Voilà la version revue et corrigée du 420. Avec ses lignes moins massives et ses carènes plus soignées sur le plan hydrodynamique, le 421 devrait s’imposer comme un des catamarans les plus diffusés du marché.
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Directement issu du 420
Vous vous souvenez du Lagoon 420 ? Lancé en septembre 2006, ce cata affiche sans complexe un roof massif et des coques au franc-bord très élevé. Bref, Lagoon a certainement signé avec ce modèle son bateau le plus typé confort. Un pari osé mais finalement payant, puisque 179 Lagoon 420 ont été construits en trois ans. Mais voilà, les temps changent, et les clients sont de nouveau plus sensibles aux performances sous voile et aux qualités esthétiques. Le chantier bordelais a donc légèrement abaissé la hauteur des coques et éliminé le bimini rigide perché très haut au-dessus du cockpit. Le plan de voilure a également été boosté de 97 à 103,4 m2.
La grand-voile à corne améliore les performances par petit temps. Les loueurs opteront pour le mât court, plus rassurant pour les équipages inexpérimentés.
Pour l’instant, finis les moteurs électriques
Le 420 s’est surtout fait remarquer par sa propulsion hybride, issue de la technologie automobile. Au début de la production, tous les modèles sont équipés de la sorte, jusqu’à ce que le chantier revienne aux bons vieux diesels. La formule fonctionne, certes, mais les performances n’ont rien à voir avec la propulsion thermique : au moteur, peu de propriétaires sont prêts à se traîner à 6 nœuds quand on peut marcher à 9… Alors finie, la propulsion électrique ? « Un silence trompeur, s’amuse Yann Masselot, directeur commercial de Lagoon. Le 500 adopte un nouveau système hybride avec des moteurs plus puissants tandis que le groupe Bénéteau, avec l’appui de deux groupes industriels, teste un autre montage, actuellement à l’essai sur un Océanis. Soit trois formules qui fonctionnent ! Quant aux 70 Lagoon 420 motorisés hybrides, on suit l’évolution et on assure le SAV malgré le dépassement de garantie. » Plus qu’un effet de mode écolo, ce sont les prochaines normes anti-pollution que tente de suivre le chantier.
Le grand cockpit décentré en U peut accueillir 8 convives. On peut indifféremment installer une table haute ou basse en troquant le plateau avec celui du carré.
Moins de traînée
Les carènes du 420 étaient adaptées à la marche au… moteur ! Le chantier a en effet testé sur cette base un trawler équipé de deux moteurs de 75 CV en sail drive. Pas possible de monter plus gros dans les caissons arrière, et seulement 13 nœuds à fond : le projet est abandonné. Mais voilà, les voûtes très plates adaptées à la marche rapide au moteur « glougloutent » sous voile et traînent de l’eau. C’est pourquoi l’arrière des coques du 421 a été redessiné.
Large escalier, grande échelle de bains : pas grand-chose à redire concernant les jupes arrière. On aimerait juste un rebord pour éviter aux masques, aux palmes ou encore à la vaisselle de glisser trop vite à l’eau.
Plan de pont : la convivialité avant tout
L’objectif du 421 est clair. Sur le pont, c’est priorité au farniente. Comparé au 420, le plan de pont est très proche, à l’exception du bimini. Ce dernier épouse désormais la courbe du roof, loin de l’effet soucoupe volante de la première mouture. Avantages : une silhouette générale plus flatteuse et une meilleure protection solaire. Le barreur, perché à mi-hauteur, profite d’une découpe dans le polyester. Protégé (option) par un cabriolet en toile, il est assis sur un banc assez long pour deux. La vision sur les étraves et sur le plan de voilure est excellente. Les trois winches (dont un 44 électrique livré en série) reprennent toutes les manœuvres grâce à d’astucieux pouliages et retours. Enfin presque… Il y a bien un winch à bâbord pour border l’écoute de gennaker de ce côté. L’écoute travaille très en biais, mais ça fonctionne. Juste en dessous, l’angle vif du polyester ne nous a pas convaincus. Gare aux chocs par mer formée. Le cockpit est donc exempt de toute pièce d’accastillage. La barre d’écoute est surélevée sur le bimini. On peut se rassembler à 8 autour de la table décentrée sur bâbord de 154 x 81 cm. Le plateau peut être échangé avec celui du carré. Ambiance repas ou apéro sur la table basse, c’est vous qui voyez. On circule aisément sur les passavants bien plats pour accéder à la plage avant. Devant le mât, trois coffres et deux soutes sont au rendez-vous. On remarque la troisième « fausse » coque, sorte de rostre qui rappelle celui des Privilège. Du poids en plus, mais aussi un joli dessin en aile de mouette et du volume. L’ancre, sur son robuste davier, reste à poste sur cette poutre longitudinale. C’est également ici que s’amure le petit tangon du gennaker. Les deux trampolines paraissent tout petits, mais il est toujours agréable de d’y allonger et de regarder l’eau défiler entre les coques. Pour les opérations de mouillage et d’amarrage, le chantier a prévu un guindeau vertical de 1 000 W et pas moins de 8 taquets de bonne taille.
La fausse coque centrale réduit la surface des deux trampolines. Une configuration gourmande en poids, mais favorable à la rigidité de la plate-forme et à la capacité de stockage.
Imprenable vue sur mer
Accès de plain-pied, lumière à profusion et de l’air frais même par temps chaud : la nacelle est une réussite. Les vitrages sont discrètement teintés gris : fini le vert des précédents modèles. Grâce à la généreuse hauteur sous barrot (2,05 m près de l’entrée !) qui se prolonge loin vers l’avant, la circulation est fluide. Même avec un équipage nombreux (c'est-à-dire plus de huit personnes), on ne se marche pas sur les pieds grâce à une importante surface de plancher. La cuisine jouxte le cockpit. Si bien qu’on a l’impression d’être dehors. Le plan de travail forme un L, intégrant cuisinière trois feux et deux éviers. Une batterie d’équipets haut perchés complète les placards. Possibilité de commander des éléments de confort, comme un second réfrigérateur de 130 l, la climatisation, un petit lave-linge de 3 kg, un lave-vaisselle 5 couverts ou encore un four à micro-onde. Le carré lui aussi en L s’adosse au plus près des hublots frontaux. Décalée sur bâbord, la table à cartes offre une vue imprenable sur les étraves. C’est vraiment un plus que de préparer sa route et ses escales dans ces conditions. La finition soignée alterne contreplaqué marine, bois Alpi chêne clair avec fil horizontal, contremoulage blanc et planchers stratifiés anti-dérapants de couleur foncée (type wengé).
Yann Masselot, directeur commercial du chantier, à la barre du 421. Les trois winches reprennent toutes les manœuvres, écoute de spi bâbord exceptée.
Trois ou quatre cabines
Dans les coques, 3 ou 4 cabines. La première version dédie la coque bâbord au propriétaire. Grand lit double (tous les couchages font 2 m x 1,40 m, soit le format « terrestre ») à l’arrière, bureau dans la coursive et salle de bains XXL, le traitement est royal et les rangements très nombreux. La coque tribord offre deux cabines. Chacune profite de son cabinet de toilette. L’aile de mouette a permis de loger le couchage avant travers à la route. Avantage : le lit est accessible par le côté. La version quatre cabines reprend cette disposition dans les deux coques. De nombreuses ouvertures assurent une aération efficace.
La cuisine, orientée vers l’arrière, communique avec le cockpit. On a quasiment l’impression de préparer les plats à l’extérieur... et toujours à plat !
A l’aise avec 20 nœuds de vent et une mer formée
Il est loin, le ciel limpide des sorties photos ! La Côte d’Azur est de méchante humeur, alternant grains et averses torrentielles, le tout sur une mer bien cabossée. Il en faut plus pour refroidir Yann, qui n’hésite pas une seconde à sortir du vieux port de Cannes. Grâce aux deux moteurs, le 421 s’extirpe de sa place sans peine malgré son fardage conséquent. Grâce au winch électrique, la grand-voile à corne est envoyée sans difficultés. Dehors, l’anémo affiche 20 nœuds établis. On prend donc un ris. Premiers bords sur eau plate : le 421 glisse agréablement à plus de 8 nœuds et se révèle agile, slalomant facilement pour éviter les nombreux bateaux au mouillage. Entre les îles de Lérins, nous entamons face au vent d’est un louvoyage. Certes, on ne change pas d’amure aussi vite qu’un Laser, mais nous n’essuyons aucun manque à virer et les relances sont plutôt franches. A plus de 7 nœuds, le bateau dérive assez peu, mais le cap bord sur bord ne peut descendre en dessous de 100°. La faute à des ailerons moins efficaces que les dérives profondes et à un fardage important (coques hautes et rouf vertical). Au sortir du chenal, la houle rentre à son aise. Le 421 ralentit à peine, tangue assez peu et surtout ne tape pratiquement pas. Un bon point pour ceux qui comptent naviguer loin, et ce sont assurément les plus nombreux ! Retour au portant : notre cata est un poil trop lourd pour surfer franchement les vagues, mais on taquine tout de même les 10 nœuds à plusieurs reprises.
3 ou 4 cabines ? A vous de choisir. L’aération est assurée par trois ouvertures. L’énorme hublot de coque offre une vue imprenable sur l’horizon, mais gare à ne pas y placer les pare-battages.
Conclusion
Jeu de dés gagnant ! Le chantier a réussi son pari : plus qu’un simple relooking, le 421 a conservé le meilleur du 420 (volume de la nacelle, cabines spacieuses, facilité de manœuvre) tout en gommant ses défauts. Bimini plus discret, carènes redessinées, moteurs et gréement plus puissant, autant d’améliorations qui font du 421 un catamaran de voyage séduisant. Pour amateur de confort en famille ou entre amis s’entend : ce catamaran qui reste lourd n’a pas la prétention de battre des records de vitesse. Quoique… Vanora, un Lagoon 420 skippé par l’Allemand Peter Seitz vient de s’illustrer lors du rallye de l’ARC 2009. Arrivé cinquième multicoque en réel, il s’octroie la première place en compensé dans cette catégorie. Prometteur pour le 421, non ?
Sport : 2/5 Confort : 4/5
LES PLUS :
Confort intérieur exceptionnel Cockpit dédié au farniente Prix serré
LES MOINS :
Trop nombreuses options Quelques angles vifs sur le plan de pont Un peu décevant au louvoyage
FICHE TECHNIQUE
Architectes : Marc Van Peteghem et Vincent Lauriot Prévost Constructeur : Lagoon Longueur hors tout : 12,61 m Longueur à la flottaison : 12,30 m Largeur : 7,50 m Tirant d’eau : 1,26 m Déplacement lège norme CE : 12,17 t Tirant d’air : 20,73 m GV lattée : 66,4 m2 GV à corne : 69,5 m2 Génois sur enrouleur : 35,9 m2 Gennaker : 70 m2 Moteurs : 2X40 CV Yanmar 3JH5ACE ou 2X75 CV Yanmar 4JH4ATCE Transmissions : sail drive Hélices : bipales fixes, repliables en option Gasoil : 2X300 L Eau : 2X175 L Construction : bordés en sandwich balsa en infusion avec résines vinylester et polyester, fonds en monolithique en infusion avec résines vinylester et polyester, pont en sandwich balsa avec résines vinylester et polyester. Plan anti-dérive : ailerons Prix : 285 000 euros HT Principales options HT : Pack essential : 12 400 euros Pack Cruising : 17 600 euros Pack Comfort : 23 500 euros Gennaker : 4 650 euros Cabriolet de poste de barre : 2 475 euros Panneaux solaires 3x135 W : 7 733 euros Hélices repliables : 2 167 euros Supplément pour 2X75 CV : 12 017 euros Climatisation 3 cabines : 8 517 euros
LES CONCURRENTS
MODELE Freydis 39 Cruiser Catana 41 Edel 42 Cruiser Orana 44 Constructeur : Tournier Marine Catana Edel Fountaine-Pajot Surface de voile (m2) : 102 112 90 112 Poids lège en t : 5 9,3 7,2 9,8 Prix HT en euros : 309 365 382 500 315 000 321 488