Le lancement du nouveau Lagoon 55 il y a un peu plus de deux ans a (re)mis sous les feux de la rampe « l’ancien » 55 : ce grand catamaran est le tout premier modèle estampillé Lagoon. A l’aube des 40 ans du constructeur de catamarans de croisière devenu leader mondial, un hommage à ce Lagoon 55 s’impose !
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Dans notre essai du MM20 daté décembre 1988 (voilà qui ne rajeunit pas !), notre journaliste classait d’entrée de jeu le Lagoon 55 parmi les multicoques de croisière qui ont marqué leur époque, à l’instar du Solaris et du premier Privilège. A l’époque, c’était oublier le remarquable Louisiane de Fountaine Pajot, mais force est de reconnaître que ce fameux 55, lors de son lancement en 1987, était un ovni dans l’univers de la plaisance. Moderne et performant, le premier des Lagoon avait également pour ambition d’être un voilier élégant. Un précurseur, en résumé… le cabinet VPLP est (déjà !) à la manœuvre pour cette commande d’abord unique dont la construction a été assurée par les anciens Ateliers Techniques Avancées. Ce chantier, antenne course de Jeanneau, produit d’ordinaire des multicoques de compétition. Un deuxième 55 est commandé. Le chantier s’organise avec un vrai moule femelle et un moule de pont ; la série est lancée et comptera 20 exemplaires – plus les 13 Lagoon 57 ! C’est lors de l’assemblage de la coque #5 qu’ATA devient Jeanneau Techniques Avancées. On est encore loin du chantier Lagoon actuel, réellement mis sur pied en 1997, deux ans après le rachat de Jeanneau par Bénéteau.
Taillé pour le large
Dès leur lancement, les Lagoon 55 sont prisés par des particuliers parés pour le grand voyage et les loueurs désireux d’assurer une prestation haut de gamme avec skipper. Un succès qui provient du bouche à oreille sur les pontons (et surtout sous les cocotiers), puisque le constructeur, à l’époque, ne communique pas beaucoup sur cette toute nouvelle division multicoque quelque peu expérimentale. L’expertise de la course au large permet à JTA de garantir d’entrée de jeu une excellente qualité structurelle et d’assurer une certaine légitimité en termes de performances. En réalité, avec un rapport voilure/poids de 10,71, le Lagoon 55 n’est pas vraiment un foudre de guerre par petit temps dans sa livrée d’origine. Mais un génois recouvrant plutôt que le foc autovireur d’origine et surtout une grand-voile à corne peuvent singulièrement le booster… Le constructeur est donc parvenu à « rester » relativement sage avec un grément sans bastaques limité à 20 m de tirant d’air et en optant pour des ailerons plutôt que des dérives. Par bonne brise, avec ses coques fines, le Lagoon 55 est capable de tenir d’excellentes moyennes supérieures à 10 nœuds.
Un plan de pont sobre et deux barres à roue
Signe de la modernité évidente de ce modèle : l’ouverture de la nacelle sur le cockpit est large et le passage de plain-pied. A l’extérieur, les premiers modèles proposaient deux grandes tables en teck, des banquettes et des bains de soleil géants sur chaque bord – le tout à ciel ouvert, avec tout de même un petit taud basculant vers l’avant. Aujourd’hui, tous les modèles sont dotés d’un bimini plus sérieux (textile ou rigide), question d’époque ! En revanche, les deux postes de barre n’ont pas bougé… Les manœuvres de la grand-voile occupent la poutre arrière, le reste des bouts se rassemblent en pied de mât. La circulation sur le pont est très fluide, car ce dernier est tout plat et sur un seul niveau. Les passavants particulièrement larges conduisent à des grands trampolines à l’avant. Tout à l’arrière, on relève les longues jupes étroites – elles sont plus grandes encore à bord du 57. Précisons que ce modèle profite également d’une hauteur sous barrot un peu augmentée dans la nacelle.
Cuisine et table à cartes dans les coques pour commencer…
A l’intérieur, les architectes se sont tenus à une nacelle plutôt courte, avec un double carré/salon généreusement pourvu en banquettes. Le sol antidérapant, réalisé à partir de granité intégrant des poussières de carbone, trahit l’ADN course au large du constructeur. La cuisine est installée en coursive, à tribord. Le 55 compte 4 cabines doubles avec couchages dans le sens de la marche avant (chacune dispose d’un cabinet de toilette). Deux couchettes équipage sont intégrées contre le bordé tribord, en avant de la table à cartes. La trame des aménagements proposée au départ est donc très classique, mais elle a évolué avec un coin navigation qui remonte au milieu de la nacelle, face à la route. Quelques modèles disposent d’une cuisine en haut. La qualité générale est indéniable et les finitions traitées avec soin pour l’époque – coloris élégants, éclairages indirects, découpe d’une trentaine de panneaux ouvrants. On relève également un bon niveau de confort, avec micro-ondes, dessalinisateur, groupe électrogène, etc. Tout cet équipement n’est certainement plus au goût du jour, mais démontre bien que le Lagoon 55 n’avait rien d’un spartiate coursier à l’époque de son lancement !
Conclusion
Coup d’essai, coup de maître : le Lagoon 55 est sans doute le premier multicoque moderne capable d’allier design, performances et confort. Aujourd’hui encore, il fait rêver les amateurs de croisière hauturière. Le 55 est en effet un de ces modèles qu’on reconnaît et qu’on sait apprécier… Ce catamaran a non seulement posé les bases du premier constructeur mondial de catamarans de croisière, mais il est devenu mythique !
Les points à vérifier
Le constructeur des meilleurs multicoques de course au large de la fin des années 1980 et début 1990 – on lui doit tout de même quelques Fleury Michon et pas des moindres, et surtout Pierre 1er, vainqueur de la Route du Rhum 1992 ! – a évidemment mis en œuvre une excellente structure pour son Lagoon 55, à base de sandwich mousse pour les coques et sandwich balsa pour le pont. La rigidité est assurée par des renforts en carbone et le tout réalisé grâce à la technique du moulage sous vide. Rien à craindre donc du côté du gros-œuvre ; en revanche, les moteurs, tout comme le gréement, l’accastillage et tous les organes périphériques, peuvent être âgés de 30 à 35 ans… C’est beaucoup et cela peut être coûteux à remplacer. Raison pour laquelle les unités parfaitement refitées sont sans doute les meilleures affaires.
Bonne base pour un refit
Modèle mythique
Frais importants possibles
Descriptif technique
Architectes : VPLP
Longueur : 16,70 m
Longueur à la flottaison : 15,25 m
Largeur : 9,20 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Tirant d’air : 20 m
Déplacement lège : 14 t
Surface de voile au près : 150 m2
Motorisation : 2 x 48 CV
Carburant : 700 l
Matériau : sandwich mousse/polyester et balsa/polyester
Production : 20 exemplaires de 1987 à 1993 + 13 exemplaires du Lagoon 57 de 1994 à 1997
Prix occasion : à partir de 250 000 € HT
