C’est le premier de la génération actuelle des Lagoon. Innovant avec son rouf imposant flanqué d’une batterie de hublots verticaux façon rotonde, il demeure une référence chez les catas de grande croisière après avoir conquis les loueurs.
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Le thermique rentre enfin ! On peutcouper les moteurs et naviguer à lavoile. Perché sur le poste de barredécalé sur bâbord, on profite d’une bonne vue sur les étraves de Kristin, mais les sensations de barre ne sont pas celles d’un Tornado… Et la vitesse ? Il faut croire le GPS, qui nous indique plus de 8 nœuds au débridé alors que le vent ne dépasse pas 4 Beaufort. Les coques plutôt fines passent en souplesse dans le clapot, la nacelle haut perchée ne tape pas dans la mer… Pas mal pour un engin de pure croisière. « Le bateau est assez léger, il marche assez bien par petit temps», nous explique Harry Blazeby, skipper de ce 410 depuis quatre mois avec sa compagne Fraya. Bien vu : avec ses sept tonnes lège, le 410 fait figure d’engin high-tech comparé au 400 – 0,35 tonnes–et au 421 – 12,17 tonnes. Evidemment, une configuration hélices repliables et gennaker boostera encore les performances de ce cata qui ne demande qu’à marcher. Chez Lagoon, on rapporte même quelques pointes à plus 20 nœuds.Seul point noir, le près serré, où les ailerons très courts (le tirant d’eau est limité à 1,2m) obligent à ne pas caper trop près du vent. « Je me cale aux alentours de 50 degrés », précise Harry. Cet été, le skipper a été surpris par un violent orage : « On a pris 40 nœuds ! J’ai roulé entièrement le génois, pris deux ris dans la grand-voile, et le 410 est resté très sain et manœuvrant. La vitesse était de 10 nœuds et personne n’a eu peur à bord. Reste que l'écoute de grand-voile reste loin du barreur en cas d'urgence. »
Quinze ans d'âge : un bon cru qui vieillit bien !
Lancé en 1997 – soit deux ans avant la sortie du 380 –, le 410 préfigure la génération actuelle Lagoon – priorité au confort avec une nacelle volumineuse et surtout le vitrage vertical. Ce modèle est le premier lancé après le rachat de Jeanneau – et donc du Lagoon – par Bénéteau en 1995. Les équipes en place ont des projets, mais Annette Roux, PDG du chantier, demande un bateau moins cher et plus accessible, dans l’esprit des Océanis. Deux ans plus tard, l’équipe Lagoon, entourée des mêmes architectes – on ne présente plus le cabinet VPLP – lance le 410. C’est donc ce modèle qui scelle la montée en puissance du constructeur, devenu aujourd’hui premier constructeur mondial de catamarans. En septembre 2002, le compteur est à 120 quand le chantier décide de revoir le plan de pont. Sous le vocable Lagoon 410 S2, les drisses et les bosses de ris reviennent désormais vers le poste de barre – lui-même est redessiné pour un accès plus facile –, avec un winch électrique en prime. La production, loin de faiblir, à l’instar de tous les modèles lancés il y a plus de cinq ans, s’accélère encore puisqu’en août 2006, ce sont 283 Lagoon 410 qui seront sortis du chantier. A noter : les tout derniers bateaux ont bénéficié de grands hublots de coque. On remarque également que le chantier s’est longtemps appuyé sur son petit frère – une quasi-réduction de 7 % du 410 – avant de tout de même lancer son vrai remplaçant en 2009, le 400.
Attention à la charge
Alors, best-seller, ce 410 ? « Le bateau est très solide, affirme Yann Masselot, directeur commercial du chantier. Même les unités exploitées en charter chez Sunsail et Switch – les 410 naviguaient 400 milles par semaine, 45 semaines par an ! – n’ont jamais connu de souci de structure. Le 410 a tout de même vieilli comparé aux standards d’aujourd’hui. Il y a des différences de niveaux, des demi-niveaux, et surtout pas de passage à l’arrière derrière le cockpit. Autre point noir, les moteurs sous les couchettes arrière. Et si le bateau est performant grâce à ses coques assez étroites, il est logiquement sensible à la charge, surtout à l’avant : attention à ne pas céder au syndrome « toutes options » et au suréquipement, ce n’est pas le bon support pour ça… » Harry, le skipper, est souvent confronté aux mouillages bondés pendant le mois d’août et aux quais carburant riquiquis. Il apprécie la facilité de manœuvre au moteur. « Les deux cabines arrière sont vraiment bien, avec des grands lits. J'aime le fait qu'il n’y ait qu'un seul trampoline plutôt que deux petits. Ça reste un bateau simple, sans générateur, sans clim, facile à entretenir et équipé de moteurs très économes. Il est idéal pour une famille en grande croisière, mais pas assez grand pour le charter. » Le skipper, comme Yann, regrette l’accès aux moteurs et aux batteries sous les couchettes arrière. « Pas simple de défaire un lit et pousser les sacs quand on est en charter. A propos d’énergie : le bateau était un peu juste en autonomie. Il a suffi de rajouter des panneaux solaires pour régler le problème. Tous les bateaux devraient en être équipés ! »
Le Lagoon 410 réserve donc peu de mauvaises surprises. Mais de nombreuses unités, après des années d’exploitation intensive, peuvent présenter des éléments périphériques fatigués. Voiles, moteur, électronique, plomberie et électricité sont les principaux postes concernés, ainsi que certains éléments comme la transmission de barre et le vis-de-mulet. Peu de crainte pour l’accastillage, généralement à même de tenir 10 à 15 ans de navigation. Le prix ? Comptez environ 200 000 euros pour une unité propre et bien équipée. Vous pouvez même faire votre choix : Yann a recensé 9 Lagoon 410 à vendre en Europe de 190 000 à 215 000 euros. Faites vos jeux !
Les points à vérifier
Pratiquement rien à craindre sur cette unité particulièrement robuste : structure et gréement semblent blindés, même les modèles les plus durement exploités en location restent sains et sûrs. Du côté des emménagements, même bonne surprise, à condition que le bateau ait été bien suivi – une douche qui suinte sur une boiserie ou un panneau de pont qui fuit ne laissent aucune chance aux boiseries. Intéressez-vous au nombre d’heures moteur : à 10 000 heures, la mécanique dépasse son espérance de vie normale, il faut prévoir à court ou moyen terme un échange standard – à intégrer dans la négociation !
Les + :
+ Excellent compromis vitesse/confort
+ Particulièrement bien adapté à la navigation en zone tropicale
+ Structure "béton"
Les - :
- Circulation pas fluide partout sur le pont et le cockpit
- Couchettes avant étroites
- Moteurs sous les couchettes arrière
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Lagoon
Architecte : Van Peteghem/Lauriot Prévost
Longueur de coque : 12,37 m
Longueur à la flottaison : 11,67 m
Largeur : 7,09 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Poids lège : 7 200 kg
Surface de grand-voile : 53 m2
Surface de génois : 36 m2
Moteur : 2 x 28 CV
Production : 283 exemplaires de 1997 à 2006
Prix occasion : 200 000 euros