Lors de notre essai du 450 en septembre, nous avions découvert un catamaran familial ludique et réussi ; la finition 2010 et la voilure plus généreuse lui procurant une polyvalence et un agrément supérieurs à ses prédécesseurs. Le 560, issu de la même matrice, répond à un cahier des charges beaucoup plus ambitieux en termes d'accueil à bord.
Infos pratiques
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55' d'évolution
Lors du lancement du Lagoon 55' en 1987, Jeanneau Techniques Avancées (JTA) était une jeune structure née de la volonté d'un quarteron de passionnés qui allait s’illustrer dans la réalisation de quelques trimarans d'exception (F40’ N.Irens, FLEURY MICHON, PIERRE 1er, les 2 prototypes du film Waterworld, …) et donner naissance à une marque mondiale. Silhouette séduisante, signature architecturale judicieuse, le succès des 2 versions (55' et 57') fut immédiat ! Les créations de l'acronyme VP/LP (GERARD LAMBERT, BISCUIT CANTREAU I, II et III qui préfigurent les 60' Orma, PRIMAGAZ…) ne quitteront plus jamais le devant de la scène océanique ! En 2000, le successeur du 55'-57' s'approprie la stylique maison et devient 570. Issu de l’usine de Bordeaux, il bouscule les codes esthétiques, mais conserve une ergonomie classique. Avec le 560, le chantier assume l'intégralité d'une démarche conceptuelle originale et fait feu tous azimuts : ergonomie créative, aménagement innovant, puissance vélique adaptée, motorisation copieuse, flybridge XXL et qualité à la hausse.
Avec ce tout nouveau 560, le chantier Lagoon propose une unité incroyable : volume et vraies qualités marines sont au programme.
Une définition pertinente
Au sein du groupe Bénéteau, Lagoon jouit d'une position enviable pour ajuster sa stratégie et optimiser l'évolution marketing de ses modèles. Le 560 démontre parfaitement cet aspect en arrivant opportunément sur un marché abstinent en 2008, hésitant en 2009, mais qui se relance fin 2010. Avec ce bateau, Lagoon ne cherche pas à battre de futurs records de production et propose un catamaran luxueux à forte valeur ajoutée. Le challenge semblait être d’anticiper les attentes des déçus d'un motonautisme à la dérive, de répondre aux objections des Pénélope qui ont entendu dire que la croisière en voilier n'est que souffrance et privations, tout en rattrapant par la main les Ulysse voileux fortunés qui lorgnent vers les sirènes des trawlers. L'exercice était compliqué, les concepteurs se sont donc dotés de moyens supplémentaires pour atteindre cet objectif multiple.
Dès 3 nœuds de vent, le 560 démarre à la voile… Pas mal pour un cata de 30 tonnes !
Une organisation de l'espace très imaginative
Le chantier dispose maintenant du recul indispensable pour jouer avec des solutions ergonomiques audacieuses et affirme cette aisance décomplexée dans les arbitrages du 560. En faisant appel à Nauta, il s'offre même un partenaire exigeant et affiche ses ambitions en terme de qualité et de créativité. Le flybridge, espace convoité par les propriétaires et les équipages, fait ici preuve de maturité et comblera les amateurs malgré les nombreuses contraintes qu'il impose à bord d’un voilier (accès, sécurité, élévation du vit de mulet, du centre de gravité, positionnement de l'accastillage). L'expérience du bureau d’étude et la taille du 560 permettent de trouver des solutions convaincantes et de rendre l'utilisation cohérente, voire agréable. L'escalier hélicoïdal est confortable et sûr. Le système sas de fermeture étanche à assistance électrique (entre fly et cockpit) procède d'une cinématique complexe et a été confié à un sous-traitant spécialiste de cette problématique ; toutefois à l'usage, il manque un cheminement direct du pied de mât vers le poste de pilotage. Le cockpit terrasse prend ici une dimension superlative (par beau temps ou à l'abri des cloisons de toile si la saison s'avance) ; cet atrium marin correspond avec la cuisine, bien sûr, mais de façon plus surprenante avec la cabine propriétaire tribord et le "chalet des invités" à bâbord ! En mer ou au mouillage, sous le soleil de Barbuda ou les frimas des îles Féroé, le schéma de circulation restera agréable, il invente une nouvelle convivialité, enfin respectueuse de l'intimité de l'équipage.
Les manœuvres et le poste de barre reviennent sur le fly, où des bains de soleil géants attendent l'équipage… Le top !
Une séparation totale entre la technique et les zones de vie
Le 560 est un grand multicoque doté de toutes les prestations attendues, mais également de la complexité attenante. Les servitudes sont regroupées en 3 ensembles séparés : les cales arrière abritent les moteurs et leurs périphériques ainsi que la climatisation et le pilotage automatique. La soute du bras avant reçoit la totalité des fonctions électriques. Le stockage (24V 800Ah), la génération (groupe électrogène de 7 à 15kVA), la transformation et la gestion (multiples convertisseurs dédiés, régulateurs, …) s'épanouissent autour d'un plancher central qui surplombe le parc batteries. L'architecture, bien que complexe, reste lisible et fait preuve d’une qualité d’installation et d’une sélection de fournisseurs rassurants (une alarme d’ouverture panneau paraît indispensable). Le skipper prévoyant se fera pourtant expliquer l'utilisation et les process de service de cette machinerie d'Airbus. Cette organisation pertinente rationalise l'entretien et autorise des interventions sans perturber le fonctionnement du navire.
Fly, cockpit, carré, cockpit avant : à vous de choisir votre espace…
Objectif : la vie à bord
La plupart des visiteurs des salons de Cannes, Gènes ou Barcelone ont été enthousiasmés par les aménagements du 560. Curieusement, ce point de vue positif semble également partagé par les professionnels et même certains amateurs traditionalistes, voire conservateurs. Nauta et Lagoon ont donc visé juste ! Comme à bord du 450, le style et l’élévation des standards de fabrication sont immédiatement perceptibles. La créativité mise en œuvre dans la répartition originale des volumes, le traitement décoratif individualisé des espaces privés et l'atmosphère attractive constituent les outils de séduction principaux de ce catamaran. Tendance récente, la table du carré réduit la voilure et recule devant les arguments de la salle à manger d'extérieur ; celle du 560 accueille 6 convives autour d'un canapé méridienne (pour la lecture relax) tandis qu’on se rassemblera facilement à 10 dehors ! L’îlot central astucieux (également support d’une télévision qui mériterait une protection) transforme la cuisine en un bar, passe-plat multifonctions, carrefour des conversations. Le volume propriétaire est magnifique (des façades de salle de bain opaques ne retireront rien à son charme !) ; le fameux "chalet" (arr.bâbord) emprunte ce pseudo à l'impression générale ressentie au creux de ce lodge nautique avec vue sur le sillage ! Les cabines-avant bénéficient d’un traitement comparable. L'isolation phonique, thermique et le sentiment d'être là chez soi, y sont identiques, laquelle choisir ?
Le cockpit est parfaitement protégé par le fly, et est tout simplement… gigantesque !
Grosse brise et petit temps, l'épreuve de vérité
La furie de Tramontane qui a balayé le Golfe du Lion la nuit précédente laisse la place à un force 6-7 agrémenté de soleil qui fera nos choux gras pendant cette journée. En l'absence de propulseur et de transmission IPS, la recherche d'une place de port accorte est recommandée. Le 560 mesure presque 18X10m et le fardage n'est pas négligeable. Les gros bouilleurs (2X110cv !) du modèle d’essai sont évidemment redoutables, mais il faut s'habituer au temps de réaction des commandes électriques pourtant parfaitement adaptées. Sous 2 ris trinquette, nous faisons route au près de circonstance (60° du vent) face aux habituelles rafales qui rendirent fou Gaztibelsa (dans le poème chanté de Brassens). 25-37 nœuds, oscillations de 15 à 20°, la Tramontane ne nous fit pas perdre le nord, mais constitua un test intéressant pour ce catamaran spacieux et confortablement tendance, donc lourd (32t !). Sous GV seule (à corne, 2 ris), le Lagoon 560 remonte au près, signe probant d’un centre de voilure équilibré. La trinquette déroulée génère la puissance nécessaire pour affronter le méchant clapot que vous imaginez. Au près bon plein, le GPS affiche 8,5-9,2 nœuds et le trait de côte défile rapidement en direction du Cap Leucate. À l’orée de la "soufflière" de Port-la-Nouvelle (une turbine naturelle qui génère toujours un beaufort de plus que partout ailleurs), nous virons à la première tentative (ce qui ne constitue pas une évidence dans ces conditions) et ouvrons le plan de voilure. À 140° du vent nous chevauchons la courte houle et glissons entre 9 et 11 nœuds avec une pointe à 12. Le lendemain matin, la brise de confessionnal permet de déployer la surface de toile maximum (280m2 !), le 560 démarre à la voile pure à partir de 3 nœuds réels et la vitesse progresse en même temps que l’augmentation de ce petit SE. Les chiffres comparés de l’anémomètre et du GPS sont assez bluffants jusqu’à 8 nœuds réels ! Après une séance de mouillage à Collioure, nous regagnons paisiblement Canet-en-Roussillon sous grand gennaker (7.5nd à 160° du vent dans un réel de 9-10 nœuds). GV et focs de marque Incidences méritent des éloges appuyés, formes et finitions remarquables.
Et non : vous n'êtes pas dans un loft, mais dans un catamaran de croisière…
CONCLUSION
Le 560 réalise une synthèse des solutions mises en œuvre par Lagoon depuis quelques années, il franchit un pas décisif en matière d’originalité (réussie) d’aménagement. L’intimité dont jouissent les invités et le confort global de vie à bord lui permettent de rivaliser avec des unités plus prestigieuses. La nouvelle définition du plan de voilure lui confère des performances intéressantes dans le petit temps et le médium. Le budget élevé, la présence d’équipements techniques sophistiqués et la puissance disponible (à la voile comme au moteur) le destinent quand même à des propriétaires expérimentés. La présence d’un marin (ou d’un service d’entretien) disposant d’une formation technique sera nécessaire quelques semaines par an pour maintenir ce pullman au niveau d’entretien requis.
Les plus :
- Aménagement
- Prestations et finitions
- Qualités dynamiques
Les moins :
- Absence de barber de GV et de bloqueurs d’écoute génois et trinquette
- Accessibilité tableaux de bord moteurs
- Nombreuses options
LES CONCURENTS
| Modèle | Chantier/architecte | Poids en t | SV au près en m2 | Prix en euros HT |
| Privilège 515 | Alliaura/Lombard | 20 | 143 | 850 000 |
| Dean 5000 | Dean/Dean | 20 | 142 | 600 000 |
| Sunreef 58 | Sunreef/Sunreef | 30 | 181 | 850 000 |
| Nautitech 541/542 | Nautitech/Lombard | 18.5 | 143 | 703 800 |
| Diamante 555 | Diamante/Diamante | 14 | 150 | 1 170 000 |
| Neel 50 | Neel/Neel | 10 | 160 | 780 000 |
FICHE TECHNIQUE
- Architectes : Van Peteghem/Lauriot Prevost
- Constructeur : Lagoon
- Longueur : 17.07m
- Largeur : 9.44m
- Déplacement : 32t
- Tirant d’eau : 1.50m
- Construction : sandwich balsa monolithique/verre/vinylester-polyester
- Hauteur du mât : 28.66m au dessus du pont
- Surface GV : 128m2 (version à corne)
- Génois : 82m2
- Trinquette : 45m2
- Genaker : 155m2
- Eau : 960L
- Gasoil : 1300L
- Prix : version propriétaire 795 000 euros HT sans options Pack confort : 63 000 euros HT Genaker + accastillage : 15 000 euros HT GV à corne Hydranet + Génois : 20 000 euros HT Trinquette complète : 9 100 euros€ HT Bossoirs : 17 000 euros HT Tender lift : 36 000 euros HT Supplément 110cv ligne d’arbre + commandes électriques + tripales repliables : 30 000 euros HT Générateur 17kVA : 22 200 euros HT Dessalinisateur 280L/h : 18 000 euros HT Climatisation : 40 000 euros HT Comissionning : 13 668 euros HT (mâtage, antifouling) à Bordeaux