine de rêve ! L'aventure commence dès l'aéroport. Comme dans beaucoup d'aéroports sous les tropiques, la sortie de l'avion est un véritable choc : la chaleur vous assomme, tandis que l'environnement laisse présager une semaine magique entre eau turquoise, palmiers et cocotiers. Quelques minutes suffisent pour passer les indispensables formalités d'entrée (attention, il est interdit d'importer de l'alcool aux Maldives) et récupérer les sacs. A la sortie de la zone sous douane, Shareef, le skipper de notre bateau, nous attend. Nous sortons de l'aéroport avec notre chariot chargé de sacs et, 100 mètres plus loin, nous découvrons notre catamaran. Sacs chargés, nous quittons cet aéroport installé sur une île artificielle pour voguer vers notre destin de journaliste heureux…
Une jolie ligne classique signée Angelo Lavranos : voici le Knysna 480.
Un bateau confortable…
En découvrant "Sailfish", notre Knysna 480 nous pénétrons à bord d'un catamaran très classique dans sa conception : un large cockpit avec une belle table où l'on tient aisément à 8 grâce notamment à deux tabourets rétractables bien pratiques au mouillage, mais dont il faudra se méfier dans la mer formée s'ils ne sont pas bien arrimés. Le poste de barre est en hauteur et deux marches permettent d'y accéder. On sort la tête d'une trappe dans le bimini rigide pour avoir une vue panoramique sur tout le plan d'eau. La vue vers l'avant est parfaite pour les manœuvres. Le siège est confortable et deux adultes y tiennent à l'aise, quant aux commandes du winch électrique (situé devant la barre) comme des moteurs ou des équipements de navigation, ils tombent parfaitement sous la main. La position de barre est naturelle et agréable, mais comme souvent sur ces gros catamarans, la barre hydraulique ne procure que peu de sensations et rapidement, on laisse au pilote automatique la corvée de barrer… Deux winches (un 48 et un 40 en plus du 48 électrique) sont positionnés sur le côté tribord du poste de barre, sur le toit du bimini rigide. La position pour wincher est bonne, que l'on soit au poste de barre ou debout sur le passavant... sauf si la capote en toile protégeant le poste de barre est en place. Et cette protection est tout simplement indispensable sous le soleil tropical ! Si le besoin se fait sentir de donner un tour de manivelle de winch, vous devrez alors soit replier la capote (grâce à deux sangles, c'est rapide et facile), soit descendre du poste de barre, aller à l'arrière, remonter sur le passavant (sans l'aide de mains courantes, inexistantes) et wincher à raison d'un demi-tour maxi, car la capote gêne. Pas top !!! Quand on navigue à la voile, on prend rapidement l'habitude de replier la capote protégeant le poste de barre le temps de bien régler les voiles, puis quand tout roule, on remonte la capote pour se protéger. Autre problème, s'il y a bien trois winches, il n'y a que deux taquets pour la drisse de grand-voile et les écoutes de génois et de GV. Il va falloir apprendre à gérer… Pour les propriétaires cherchant à booster le cata, deux winches supplémentaires sont installés à l'arrière de chaque coque pour les spi et autre gennaker .
Le must de ce cata est sa plage arrière. Elle a fait le bonheur des grands et des petits.
A l'intérieur du carré, on trouve à tribord un beau salon avec table et banquette très confortable. En face, une table à cartes et le panneau des commandes électriques. Pratique et bien vu, sans compter la bonne qualité des branchements. A bâbord, une cuisine très bien conçue, avec un plan de travail qui fera rêver nombre de cuisiniers. On sent que le bateau est avant tout conçu pour le charter de luxe et que l'équipage doit pouvoir offrir de bons repas aux clients. Et avec cette cuisine, ce sera beaucoup plus facile ! On y tient à trois et c'est facile d'y travailler même en pleine mer en étant bien calé. Mention +++. En descendant dans les coques (similaires dans notre version d'essai), on trouve une cabine arrière, avec un magnifique lit king size), une salle de bains dans la coursive, une cabine avant (lit queen size) avec le lit en travers de la marche, une belle salle de bains et enfin une couchette équipage dans la pointe avant, qui pourra aussi être transformée soit en atelier soit en lieu de stockage. Si la literie n'apporte que des éloges, on regrettera la hauteur du lit de la cabine avant, culminant à plus de 1,30 m et donc pas facile à atteindre… En revanche, un grand bravo pour la douche avant de taille XXL. J'adorerais avoir la même chez moi. Bravo aussi pour l'aération en général, dans les coques comme dans le carré. Sous le chaud soleil, nous n'avons jamais eu besoin de mettre les ventilateurs dans les cabines.
Le carré est vraiment confortable et la table pourra accueillir 8 personnes, tout en laissant encore un bel espace de vie. Le top !
Raies manta, requins et bords de largue
Après ce tour du propriétaire, il est temps de prendre la mer. On vous l'a dit, cet essai est différent des autres dans le sens où nous sommes vraiment en condition de croisière hauturière. Notre catamaran est particulièrement bien équipé, ce qui se ressentira en navigation dans les petits airs que nous allons rencontrer. Entre le groupe, le dessal, les deux réfrigérateurs de 80 litres, le congélateur de 110 litres, et surtout les équipements de plongée complets pour 4 et le compresseur, sans compter l'avitaillement, le gasoil (600 litres), l'eau (600 litres) et l'équipage et tout son barda, nul doute que le 480 atteint facilement, voire dépasse allégrement, sa charge maximale (de 2500 kg pour un déplacement en charge de 15,5 tonnes). Au programme de cette semaine de nav, la découverte des atolls des Maldives (ceux qui veulent postuler à un boulot de rédacteur au magazine, n'hésitez pas à envoyer votre CV à redaction@multihulls-world.com – c'est vraiment un super plan :)). Après le cocktail de bienvenue offert par l'équipage de Sailfish, nous discutons avec Shareef, notre skipper, que nous connaissons bien depuis plusieurs années. Il nous raconte ses îles, la vie sur ce nouveau catamaran, ce qu'il en pense… Et puis nous mettons en place le programme de notre croisière. Les objectifs sont nombreux : nager avec les raies manta, faire peur aux requins (c'est bien notre tour) et découvrir ce que le Knysna 480 a dans le ventre. Bref, un programme de rêve. L'aéroport international des Maldives est situé dans l'atoll de North Malé. Il faut préciser que les Maldives sont constituées de 26 atolls coralliens regroupant pas moins de 1190 îles… Parmi ces îles, seules 90 ont été développées en "îles-hôtels" et reçoivent une clientèle haut de gamme venant du monde entier. Pour les navigateurs que nous sommes, il reste un nombre incalculable d'îles totalement désertes et sûrement quelques milliers de bancs de sable qui n'attendant que notre visite. Bref, c'est un vrai paradis ! Notre essai-croisière commence donc par une traversée tranquille dans les eaux protégées de North Malé Atoll.
Les cabines sont confortables, avec de nombreux rangements, mais celles de l'avant sont vraiment trop hautes (plus de 1,30 m).
Un souffle d'air évanescent nous donne l'occasion de voir si les carènes dessinées par Angelo Lavranos sont à la hauteur de la réputation de l'architecte. Nous hissons la grand-voile (pas vraiment neuve) et déroulons le génois. Mais décidément, rien n'est simple dans la vie. Notre catamaran n'est pas équipé de bossoirs, mais d'un palan sortant de la bôme et qui, associé à la drisse de GV, permet de remonter l'annexe sur la géniale plage arrière. Ce système est parfait, car il permet de faire l'économie (en poids) de bossoirs. Mais à l'usage, ce système n'est pas très pratique à utiliser : pour simplement hisser la GV, il faut décrocher la drisse de l'annexe après l'avoir assurée, monter sur la bôme pour réinstaller cette drisse sur la têtière de grand-voile, pour enfin envoyer (facilement) avec le winch électrique la voile. Du coup, on hésite souvent soit à envoyer la GV, soit à remonter l'annexe. Ce système a ses défenseurs, je n'en suis pas… Mais ne boudons pas notre plaisir. Le vent est faible, oscillant entre 4 et 8 nœuds dans les rafales. Pas de quoi battre des records de vitesse, mais suffisamment pour une première nav qui doit nous emmener à la bordure est de l'atoll pour une première baignade. Une petite vingtaine de milles à faire et nous naviguons à 90° du vent entre 2 et 4 nœuds. Une navigation tranquille sur un véritable lac intérieur qui nous montre que, bien que lourdement chargé, le Knysna 480 glisse bien sur l'eau, preuve d'une carène bien dessiné et d'un potentiel intéressant. Rapidement, on se prend au jeu des réglages de voiles et de s'amuser avec la barre (très précise) pour tenter de gagner le dixième de nœud qui… ne fera aucune différence à l'arrivée. Après s'être amusés quelques heures, on se jette à l'eau au milieu des raies manta… Après un excellent déjeuner, nous entamons une nouvelle navigation, censée être plus hauturière, puisque nous quittons la protection de l'atoll pour rejoindre l'atoll de Rashdoo. Il fait chaud, et si nous n'avons que 25 milles à parcourir, la brise s'est définitivement enfouie et la mer désespérément plate nous donne l'idée de tester le catamaran au moteur. Là encore, on sent qu’architecte comme chantier ont une bonne expérience des catamarans de croisière, et le 480 navigue à 7,5 nœuds de moyenne en vitesse de croisière (à 2500 tr/mn), avec, et il faut le noter, un volume sonore tout à fait acceptable. D'ailleurs, tout notre périple, qui nous fera boucler plus de 150 milles, se déroulera avec entre 4 et 8 nœuds de vent et donc souvent avec l'aide du moteur pour atteindre la protection du mouillage du soir avant la nuit. Car l'une des particularités des Maldives est l'imprécision des cartes marines. Sur la trace de mon GPS, nous passons notre temps à couper des îles en deux ou à passer sur des récifs pourtant à fleur d'eau. Seule la compétence de Shareef et sa connaissance de chacun des récifs nous permettent de nous faufiler entre les récifs, bancs de sable et patates de corail. Notre plus belle journée de navigation aura lieu par un vent oscillant entre 8 et 10 nœuds, au portant par mer belle et pour rejoindre South Malé Atoll distant de 25 milles. A ce petit jeu, nous aurons navigué à 5 nœuds de moyenne, avec une pointe à… 6,5 nœuds ! Sous voile, le Knysna est bien équilibré et très agréable. Facile à régler, il permet d'envisager facilement de grandes traversées confortablement. Seuls les coups de vagues sous le plancher du cockpit rappellent que la hauteur sous nacelle est un peu juste.
La nuit est tombée : les enfants en profitent pour tenter d'attraper le repas du soir. Dans quelques minutes, c'est un requin qui mordra à l'hameçon…
Conclusion
Lors de cette croisière et après avoir navigué quelque 150 milles à bord du Knysna 480, nous n'aurons finalement pas eu la chance d'avoir des conditions de vent suffisantes pour profiter à plein du cata. Pourtant, ce bateau est capable de se déhaler, même par tout petit temps, mais rapidement l'appui du moteur est indispensable sous les 10 nœuds de vent. Dans des conditions plus musclées, le skipper nous a confirmé que le bateau pouvait tenir de belles moyennes autour des 8 à 9 nœuds et surtout dans un confort de Pullman , ce qui est finalement le programme de ce Knysna 480, un catamaran de voyage tranquille, avec lequel vous pourrez partir jusqu'au bout du monde dans un confort… encore mieux qu'à la maison.
Les Maldives : le paradis pour les catas…
Les plus
- La superbe plage arrière des plans Lavranos. Le top au mouillage comme en nav. - Les rangements, déjà nombreux dans les cabines et le carré et encore multipliés dans la nouvelle version (voir encadré). - La baille à mouillage intelligemment construite, facile à utiliser et jamais prise en défaut en une semaine de nav avec entre 3 et 5 mouillages par jour.
Les moins
- Les finitions "approximatives" sur notre bateau d'essai. - Pas de liseuses dans les cabines arrière… - A la barre, il faut choisir entre brûler au soleil ou avoir accès aux winches !
LES CONCURRENTS
Modèle Constructeur longueur en m SV au près en m2 Poids en t Prix HT en euros Salina 48 Fountaine-Pajot 14,30 136 10,5 438 000 Dean 5000 Dean 15,2 140 13 600 000 Privilège 495 Alliaura 14,95 132 11,3 590 600
Fiche technique
Architecte : Angelo Lavranos Constructeur : Knysna Yacht Company Longueur : 14,63 m Largeur : 7,96 m Tirant d'eau : 1,21 m Plan anti-dérive : ailerons Poids : 15 500 kg Hauteur nacelle : Hauteur de mât : 19 m Surface GV : 73 m2 Génois : 50,27 m2 Screecher : 90 m2 Spinnaker : 110 m2 Motorisation : 2 x 40 CV Eau : 600 l Fuel : 600 l Prix : 515 000 euros HT
De nombreuses modifications
Le 480 de notre essai est le n°1 de la série. Depuis, 5 autres catamarans ont été mis à l'eau et le chantier a beaucoup fait évoluer son bateau. Le n°6 de la série a ainsi profité de quelque 32 modifications par rapport au bateau que nous avons essayé, allant d'un plancher d'un même niveau dans toutes les coques à de nouvelles salles de bains avec de très grandes douches ou encore de nombreux coffres de stockage en plus. Le chantier travaille donc d'arrache-pied pour que son Knysna 480 devienne une alternative intéressante dans ce marché très concurrentiel des 50 pieds de croisière.
Découvrir les Maldives
Si vous aimez la beauté sauvage des mouillages solitaires, si la plongée en apnée ou en bouteille est l'une de vos passions, ou encore si vous voulez découvrir l'un des derniers paradis préservés au monde, alors vous devez absolument aller naviguer aux Maldives. Plus qu'une croisière, c'est une véritable découverte qui vous attend. Attention, on n'en revient pas indemne, et quand on y a goûté, on n'a qu'une envie, y retourner. On vous aura prévenu ! Les loueurs sur place : Indian Ocean Charter : www.indianoceancharters.com Dream Yacht Charter : www.dreamyachtcharter.com
