Dans MM20, nous testions le Lagoon 55 – le premier Lagoon ! 34 ans après le lancement de ce modèle iconique diffusé à 20 exemplaires, le constructeur ose reprendre – pour la première fois – le même nom pour un nouveau modèle. Une pratique courante dans le monde automobile, un peu moins dans le nautisme. De l’aveu même des responsables du chantier, ce nouveau 55 n’a plus grand-chose à voir avec son ancêtre mais tout deux collent à leur époque. Par bonne brise, nous avons pu prendre le tempo du Lagoon 55 millésime 2021.
Infos pratiques
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Lieu de l’essai : La Rochelle, France
Conditions : vent d’est-nord-est 17 à 33 nœuds, mer peu agitée
Que d’eau passée entre les coques depuis 1987 ! Le premier des Lagoon avec son rouf aérodynamique n’offrait sans doute même pas la moitié du volume de celui du nouveau 55. Mais ce dernier pèse deux fois plus lourd. Pour autant, l’élancement spectaculaire du gréement laisse penser que Lagoon n’a pas laissé de côté le volet performances. Ça tombe bien, le jour de notre essai sous voile, le vent est au rendez-vous. Un mois plus tôt à Bordeaux sur le ponton du constructeur, le 55 était apparu dans la droite ligne de la dernière génération : mât reculé et posé sur le rouf, étraves diamantées… quelques innovations tout de même avec une circulation inédite à l’arrière du cockpit, des ouvertures supplémentaires sur le rouf et quelques nervures en plus – ces dernières ne sont pas là que pour faire joli, nous le verrons plus loin. Le 55 se positionne adroitement entre le 50 et le SIXTY 5 : pas encore un multiyacht de luxe, mais bien plus soigné que les Lagoon un peu plus « petits ». A La Rochelle, au moment d’embarquer, ce sont le francbord et la hauteur du mât qui impressionnent. Je ne suis finalement pas surpris que le 55 soit pris en main par un couple de skippers pro : manœuvrer un multicoque de près de 30 tonnes lège ne s’improvise pas…

Le Lagoon 55 est le premier modèle de la marque à reprendre le nom d’un ancien modèle – en l’occurrence celui du tout premier Lagoon !
Deux cockpits, un flybridge
Le cockpit arrière est immense, puisqu’il totalise 25 m2 ; ses deux tables de 95 cm x 56,5 cm se dédoublent chacune pour offrir un immense plateau. Les assises sont nombreuses – banquettes, méridienne – et complétées par une cuisine extérieure. Le pont se prolonge entre les coques pour faciliter la circulation ; du coup, les marches des larges jupes arrière s’adaptent en proposant une trajectoire en diagonale. La plate-forme hydraulique (option) supporte 750 kg ; elle est impressionnante, avec 4,35 m de longueur par 1,45 m de largeur. A l’avant, un second cockpit de 9 m2 peut accueillir 8 à 10 personnes. Une voile d’ombrage et ses poteaux en carbone sont proposés par le constructeur. Les passavants sont larges – jamais moins de 88 cm – ; la ligne qui suit le rouf s’avère être une astucieuse main courante. Un peu d’eau au fond pourrait justifier quelques points d’évacuation supplémentaires. On accède au flybridge de 22 m2 par un escalier aménagé à babord. Un second accès à tribord peut être commandé en option. Là-haut, une banquette en L accompagne une table modulable de 160 cm x 55 (x 2), un solarium, une cuisine extérieure et le poste de pilotage. La grande barre à roue et une batterie de winches permettent au skipper de gérer la route… et les 186 m2 de voilure. La banquette de pilotage fait 1,30 m. L’emplacement offre une vue incroyable, mais il est également très exposé, ce qui impose d’opter pour de nombreuses protections.

Les nombreuses nervures, réservations mais aussi redans et la nouvelle main courante intégrée autour du rouf contribuent à alléger la silhouette.
Pas d’excès de vitesse, mais de belles moyennes
Les manœuvres de port, vu l’isolement du barreur, imposent d’être au moins deux. Pour Nicolas, notre skipper, ce genre d’opération tient de la routine quotidienne ; nous commençons notre essai par un test des moteurs. Même si la motorisation standard de 2 x 80 CV permet d’atteindre la vitesse de carène – 9,83 nœuds selon les calculs des architectes –, le déplacement du Lagoon 55 incite à opter pour les Nanni de 115 CV dont nous disposons aujourd’hui. Et tant que vous y êtes, offrez-vous des hélices repliables ! Le vent de terre souffle à 15/20 nœuds : pour un long bord au petit largue, nous nous contentons de la grand-voile haute et du génois. La barre n’est pas encore réglée : elle est encore un peu dure, surtout dans les surventes. La vitesse oscille entre 8 et 9 nœuds, avec quelques pointes à 10. Nicolas Boutteloup, le skipper, navigue déjà depuis un mois à bord ; il a noté que les 7 nœuds étaient très rapidement atteints par le 55 dans cette configuration de voiles. Mais que c’est sous gennaker que le nouveau Lagoon affiche de belles vitesses : 6 nœuds au bon plein avec seulement 7 nœuds de vent réels et quelques pointes à plus de 11 nœuds par bonne brise. Le grand spi asymétrique permet de bien descendre au portant : 5 à 6 nœuds relevés avec 7 à 8 nœuds de vent et deux nœuds de plus avec 10/12 nœuds de vent. Ces vitesses n’ont rien de spectaculaire, mais garantissent tout de même de belles moyennes sous voile – rappelons que le déplacement du Lagoon 55 est important. En revanche, même si la vue est spectaculaire depuis le flybridge, barrer ce grand catamaran n’apporte pas de sensations excitantes. Les réglages s’opèrent facilement – il convient tout de même de prendre conscience des forces en présence sur les bouts. Après une pause au mouillage à l’île d’Aix, le vent monte encore un peu à 20/22 nœuds. Nous sommes au bon plein avec un ris dans la grand-voile – la barre est plus douce et le GPS indique 9 nœuds. Le vent monte encore : à prendre trois tours dans le génois. Une brusque rafale à 33 nœuds nous malmène quelques secondes : la mer fume au-dessus des étraves, le GPS dépasse les 10 nœuds, quelques grincements se font entendre, mais rien ne bronche à bord. Plutôt rassurant pour un catamaran mis à l’eau quatre semaines plus tôt seulement. Avant notre retour au port, un monocoque – certes plus petit, un Amel 50 – est facilement dépassé sous le vent.

Une brusque rafale à 33 nœuds nous malmène quelques secondes : la mer fume au-dessus des étraves, le GPS dépasse les 10 nœuds, quelques grincements se font entendre, mais rien ne bronche à bord.
Plutôt rassurant pour un catamaran mis à l’eau quatre semaines plus tôt seulement.
Une nacelle bien ouverte vers l’extérieur
L’accès à bord est très facile. La nacelle totalise 27 m2 ; elle s’ouvre par un système de grandes baies vitrées – 1,70 m de largeur et 1,97 m de hauteur. La hauteur sous barrot est de 2,11 m. A bâbord, une table à cartes offre un plateau de 139 cm par 88,5 cm. Des fargues bloquent les cartes, documents ou autres smartphones. Un catamaran de 55 pieds ne gîte pas, certes, mais peut bouger tout de même un peu… Attention au meuble supérieur, susceptible de rencontrer le cuir chevelu des plus grands gabarits. A l’instar de l’extérieur, la table du carré se dédouble – 85 cm x 95 cm x 2. On peut partager ici un repas à 8 voire 10 personnes. Deux grands hublots zénithaux sont découpés dans le rouf : on voit le plan de voilure, et la lumière est encore plus généreuse. En revanche, sous un soleil au zénith, obturer ces ouvertures sera indispensable, à moins de faire tourner la clim… A l’avant, le constructeur propose en option un grand vitrage de rouf coulissant – ça nous rappelle quelque chose : la baie vitrée des Bali, bien sûr ! A tribord, la cuisine en L est immense et parfaitement équipée. Rangements, electroménager, il ne manque rien. Dans la version quatre cabines, celle du Propriétaire occupe l’arrière de la coque tribord. Elle totalise une belle surface de 17,5 m2 avec un couchage de 2 x 1,70 m, installé comme tous les autres lits du bord travers à la marche. Rangements, bureaux et nombreuses ouvertures sont prévus. Même au moteur à bon régime, on a dans cette suite l’impression très agréable d’être isolé, au calme. Les cabines avant disposent de 11 à 12,5 m2 et de leur propre cabinet de toilette. Les couchages sont à peine moins larges que ceux de l’arrière – 1,60 m. Les pointes avant, en option, peuvent être aménagées – un couchage simple et une salle d’eau. On peut également opter pour un aménagement de 5 ou 6 cabines. Dans ce cas, les cabines au milieu des coques sont relativement exigiuës (7,5 m2) et proposent un couchage simple sur chaque bord.
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Le cockpit arrière présente une circulation améliorée tout à l’arrière, et des marches vers les jupes en diagonale. Les assises sont nombreuses
Conclusion
Le Lagoon 55 est une plate-forme idéale de grande croisière pour 8 à 12 personnes : un catamaran robuste et tout confort qui réclame tout de même deux paires de bras expertes pour être mené dans de bonnes conditions. Les innovations retenues – passage élargi à l’arrière, jupes arrière réorientées, mains courantes intégrées sur le rouf, hublots zénithaux, baie vitrée coulissante – sont convaincantes. Associées à une finition luxueuse, elles font du Lagoon 55 un nouveau catamaran attrayant dans cette taille.

La nacelle de près de 30 m2 s’ouvre généreusement sur le cockpit.
On peut compter sur un vaste carré, un coin navigation et une cuisine complète
Les +
Circulation repensée du cockpit convaincante
Confort exceptionnel
Finition flatteuse
Les -
Equipage pro indispensable
Protection du flybridge peu esthétique
Pas de plaisir de barre
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DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Lagoon
Architectes : VPLP
Design extérieur : Patrick le Quément
Design intérieur : Nauta Design
Matériau : sandwich polyester
Longueur : 16,56 m / 54’4’’
Longueur à la flottaison : 16,39 m
Largeur : 9,00 m
Tirant d’eau : 1,55 m
Tirant d’air : 29,43 m
Déplacement lège : 26,5 t
GV lattée : 107 ou 112 m²
Foc autovireur : 74 m²
Code 0 : 154 m²
Spi asy : 272 m²
Réservoir d’eau : 4 x 240 l
Réservoir de carburant : 2 x 550 l
Motorisation : Yanmar 2 x 80 CV (4JH80) ou Nanni 2 x 115 CV (N4.115)
Certification CE - A : 14 ; B : 14 ; C : 20 ; D : 30
Prix HT : A partir de 1 085 000 € en version 4 cabines
Pack Confort : 58 800 €
Electronique/navigation : 17 800 €
Coussins cockpits, bain de soleil et flybridge : 25 970 €
Mât peint en blanc et bôme canoë carbone blanche : 53 650 €
Tous winches et flatwinder électriques : 8 650 €
Accastillage de gennaker avec bout-dehors et emmagasineur : 8 820 €
Code 0 en D4 : 18 500 €
Plus-value GV à corne et foc en Hydranet : 15 450 €
Plate-forme hydraulique : 48 850 €
Teck cockpits, jupes et passavants : 42 700 €
Toiles de tour de cockpit avec vitrage : 6 800 €
Gel coat gris ou crème : 9 200 €
Moteurs Nanni 115 CV (N4.115) : 26 550 €
Hélices repliables : 6 250 €
Parc batteries lithium : 29 800 €
Générateur Onan 17,5kVA 230V/50Hz : 32 750 €
Dessalinisateur 280 l/H 230V : 18 500 €
Climatisation : 42 350 €
Table du carré modulable sur pied électrique : 5 650 €
Passerelle carbone : 3 000 €
Annexe 4,20 m avec moteur 60 Honda CV : 26 750 €




