Un an après la mise à l’eau du Leopard 46, il est temps pour le Leopard 45 de quitter le devant de la scène ; ce modèle construit pendant 7 ans peut se targuer d’avoir connu une impressionnante diffusion – pratiquement le double de celle de son prédécesseur, le Leopard 44. Aujourd’hui, les sorties de flotte de Sunsail et Moorings, en plus du parc de catamarans Propriétaires (ce dernier représente une petite moitié de la flotte), comptent près de 40 modèles à saisir sur le marché, principalement aux Antilles, aux Etats-Unis et en Europe.
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Si le programme du 45 reste identique à celui du 44 – un catamaran simple, fiable et facile à manœuvrer –, l’accent a été mis sur le design. Fini la ligne particulièrement lourde du 44 vu de face : les montants de rouf gris anthracite et les très longs biminis, lesquels protègent aussi bien le cockpit arrière que celui de l’avant, parviennent à affiner la silhouette. Autre nouveauté : l’abandon des deux supports inox de la casquette du 44. Dessiner un catamaran plutôt élégant ? Un sacré défi pour le tandem Simonis/Voogd. Car l’exercice relève du tour de force compte tenu de la surface frontale du rouf. Les redans, sur les deux faces des coques, sont conservés. Ils présentent de multiples avantages, en plus d’atténuer visuellement le franc-bord : largeur à la flottaison réduite pour une vitesse moyenne supérieure et assurance de préserver des couchages de bonne taille au-dessus des planchers.
Une porte avant dont on parlera longtemps…
Ah, elle est loin, la polémique sur la fameuse porte avant ! En 2010, quand le Leopard 44 étrennait le fameux cockpit avant accessible depuis la nacelle, peu de spécialistes auraient parié sur la généralisation de la formule. Le chantier Robertson & Caine a depuis imposé son concept à tous ses modèles, ce qui représente tout de même près de 2 000 catamarans équipés d’une porte avant sur toutes les mers du monde. Pour ceux qui seraient encore sceptiques, nous pouvons rapporter les propos du fabricant : « La norme pour l’évacuation de l’eau du cockpit avant, c’est 90 % du volume en 5 minutes. Ici, sur le Leopard 45, toute l’eau éventuellement embarquée repart à la mer en 45 secondes. » Quant à la porte elle-même, elle est quasi blindée et étanche.
Rigidité et robustesse
De plus, le constructeur sud-africain, qui a longtemps assuré les livraisons de ses catamarans par la mer, a toujours misé sur la robustesse. A ce titre, le chantier n’a pas hésité à intégrer une double poutre en acier galvanisé qui reprend les efforts de compression du mât. Un sacré gage de rigidité. Autres priorités lors de la conception de ce modèle : garantir une réelle facilité d’utilisation, optimiser les opérations d’entretien et ne pas trop rogner sur les performances. On découvre ainsi à bord du 45 de nombreux petits détails bien pensés et astucieux, à l’image des coffres pour masques, tubas et palmes avec évacuation d’eau, de l’accès batteries immédiat, du dossier réversible de banquette arrière de cockpit, des plaques gravées (pas de stickers) avec consignes au fond des coffres, du tableau électrique accessible et bien renseigné…
Un lounge deck qui prend le dessus…
La plupart des zones de farniente du 45 sont particulièrement bien protégées du soleil et des intempéries : cockpit arrière, cockpit avant et poste de barre. Le chantier avait initialement décidé de faire l’impasse sur le solarium en flybridge, et puis une version Lounge a été proposée… avant d’être généralisée sur tous les modèles.
La circulation sur le pont est partout fluide, avec des mains courantes inox qui tombent sous la main et des marches pour grimper sur le rouf sur chaque bord. Pour la mise à l’eau et le stockage de l’annexe, Leopard a mis au point des bossoirs électriques discrets (visuellement seulement, car le mécanisme est très bruyant) et efficaces. A l’arrière, des grandes jupes pour la baignade, et à bâbord, une échelle de bain digne d’une piscine municipale.
Circulation aisée à l’intérieur
La nacelle a été aménagée en fonction des deux cockpits, en préservant une large surface de plancher en diagonale pour circuler de l’un à l’autre. Ça fonctionne parfaitement : on se surprend à passer par la nacelle à l’heure de préparer le mouillage… Le carré convertible en couchette triple jouxte le carré, côté bâbord. Au fond de la nacelle, la fameuse porte avant, bien sûr, mais aussi une table à cartes tout à bâbord – elle avait disparu à bord du 44. Face à la route, ce mini-bureau aurait pu être séduisant si le tabouret était plus haut et accessible. De même, l’angle du plateau est agressif pour les avant-bras.
Comme tous les catamarans modernes, le Leopard 45 offre un accès de plain-pied. Pas de formule « tout open » ici, mais tout de même de belles ouvertures. Presque trop : la porte arrière est si transparente qu’on fonce dessus sans crier gare… quand elle est fermée. Rien à redire pour la cuisine en L : parfaitement calibrée pour la vie à bord d’un équipage complet, elle en impose avec son évier immense et ses nombreux rangements. Un des points forts du Leopard 45 est d’ailleurs cette impressionnante capacité de stockage, et ce, dans toutes les parties du bateau. Un seul défaut : la pompe, non insonorisée, est particulièrement bruyante – cette installation mérite d’être repensée. Les matériaux et les couleurs retenus dans la nacelle sont bien plus contemporains et design que ceux des précédents modèles. En revanche, certains panneaux de vaigrage du plafond méritent un système de fixation plus costaud. A bord de la version Propriétaire, toute la coque tribord lui est dédiée avec la possibilité de fermer la desserte pour plus d’intimité et en prime pléthore de placards, penderies et autres coffres. Sans oublier une vaste couchette arrière et une salle de bains très bien traitée. La coque tribord propose deux cabines et autant de cabinets de toilette. Quant aux pointes avant, elles peuvent être aménagées en cabines skipper.
Amateur de brise
Les moteurs proposés en standard étaient déjà puissants lors du lancement de ce modèle avec 2 x 45 ch, et ils ont été upgradés à 2 x 55 ch. Le Leopard 45 peut ainsi étaler toutes les conditions de mer et de vent, et manœuvre plutôt bien au port, en particulier quand on inverse les commandes. En revanche, gare au fardage vent de travers et aux accostages sur bâbord – la visibilité est réduite pour le barreur décalé sur tribord. Depuis le poste de barre équipé d’une grande banquette, l’établissement des voiles est ultra simple grâce aux trois winches – deux électriques et un manuel – qui reprennent toutes les manœuvres, y compris les écoutes de gennaker et la bosse d’enrouleur. En une demi-heure, vous avez le catamaran en main et commencez à affiner les réglages (vrillage de la grand-voile, chariot de génois…). La barre, sans offrir de vraies sensations, est douce et directe. La vision du plan d’eau est bonne sur l’avant. Les étraves passent bien les vagues, et la nacelle, bien haute, ne cogne pas. Au près, on peut compter sur un cap à 50/55° du vent réel, une dérive quasi nulle – merci aux ailerons relativement profonds –, et une vitesse moyenne de 5 nœuds pour 9 nœuds de vent réel. Le gréement, au défaut d’être puissant, se révèle efficace et tolérant. Quant au déplacement, il reste raisonnable, même si le ratio voilure/poids plafonne à 8,51 m2/t. Avec des hélices repliables, vous pourrez gagner un demi-nœud dans toutes les conditions. Par bonne brise, le Leopard 45 devient bien plus amusant : les moyennes de 8 à 10 nœuds sont garanties.
Conclusion
Ce plan Simonis & Voogd révèle un bon équilibre entre confort et performances, et reste facile à manœuvrer, même en équipage réduit. La plupart des unités proposées à la vente – et ce sera le cas encore pendant quelques années – sont des sorties de flotte Moorings et Sunsail sous les vocables respectifs Moorings 4500 et Sunsail 454. Dans cette configuration location avec des voiles Dacron®, des hélices fixes et pas de spi, le Leopard 45 paraîtra un peu bridé par petit temps… Rien ne vous empêche de lui offrir des ailes grâce à une carène bien lisse, des hélices repliables et une voire deux voiles de portant !
Les points à vérifier
Dans l’ensemble, ce modèle reste une excellente base même après 5 ans de charter intensif. La structure ne bronche pas, pas plus que le gréement. Quant aux équipements du bord, ils sont encore assez basiques pour autoriser un entretien soi-même, sans forcément faire appel à un pro. Les seuls problèmes qui nous ont été remontés sont d’ordre électrique – défaut de câblage, problème de serrage des cosses. A priori, ces soucis de neuvage ont largement eu le temps d’être réglés.
Restent les grands « consommables » classiques : moteurs, voile, plomberie et gréement courant imposent évidemment une inspection détaillée.
Qualité marines
Confort et facilité de manœuvre
Insonorisation domestique à revoir
Design relativement neutre
Descriptif technique
Architectes : Simonis & Voogd
Construction : sandwich balsa/verre
Longueur : 13,72 m
Longueur à la flottaison : 13,07 m
Largeur : 7,36 m
Tirant d’eau : 1,50 m
Tirant d’air : 21,34 m
Déplacement lège : 14,5 t
Grand-voile : 73 m²
Génois enrouleur : 50,4 m²
Spi : 140 m2
Motorisation : 2 x 55 ch
Carburant : 700 l
Eau : 780 l
Cabines/couchages : 3/4 – 6/8
Homologation CE : A
Production : 368 exemplaires de 2017 à 2024
Prix occasion : à partir de 320 000 € HT