A la fin des années 2000, les catamarans de croisière tentent d’offrir toujours plus de confort, et les designers intègrent la notion de « qualité perçue ». Après avoir fait pousser les nacelles et les redans de coques, les constructeurs proposent donc des plans de pont plus fluides et plus sécurisants. A l’intérieur, les finitions se font plus soignées et des matériaux hauts de gamme sont intégrés. Le Lipari 41, avec son cockpit entièrement clos, son poste de barre légèrement surélevé et ses aménagements flatteurs, suit la tendance.
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Lancé en 2009, le Lipari 41 remplace le Lavezzi 40 né sept ans plus tôt. Les deux modèles dessinés par Joubert/Nivelt – les architectes historiques de la marque – sont proches en termes de design : même rouf à casquette et mêmes étraves arrondies. Chez Fountaine, on reste encore insensible à certains effets de mode. Les fameuses étraves restent camuses, alors que les concurrents jouent la carte de la longueur à la flottaison maximum. Il faudra attendre la génération suivante – celle initiée par Berret/Racoupeau – pour adopter des étraves droites et aujourd’hui inversées. Les caractéristiques sont relativement similaires. Le 41 accuse tout de même quelques centimètres de plus : 5 cm de longueur et 23 de largeur. Alors, quoi de (vraiment) neuf ? Le bimini rigide et le plan de pont, bien sûr ! Le toit du rouf se prolonge donc loin au-dessus du cockpit, lequel se débarrasse de toutes les manœuvres. Autour de la grande table de 93 x 120 cm, on peut s’installer à 7. Avec les deux tabourets et l’assise prévue à tribord, c’est même à 10 qu’on peut partager un apéro au mouillage. Le poste de barre, quant à lui, prend un peu de hauteur. Toutes les manœuvres y convergent, y compris l’écoute de foc bâbord et l’écoute de grand-voile. La plupart des Lipari dispose d’un winch électrique, lequel est bien utile pour hisser la grand-voile. Seuls le blocage des prises de ris et le ferlage du lazy-bag réclament d’aller au pied de mât. A noter : grimper sur le rouf depuis le pontage n’est pas aisé, faute de marches ad hoc. Depuis le poste de barre, la visibilité est bonne vers l’avant. Le banc assez grand pour deux voire trois personnes. La circulation est particulièrement fluide : les deux jupes sont reliées par un passage bien dégagé, les quelques marches sont faciles à franchir et l’antidérapant efficace, même par temps humide. Les cales modernes sont vastes, facilement accessibles, et même éclairées.

La vraie innovation du remplaçant du Lavezzi 40, c’est ce bimini rigide entaillé par un poste de barre pour deux personnes. Presque toutes les manoeuvres y sont rassemblées. Quant à la barre d’écoute, elle quitte le cockpit pour prendre de la hauteur, à l’arrière du bimini. Elle reste parfaitement visible pour le barreur.
Difficile de pointer au-dessus de 60° du vent
Sur le papier, les performances du Lipari 41 ne s’annoncent pas forcément flatteuses comparées à celle du Lavezzi : le déplacement annoncé du nouveau modèle est en effet en hausse significative – 7,60 t contre 6. Certes, on va encore plus loin avec l’actuel Isla 40 et ses 9,50 t au peson. Du côté du plan de voilure, l’évolution n’est guère plus favorable : 90 m2 pour le Lavezzi 40 ; 89,50 m2 pour le Lipari ; 95 m2 pour l’Isla. Soit des rapports voilure/poids respectifs de 15 m2/t, 11,78 m2/t et 10 m2/t… Pour autant, lors de nos essais, les performances du Lipari 41 nous ont semblé très honnêtes, même par petit temps. La grand-voile à corne (une configuration qui se généralise à la fin des années 2000) y est peut-être pour quelque chose. Par force 2, sous gennaker, la vitesse ne descend jamais en dessous de 4-5 nœuds. Au près, sous génois, on accroche encore les 4 nœuds, mais le cap n’est pas terrible. Il nous manquait de la vitesse pour que les ailerons intégrés accrochent plus efficacement. Dommage, parce qu’on avait envie de le faire marcher, ce catamaran ! La barre est très douce (transmission par câbles gainés), tous les bouts sont à portée de main, on voit bien le plan de voilure… Finalement, on regrette juste de ne pas disposer d’une paire de bonnes dérives.
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Le millésime Evolution adopte une ouverture plus grande à deux panneaux au lien d’un seul, ce qui permet d’aérer efficacement la cuisine.
La qualité perçue aux commandes
Le Lipari 41 est un des tout premiers modèles de Fountaine Pajot à intégrer la notion marketing de qualité perçue, bien maîtrisée des constructeurs automobile. On apprécie la finition plutôt soignée qui marie les bois sombres et clairs. La nacelle joue en effet la carte du grand chic avec son plancher en wengé qui contraste avec les boiseries en Alpi. La sellerie marron chocolat est rapidement passée de mode : le Lipari 41 Evolution, diffusé à 42 exemplaires, corrige le tir dès 2012 avec une ambiance générale bien plus claire. Le plan des aménagements est bel et bien moderne : on se réjouit de l’absence de marche entre le cockpit et la nacelle. La hauteur sous barrot est généreuse : on relève 1,91 m. Le chantier a opté pour une porte vitrée qu’on pouvait qualifier de large il y a 12 ans. Une installation séduisante a priori… si ce n’est que la cuisine ne profite pas d’une ouverture spécifique. Le modèle Evolution corrige le tir avec une ouverture bien plus large à double battant. Le carré est très spacieux ; la table de 1,50 m par 0,95 est assez grande pour accueillir 6 convives, et même 8 avec les tabourets. Grâce aux grands hublots et aux trois ouvertures en plus de la baie vitrée, on profite à plein de la lumière et d’air frais. La table à cartes est mieux placée que celle du Lavezzi – elle prolongeait le carré en se tournant vers l’arrière tribord. Désormais, le coin navigation est aménagé sur bâbord, à 45° de la route. Les rangements sont en revanche relativement limités dans la nacelle. Dans les coques, les couchages des cabines ont gagné en largeur (2 x 1,55 m) ; ces lits sont pratiquement aussi confortables que ceux de l’arrière.
Les équipages familiaux privilégieront sans doute le version Propriétaire – baptisée Maestro. Les hublots de coque lenticulaires restent discrets. Moins de lumière à l’intérieur, certes, mais aussi l’assurance qu’ils ne cèdent pas sous la pression d’un barre-battage. Ces hublots sont devenus quasi rectangulaires et surtout plus grands à bord du Lipari Evolution.
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Le chantier reste fidèle à ses hublots frontaux légèrement inclinés et à sa casquette de rouf. Un choix qui a fait ses preuves en ce qui concerne la visibilité depuis l’intérieur et la lutte contre l’effet de serre. Boiseries sellerie foncées deviennent très claires en 2012.
Conclusion
Le Lipari 41 séduira les candidats au voyage vers les eaux chaudes. Il est déjà assez grand pour assurer des traversées océaniques dans de bonnes conditions de confort et de sécurité, mais reste particulièrement aisé à manœuvrer, y compris en couple, voire en solitaire. Idem pour les frais d’entretien, lesquels sont mesurés à bord d’un catamaran de moins de 12 mètres. Encore récent, ce modèle a encore de belles années devant lui avant d’être « rincé » ! Un dernier conseil ? Privilégiez un modèle équipé des moteurs de 30 CV, plutôt que des blocs de 20 CV livrés en standard.
Les + :
+ Bonnes qualités marines
+ Plan de pont fonctionnel
+ Disponible en version 3 ou 4 cabines
Les - :
- Cap au près décevant
- Volumes de rangement limités
- Visibilité médiocre sur bâbord et l’arrière depuis le poste de barre
Les points à vérifier :
Lors de son neuvage, ce modèle a été pris à de nombreuses reprises en défaut en ce qui concerne des avaries mineures – ajustement de certains meubles, quincaillerie (poignées de porte, par exemple) défaillante ou encore fuites de hublots. Tous ces problèmes ont été signalés très vite après les premières livraisons ; ils ont été traités pour la plupart grâce au SAV du chantier. 10 ans plus tard, on a affaire à un catamaran sain et robuste. Attention tout de même aux unités qui sortent des flottes de location : certains équipements peuvent accuser le coup après des années d’utilisation intensive. Les voiles sont à contrôler également : un jeu d’origine ne tiendra plus très longtemps...
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Fountaine Pajot
Architectes : Joubert/Nivelt
Matériau : polyester
Longueur hors-tout : 11,95 m
Longueur à la flottaison : 11,82 m
Largeur : 6,73 m
Tirant d’eau : 1,15 m
Déplacement : 7,60 t
Grand-voile : 56,00 m2
Génois : 33,50 m2
Moteurs : 2 x 20 CV
Carburant : 300 l
Eau : 2 x 265 l
Production : 202 exemplaires de 2009 à 2014
Prix : à partir de 220 000 € HT




