Avec ce nouveau modèle, petit frère du remarqué SEVENTY 7, Lagoon renforce son ancrage dans l’univers des catamarans de luxe avec une identité visuelle bien différente de celle des Lagoon plus petits. Nous avons pu effectuer deux sorties à bord du SIXTY 5 dans le pertuis d’Antioche, entre les îles de Ré, d’Oléron et d’Aix.
Infos pratiques
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Lieu de l’essai : La Rochelle
Vent : WSW 6 à 18 nœuds
Mer : Peu agitée
On l’attendait en avril à La Grande Motte… ce sera en septembre à Cannes, si tout va bien. Le lancement du Lagoon SIXTY 5 a bien sûr été perturbé par la crise sanitaire. En attendant le Cannes Yachting Festival millésime 2020, nous voilà à bord de cet imposant catamaran de plus de 20 mètres. Une fois n’est pas coutume, la base de ce modèle est la version power, et non l’inverse. Lagoon était désireux de compléter d’abord son offre moteur sur ce créneau en forte croissance. Le SIXTY 5 est donc la déclinaison voile du SIXTY 7 présenté il y a à peine un an – voir essai dans MM199. Notre nouveauté reprend le design des grands Lagoon et conserve le rouf a effet suspendu et « l’oreille » découpée en haut des montants arrière. Les coques rouge bourgogne du premier modèle optent cette fois pour un crème plus discret. Mais la différence la plus visible est bien sûr l’imposant gréement. En revanche, le travail réalisé sur le tiers arrière des coques, des safrans et des quillons – le tirant d’eau est supérieur de 40 cm – est forcément plus discret.

Le grand spi asymétrique de 360 m2 est idéal lors des longues traversées au portant.
Equipage pro
Nous sommes accueillis à bord par le staff Lagoon, mais également par un équipage professionnel en charge de Matao. Leur job ? Assurer un service irréprochable, mais surtout gérer ce mastodonte de 45 tonnes en charge. Il faut se faire une raison : manœuvrer un tel catamaran au port réclame une grande expérience, ouvrir le lazy-bag à plus de 6 mètres de haut demande un minimum de condition physique, et la maintenance au quotidien impose de solides connaissances techniques. Bref, un propriétaire très expérimenté peut se satisfaire de l’appui d’un marin pro. Sinon, ce seront deux personnes. En spectateur, s’extraire de la place de port semble pourtant facile – disposer de deux puissants moteurs et du propulseur d’étrave à tribord, ça aide. Nous disposons en effet de deux Volvo D4 de 175 CV, au lieu des 150 en standard. Ces blocs un peu puissants présentent l’avantage de ne réclamer une révision qu’à l’issue de 800 heures de fonctionnement.
La vitesse de croisière est de 8/9 nœuds à 1 800 tours/ minute pour une consommation limitée à 20 litres/ heure. Des chiffres à comparer avec le SIXTY 7 : cette vitesse est atteinte dès 1 300 tours/minute, avec une consommation inférieure à 15 litres heure. Mais c’est surtout l’autonomie qui ne joue pas dans le même registre : 600 milles pour le SIXTY 5 contre 3 000 pour le SIXTY 7 à cette vitesse réduite. Bref, nous sommes bien à bord d’un voilier. Une fois dégagé du chenal, la grand-voile est hissée à un ris. L’opération se mène depuis le flybridge, accessible sur tribord : une batterie de quatre gros winches électriques prend en charge toutes les manœuvres juste en arrière du mât. Cette configuration a l’avantage de réduire les frottements. La visibilité est réduite vers le haut par le flybridge – un équipier avancé au pied du profil donne le tempo. Les boutons poussoirs étant très bas, il est parfois nécessaire de s’asseoir pour les actionner. Mêmes actions électriques pour dérouler et border le génois : les moteurs sont coupés, c’est parti ! Nous sommes bien servis par une belle brise de 15 à 18 nœuds et une mer peu formée. Les barres sont directes, mais des bulles d’air dans le circuit hydraulique provoquent un petit point dur. En hauteur et faute de protections (disponibles en option, mais pas très heureuses sur le plan visuel), le flybridge se révèle vite venté. En revanche, le bimini très recouvrant ombrage efficacement toute la zone. C’est donc par vent modéré et température agréable que l’on profitera des 30 m2 de ce magnifique rouf top.

Sans protections, le flybridge est très exposé au vent. Mais le SIXTY 5 gagne en élégance…
Un sillage qui ne demande qu’à s’allonger
Au près, nous remontons à 50° du vent réel avec une dérive négligeable. Vitesse au speedo : 8,5 nœuds. Les coques passent très bien dans le petit clapot et le tangage négligeable. Quelques paquets de mer viennent parfois buter contre le fond de nacelle en aile de mouette, rien de méchant. En abattant au travers, la vitesse augmente à 12/13 nœuds. Faute de (vraies) vagues à surfer, la vitesse n’augmente pas beaucoup avec le gennaker. Les virements de bord sont francs, sans manque à virer à craindre. Le lendemain, nous avons l’occasion de naviguer aves des conditions plus légères. Cette fois, la grand-voile de 170,5 m2 est hissée entièrement. Nos relevés : 4 nœuds sous gennaker par 6 nœuds de vent, et 7,8 avec deux nœuds de plus au travers. Au près, le vent monte à 10 nœuds réels : nous atteignons 6,5 nds au près avec le solent. Le Lagoon SIXTY 5 se montre donc un peu paresseux en dessous de 10 nœuds de vent – logique vu le confort offert et le déplacement – mais sait profiter de sa longueur de coques dans la brise. Des traversées sous les alizés à 8/10 nœuds de moyenne sont donc au programme.

Le plan de voilure très élancé associé à un génois à recouvrement permet d’animer efficacement cette unité de 45 tonnes en ordre de marche.
Plan de pont : une réussite !
Les designers ont privilégié les grandes surfaces planes – on compte pas moins de 90 m2. Ces grands dégagements facilitent les déplacements à bord et renforcent cette impression de très grand multicoque. Le cockpit arrière est parfaitement agencé sur 36 m2 avec une cuisine extérieure sur bâbord, une grande table et ses assises. Il est totalement couvert et donc protégé du vent, des intempéries et du soleil. A l’arrière, la grande banquette est réversible ; on peut s’y installer face à la marche, ou admirer le sillage… Les deux jupes arrière sont larges, et la plate-forme hydraulique centrale facilite la mise à l’eau du semi-rigide (jusqu’à 4,6 m de longueur). Les passavants sont évidemment très larges, de vrais boulevards… et ils sont protégés par un pavois épais et un jeu de balcons, chandeliers et filières rigides à souhait. A l’avant, un second cockpit de 13 m2 bien protégé du vent sera prisé par les amateurs(trices) de bains de soleil. Plus près des étraves encore, une batterie de coffres profonds et deux trampolines.

Le cockpit avant est la zone la mieux exposée au soleil – une voile d’ombrage figure en option
Ambiance grande plaisance
D’ordinaire, on pénètre dans la nacelle par l’arrière – c’est évidemment possible grâce à une vaste ouverture de plain-pied de 2 m de hauteur par 2,13 m de largeur. Mais à bord du SIXTY 5, une seconde ouverture est également découpée à l’avant. Entre les deux portes, un salon de 30 m2, avec une zone bar et un carré – chacun peut accueillir 8 personnes – et un coin navigation face à la route. La vue panoramique est parfaite, les matériaux soigneusement choisis, la finition est flatteuse et l’éclairage très soigné. Au chapitre des petits reproches : quelques angles vifs remarqués près des descentes vers les coques, des panneaux de vaigrage insuffisamment fixés au plafond, et surtout de nombreuses vibrations lors de la marche au moteur à bas régime et autres couinements de cloisons lors de la navigation sous voile. A l’instar de ce qui se pratique dans l’automobile, un ou plusieurs « Monsieur Bruit » seraient les bienvenus dans le but de parfaire, si possible en amont, l’agrément acoustique d’une telle unité. Notre modèle d’essai offre une cuisine en coursive, parfaitement adaptée à un usage équipage avec son mini mess. Mais il est possible d’opter pour une configuration avec cuisine dans la nacelle. Pour les coques, une multitude d’options sont proposées, de 4 à 6 cabines. Leur surface varie de 9,5 m2 à 12 m2. Ce premier SIXTY 5 mis à l’eau est une version Propriétaire ; la suite de ce dernier affiche 21,5 m2 et elle offre un accès direct sur la jupe arrière tribord, en toute intimité. Il est d’ailleurs possible d’isoler par une porte cette grande et luxueuse cabine. De très nombreuses options – système son, vidéo, communication, climatisation, boiseries, etc. – permettent d’atteindre le confort et l’agrément d’un hôtel du plus haut niveau.

Ce premier SIXTY 5 mis à l’eau est une version Propriétaire ; la suite de ce dernier affiche 21,5 m2 et elle offre un accès direct sur la jupe arrière tribord, en toute intimité.
Conclusion
Une silhouette réussie, des performances de bon niveau, finition semi-custom et un excellent niveau de confort : le Lagoon SIXTY 5 dispose bien de toutes les qualités requises à bord d’un catamaran de luxe. Quelques détails seulement restent à revoir. Cette unité présente également un intérêt : comparée à ses concurrents, elle est sensiblement moins chère – ou moins coûteuse, c’est selon. Lagoon dispose désormais de deux modèles voile et deux autres moteur de plus de 20 mètres. C’est plus que mettre un pied dans la cour des grands…
Les +
+ Design réussi
+ Confort et habilité exceptionnels
+ Performances flatteuses dès 8 nœuds de vent
Les -
- Bruits parasites et grincements
- Equipage professionnel quasi obligatoire
- Flybridge exposé sans protections
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DESCRIPTIF TECHNIQUE
Chantier : Lagoon
Architectes : VPLP
Design extérieur : Patrick le Quément
Design intérieur : Nauta Design
Construction : composite fibre de verre/mousse
Longueur HT : 20,55 m
Longueur à la flottaison : 19,3 m
Bau maxi : 10,00 m
Tirant d’eau : 1,55 m
Déplacement lège : 40 t
Surface de voile au près : 268,5 m²
Grand-voile : 170,5 m²
Génois : 98 m²
Trinquette : 49 m²
Code 0 : 147 m²
Spinnaker : 360 m²
Motorisation : 2 x 150 CV ou 2 x 175 CV Volvo
Capacité gasoil : 1 300 l
Capacité eau douce : 1 000 l
Capacité eaux noires : 510 l
Catégories de navigation : A 14, B 18, C 24, D 40
Tarifs : Version standard : 1 825 300 € HT
Modèle essayé : 2 911 728 € HT
Principales options en € HT
Boiseries alpi chêne gris brossé – Plancher wengé – corian : 30 750 €
Bôme canoë carbone avec éclairage et housse : 49 869 €
Grand-voile à corne et génois Spectra : 73 456 €
Trinquette, gréement et enrouleur électrique : 21 190 €
Code 0 mylar : 15 162 €
Spinnaker asymétrique avec chaussette : 14 181 €
Teck sur passavant et pont avant : 33 950 €
Plate-forme arrière hydraulique 550 kg : 65 605 €
Sellerie extérieure avec housses de protection : 23 540 €
Pack bain de soleil : 37 645 €
Bimini composite équipé : 66 225 €
Teck sur plancher de flybridge : 19 750 €
Supplément pour 2 x 175 CV : 6 850 €
Propulseur d’étrave électrique tribord : 16 510 €
Hélices repliables (Varifold) : 6 618 €
Générateur Onan – 19 kVA 230 V/50 Hz : 34 664 €
Dessalinisateur 280 l/h Sea Recovery Aquamatic 230 V : 18 950 €
Climatisation eau glacée centralisée réversible : 89 750 €
Pack Navigation B&G : 42 220 €
Système son Hifi Media Center & TV 55“ : 29 750 €
Système communication avec abonnement Inmarsat : 17 890 €
Pack annexe Ocean Master Deluxe OM 460 avec 60 CV : 25 779 €
Concurrents
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Photos: Lagoon/Nicolas Claris et l'auteur




