Lancé en décembre 2015 lors du Nautic à Paris, le Lucia 40 s’impose comme le remplaçant du Lipari 41. A l’instar de modèles plus grands comme l’Hélia 44, le Saba 50, l’Ipanema 58 et le Victoria 67 avant lui, le plus petit catamaran de la gamme d’alors opte pour le cabinet Berret-Racoupeau Yacht Design. Le credo de ce séduisant 40 pieds ? Une ligne moderne, du confort, mais rien de trop, pour conserver un multicoque simple, un déplacement modéré et surtout… un tarif attractif !
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Ce modèle a connu deux vies en une, puisqu’il a redémarré une nouvelle carrière en 2020 sous le vocable Isla 40 (voir encadré). Ce catamaran d’entrée de gamme de Fountaine Pajot vient tout juste de sortir du catalogue du constructeur, remplacé par un prochain 41 pieds dont le nom sera prochainement dévoilé. Les Lucia 40 et Isla 40 sont donc bien des catamarans d’occasion – mais encore très récents. Pour des acheteurs, ces modèles présentent un double intérêt : d’abord, ils se présentent comme des plates-formes de vie à bord « minimum », c’est-à-dire certes compactes, mais toutefois assez confortables et bien pensées pour une boucle atlantique de 12 mois en couple, ou pourquoi pas avec un ou deux enfants. Le second avantage ? Ce type de catamarans de 40 pieds est aisé à manœuvrer et à entretenir.
Un vrai croiseur océanique
A tous ceux qui s’interrogeraient sur les aptitudes hauturières de ce catamaran de 40 pieds, les faits sont là : un grand nombre de Lucia ont été livrés aux Antilles par la mer depuis La Rochelle, et on note de nombreux tours de Méditerranée, d’Atlantique et quelques tours du monde – y compris par le cap de Bonne-Espérance. La construction réalisée grâce au procédé de l’infusion est constituée de trois parties : fond de nacelle, bordés internes et demi-coques externes. Le sandwich est constitué d’une âme balsa et de peaux en tissus de verre multiaxiaux. Le pont et le roof sont des pièces injectées – stratification sous vide dans un moule biface. Le tout inspire confiance, d’autant plus que ce modèle est doté de quatre zones de flottabilité.
En navigation, ce catamaran profite d’un ratio voilure/poids plutôt favorable de 11,67 m2/t, de carènes optimisées pour réduire la surface mouillée tout en supportant plutôt bien la charge. Si on observe attentivement le tunnel entre les deux coques, on note la hauteur de la plate-forme et, un peu au-dessus de la flottaison, un discret redan. Nous avons eu la chance de tester le Lucia 40 par bonne brise (22 à 25 nœuds) avec tout dessus au travers, et la vitesse s’était établie entre 8 et 10 nœuds. L’essai de l’Isla 40 s’était déroulé dans des conditions plus calmes, et nous avions relevé 5 nœuds au près à 50° d’un vent réel de 8/9 nœuds. Avec le gennaker, à la faveur d’une brise un peu mieux établie à 12/15 nœuds, le GPS indiquait 8 à 9 nœuds. Bref, le Lucia-Isla n’a rien d’un foudre de guerre, mais il marche très correctement sous voile pour peu que le vent soit au rendez-vous.
Côté mécanique, le constructeur proposait en série deux moteurs Volvo de 20 ch ; préférez les modèles équipés des 30 ch optionnels. Dans les vastes soutes, les interventions sont aisées.
Un poste de barre classique
Le plan de pont particulièrement épuré se révèle tout de suite efficace, à l’image des larges passavants de 62 cm de large, de l’antidérapant qui accroche même mouillé et des mains courantes bien placées sur le rouf. A l’avant, le constructeur a aménagé des bains de soleil ; ils sont très appréciés par l’équipage. Quant au cockpit, bien protégé par son bimini rigide, il présente une table à bâbord, une méridienne à tribord et une vaste surface dégagée entre les deux.
Les deux jupes arrière permettent un accès direct à l’eau – ou à l’annexe. Contrairement aux autres modèles plus grands, le Lucia 40 et l’Isla 40 n’ont pas décliné le concept du poste de manœuvres suivi du poste de barre.
On retrouve ici un unique poste de commande à mi-hauteur qui regroupe toutes les manœuvres. Depuis ses trois winches et ses deux batteries de bloqueurs, le barreur gère facilement drisses, écoutes et autres bosses qui se stockent très facilement dans une baille XXL dédiée. En option, Fountaine Pajot proposait un petit bimini fixe de protection.
3 ou 4 cabines ?
C’est un grand classique : les loueurs optaient pour la version 4 cabines et les Propriétaires s’emparaient de la déclinaison 3 cabines – toute la coque tribord leur est dédiée. On note un bel équilibre entre les deux versions : 51 % de la production sont des 4 cabines – les 49 % restants sont donc des 3 cabines. Du côté des couchages, pas grand-chose à signaler de différent entre le Lucia 40 et son successeur : les cabines arrière sont toujours équipées d’island beds, contrairement à l’avant. En revanche, l’Isla offre juste la possibilité de caser une mini-couchette skipper tout à l’avant tribord. C’est plutôt dans la nacelle que les aménagements ont évolué. Le Lucia proposait en effet un carré en fond de nacelle qui intègrait une petite table à cartes sur bâbord ; cette dernière disparaît à bord de l’Isla au profit d’une méridienne de veille et de rangements supplémentaires – les outils destinés à la navigation sont désormais regroupés à l’arrière de la nacelle tribord. On note également l’arrondi des meubles, un design emprunté à l’Elba 45. La cuisine en L, qui communique directement avec le cockpit, ne bouge pas. On retiendra que toutes les versions offrent de beaux volumes – compte tenu de la taille compacte de ce modèle – grâce à des aménagements intelligemment optimisés.
Conclusion
Le Lucia 40 – comme l’Isla 40 – constitue un très bon choix pour un couple éventuellement accompagné d’un ou deux enfants : certes, c’est un peu le multicoque minimum pour partir, mais ce modèle remplit toutes les cases en termes de qualités marines, de confort et de facilité d’entretien et de manœuvres. Il présente également l’avantage d’être facile à trouver tout en étant recherché, ce qui garantit une bonne tenue de sa cote sur le marché de l’occasion. Ce modèle a en effet été diffusé à 550 exemplaires, ce qui se traduit par une bonne vingtaine d’unités disponibles sur le marché de l’occasion.
Lucia vs Isla Le jeu des différences !
A l’extérieur, l’Isla 40 se distingue du Lucia par ses étraves inversées – elles sont rallongées de 20 cm. Le plan de pont est quasiment identique ; c’est à l’intérieur que les deux modèles diffèrent. L’Isla, grâce à ses coques plus longues, parvient à loger une petite cabine skipper à l’avant tribord. La version « 4 cabines + cabine skipper » a d’ailleurs connu un gros succès chez les loueurs.
Quant à la cuisine de l’Isla, elle est mieux pourvue en rangements. Mais, avec la refonte du carré, la traditionnelle table à cartes « assise » du Lucia disparaît avec un simple meuble « debout » proche du cockpit à tribord.
Les points à vérifier
Structurellement, ce catamaran est rigide et sain – ce qui est déjà un excellent point de départ. Ce modèle est globalement robuste : les loueurs qui ont exploité – et qui utilisent encore – les Lucia 40 et Isla 40 témoignent d’une utilisation parfois intensive sans problèmes majeurs. Plus en détail, certaines faiblesses méritent tout de même d’être signalées, comme les contreplaques de taquets insuffisantes, l’accastillage un peu juste, la qualité inégale des accessoires extérieurs (coussins de cockpit très résistants, mais autres textiles rapidement cuits par le soleil) ou encore le manque de tenue de la quincaillerie intérieure, qui tend à s’oxyder. D’autres points sont relevés par des Propriétaires : certains n’apprécient pas le guindeau d’origine, d’autres se plaignent, sur le Lucia, des angles vifs des meubles. En termes de « customisation », les nombreux volumes exploitables et goulottes vides permettent des installations a posteriori ; un seul hic, le plafond collé, qui gêne certaines interventions.
Plans d’aménagement séduisants
Budget raisonnable compte tenu du programme possible
Pas de coin bureau (sauf éventuelle cabine Propriétaire) à bord de l’Isla
Descriptif technique
Architectes : Berret-Racoupeau Yacht Design
Matériau : sandwich mousse/polyester
Longueur : 11,73 m (Lucia)/11,93 m (Isla)
Largeur : 6,63 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Déplacement lège : 8,9 t
Grand-voile : 58 m2
Génois : 37 m2
Motorisation : 2 x 20/30 ch
Carburant : 300 l
Eau : 530 l
Années de production du Lucia 40 : 2015-2020
Années de production de l’Isla 40 : 2020-2024
Production totale : 550 exemplaires
Prix occasion : 340 000 € HT pour un Lucia 40 ; 450 000 € HT pour un Isla 40
