Le chantier sud-africain Leopard Catamarans, fournisseur des loueurs Sunsail et Moorings, s’est taillé une solide réputation avec ses robustes catas de croisière. Le 46, remplacé depuis peu par les 44 et 48, ne décevra pas les dévoreurs de milles.
Infos pratiques
- Le chantier : Leopard 46
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Leopard 46
- Assuez votre Leopard 46
- Articles autour du Leopard 46
Lancé en 2006, le Leopard 46 appartient déjà à la génération des catas sud-af’ "montés haut" : comprenez que les modèles du début des années 2000 et leurs fonds de nacelle à ras de la surface ne sont plus d’actualité. Le 46 est donc une unité tout à fait comparable, dans sa conception architecturale, aux productions françaises. Et les architectes – Gino Morelli et Pete Melvin – sont loin d’être des débutants : à leur actif, on compte par exemple le célèbre casseur de records PlayStation. Les carènes se caractérisent par un redan très marqué sur chaque face. La cassure court pratiquement jusqu’aux étraves. L’idée est de conserver des entrées d’eau fines et une largeur à la flottaison contenue – moins de surface mouillée pour la vitesse par petit temps et vitesse moyenne plus élevée dans la brise – sans obérer le confort des cabines nichées dans les coques. Avantage de ce redan assez haut perché : pas de "floc-floc" à craindre pendant la nuit au mouillage. Les appendices retenus sont classiques : deux ailerons rapportés – et une paire de safrans assez courts de façon à ne pas prendre les "coups" en cas de collision avec des objets entre deux eaux, mais aussi afin de ne pas porter à l’échouage. La construction est en sandwich fibre de verre/balsa avec une résine vinylester, ce qui est une bonne garantie contre les risques d’osmose, surtout dans les eaux chaudes et saumâtres. La structure est solide : pas de grincements ni de déformations suspectes même par vent fort et mer formée. Rien qu’un coup d’oeil aux portes vous donne un aperçu express : c’est lourd mais solide !
Taillé pour le long cours, pas la régate !
Sur le pont, le chantier a priviégié la facilité de circulation et la sécurité : tous les passages sont larges et dégagés et les mains courantes omniprésentes. Le cockpit présente une grande table décentrée sur bâbord et encore une banquette en face. Toutes ces assises sont remarquablement protégées par un bimini rigide – imposant certes, mais diablement efficace à l’heure du cagnard de midi et du grain tropical. L’avant du rouf en pente douce – rien voir donc avec les façades verticales de nos Lagoon et dans une moindre mesure des catas de Fountaine Pajot – est doté de grandes marches, lesquelles permettent d’accéder facilement à la bôme tout en faisant office de persiennes très efficaces pour protéger la nacelle des rayons solaires les plus verticaux. Entre les deux étraves, un vaste trampoline bien accueillant quand les conditions sont bonnes. Le chantier n’a pas lésiné du côté de l’amarrage : on compte quatre taquets sur chaque bord. Le mouillage, quant à lui, est stocké juste à l’avant du rouf de façon à centrer au mieux les poids.
Sur l’eau, son déplacement plutôt mesuré – proche d’un Fountaine ou d’un Catana – et le plan de voilure puissant se traduisent par de bonnes possibilités par petit temps. A condition, on ne le répètera jamais assez, d’opter pour des hélices repliables et de veiller à ne pas suréquiper et surcharger le bateau. De 5 à 8 noeuds de vent, le 46 est capable de marcher à la même vitesse, ce qui est flatteur pour un catamaran de croisière. Le plan Morelli/Melvin est toutefois nettement plus à l’aise au portant sous spi – nous avons lors de notre sortie d’essai relevé 11,2 noeuds pour 20 de vent réel et au travers.
Poste de barre surélevé
Deux raisons à cela : le bateau dérive sensiblement, surtout à faible vitesse, sans doute en raison d’un plan anti-dérive un poil déficient, et le cap n’est pas mirobolant. Là, ce sont les rails de génois qui sont en cause. Trop excentrés, ils ne permettent pas de border assez. Il suffit en fait de frapper un in hauler (un simple bout de 5 m suffit) sur le point d’écoute vers le roller de chariot au vent puis vers le winch. Parlons-en, des winches : il n’y en a que deux autour du poste de pilotage. C'est bien suffisant pour la croisière, mais pas pour manoeuvrer pointu en équipage. Mais qui le fera ? Car ce Leopard 46 est bien un support idéal pour musarder sous les tropiques. Régater pour lui signifie plutôt se jeter une bonne transat Las Palmas-Sainte-Lucie, on pense à l’ARC, bien sûr. Le barreur dispose d’un poste de commande deux places surélevé agréable mais d'où le bimini masque la vue sur les voiles et dont l’accès ne se fait que par l’extérieur. "Sur les derniers modèles, précise Arnaud Savignat de Leopard France, un accès intérieur par le cockpit a été aménagé." Une modification tout à fait envisageable sur les premiers exemplaires de la série…
A l’intérieur, la nacelle fait le plein de lumière et de volume. L’accès est aisé – les baies vitrées sont larges et le seuil discret. Même par temps chaud, on s’y sent bien grâce à l’aération soignée. Les déplacements sont faciles grâce à des belles surfaces de plancher dégagées. Grand confort donc avec une cuisine en U accessible de l’extérieur, une table à cartes de 1,65 m par 0,5 pile face à la route et un carré assez grand pour manger de huit à dix avec deux tabourets. Les boiseries en cerisier sont classiques, mais la finition est flatteuse. Les coques sont aménagées avec trois ou quatre cabines avec salles d’eau, WC électriques et des panneaux ouvrants pour bien faire circuler l’air. On y dort bien, mais les affaires – pour un séjour longue durée – peinent à trouver place.
Les + :
+ Construction robuste qui résiste bien à un usage intensif – location, grande croisière.
+ Bonnes performances.
+ C'est le dernier avec les marches devant.
Les - :
- Dérive au près par petit temps.
- Les trois quarts des 46 ont démarré leur vie en loc, ils parfois un peu rincés.
- A la barre,visibilité réduite sur le plan de voilure.
Les points à vérifier
Encore un catamaran costaud qui ne laisse pas craindre de problème de structure. La plupart des Leopard, construits en Afrique du Sud, rejoignent l’Europe ou le continent américain par la mer quand de nombreux constructeurs priviégient les barges. Rien ne bouge, c’est plus des détails de finition qui seront relevés, comme des joints de Sika perfectibles, des loquets de portes qui peuvent s’arracher à l’issue d’un usage intensif ou encore les pompes de cales. Autant de postes qu’il faut vérifier sur tous les bateaux âgés de plus de cinq ans.