Avec le Mahé 36, le chantier Fountaine Pajot a réussi à proposer un catamaran compact mais traité comme un modèle beaucoup plus grand ! Un modèle qui plus est particulièrement présent sur le marché de l’occasion.
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Lancé en 2006, le Mahé 36 est resté le plus petit modèle du chantier Fountaine Pajot jusqu’en 2013, après 195 unités construites. Un beau succès pour ce catamaran, réalisé en une seule pièce grâce à la technique de l’injection – pas moins de 80 m2 sortaient du moule ! Le 36 a profité en 2011 d’un refit, devenant ainsi le 36 Evolution. Le chantier propose alors un bimini en dur, un poste de manœuvre repensé – avec un winch électrique à la demande – et des aménagements légèrement retouchés et mieux finis.

Le principal intérêt de ce modèle, c’est sa taille… Si les années 1990 et le début des années 2000 étaient porteuses pour les multicoques de 35 à 40 pieds – Antigua 37 puis Tobago 35 pour Fountaine, Piana 37, Aventura 36, Edel 38, Broadblue 385, Lagoon 380 –, la décennie suivante s’est clairement focalisée sur les modèles de 40 pieds et plus. On ne peut pas le reprocher aux chantiers : c’est vrai que 40 pieds, c’est un peu la taille minimum pour partir loin avec tout le confort souhaité et… en toute sécurité, bien sûr. En partant du constat que la plupart des catamarans de cette taille achetés d’occasion sont destinés au grand voyage, on peut légitimement se poser la question : est-ce que le Mahé 36 est adapté à une traversée océanique ? La réponse est oui si on en juge par le nombre de transats bouclées sans encombre par ce modèle. Mais sous certaines conditions. La première est évidemment de ne pas tenter le diable ; en clair, naviguer de façon à éviter – autant que faire se peut – les gros coups de vent et les mers dangereuses, quitte à s’écarter de la route prévue. Un bon routage à terre peut être un appui bien précieux. La seconde est de s’accommoder d’une capacité de charge réduite. 1 500 kilos, c’est très peu en voyage… c’est donc faire l’impasse sur des équipements comme un générateur, un compresseur pour la plongée. Et bien sûr limiter l’équipage à quatre personnes idéalement.
Plaisant sous voile
Si les coques plutôt fines à la flottaison – même si elles sont rapidement élargies par un redan évolutif plus haut – se traduisent par une faible tolérance à la charge, elles offrent bien des agréments, à commencer par un potentiel de vitesse convaincant : les moyennes de 8 nœuds sont courantes. Rien d’étonnant quand on s’intéresse au ratio voilure/poids : 15,4 m2/t, c’est très supérieur à la plupart des modèles de cette catégorie, lesquels émargent plutôt à 10. Le Mahé 36 se révèle donc véloce même dans les petits airs. Evidemment, des hélices repliables plutôt que les fixes livrées en standard améliorent encore les chiffres relevés au speedo. Si le Mahé est à l’aise du travers au portant, il l’est moins au près. Tout d’abord parce que ses ailerons sont plutôt courts – 1,10 m de tirant d’eau –, mais surtout parce que la nacelle, plutôt basse, tape rapidement dans la mer. Pas très confortable pour l’équipage… En revanche, à l’image du mouillage reculé au pied de mât, le centrage des poids est plutôt soigné. Le plaisir de barre, quant à lui, est quelque peu limité par le faible diamètre de la barre à roue.

Un plan de pont très réussi
Le chantier et les architectes ont fait le choix de préserver des passavants plutôt larges et un immense trampoline à l’avant. L’agrément en navigation – plutôt tropicale s’entend – est donc garanti avec de vastes zones de farniente et des jupes bien étudiées – même si elles sont plus étriquées que les formats actuels – pour un accès direct à la mer. Le cockpit, agencé très simplement, se contente d’une vaste banquette en U qui le ceinture complètement et d’une table décalée sur bâbord. Le poste de barre se résume à un large siège surélevé, avec accès direct à la plupart des manœuvres. En standard, les premiers Mahé ne bénéficiaient donc pas de protection de cockpit. La plupart des propriétaires ont bien sûr opté pour un bimini textile. Le Mahé Evolution propose donc un bimini en dur, lequel intègre astucieusement l’assise du poste de pilotage. Cette nouvelle configuration change radicalement la silhouette du bateau, qui passe d’un catamaran plutôt roots et dépouillé à une unité plus cossue – et finalement très proche des autres modèles plus grands du marché.

Pas de course à la cabine
Autre parti pris intelligent des concepteurs du Mahé 36 : celui de ne pas céder à la course à la cabine. Partant du constat qu’une nacelle de cette taille contenterait un équipage de six personnes maximum, les architectes ne se sont pas évertués à caser quatre cabines, même si le 36 était destiné à séduire, en plus des propriétaires, les loueurs. Le bateau est donc décliné en deux ou trois cabines doubles. Dans la première version, ce sont logiquement les pointes avant qui accueillent les cabinets de toilette. Lesquels profitent d’un bien plus grand volume que s’ils étaient disposés en coursive, au milieu des coques. La déclinaison trois cabines ne dispose plus que d’un cabinet de toilette ; une des pointes avant est donc aménagée en cabine. Celle-ci, sensiblement plus étroite que ses consœurs de l’arrière, sera plutôt à réserver à un adulte seul ou aux enfants. Dans la nacelle, le constructeur est parvenu à loger un carré, une cuisine en L et un petit coin navigation. L’aération est bien traitée, et la fameuse casquette, sur l’avant du rouf, préserve efficacement de l’effet de serre quand le soleil est au zénith. La finition, plutôt sommaire sur les premiers modèles, s’est sensiblement améliorée sur l’Evolution. On relève également un nouveau meuble cuisine et une assise supplémentaire pour le carré.

Conclusion
Catamaran minimum pour partir, le Mahé 36 présente un argument choc, son prix. Lequel présente un spectre assez large : les premiers modèles changent de propriétaires contre à peine plus de 100 000 € HT, alors que les 36 Evolution les plus récents, âgés à peine de 4 ou 5 ans, coûtent 70 000 à 80 000 € de plus. Si le Mahé 36 est plutôt taillé pour un tour de Méditerranée plutôt que celui de l’Atlantique, il est néanmoins capable, dans le cadre d’une navigation prudente, de s’y aventurer.
Les points à vérifier
En dehors de quelques modèles parfois fatigués par des années d’exploitation en charter – vérifier les heures moteur, les voiles, l’électronique et le gréement dormant –, les Mahé 36 ont plutôt bien vieilli. La structure et le gréement sont robustes, les moteurs faciles d’accès pour l’entretien courant – et donc l’inspection. En revanche, et plus particulièrement sur les 36 les plus anciens, quelques problèmes de "neuvage" ont été constatés – ajustement approximatif de meubles et cloisons, montage incomplet ou défectueux de certains équipements. La plupart de ces petits pépins ont bien sûr été résolus – le plus souvent par le constructeur ou ses concessionnaires. Bref, vous pouvez encore tomber sur un exemplaire dont le pont couine sous vos pas, ou une cloison qui grince par mer agitée, mais pas grand-chose de plus.
On aime
Format compact – et prix attractif
Facilité de manœuvres
Entretien aisé
On n’aime pas
La nacelle tape dans la mer formée
Faible capacité de charge
Finition moyenne
Fiche technique :
Constructeur : Fountaine Pajot
Architecte : Joubert/Nivelt et Flahault Design
Matériau : verre/polyester
Longueur de coque : 11,00 m
Largeur : 5,90 m
Tirant d’eau : 1,10 m
Déplacement lège : 5,00 t
Surface de grand-voile : 47,00 m2
Surface de génois : 30 m2
Moteur : 2 x 20 CV
Prix occasion : à partir de 105 000 € HT