Récent, ce 50 pieds est un excellent compromis pour naviguer loin dans d’excellentes conditions de confort… Et pour ne rien gâcher, ce grand Lagoon est plutôt élégant et rapide. Une valeur sûre de l’occasion !
Infos pratiques
- Le chantier : Lagoon 500
- La fiche technique
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Le Lagoon 500 est un représentant de la génération "440", laquelle succède à celle du 410. Les vitrages verticaux et panoramiques sont conservés, mais les rondeurs du rouf cèdent le pas à des lignes plus anguleuses. Le 500 enchaîne également le concept du flybridge avec poste de pilotage surélevé présenté par son petit frère. En 2006, la polémique ouverte avec le 440 – pour ou contre le fly – est loin d’être terminée… Lagoon reste un chantier aussi innovant que provocateur. Aujourd’hui, les usagers des catamarans s’accordent sur le bien-fondé de la formule, qui libère tout le cockpit arrière pour le farniente. Reste que la bôme est forcément très haute, ce qui peut compliquer la mise en place du lazy-bag, sans parler d’une éventuelle intervention sur les bosses de ris. Avec ses deux mètres de longueur en plus – par rapport au 440 –, le 500 devient un vrai croiseur océanique. Avec lui, les programmes les plus ambitieux deviennent possibles. Manœuvrer une telle unité au port ne pose pas de problème particulier : la vue est bonne depuis le fly, et les deux moteurs (55 ou 75 chevaux), espacés de 7 mètres, permettent des rotations franches en inversant les gaz. Même sensation au moment d’établir les voiles : certes, un tirant d’air équivalant à une longueur de piscine, ça impressionne… mais au final, les manœuvres, intelligemment concentrées sur les trois winches du poste de barre, se gèrent facilement. En série, Lagoon offrait un winch électrique. Les deux autres l’étaient en option. A la barre, perché sur le fly, peu de sensations… si ce n’est de piloter un engin déjà sacrément puissant : 160 m2 et 20 tonnes en charge, ce n’est pas rien.
La nacelle en aile de mouette déflecte efficacement les paquets de mer ; le bateau reste confortable au près dans la brise.
Plutôt bon marcheur
La bonne surprise par petit temps, c’est que le 500 ne rechigne pas à glisser. Une bonne volonté qui sera meilleure encore s’il est équipé d’hélices repliables. Et dès 10 nœuds de vent, le 500 se révèle être un des catamarans catégorie "tout confort" les plus rapides. Au travers, à partir de 4 Beaufort, il cavale à 10 nœuds, soit de belles possibilités pendant une transat, le plus souvent effectuée avec des vents portants et modérés. Au près serré, le cap est forcément limité du fait des ailerons peu profonds et du fardage conséquent des coques et la nacelle : il ne faut alors pas espérer faire mieux que 50 à 55° de l’axe du vent. En revanche, dans la mer formée, le comportement du Lagoon 500 est surprenant : il tangue relativement peu, ses mouvements sont souples et les quelques chocs très amortis. Il est d’ailleurs surprenant, depuis la nacelle au calme, de mesurer d’un coup l’état de la mer et la force du vent à l’extérieur. Le confort en mer est assurément un des meilleurs atouts du Lagoon 500 pour tous ceux – et ils sont nombreux – qui souhaitent prendre le large. Au portant par gros temps, le 500 reste un catamaran très sûr : le volume important de ses étraves lui permet de soulager facilement. La configuration idéale de gréement, afin de préserver le génois et son enrouleur, est bien sûr de disposer d’un étai de trinquette – largable ou non, afin d’endrailler une trinquette de brise.
Sur le pont, on trouve un cockpit de bonne taille pour un 50 pieds, et parfaitement protégé par le bimini rigide. Cette casquette, en revanche, mord au-dessus du passage arrière, lequel est trop étroit. Bon point vers l’étrave : le chantier est parvenu, avant les deux trampolines, à aménager un petit cockpit d’appoint. En navigation, cette "baignoire" trouve toutes sortes de fonctions – stockage des voiles de portant, bidons ou autres. Au pied du mât, trois coffres, un grand et deux petits. Les pointes avant sont également accessibles par des panneaux de pont, mais on n’évitera de charger ces volumes afin de conserver un centrage des poids correct.
Le flybridge offre une vue parfaite sur le plan d’eau et les voiles. Toutes les manœuvres se concentrent ici, sur trois winches.
Table multi-fonctions
La nacelle présente une vue panoramique superbe… pour peu qu’on reste debout. Assis dans le carré, on ne voit plus grand-chose, dommage. Néanmoins, la table mérite un joli coup de chapeau : elle est modulable en position basse et petit plateau pour l’apéritif, et se transforme en quelques secondes en grande table de repas pour dix personnes. Face à la route, un vaste coin navigation et poste de pilotage intérieur – c’était une option à la sortie du bateau. A bâbord, une grande cuisine en U au plancher légèrement abaissé. Evier inox profond – 60 cm –, cuisinière trois feux et son four, micro-ondes, lave-vaisselle (une option bien dans l’esprit confort du bateau) et des rangements partout – y compris sous le plancher de la nacelle. Suivant les versions, vous compterez trois à cinq cabines. La première déclinaison fait la part belle au propriétaire, lui réservant toute la coque tribord. Sur les autres modèles, des beaux couchages au standard terrestre, mais un accès à l’arrière quelque peu sinueux et étroit. Idem pour les toilettes, lieu d’aisances qui en manque un brin. La finition est excellente : banquette cuir, tiroirs à glissières, grands hublots pour la vue (mais pas de l’extérieur vers la cabine), sommier à lattes… Lagoon a assumé pour son 500 de la belle ouvrage. Et c’est tant mieux, parce que ça vieillit bien !
Le Lagoon 500, parce qu’il reste un des plus volumineux catamaran de 15 mètres, offre un confort exceptionnel. On aurait pu penser que cet agrément cesserait dès les jetées du port franchies… Il n’en est rien : le 500 est toujours aussi plaisant en mer. Une famille peut envisager à son bord de grandes traversées en toute sérénité. Cap à l'ouest ?
La nacelle présente une astucieuse table de carré modulable, un coin navigation et une cuisine très réussie.
Les plus
Confort exceptionnel
Performances globalement satisfaisantes
Facile à manœuvrer pour sa taille
Les moins
Circulation à l’arrière du cockpit
Pas de vue mer, assis dans le carré
Accès cabines arrière et toilettes étriqué pour un 50 pieds
Les points à vérifier
Rien à signaler quant à la structure, le gréement et l’accastillage ; Lagoon connaît son affaire, y compris dans les unités de grande taille, lesquelles sollicitent forcément beaucoup plus rudement les points d’ancrage et de compression – cadènes, étai, pied de mât. Les ailerons ne calent que 1,40 m : cela ne vous dispense pas de vérifier l’état des semelles. Le polyester se répare facilement : quelques traces de choc n’ont rien de rédhibitoire, mais mieux vaut reprendre le polyester plutôt que de laisser les tissus de verre s’imbiber d’eau. Un défaut souvent signalé : l’étanchéité de certains hublots et panneaux de pont laisse à désirer. Gare aux dégâts que les infiltrations occasionnent aux vaigrages et plaquages bois à l’intérieur !
Fiche technique
Longueur de coque 15,54 m
Longueur à la flottaison 14,93 m
Largeur 8,52 m
Tirant d’eau 1,40 m
Poids 18,6 t
Voilure au près 160 m2
Grand-voile 93 m2
Génois 67 m2
Cabines 3, 4 ou 5
Eau douce 2 x 240 l
Carburant 2 x 240 l
Moteur IB 2 x 55 ou 75 CV
Matériau sandwich polyester
Architecte VPLP
Constructeur Lagoon Catamarans
Production 150 exemplaires de 2006 à 2012
Prix occasion A partir de 370 000 euros HT
Essai dans Multicoque Mag 114