Lancé en avant-première lors du boot de Düsseldorf en 2016, le 42 est le dernier modèle de la quatrième génération du plus gros constructeur de catamarans du monde. Ce Lagoon détient un record très particulier : c’est le multicoque habitable le plus diffusé au monde !
Infos pratiques
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Le remplaçant du Lagoon 421
Le prédécesseur direct du 42 est le 421, lui-même étroitement issu du 420. Ce modèle, né en 2006, était incroyablement avant-gardiste avec sa motorisation hybride, mais il symbolisait également le confort de la performance. C’est à partir du 42 que Lagoon a pris le parti de reprendre une conception favorisant (un peu) les possibilités de vitesse de ses catamarans. L’objectif affiché est même de regagner quelques dixièmes sur ce ratio performance/confort – un compromis toujours difficile à établir compte tenu des souhaits de la clientèle, qui privilégie clairement des plates-formes de vie à bord avant tout. Les architectes de VPLP ont été mis à contribution – réduction des surfaces de panneaux, inertie de mât inférieure et sections des flotteurs optimisées –, mais le constructeur n’est pas en reste : Lagoon a ainsi mis en œuvre un process discret mais efficace pour gagner ici et là des kilos et optimiser le centrage des poids – le tout en restant compatible avec les impératifs de la production industrielle. C’est ainsi que les modules d’aménagements, une fois mis en place, ont vu leurs grands panneaux de contreplaqué détourés. Les planchers ont été allégés, les contremoules remplacés par des pièces réalisées en infusion, et le plafond de la nacelle est même vaigré avec de la toile tendue ! On note enfin l’adoption généralisée du sandwich – seuls les fonds autour des ailerons et les réservations de passe-coques conservent du polyester monolithique.
Plan de pont éprouvé et grément reculé
En 2016, flybridge et autres portes avant se sont déjà imposés à bord de nombreux catamarans de série de 45 pieds : Lagoon n’a pas cherché à singer ces modèles plus grands, pour au contraire optimiser les bonnes recettes qui ont fait leurs preuves. On ne peut qu’être séduit par les larges jupes arrière, le cockpit bien protégé et généreusement ouvert sur la nacelle, la table extérieure capable d’accueillir 8 personnes, le poste de manœuvre et de pilotage facile d’accès – et d’utilisation. En gagnant les étraves, on emprunte de larges passavants, lesquels rejoignent de vastes coffres et une paire de trampolines.
Le gréement, comparé à celui d’un Astréa 42, est reculé de deux mètres, ce qui est considérable. La formule promet théoriquement bien des avantages : gréement plus élancé, grand foc autovireur et centrage des poids amélioré. Tous les multicoques de course ont d’ailleurs adopté ce type de plan de voilure – en conservant un peu de recouvrement pour la voile d’avant. Dans la vraie vie de la croisière, il y a matière à discussion : le Lagoon 42 est quasiment ingérable sous grand-voile seule et l’appui du gennaker est quasi obligatoire pour prétendre à des performances intéressantes en dessous de 12 nœuds. On peut comprendre pourquoi le constructeur a revu sa copie à partir du Lagoon 51 en revenant à un gréement classique, c’est-à-dire plus avancé et doté d’un génois à recouvrement. Reste le cas du prochain 38… le futur modèle d’entrée de gamme semble faire de la résistance, avec un plan de voilure très proche de celui du 42.
Loin d’être ridicule sous voile
D’aucuns qui critiquent les catamarans de croisière modernes, les considérant comme incapables de naviguer confortablement dans la mer formée et a fortiori de remonter au vent, en seront pour leurs frais : dès ses premiers essais, le Lagoon 42 a surpris tous les spécialistes – et nous les premiers – avec de bonnes dispositions sous voile. Le ratio voilure/déplacement établi à 7,79 m2/t avec la grand-voile à corne – cette dernière offre un bel avantage avec 4 m2 supplémentaires – est pourtant peu favorable sur le papier. C’est sans doute le travail effectué sur les carènes qui payent, avec la possibilité d’atteindre relativement facilement des vitesses intéressantes.
Evidemment, avec le grément reculé et le foc sans recouvrement, le fait de disposer ou non d’un gennaker conditionne pour bonne partie le potentiel du catamaran. La grand-voile à corne offre également un bel avantage avec 4 m2 supplémentaires.
Lors de nos essais à La Rochelle avec 12 nœuds de vent, nous avions relevé sous gennaker une belle vitesse moyenne de 8 nœuds au travers – avec quelques pointes à 10 nœuds. Notre essayeur avait apprécié la facilité d’envoi des voiles et des réglages. Seul le foc demande une certaine attention – on peut le surborder sans y prendre garde. Les safrans sont solidaires grâce à une robuste biellette aluminium montée sur rotules et dotée de réglages de parallélisme. Quant à la liaison avec la jante de la barre de grand diamètre, elle s’effectue via des drosses et des poulies articulées. Ce montage, aussi efficace que direct, se traduit par un excellent équilibre de barre, et procure même quelques bonnes sensations au barreur.
Au près, les quillons autorisent un cap à 42-45° du vent apparent ; une valeur qui n’a rien à voir avec celle d’un catamaran à dérives, mais qui reste honorable. Le Lagoon 42 se révèle plutôt agile lors des virements de bord avec son foc autovireur. Toujours avec 12 nœuds de vent, la vitesse que nous avions notée oscillait entre 6,5 et 7,6 nœuds.
Du côté des cales moteur – bien insonorisées et accessibles grâce aux marchepieds –, on découvre deux diesels de 57 ch. Il s’agit de blocs de 2,2 l de cylindrée équipés de rampes d’injection communes ; ils pèsent 264 kg chacun avec leur transmission saildrive. Nos relevés de consommation étaient de 4 l/h à 2 000 tr/min, pour une vitesse de croisière de 7,3 nœuds ; à fond, la vitesse s’élevait à 9 nœuds, pour une consommation de 11 l/h.
3 ou 4 cabines
La nacelle, arrondie sur sa partie avant, adopte les incontournables hublots verticaux panoramiques ; ces derniers, assortis d’un débord du rouf, assurent une excellente visibilité sans être affectés par les rayons du soleil les plus verticaux – et donc les plus chauds. On découvre à l’intérieur, côté cockpit, un meuble desserte sur bâbord qui intègre un groupe froid. En face, une cuisine en U est aménagée. Le constructeur a également installé des meubles hauts. L’ouverture est assurée par une baie coulissante à trois vantaux. Au fond de la nacelle, le carré s’organise à bâbord, tandis qu’une table à cartes travers à la route parvient à se trouver une petite place à tribord. On trouve partout de nombreux rangements équipés de fargues. Le Lagoon 42 se décline en 3 ou 4 cabines ; c’est la première version qui est la plus recherchée sur le marché de l’occasion – même si c’est la déclinaison 4 cabines qui est exclusivement proposée en neuf…
De façon générale, la finition est plutôt soignée, et l’ambiance chaleureuse. Les island beds arrière sont équipés d’un grand tiroir coulissant sous le sommier. A l’avant, grâce au redan intérieur, un accès latéral au lit a pu être aménagé.
Conclusion
Ce n’est sans doute pas un hasard si ce modèle a été diffusé à plus de 1 100 exemplaires ; le Lagoon 42 est sans doute le catamaran habitable récent qui a répondu avec le plus de justesse aux desiderata des Propriétaires et des loueurs. Malgré la présentation de son successeur – le Lagoon 43 – à Cannes en septembre dernier, le 42 fait de la résistance, puisque sa production se poursuit en 2025. Voilà donc un multicoque habitable archétype de la valeur sûre !
Les points à vérifier
« Sur ces très grandes séries, il est relativement rare qu’on ait un défaut sériel », relève Bruno Belmont. Force est de donner raison à Monsieur Lagoon : même en épluchant le Web et en interrogeant les loueurs et concessionnaires, aucun problème vraiment embêtant n’est mentionné. En épluchant l’historique SAV, Bruno évoque tout de même une baie coulissante qui a réclamé un certain temps avant d’être fiabilisée, quelques soucis avec les premiers saildrives – réglés depuis bien longtemps –, et enfin des fissures sur le gelcoat observées sur les premiers ponts ; un défaut réglé dès la coque #17.
Programme d’utilisation très large
Investissement sûr – bonne valeur de revente
L’épontille de mât reculée gêne un peu la circulation dans le carré
Descriptif technique
Architectes : VPLP
Matériau : sandwich verre-polyester/balsa
Longueur hors-tout : 13,22 m
Longueur de coque : 12,79 m
Largeur : 7,68 m
Tirant d’eau : 1,26 m
Tirant d’air : 20,6 m
Déplacement lège : 12,1 t
Surface de grand-voile : 55/59 m² Surface de génois : 35 m²
Code 0 : 78 m²
Motorisation : 2 x 57 ch
Carburant : 570 l
Eau : 300 l
Cabines : 3 ou 4
Couchages : 6 à 12
Homologation CE : A12 B14 C20 D30
Production totale : 1 105 exemplaires depuis 2016
Prix occasion : à partir de 300 000 € HT


