Evolution soigneusement réfléchie du précédent modèle, le 45, le Lightwave 46 est sans doute l’un des seuls catamarans à voile fabriqué en série en Australie. Ce nouveau modèle que nous avons pu tester un peu au sud de Brisbane se prête parfaitement au grand voyage – on vous embarque à bord !
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Conditions : 12 à 14 nœuds de vent de sud, mer peu agitée
Le dernier Lightwave a été lancé récemment dans le nord subtropical de l’Australie et perpétue la réputation du constructeur établi sur la Gold Coast depuis la fin des années 1990. Ce nouveau 46 est une évolution majeure des coques originales conçues par Tony Grainger pour le populaire Lightwave 45, lancé en 2005. Cette refonte en profondeur reflète les nouvelles demandes du marché et apporte avant tout des superstructures plus nerveuses et plus élégantes avec des vitrages restylés. La deuxième innovation remarquable, ce sont les étraves plus fines, désormais inversées. Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est le rouf à deux niveaux sur les côtés dont l’avant est très incliné. Selon moi, ce dessin de pont est plus élégant que ceux qui adoptent des hauts vitrages verticaux. La coque #1 de ce modèle a été lancée en 2021 pour célébrer les 25 ans d’activité de l’entreprise ; on peut donc estimer que la coque #2 s’est fait attendre… En réalité, ce délai illustre le soin porté à chaque unité. A plus long terme, un modèle powercat dédié à la croisière est également prévu – voir notre rubrique Nouvelles des Multipowers. Pour Roger Overell, directeur général du chantier, le meilleur s’annonce : « C’est une période vraiment excitante pour nous, et nous sommes pleinement engagés à fournir plus de catamarans de qualité à une nouvelle génération de propriétaires », déclare-t-il.
Répondre à la demande de catamarans hauturiers performants
Le dirigeant a donc construit des catamarans de croisière haut de gamme et performants sur la Gold Coast depuis un quart de siècle ; son chantier a appris à s’adapter aux conjonctures changeantes et dispose désormais d’une filiale très dynamique dédiée à la fabrication de composites. Roger Overell compte bien profiter de la demande mondiale croissante de multicoques : « Le marché du catamaran habitable est en hausse et, même si les plates-formes typées vie à bord/charter représentent le gros des ventes, il reste une opportunité de développement pour des supports plus performants plébiscités par des navigateurs passionnés désireux de pratiquer la croisière hauturière. » Les Lightwave sont donc conçus pour être des croiseurs confortables. Une association de Propriétaires particulièrement active est régulièrement en contact avec le chantier, désireux d’améliorer sans cesse ses catamarans. Lightwave propose également des constructions semi-custom afin de coller au mieux aux desiderata de ses clients.
Un nouveau chantier plus grand
Lightwave Yachts a récemment déménagé pour s’installer à Yatala, dans l’une des principales zones industrielles juste au sud de Brisbane, la capitale du Queensland. Dans le cadre de cet essai en mer, j’ai pu visiter le tout dernier hangar sorti de terre du constructeur avec Louise Overell, la directrice commerciale : « Notre dernier bâtiment crée un tout nouvel espace pour la finition des coques, une fois qu’elles sont moulées dans l’usine derrière. Cette nouvelle configuration nous libère ainsi de l’espace pour construire dans les meilleures conditions au moins trois multicoques par an. » Le vaste hangar tout neuf dispose d’une grue portique et d’un bon accès routier vers l’autoroute, via laquelle les catamarans sont déplacés à 20 kilomètres de là jusqu’à l’eau pendant la nuit. Dans le hangar de moulage, j’ai inspecté une coque en construction et remarqué les longs et robustes quillons tout comme la finition intérieure appliquée à la main.
Quant à la construction en sandwich mousse (cellules fermées en Divinycell), elle assure aux Lightwave rigidité et légèreté ; les catamarans sont d’ailleurs tous garantis 5 ans.
Vivre sous le soleil…
Un court trajet en voiture sur l’autoroute jusqu’aux gratte-ciel de la glamour Gold Coast m’a amené au Lightwave 46 #2, tout récemment mis à l’eau, comme expliqué plus haut. Je l’ai découvert amarré contre un ponton, et tout de suite ce catamaran m’est apparu familier. Sans surprise, me direz-vous, puisque le 46 est une évolution de la conception éprouvée du 45 – on ne change pas (complètement) une équipe qui gagne ! Le même haut niveau de finition est apparent dans le gelcoat, les peintures et même les boiseries en érable clair. Ce catamaran est clairement construit pour durer. Notre climat australien doux (voire chaud) et ensoleillé invite à vivre en plein air – les bateaux construits ici favorisent logiquement ce type d’utilisation. Le cockpit arrière du Lightwave 46 le démontre bien avec son grand bimini rigide assorti d’un jeu de toiles amovibles, formant une vaste zone protégée pour 12 personnes assises. A proximité, à bâbord, se trouve le poste de barre surélevé, caractéristique de Lightwave. Le barreur est protégé par un toit rigide et un jeu de toiles transparentes galbées (amovibles, bien sûr). Les aménagements de qualité incluent ici le siège du pilote rabattable avec un réfrigérateur de 140 l tout proche, ce qui signifie que le skipper n’a jamais besoin de quitter la barre pour un rafraîchissement. Derrière se trouve un casier bien pratique pour les bouteilles de plongée et autres équipements.
Quillons ou dérives
La ligne du Lightwave 46 est clairement mise en valeur grâce à l’importante longueur de la ligne de flottaison. Les étraves inversées ajoutent une touche de sportivité bienvenue. L’importante hauteur du tunnel de coque (0,95 m) garantit un passage souple dans la mer, évitant que les vagues les plus hautes ne frappent le fond de la nacelle. Les quillons à faible tirant d’eau sont conçus pour permettre l’échouage du Lightwave 46 tout en protégeant les saildrives et les safrans réalisés en composite. Pour un meilleur rendement aux allures près du vent, il est possible d’opter pour une paire de dérives. L’accès au moteur se fait par une trappe sur chaque poupe. L’espace dans les soutes est généreux autour des moteurs Volvo 50 CV saildrive. Les filtres et la batterie de démarrage AGM sont facilement accessibles ; le tout est surélevé en cas de voie d’eau. Les hélices repliables ont été retenues afin d’optimiser les performances sous voile. Dans la soute tribord, un petit générateur Whisperpower a été installé afin de faire fonctionner la climatisation Dometic et une machine à laver. Ici aussi, l’hydraulique de direction est facilement accessible. Quant aux réservoirs, ils sont centrés afin de limiter les mouvements parasites.
Pas de manœuvres devant le poste de barre
Notre catamaran d’essai, destiné à la croisière sur la côte est australienne, a été livré avec un poste de barre bien équipé – traceur Garmin, anémomètre et pilote automatique. A la hauteur de la taille, les jauges du moteur sont bien toutes visibles – elles profitent d’une disposition personnalisée spécifique. La barre en acier inoxydable se contente d’un diamètre standard. Quant aux manettes des gaz hydrauliques et électroniques, elles sont positionnées à l’extérieur. Cette ergonomie s’avère très fonctionnelle en navigation. Les manœuvres pour les voiles sont placées derrière la barre et même sur le bord opposé, ce qui n’est pas forcément une disposition habituelle pour les marins en équipage réduit. A l’usage, cette organisation est convaincante et surtout, plaiderait Roger, plus sûre grâce à la multiplication des winches.
Drisses, écoutes et bosses de ris empruntent le parcours le plus court avec un minimum de renvois ; les bouts passent dans des bloqueurs Spinlock et sont donc répartis sur deux winches Andersen 46 d’excellente facture et un Andersen 52 électrique sur chaque bord. Afin de ne pas encombrer le premier niveau du rouf, les bouts sont masqués par un faux pont. Dans le cockpit, la grande table de 2 mètres de longueur est parfaite pour accueillir 4 convives (6 avec des tabourets). Le plateau peut se relever en glissant sur les deux épontilles qui font office de support afin de créer un espace totalement dégagé. Pour les virées à terre, les bossoirs moulés sur le tableau arrière permettent de mettre à l’eau rapidement le dinghy. A côté du barbecue monté sur le tableau arrière à tribord se trouvent un petit évier et une douche de cockpit à double usage, très pratiques. Sur la jupe arrière tribord, des poignées incurvées sont en place, tout comme une astucieuse échelle de bain escamotable.
Double écoute de grand-voile
Le plan de voilure du Lightwave 46 est logiquement destiné à faire face à une grande variété de conditions qu’on peut être amené à rencontrer/affronter en grande croisière. Le gréement de cotre avec gennaker sur enrouleur à l’extérieur et génois à l’intérieur est facilement contrôlable depuis le cockpit. Le mât Australian Allyacht Spars à double barre de flèche est supporté en latéral par des haubans extérieurs avec beaucoup de pied sur l’arrière. Pas de pataras, bien sûr, mais un hale-haut de bôme peut être installé – à condition que le vit-de-mulet soit un peu rehaussé. A l’avant, le petit-bout-dehors permet d’amurer le gennaker et offre une bonne séparation devant l’étai du génois. La grand-voile a deux écoutes ; les réas du pouliage sont repris de chaque côté du tableau arrière. Le système permet un réglage efficace, car on peut gérer facilement le vrillage de la grand-voile entièrement lattée à deux bandes de ris. Le tissu retenu pour les voiles de notre catamaran d’essai est le Pro-Radial fabriqué par Evolution Sails ; il garantit longévité et performance.
Naviguer sur la Gold Coast
Après avoir serpenté pour nous dégager des marigots de Goldcoast, nous débouchons d’abord dans les eaux encombrées du Broadwater.
Une fois la passe franchie, nous pouvons enfin accélérer – les deux Volvo de 50 CV nous propulsent à 8 nœuds sans difficulté. La légère brise de sud nous incite à hisser la grand-voile. Une tâche qui ne nous pose pas de problème, à Roger et moi, grâce au winch électrique et aux lazy-jacks qui guident la toile. Un fois bien dégagés de la côte, nous sollicitons l’enrouleur Profurl pour établir le génois. Avec un vent établi à 12-14 nœuds, le Lightwave 46 démarre un premier bord au près vers les gratte-ciel de Main Beach. Depuis le poste de barre, la vue est excellente sur le plan d’eau et les penons de génois ; en se penchant un peu au-delà du toit rigide, on peut également vérifier ceux de la grand-voile. Les positions debout ou assis sur le siège double rembourré s’avèrent confortables. La barre hydraulique se révèle sensible. Au plus près du vent (42°), le GPS indiquait 7 nœuds pour un vent de 12 nœuds, ce qui correspondait aux polaires fournies. Roger a juste le temps d’enclencher le pilote automatique que le sondeur nous rappelle à l’ordre : il est grand temps de virer ! Cette manœuvre a largement de quoi occuper Roger, avec les écoutes de grand-voile à contrôler ainsi que les écoutes de foc. Cette disposition « éclatée » des manœuvres est similaire à ce lle des catamarans typés croisière sportive ou régate sur lesquels j’ai navigué ; pour un virement de bord énergique (ou en course), un équipier positionné de chaque bord est préférable. Compte tenu que le Lightwave 46 est destiné à naviguer au large, ces exigences de manœuvres ne devraient pas être pénalisantes tant que les bords ne durent pas moins d’une heure ou deux. A noter également : il est possible d’opter pour un solent autovireur de 30 m2 – contre 41 m2 pour le génois à recouvrement. Une fois le catamaran bien réglé, je sens les accélérations – le plan d’eau est relativement calme, avec seulement un petit clapot. La récompense de nos bords de louvoyage, c’est bien sûr un retour sous gennaker. La voile de portant se déroule facilement ; on roule alors le génois et je me cale à 120° du vent. Ma plus haute vitesse relevée est de 8,4 nœuds. Pour l’empannage, on roule puis déroule à nouveau le gennaker. Une mer plus agitée aurait permis un test plus complet, mais, on l’a vu, le dégagement élevé du pont devrait garantir un bon comportement par tous les temps.
Cuisine en haut ou en bas
Notre catamaran présente une configuration avec trois cabines, deux cabinets de toilette et cuisine sous le pont. Une version avec cuisine dans la nacelle est disponible. L’aménagement présenté ici à l’intérêt de préserver le salon principal ; on est invité à prendre ses aises avec le quartier bâbord dédié à la navigation et le canapé en forme de L assez grand pour six invités. Le salon est ouvert et aéré avec de nombreuses grandes fenêtres en verre trempé pour la lumière naturelle et d’efficaces flux d’air provenant des grands panneaux ouvrants à l’avant. Sous les pieds, le revêtement de sol composite stratifié aspect bois est si pratique qu’il est utilisé partout. Les cloisons intérieures du salon brillent avantageusement grâce au haut niveau de finition du vernis à deux composants – un travail auquel Lightwave consacre beaucoup d’efforts dans son atelier de peinture dédié.
Aménagement Propriétaire
Notre version trois cabines privilégie logiquement un couchage à l’arrière pour le Propriétaire ; ce lit queen size installé longitudinalement le long de la coque bâbord sera confortable en mer. La relative étroitesse des coques se traduit par l’absence d’accès par les côtés. Le lit est entouré de panneaux ouvrants, d’une grande ouverture latérale ainsi que d’une banquette à ses pieds. Une salle de bains spacieuse utilise tout le coqueron avant et bénéficie d’une lumière naturelle abondante provenant du grand hublot de coque rectangulaire. Entre les deux se trouve un espace de rangement généreux, donc idéal pour les croisières au long cours. A tribord, la cuisine domine la partie médiane, mais évite l’étouffement par la cloison échancrée vers le carré. Cette ouverture permet à l’équipage de voir chauffer la bouilloire en navigation et de s’assurer que la zone de cuisson est bien aérée et agréable. Les caractéristiques notables ici comprennent deux réfrigérateurs à deux tiroirs à ouverture frontale de 190 L Isotherm avec un four à trois brûleurs Force 10 de haute qualité et un four à micro-ondes.
Un évier double profond avec une vue agréable sur le pont et des surfaces moulées en composite élégantes complètent un espace fonctionnel. La coque tribord abrite également deux cabines, toutes deux dotées de lits queen size. La chambre arrière, avec ses trois ouvertures, supporte bien d’être fermée.
La cabine avant est attenante, mais avec une hauteur libre d’un mètre au-dessus du lit, elle se trouve au niveau de la nacelle. Les ablutions sont bien prises en charge avec un toilette électrique à chasse d’eau et une douche à l’avant. L’érable légèrement foncé des boiseries est soigneusement fini, tout comme l’ensemble des appareils et accessoires – toujours un signe de qualité à bord d’un multicoque.
Conclusion
Ce nouveau modèle s’appuie sur les qualités largement éprouvées du Lightwave 45 – de nombreux exemplaires ont navigué autour de l’Australie et au-delà, certains ont même déjà bouclé un tour du monde. C’est donc bien un catamaran hauturier qui nous est présenté ; ce multicoque, avec ces multiples possibilités de personnalisation, peut répondre très exactement à de nombreux cahiers des charges tout en conservant sa personnalité – rouf à deux étages, manœuvres typées régate. Un autre point fort du Lightwave 46 est sa qualité de construction et de finition – un soin constant de la part du constructeur qui se niche dans les moindres détails. Lightwave Yachts a prévu d’étudier le marché européen dès cet hiver : ceci nous paraît une excellente initiative, car ce Lightwave 46 mérite assurément d’être diffusé dans le monde entier !
Un système électrique soigné
Sous le canapé en L du salon, le parc de batteries au lithium solidement arrimé peut produire 600 Ah. Notre catamaran d’essai était équipé d’un onduleur Victron 3 000 W, d’un chargeur de 120 ampères ainsi que d’un générateur Whisperpower dans la salle des machines. Des panneaux solaires capables de produire 1 200 Wc se trouvent au-dessus des bossoirs du dinghy. Dans le salon, les branchements du tableau électrique principal semblent robustes avec des câbles, des boîtes à fusibles et des coupe-circuits bien organisés. En plus des batteries de servitude, le catamaran est équipé de batteries de démarrage de moteur AGM séparées. Quant aux alternateurs, ils produisent 115 A.
Différents plans d’aménagement disponibles
Choix entre quillons et dérives
Passavants un peu étroits
Pas d’island beds
Descriptif technique
Architecte : Lightwave Yachts
Longueur hors-tout : 14,00 m
Largeur : 7,30 m
Tirant d’eau (quillons) : 1,20 m
Tirant d’air : 20,80 m
Déplacement lège : 7,5 t
Déplacement en charge : 10,5 t
Grand-voile : 75 m2
Foc autovireur : 30 m2
Génois : 41,5 m2
Gennaker : 75 m2
Spi : 154 m2
Hauteur sous nacelle : 0,95 m
Hauteur sous barrot nacelle : 2,00 m
Hauteur sous barrot cabines : 2,05 m
Motorisation : 2 x 50 CV Volvo saildrive avec hélices trois pales repliables (option : 55 CV Yanmar)
Carburant standard : 800 l
Eau : 800 l
Prix : 1 120 820 AUS QST







