Les constructeurs nous avaient habitués au cockpit avant… accessible depuis le pont. A bord du Leopard 44, le constructeur Robertson & Caine a carrément prévu un passage depuis la nacelle. Une configuration inédite qui ne laisse pas indifférent – et qui s’est imposée depuis sur tous les modèles du chantier.
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Robertson & Caine n’est pas un chantier comme les autres. Le plus important constructeur d’Afrique du Sud, né en 1991, a tout d'abord produit des voiliers sur mesure de 36 à 70 pieds avant de signer un accord de partenariat exclusif avec The Moorings – qui fait partie du groupe Sunsail aujourd’hui. Le constructeur propose depuis des catamarans dénommés Leopard qui répondent très précisément aux cahiers des charges du loueur. Très tôt, l’accent a donc été mis sur la robustesse – quand on convoie les catas au départ de Cape Town, c’est conseillé ! Autres priorités, la facilité d’utilisation, l’optimisation des opérations d’entretien, sans oublier les performances. Car les Leopard ne se sont pas contentés d’être "des catamarans de location". Ils sont de vrais catamarans aussi de propriétaires et ont apporté de réelles innovations, à l’image de ce fameux cockpit avant accessible depuis la nacelle. Toute une histoire ! Quand cette fameuse porte avant a été présentée en 2010 sur le Leopard 44 – modèle remplacé par le 45 depuis un an, – les concurrents et les sceptiques de tout poil se sont empressés de dénigrer la formule. Le risque ? Celui de prendre une grosse déferlante de face qui explose tout… Une crainte qui fait sourire les responsables du chantier : forts de leurs 700 catamarans équipés d’une porte avant, ils relèvent qu’aucun problème n’a été signalé en mer. Et rappellent que la norme pour l’évacuation de l’eau du cockpit avant – 90 % du volume en 5 minutes – a été poussée à 100 % en moins d’une minute. Quant à la porte elle-même, elle est quasi blindée et étanche. Du sérieux ! Notez que cette porte avant n’est pas l’apanage des Leopard : le SC 48 construit par Garcia et dessiné par Pierre Delion adopte lui aussi une ouverture avant. En plus du cockpit avant, la nouvelle tendance, chez Leopard, c’est de séduire les particuliers. Depuis quelques années, des versions déclinées avec coque dédiée ont donc été étudiées et commercialisées. Pas pour rien : elles représentent aujourd'hui un tiers des ventes !

Redans marqués pour un bon compromis performances/confort
Le principe du redan – flottaison étroite avant une cassure pour offrir plus de volume dans les œuvres mortes – a été appliqué de chaque côté de la coque. Et c'est un vrai plus pour le confort intérieur, mais aussi pour la rigidité. En prime, cela donne un bateau qui mouille un peu moins. Le dessous de la nacelle est désormais bien plus haut perché – 75 cm – que sur les premiers modèles du chantier. Et son dessin a été étudié pour limiter les désagréables claquements des vagues. Les architectes ont retenu des ailerons fixes qui limitent le tirant d’eau à 1,05 m seulement. Quant au gréement, le long tube Z-Spars est autobloqué par une triple barre de flèche. Il est maintenu par l’étai et deux haubans qui ont beaucoup de pied sur l’arrière. En standard, le 44 est équipé de deux moteurs de 30 CV. Les 39 CV étant disponibles en option. Malgré une construction soignée en sandwich verre/balsa, le déplacement reste conséquent – 14,9 t prêt à naviguer. Soit un ratio voilure/poids de 7,91 m2/t, à comparer avec les 8,66 m2/t du Lagoon 450 par exemple. Du coup, par petit temps, il n'y aura pas de miracle : le 44 attend 7/8 nœuds de vent pour vraiment décoller à 5 nœuds et plus. Mais au large, par bonne brise, les moyennes de 145 à 150 milles par jour ont couramment été relevées par les convoyeurs. Avec sa nacelle surélevée et ses coques plutôt fines, le Leopard 44 passe bien dans la mer, mais tangue volontiers. Sans doute en raison de son centre de gravité assez élevé.

Un plan de pont classique…
A l’arrière, l’équipage est parfaitement protégé par l’imposant bimini rigide. La table – pour 7 personnes – et ses assises sont décentrées sur bâbord. A bâbord, une échelle de bain en inox est à poste. Le poste de barre surélevé peut accueillir deux personnes. Toutes les manœuvres convergent sur trois winches accessibles au barreur. Les passavants sont un peu plus étriqués que la moyenne, mais assurent un passage dégagé vers le (petit) trampoline. Les mains courantes sont nombreuses et bien placées.
Le cockpit avant est protégé par une imposante casquette. Pour optimiser le centrage des poids, ancre et mouillage sont reculés vers le rouf. Une patte d’oie reste à poste pour reprendre la traction sur les étraves, et pas moins de quatre paires de taquets permettent de reprendre pointes et gardes. Les rangements extérieurs sont généreux : deux grandes soutes à l’avant, un coffre sous le cockpit avant et un autre pour le bib.

Un sans-faute pour les emménagements
La nacelle assure une très convaincante circulation en diagonale, d’une porte à l’autre. Et en pratique, on rejoint très volontiers le cockpit avant et le trampoline en passant par l’intérieur sans emprunter les passavants. Une aisance inhabituelle qui fait tout l’attrait de ce modèle ! Avec 2,12 m de hauteur sous barrot, vous ne vous sentirez pas à l’étroit, d’autant que la lumière est généreuse et l’aération soignée. La table du carré, avec ses 82 cm x 163 cm, peut accueillir 7 ou 8 personnes. Elle fait également office de table à cartes. Grâce à son accès direct au cockpit, la cuisine avec ses deux éviers est très conviviale. Préparer des bons petits plats n’est vraiement pas une punition. De l’autre côté de l’entrée, le chantier a installé le frigo et le tableau électrique, très complet. Les cabines sont logiquement aménagées dans les coques – trois ou quatre suivant la version retenue et autant de cabinets de toilette. Larges d’1,60 m à la tête, les couchettes accueilleront les couples encore plus confortablement qu’à la maison. On apprécie les nombreux rangements disponibles. Et la finition, propre et de bon goût, à même de supporter un usage intensif.

Conclusion
Offrant un confort maximum, le Leopard 44 tente de préserver des performances honnêtes grâce à des coques fines et un plan de voilure élancé. Reconnaissons que ce catamaran s’en sort plutôt bien, même par petit temps. Et le confort à l’intérieur comme sur le pont est digne d’un cata bien plus grand. Un argument qui pèse pour ceux qui comptent vivre longtemps à bord, d’autant que la capacité de charge – 2,2 t en plus du déplacement à mi-charge annoncé – est importante. Et le cockpit avant relié au carré ? Un vrai plus, aussi bien en navigation qu'au mouillage !
Les points à vérifier :
A l’exception de quelques fissures de gelcoat à la liaison entre l’intérieur des coques et la poutre arrière, rien de notable, d’autant que les 44 sont encore très récents. Prévus pour une utilisation intensive, ces modèles vieillissent bien, et l’accès facile à tous les organes techniques – moteurs, vannes, électricité – est un vrai plus dans le cadre du grand voyage.
On aime
Confort général et volume de la nacelle
Agrément du cockpit avant
Robustesse et entretien aisé
On n’aime pas
Silhouette lourde – surtout vue d’avant
Performances décevantes par tout petit temps
Fiche technique :
Constructeur : Robertson & Caine Catamarans
Architecte : Morrelli & Melvin
Longueur de coque : 12,98 m
Longueur à la flottaison : 12,70 m
Largeur : 7,25 m
Tirant d’eau : 1,05 m
Poids : 14 900 kg
Voilure au près : 118 m2
Grand-voile : 74 m2
Génois : 44 m2
Gennaker : 130 m2
Eau douce : 780 l
Carburant : 700 l
Moteur : IB 2 x 30 CV
Matériau : sandwich balsa/verre/polyester
Production : 200 exemplaires de 2011 à 2016
Prix : de 240 000 à 360 000 € HT