Innovant avec son mât très reculé, le Lagoon 39 est le premier modèle du chantier, avec le 52, à poser les jalons de la génération actuelle, avec son effet de rouf suspendu et les étraves aux angles rabotés. Un catamaran robuste et très habitable qui correspond parfaitement à un programme hauturier en famille.
Infos pratiques
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En 2013, le lancement du Lagoon 39 surprend par son positionnement – il se cale entre deux modèles bien ancrés, le 380 et le 400. Deux catamarans « ancienne génération » qui pourtant lui survivront – ou presque, puisque le 400 a été stoppé en 2017. Le Lagoon 39 est pourtant l’un des deux premiers représentants de la dernière génération Lagoon.
Un lancement un peu raté…
Commençons tout de suite par tirer au clair les raisons d’une mauvaise réputation en termes de performances. Les premiers essais du Lagoon 39 avec la presse, les revendeurs et les clients se sont le plus souvent déroulés… sans dérouler le gennaker et sans disposer d’un génois à recouvrement. La voile de portant n’était pas toujours à bord. Si le Lagoon 52 parvenait à faire bonne figure avec son foc autovireur dès 7/8 nœuds de vent, il n’en était pas de même pour son petit frère, collé à l’eau par petit temps. Avec 10 nœuds de vent, nous avions relevé une vitesse et un cap peu glorieux : 4,5 nœuds à 60° du vent, alors que le recouvrement supplémentaire permettait, d’après les polaires des architectes, de gagner 5° en cap et 0,5 nœud de vitesse. Le chantier avait donc bien évoqué l’option « génois à recouvrement », lequel était intégré dans les polaires de VPLP. Dans les faits, les Lagoon 39 ont été livrés avec un foc autovireur. Tout s’arrange avec un gennaker et/ou un spi – encore fallait-il en disposer ! La vitesse atteint rapidement 9 nœuds pourvu que la brise soit au rendez-vous. Ce constat reste d’actualité, tout comme la nécessité de disposer d’une grand-voile à corne – 6 m2 dans les hauts en plus ! Bien toilé, le Lagoon 39 assure des performances très honorables. Il se caractérise, à défaut d’un plaisir de barre, par une très grande facilité de manœuvre depuis le poste de barre surélevé ; ce catamaran peut très facilement être géré en solitaire. Vu le déplacement de ce catamaran, mieux vaut dénicher un 39 avec les deux 30 CV plutôt que 20. Avec la motorisation la plus puissante, on peut compter sur 6,5 nœuds de moyenne à 2 800 tr/min dans un grand confort acoustique – l’isolation des caissons moteur est très soignée.

Le foc autovireur est bien pratique, mais manque de chevaux par petit temps.
Reculer le mât, une vraie innovation ?
Le mât très reculé est adopté par tous les coursiers à trois coques les plus récents – Ultim, Ocean. Pour autant, tous ces multicoques reprennent à leur compte une configuration de gréement très populaire… à la fin des années 1970 ! Le fameux Snowgoose 37, pour ne citer que lui, arborait un gréement très reculé ; ce modèle a pourtant été lancé par Prout Catamarans il y a près de 40 ans. Le principe est de mieux centrer les poids, de limiter les efforts supportés par le haubanage grâce à un angle plus ouvert de l’étai – et donc de gagner du poids sur le profil – et enfin de réduire la surface de grand-voile au profit du triangle avant pour faciliter et simplifier encore les manœuvres. Les bouts repris sur les winches et bloqueurs à quelques dizaines de centimètres de l’espar sont en effet dispensés des nombreux et habituels renvois et poulies. Bref, le gréement reculé, ça marche plutôt bien, mais pas sans le foc : sous grand-voile seule et par petit temps, le Lagoon 39 loffe tout seul.
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Gennaker et spi asymétrique transforment complètement le caractère du Lagoon 39, qui devient vivant et équilibré. A consommer sans modération !
Priorité confort
Ce modèle est sans doute celui dont le curseur confort est poussé au maximum ; à partir du 42, Lagoon a démarré une cure d’amaigrissement, avec 12,1 t au peson. Le Lagoon 40, avec 10,88 t, rend presque une tonne au 39, alors que les cotes principales sont identiques. Le constructeur est parvenu, sur une plate-forme relativement compacte, à caser un vaste cockpit et une nacelle haute de plafond – 2 m de hauteur sous barrot - et bien éclairée. On retrouve ici les vitrages verticaux communs à toute la gamme Lagoon depuis 1997, et une aération soignée. On s’étonnera au début de la présence de l’épontille en inox, toute proche du plan de travail de cuisine… jusqu’à l’oublier complètement. Les boiseries claires offrent une belle sensation de bien-être dans le carré comme à la table à cartes. Le constructeur a décliné ce modèle en version deux, trois ou quatre cabines. A l’arrière, les couchages travers à la marche offrent 1,60 m de largeur. Ceux de l’avant sont plus étroits, surtout aux pieds. En revanche, l’important franc-bord des coques permet de conserver 1,88 m de hauteur sous barrot (1,84 m pour les cabinets de toilette).
Conclusion
Si le 39 est un des catamarans les plus lourds des moins de 40 pieds, il présente l’avantage d’offrir une grande capacité de charge… Il se prête ainsi parfaitement au programme hauturier qu’on aurait validé avec un multicoque de 3 ou 4 pieds de plus. Quelques dizaines de centimètres qui allègent sacrément le budget, et permettent de s’offrir, pour un budget compris entre 230 000 et 300 000 € HT, un catamaran presque neuf, équipé et prêt à (re)partir.
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Les points à vérifier
Près de dix ans après les premiers lancements, nous n’avons pas eu d’échos défavorables concernant la bonne tenue de la structure du Lagoon 39. Le défi était inédit pour le chantier : reculer l’espar pour le poser sur le rouf se solde par des difficultés structurelles afin de répartir les efforts de compression, via une épontille, bien sûr, mais également par le fond de la nacelle, qui doit transmettre les efforts vers les coques. Lagoon a retenu une poutre en acier sur structure composite. Un exercice bien plus complexe que celui, plus classique, qui consiste à blinder une poutre devant le rouf. Le reste de la construction est fidèle aux modèles précédents de la gamme : bordé et pont en sandwich balsa en infusion avec résines anti-osmotique et polyester. Tous les périphériques, encore récents, sont a priori encore en bon état, à l’exception des voiles si elles sont d’origine pour les tout premiers modèles. Un dernier détail à vérifier : les champs des contreplaqués de planchers et des caissons moteur ne sont pas protégés, ce qui peut se traduire par une altération du bois si l’humidité a été forte.
Les +
+ Facilité de manœuvre
+ Versions 2, 3 ou 4 cabines
+ Couchettes très larges
Les -
- Gennaker indispensable aux performances
- Peu de plaisir de barre

Fiche technique
Constructeur : Lagoon
Architectes : VPLP
Matériau : polyester
Longueur hors tout : 11,74 m
Longueur à la flottaison : 11,53 m
Largeur : 6,79 m
Tirant d’eau : 1,21 m
Déplacement : 11,67 t
Voilure au près : 70 ou 76 m2
Grand-voile : 38 ou 44 m2
Foc : 32 m2
Gennaker : 68 m2
Cabines : 2 à 4
Eau douce : 300 l
Carburant : 2 x 200 l
Moteur : IB 2 x 20 ou 30 CV
Production : 280 exemplaires de 2012 à 2017
Prix : à partir de 230 000 € HT

Cette image montre le plan de voilure du Lagoon 380 superposé à celui du 39 ; reculer le mât de deux mètres, ça change tout !



