On considère souvent que le Lagoon 380, en production depuis bientôt 20 ans, est le plus petit des Lagoon… Eh non ! Il s’agit du 37, produit au début des années 1990. Un modèle qui ne manque pas d’intérêt.
Peu connu, le plus petit catamaran construit par Lagoon mérite l’attention. Si sa diffusion est restée relativement discrète, c’est que l’actuel leader mondial du marché des catamarans habitables était au tout début des années 1990 une toute jeune marque. Lagoon, une marque créée par Jeanneau, s’est d’abord intéressé à des grands modèles – le 55 et le 57 –, avant de se lancer sur le marché des unités plus modestes, le 42 puis le 37. Ces deux modèles ont d’abord été construits aux Etats-Unis par le chantier Tillotson Pearson Inc. Composite, un des précurseurs du composite en infusion. Le pari de Jeanneau était de séduire le marché américain et d’intégrer les flottes de location outre-Atlantique – objectif réussi, puisque le 37 a alors été choisi par Moorings (sous le nom de Moorings 3700).
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Un design qui reste flatteur
A l’instar des modèles qui précèdent le fameux 410, le 37 affiche un dessin de rouf en sifflet. Il est plutôt réussi, vieillit bien… mais il est sacrément éloigné de la ceinture verticale de hublots imposée ensuite sur tous les modèles Lagoon. Du coup, ce 37 ne semble pas vraiment faire partie de la famille… ça, c’est pour le côté visuel. Car, pour le reste, et en particulier le dessin des carènes, on a déjà affaire au cabinet réputé VPLP. Les coques du Lagoon 37 sont au final très proches de celles du 380. Etraves légèrement inclinées, sections rondes, avec toutefois une largeur à la flottaison inférieure.
Un catamaran qui ne demande qu’à être débridé !
Dédié principalement à la location, le Lagoon 37 est proposé avec un gréement très sage ; comprenez que le mât est peu élancé et que le rond de chute de la grand-voile proposé d’origine tient presque de la ligne droite. L'un des fidèles collaborateurs du magazine – François – vient de boucler un tour d’Espagne à bord d’un 37 sur lequel près de 6 m2 avaient été gagnés rien que sur la grand-voile… Soit un gain de 13 % ! Notre skipper émérite précise aussi que deux hélices repliables et une bonne cure d’allègement redonne des ailes à ce Lagoon – avec un gain de 1,5 nœud.
Si le 37 offre des performances un peu décevantes par tout petit temps, il gagne en agrément quand le vent forcit. Les ailerons courts se prêtent bien à l’échouage, moins cependant au louvoyage. Préférez les profils à grand tirant d’eau. En revanche, les safrans adoptent un profil allongé et soigné ; un gage d’agrément de barre et de bon contrôle de la trajectoire, même dans les gros surfs. François note que le bateau est très sain par grosse mer arrière, avec une jolie pointe à 15,8 nœuds au large du Portugal…
Plan de pont dépouillé
Rien de superflu sur le pont ; au début des années 1990, le bimini rigide n’existe pas encore. On se contente donc d’une structure plus légère avec arceaux inox et textile. Certains propriétaires ont opté pour des protections personnalisées pas forcément du meilleur goût… Le cockpit offre une belle banquette en U, un poste de barre contre le rouf à bâbord et de belles jupes arrière. Les manœuvres se répartissent entre l’arrière du rouf et le pied de mât. Les passavants larges et dégagés mènent à un vaste trampoline.
De deux à quatre cabines
Ce catamaran compact parvient à caser jusqu’à quatre cabines – les couchettes avant se nichent entre le fond de la nacelle et le pont. La plupart des modèles en proposent trois. Une version dite "américaine" se contente de deux belles cabines. La nacelle est occupée par un vaste carré ; la cuisine est aménagée en deux parties, à cheval entre l’extrémité bâbord de la nacelle et la coque. La table à cartes, quant à elle, migre dans la coque tribord. Si la nacelle est généreusement vitrée, la plupart des hublots, exposés au soleil zénithal, sont susceptibles de générer un effet de serre sensible. Protection indispensable en Méditerranée l’été, et sous les tropiques. La finition, assez nette, vieillit généralement bien.
Conclusion
Compact, pas très cher, peu coûteux en maintenance, le Lagoon 37 est un bon support pour partir sans se ruiner. Plutôt plaisant sous voile, il est suffisamment marin pour s’aventurer au large. Et le confort offert convient à une famille, même pendant une longue durée.
Les points à vérifier :
Structure, accastillage et gréement costauds : le Lagoon 37 est généralement une base saine, malgré quelques cas d’osmose constatés. Contrôlez tout de même les ancrages des cloisons proches des étraves et les cadènes. Ce modèle est un excellent support, à l’issue d’un bon refit, pour un nouveau départ. Evitez tout de même les unités qui ont longtemps bourlingué chez les loueurs, sous peine de vous retrouver avec des moteurs bons pour le rebut – certains affichent allègrement plus de 10 000 heures. Les hublots, grands et exposés au soleil, sont fatalement sujets à des phénomènes de dilatation, et donc… de fuites. A surveiller, y compris sous les vaigrages. Un dernier point signalé : la prise d’eau du moteur tribord est placée plus en arrière que celle du moteur bâbord. Dans la grosse mer, la colonne d’eau du circuit de refroidissement est susceptible de se désamorcer… Le bon truc ? Coupez la vanne d’arrivée d’eau – et pensez à la rouvrir quand vous démarrez le moteur !
On aime
Prix attractif
Robustesse générale
Marin par gros temps
On n’aime pas
Version ailerons courts peu à l’aise au louvoyage
Table à cartes dans une coque
Hublots de la nacelle exposés au soleil zénithal
Fiche technique :
Constructeur Jeanneau/TPI
Architecte VPLP
Longueur de coque 11,20 m
Longueur à la flottaison 10,16 m
Largeur 6,15 m
Tirant d’eau 0,93 ou 1,24 m
Poids 5,26 t
Voilure au près 78,00 m2
Grand-voile 46,00 m2
Génois 32,00 m2
Moteur IB 2 x 18 CV
Production 43 exemplaires de 1992 à 1998
Prix occasion de 70 000 à 100 000 € HT