En 2004, il avait fait grand bruit avec son flybridge… Pour ou contre, le débat était passionné. Près de 10 ans plus tard, force est de reconnaître que ce 440 est une réussite, habile compromis entre volume, performances et plaisir de manoeuvres.
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Pour cet essai occasion, nous avons profité de conditions exceptionnelles et surtout d’un skipper hors pair… Nous voilà donc à l’Île Maurice à l’occasion de la Mauritius Regatta. Cette épreuve a pour ambition de confronter des équipages à bord de catamarans de croisière – la plupart des participants dorment à bord, ceci explique cela –, sous la houlette des plus grands marins. A bord de notre Lagoon 440, on embarque donc Michel Desjoyeaux, rien que ça. A vrai dire, je m’attendais à ce que le Professeur, comme on l’appelle dans le milieu de la course au large, fasse un peu la grimace, à quelques jours de franchir la ligne de départ de la première étape de son 12e Figaro. C’est vrai, Mich’ qui barre un 440 de 12 tonnes, c’est un peu Schumi au pied des 17 virages de l’Alpe d’Huez… au volant d’un camping-car ! Contre toute attente, notre skipper fait bonne figure et tentera, avec brio, de tirer le meilleur de notre brave cata… Un peu d’histoire, justement. Revenons en 2004. Nous sommes en février, le 440 est présenté en première mondiale au Salon de Miami – un signe fort qui montre que, chez Lagoon, on se sent capable avec ce modèle de convaincre une client le très exigeante quant au confort. Quelques mois plus tard, en France, les commentaires vont bon train. Le 440 fait en effet partie de ces multicoques dont on a beaucoup parlé, il n’y a qu’à consulter les forums spécialisés pour s’en convaincre. Principal sujet évoqué, le fameux poste de barre perché sur le rouf… directement hérité du motonautisme. Cette configuration est rejetée en bloc ou portée aux nues… Mais les innovations ne s’arrètent pas là. Si le 440 respecte bien la charte Lagoon avec ses hublots verticaux, son bimini rigide et son volume XXL, il s’offre un fond de nacelle en aile de mouette, des larges hublots de coque – quasi invisibles de l’extérieur – et un cockpit avant. Et tout ça, il y a 9 ans, c’est drôlement nouveau !
En 2004, un cata innovant avec son poste de pilotage sur le flybridge
Le fameux fly ? C’est ici que Mich’ va passer la plus grande partie de la semaine ! De là-haut, la vue est parfaite sur les étraves, le plan de voilure et… nos concurrents. Ben oui, on régate contre un autre 440, un Catana 471, un Nautitech 475… L’accès est très facile grâce à deux escaliers. La barre trône au beau milieu de la banquette – on s’installe assis ou debout. Et les manoeuvres reviennent sur trois winches, à portée de main ou presque. En croisière, un seul équipier suffit. Pas pour nous : un homme – ou une femme – à l’écoute de grand-voile, un autre au génois. Et voilà que le flybrige, étudié pour dégager le cockpit à 100%, devient un remarquable poste pour tirer le meilleur du bateau ! Parlons-en un peu plus, du cockpit : le repas terminé, la table (elle peut être mise en place dans le carré) et ses supports disparaissent dans un logement intégré au bimini rigide… Si vos voisins de mouillage ne sont pas trop près, poussez un peu le son, et en avant pour la fête sur un magnifique dance floor avec bains de minuit à gogo ! Parce que les deux jupes arrière sont bien étudiées, avec de larges marches bien pourvues en antidérapant. Les passavants offrent une circulation fluide et mènent vers un cockpit avant – pour notre champion, c’est une baille à gennaker et spi – et bien sûr au double trampoline. Soit un plan de pont très réussi, mis part la bôme haut perchée qui peut causer quelques soucis. A noter pour les bourlingueurs en eau froide : être perché sur le fly n’est pas humide – sauf s’il pleut – mais venté et plus remuant que dans le cockpit par mer agitée. Etrave sous le vent matossée pour alléger les voûtes et améliorer l’efficacité du plan anti-dérive, notre cata parvient presque à contenir le Catana 471, pourtant doté de profondes d rives sabres et skippé par… François Gabart. Le 440 dépasse rapidement les 5 noeuds – dès force 2/3 Beaufort. Par tout petit temps, le bateau doit composer avec une certaine paresse… Du vent, du vent, c’est du vent que notre 440 aime. Dès 15/20 noeuds, il cavale à plus de 9 noeuds. Michel a relevé dans ces conditions – avec le spi – une pointe à 12 noeuds sur un surf. Les convoyeurs Lagoon, eux, ont relevé des top speed de 18 à 20 noeuds. Et tous mettent en avant l’excellent comportement marin du canot : aucune tendance l’enfournement, chocs amortis sous la nacelle et tangage mesuré.
Plus confortable, tu meurs
Les hublots verticaux, en plus de préserver de l’effet de serre aux heures chaudes, offrent un volume maximum au rouf ; difficile de faire mieux pour un 44 pieds ! Cette belle zone de vie propose une cuisine en L qui jouxte le cockpit – possibilité de passer directement les plats –, un grand carré et un coin navigation orienté face à la marche. L’aération est assurée par quatre panneaux ouvrants : largement suffisant pour rester au frais même sous les tropiques ! Les cabines sont bien sûr logées en bas. Le chantier proposait, sans surprise, deux options : la version propriétaire dédie toute la coque tribord à ce dernier, avec en prime un bureau, un canapé et un coin toilettes XXL. A bâbord, deux cabines plus classiques avec douche et WC se partagent le volume disponible. La version quatre cabines reprend une trame identique dans chaque coque. Les déplacements sont faciles à bord, nul obstacle n’entrave la progression, même quand la mer est agitée, les possibilités de rangements sont importantes et la capacité de charge dépasse largement les deux tonnes, soit une belle marge pour ceux qui vivent à bord. Autant de caractéristiques qui justifient l’engouement, justifié, pour ce modèle des candidats au grand voyage. "Un super bateau pour la croisière", conclut notre skipper... Une seule réserve selon nous : le fameux flybridge est une bénédiction en Méditerranée à la belle saison ou dans les eaux chaudes, mais une punition en Manche ou dans les hautes latitudes…
Les + :
+ Le flybridge offre une vision sur le plan d’eau et les voiles excellente.
+ Le comportement du bateau dans la mer formée est très bon.
+ Performances très satisfaisantes vu le confort et le volume offerts.
Les - :
- Gennaker indispensable pour se déhaler correctement par petit temps.
- Modèle peu adapté à la navigation en zone fraîche et froide.
- Bôme très haute en cas de bosse de ris récalcitrante.
Les points à vérifier
Honnêtement, pas grand-chose ! Certes, les modèles exploités intensivement en location présenteront des signes de fatigue – circuits d’eau défaillants, moteurs durement sollicités – , mais pour autant, la structure générale et le gréement résistent à toute épreuve. Un point faible à relever : certains éléments d’accastillage, pourtant sélectionnés chez les plus grands fabricants, nous ont semblé sous-échantillonnés, à l’image du pouliage de la barre d’écoute.
Fiche technique
Chantier : Lagoon
Architecte : VPLP
Mat riau : sandwich balsa/polyester
Longueur de coque : 13,61 m
Longueur la flottaison : 12,75 m
Largeur : 7,7 m Tirant d’eau : 1,3 m
Poids lÈge : 12,15 t
Surface de grand-voile : 74 m2
Surface de g nois : 42 m2
Nombre de cabines : 3 ou 4
Moteur : 2 x 40 ch
Réservoirs d’eau : 600 l
Réservoirs gazole : 750 l
Production : 423 exemplaires de 2004 à 2009
Prix occasion : à partir de 300 000 euros