The Moorings et Robertson & Caine ; voilà les deux bonnes fées qui se sont penchées sur le berceau du Léopard 62. Avec deux parrains aussi renommés, ce catamaran ne pouvait devenir qu'une unité luxueuse de grande classe…
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Présenté au salon de Miami, puis au salon de Cannes le Leopard 62 ou Moorings 6200 est le navire amiral du loueur. Ce catamaran s'adresse aussi bien aux particuliers à la recherche d'une unité prestigieuse pour une utilisation personnelle, qu'à des propriétaires cherchant à rentabiliser leur investissement via un programme de gestion chez The Moorings. Dans le premier cas, le bateau est un Leopard 62, dans le second, il s'appellera Moorings 6200. Quoiqu'il en soit, il s'agit d'un catamaran haut de gamme, que nous avons eu la chance d'essayer sur la Côte d'Azur cet automne…
Navire amiral de la gamme Moorings, le 6200 propose des prestations de haut de gamme…
Une unité prestigieuse…
Dans le segment des catamarans haut de gamme de plus de 60 pieds, le Leopard/Moorings 6200 se positionne dans un marché en plein renouveau et particulièrement concurrentiel. Yapluka, Sunreef (voir essai du 74 dans ce même numéro), mais aussi Aldabra, Switch, ou encore Lagoon (avec le 700 à venir), Privilège et même Fountaine-Pajot (avec le très réussi Eleuthéra), etc… Ce marché du catamaran de prestige de plus de 60 pieds attise les convoitises des chantiers et les nouveautés se succèdent à un rythme soutenu. L'un des avantages du Leopard/Moorings 6200 est d'être l'un des premiers à réellement naviguer, mais aussi à avoir été construit à plusieurs exemplaires (quatre à ce jour). Ceci a permis naturellement de faire évoluer le bateau et de corriger certaines petites imperfections (voir plus loin).
Conçu pour recevoir ses invités dans les eaux chaudes des mers tropicales, le 62' est particulièrement confortable au mouillage.
Présentation
Le 62 pieds que nous avons eu la chance de tester est le n°2 de la série. Il a déjà beaucoup navigué, puisqu'il compte à son actif une traversée Afrique du Sud (son lieu de construction) - Iles Vierges (son lieu d'exploitation en charter de luxe). Après une saison d'exploitation, ce catamaran est venu en Europe (par cargo), pour que son propriétaire en profite durant l'été, pour enfin faire le salon de Cannes, et repartir par la mer vers les Caraïbes. La première impression en montant à bord est que ce bateau qui a donc déjà beaucoup navigué et qui a été exploité professionnellement est dans un état irréprochable, proche du neuf !!! Un très bon point pour le constructeur, mais aussi pour Patrick et Sarah, l'équipage qui a en charge ce catamaran. Le cockpit du Leopard/Moorings 6200 est incroyablement spacieux. Il offre deux espaces séparés : l'un avec une table de cockpit ou dix personnes tiennent vraiment à l'aise, l'autre avec un bain de soleil gigantesque qui tient plus du canapé de salon… Le tout est protégé par un bimini rigide qui protège efficacement aussi bien des embruns que du soleil; en offrant une hauteur sous barrot de plus de 2,10 m. Le cockpit est ceinturé par un passavent d'une largeur de plus d'un mètre qui permet un passage vraiment aisé vers les jupes ou vers l'avant du navire. Des jupes, trois marches seulement vous séparent de l'eau. Elles offrent aussi un immense coffre de rangement dans lequel prennent place un générateur (à bâbord) et le dessalinisateur, pilote et compresseur froid (coque tribord). Le cockpit offre aussi de nombreux rangements, pour la survie, mais aussi plus original, un coffre qui permet de stocker sous le passavent arrière une planche à voile et tout son gréement. Mais la vraie originalité du Leopard/Moorings 6200 est son fly bridge. On y accède par un petit escalier à tribord le long du roof. Et là… Le bonheur ! Un poste de barre avec toutes les manœuvres qui reviennent directement, un siège très confortable sur lequel deux personnes tiennent vraiment à l'aise, le tout protégé par un bimini. Derrière cet espace dédié à la navigation, on trouve un immense bain de soleil, qui devrait être l'un des endroit les plus agréables lors des navigations sous le soleil des Caraïbes…
Quelques trop courtes heures à bord, nous auront tout de même permis d'écœurer un monocoque qui voulait se mesurer à nous…
En pénétrant à l'intérieur du Leopard/Moorings 6200, l'impression d'espace est encore une fois confirmée… Le carré propose en effet trois lieux de vie distincts : un coin détente avec un canapé offrant six places et une petite table basse en entrant à bâbord, un vrai bar particulièrement agréable, et une classique table pour offrir à dîner aux invités du bateau… Enfin, la table à carte est située dans le sens de la marche, face à la mer. Si elle est un peu petite, elle est en revanche très fonctionnelle, et parfaitement équipée. La descente vers les cabines s'effectue par un escalier situé contre la paroi arrière du roof. La version que nous avons essayée est la version charter : elle offre quatre cabines avec salle de bains pour les invités, et une cabine pour l'équipage. Trois cabines coque babord, tandis que la coque tribord propose deux cabines et une immense cuisine en coursive, aussi pratique que conviviale… Mais doit on encore parler de cabines ? Il semble que le terme de chambre à coucher est plus adapté : lit queen size, nombreux rangements… Rien ne manque ! Les salles d'eau sont là aussi, très réussies, combinant espace, fonctionnalité et esthétisme. Le chantier propose donc aussi une version propriétaire, ne disposant que de quatre cabines. La cinquième cabine qui était située au centre de la coque bâbord étant remplacée alors par un bureau-coin lecture. A noter que l'implantation des moteurs a été particulièrement soigné : on les retrouve au milieu des coques afin d'optimiser le centrage des masses et limiter le tangage… Bien vu ! Les aménagements sont partout toujours bien finis, sobres et de bon goût. On sent que les architectes designers ont travaillé dans le sens de la fonctionnalité, sans pour autant négliger l'aspect chaleureux et confortable que doit offrir une unité de prestige. C'est beau, bien fait et en plus les aménagements tiennent dans le temps - compte tenu de ce qu'à déjà vécu notre bateau d'essai, l'état était vraiment irréprochable.
L'immense carré offre un vrai bar, une salle à manger, un coin salon et la table à carte…
Un petit tour en mer
Il est temps de profiter un peu du beau temps qui règne sur la Côte d'Azur pour aller faire un petit tour sur ce beau catamaran… Malheureusement, nous ne pourrons naviguer que quelques heures, le Leopard/Moorings 6200 devant repartir le lendemain pour les Caraïbes. Un peu court pour faire un réel essai, mais suffisant pour donner une bonne idée des capacités du bateau. Les conditions sont excellentes pour tester un catamaran de près de vingt mètres, 20 nœuds établis, et une mer clapoteuse à souhait, comme seule la Méditerranée sait nous en offrir. Les manœuvres pour sortir le grand catamaran du trou de souris dans lequel l'équipe Moorings avait réussi à le caser semble d'une facilité déconcertante. Il faut dire que Patrick, le skipper connaît parfaitement son bateau… Du haut du fly, on a une vision complète et parfaite du catamaran. Les manœuvres au moteur ne sont donc qu'une formalité… Le plan de pont a été optimisé pour qu'une seule personne soit à même de faire les manœuvres. Mais attention, le marin en question est un professionnel, et les winches électriques ne pardonneront pas la moindre erreur. Quoiqu'il en soit, Patrick envoie la grand-voile grâce au winch électrique (de 60) situé en pied de mât en moins de trois minutes, montre en main… Il ne lui en faudra qu'une pour dérouler le génois. Bref en quatre minutes, un marin (expérimenté) a mis en route un catamaran de 62 pieds, seul et sans effort apparent… Le temps de régler les voiles et nous voilà partis, tout dessus avec un vent établi autour des 20/22 nœuds, avec rafales à 25. Nous retrouvons alors en rade de Nice un monocoque d'une taille au moins équivalente à la notre. Le drôle semble avoir envie de s'amuser… Ca tombe bien nous aussi ! En quelques minutes, nous lui prenons une, puis deux longueur… Le monocoque cherche alors à serrer le vent, mais rien n'y fait, il reste derrière ! Ecœuré, il vire alors de bord, roule son génois et s'en va au moteur vers la Corse… De notre côté, nous continuons notre petite navigation. Le bateau marche bien, est confortable, même si la coque centrale tape vraiment dès la vitesse de 10 nœuds atteinte. Ce problème est lié à la trop faible hauteur sous nacelle du bateau. Le chantier a prévu d'y remédier dès les prochains bateaux, en augmentant le franc bord de 40 cm. A réévaluer sur les prochaines unités…
La cuisine en coursive est très complète et parfaitement équipée.
A dix nœuds, dans cette mer clapoteuse, le trampoline ne reste pas au sec très longtemps… Mais bien à l'abri derrière le pare-brise, là haut sur le fly, je profite de l'occasion qui m'est offerte de barrer le bateau. La barre à roue est agréable et ferme et donne de bonnes sensations. Toutes les manœuvres tombent bien sous la main, et grâce à la batterie des quatre winches électriques, tout semble vraiment facile… Pourtant, rien n'y fait, 40, 50, 60° du vent et le bateau reste bloqué sur 10 nœuds. Impossible de le faire aller plus vite. Je me retourne vers le skipper en titre du bateau qui me confirme que la bonne vitesse du Moorings 6200 est entre 10 et 12 nœuds. C'est là qu'il est le plus agréable et le plus confortable… Lui a réussi à l'amener à 17 nœuds dans un surf lors d'une des traversées. Nous nous contenterons d'une pointe à un peu plus de 12 nœuds. Il est maintenant temps de faire demi-tour. Les journées sont courtes en automne et l'équipage doit encore finir de préparer le catamaran pour la transat qui l'attend. Le virement de bord s'effectue vraiment facilement, sans à coups, ni manque à virer… Un vrai vélo ! Dérouler le gennaker ne pose pas plus de problème et le grand catamaran se recale tranquillement sur sa vitesse fétiche : entre 10 et 12 nœuds ! A 120° du vent, le bateau est maintenant vraiment très confortable. Je profite alors des immenses possibilités qu'offre le Leopard/Moorings pour se reposer. Il fait un peu frais pour le bain de soleil situé sur le fly. Je finis par trouver ma place dans le cockpit, sur le bain de soleil situé derrière le canapé… Le retour au port est aussi simple que le départ… Affalage, roulement du génois, et mise à quai ne sont qu'une formalité pour l'équipage bien rodé du Leopard/Moorings 6200.
Chaque cabine est bien sûr équipée d'une salle de bain agréable et suffisamment spacieuse.
Conclusion
Avec son 6200 Moorings a trouvé un très bon équilibre entre un bateau destiné au charter de luxe, et un bateau de propriétaire exigeant. Le plus impressionnant sur ce catamaran, est l'exceptionnelle condition dans lequel était notre bateau d'essai après de très nombreux milles en haute mer et une saison complète en location… Une preuve s'il en était besoin de la capacité de Moorings à entretenir au mieux les bateaux qu'ils ont en gestion. Car le plus indéniable de ce catamaran de luxe est sans nul doute l'offre de gestion offerte par l'un des plus importants loueurs au monde…
ON A AIMÉ
- Le programme de gestion mitonné par The Moorings - L'équilibre général du bateau. - La bôme équipée de petites lampes, pour pouvoir profiter du bain de soleil sur le fly la nuit…
ON N'A PAS AIMÉ
- La hauteur sous nacelle vraiment limite, mais qui devrait être réhaussée sur les prochains modèles. - Les performances un peu en retrait (à confirmer après un essai un peu plus long…)
Fiche Technique
LEOPARD 62 MOORINGS 6200 Longueur hors tout : 18,67 m Longueur flottaison : 17,02 m Largeur : 9,04 m Tirant d'eau : 1,30/2,60 m Hauteur du mât : 26,56 m Déplacement : 26 t Déplacement en charge : 34 t grand-voile : 95 m2 foc : 67 m2 Génois : 85 m2 `Gennaker : 220 m2 Capacité eau : 1200 l Capacité Fuel : 1350 l Motorisation : 2 x 240 cv Architectes : Simonis & Voogd Design Constructeur : Robertson & Caine Prix : Bateau entièrement équipé (clim, dessal, générateur…) 1 699 000 US$
