Lancé il y a 26 ans déjà, le Maldives 32 était tellement avant-gardiste qu’il reste dans le coup aujourd’hui, tant en termes de design que de performances. Bref, un cata compact très séduisant… A condition de savoir s’accommoder d’une ambiance un peu roots.
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En 1988, le lancement du Maldives 32 marque les esprits : on est loin du design des catas anglais comme l’Iroquois ou les Snowgoose… et même, comparé au Louisiane, pourtant plus long d’un mètre, le plan Joubert/Nivelt fait figure d’OVNI ultra-moderne. Ses étraves presque droites pour une flottaison maximum et ses superstructures tout en courbes préfigurent le cata d’aujourd’hui. Voici donc un modèle qui fait moins que son âge, d’autant que le gel coat tient plutôt bien. A l’heure de mettre en route, c’est la première surprise : pas de contact ni de poignée de gaz pour les diesel… il n’y en a pas ! Le chantier a en effet opté pour un simple moteur horsbord monté sur une chaise et un système de palan – et même parfois un deuxième pour incliner l’arbre d’hé lice. C’est là que vous comprendrez que le Maldives 32, malgré ses airs très "comme il faut", cache une personnalité très roots. Au final, ce n’est peut-être pas le moindre de ses charmes… Eh oui, la crise est (déjà) passée par là... Et l’entretien courant, voire le remplacement d’un hors-bord, ça ne représente pas grand-chose comparé à deux diesel… Certes, les manoeuvres sont plus délicates – pas de possibilité d’inverser les deux moteurs, évidemment – et la puissance peut faire défaut pour remonter une grosse mer de face. Sans compter les possibilités forcément plus limitées de recharge du parc batteries. Pour compenser, on pensera aux panneaux solaires, aux éoliennes et autres hydrogénérateurs. Passons au plan de voilure et au pont : le gréement, plutôt élancé, privilégie nettement la grand-voile. Le solent standard était livré sur mousquetons, avec une bande de ris, ce qui est tout à fait cohérent vu sa faible surface… mais pour être honnête, la plupart des exemplaires ont adopté un enrouleur et parfois un génois à recouvrement. Cette configuration apporte un net bonus par petit temps aux allures près du vent.
Un génois pour plus de chevaux au près
Au près, justement, malgré la faible surface des ailerons, le cap est plutôt bon : on approche des 90° d’un bord à l’autre. Notez qu’il est tout à fait envisageable d’échouer, d’autant que le tirant d’eau du Maldives est inférieur à un mètre. Comme la plupart des catamarans, le 32 préfère nettement qu’on débride les écoutes. Là, son poids plume – on ne le répètera jamais assez, ne chargez pas trop ces petites unités – lui offre de belles possibilités d’accélération. Pour peu que le vent taquine les 16/18 noeuds réels, on peut espérer dépasser les 10 noeuds, surtout au portant. A cette allure, le spi asymétrique est de sortie. Son point d’amure se règle à la demande à l’aide d’un bout qui relie les deux étraves. Si quelques chavirages ont été relevés, il faut rappeler que les conditions de ces fortunes de mer étaient dantesques. Côté sécurité, des trappes de survie ont été installées à partir des millésimes 1991. Pour un programme de navigation hauturière, elles sont indispensables. Les manoeuvres sont réparties sur trois winches : deux de part et d’autre du rouf, et un 40 au pied de mât, lequel est dédié à la drisse de grand-voile et aux bosses de ris. C’est simple et efficace. Le cockpit, particulièrement dégagé, est équipé de deux bancs latéraux et de deux barres franches. Certains mod les sont toutefois équipés d’une barre à roue. Si les passavants sont parfaitement fréquentables, le bossage devant le mât s’avère parfois glissant. Tout à l’avant, un grand trampoline, parfait pour la sieste et le farniente.
Une nacelle décapotable
La nacelle présente deux originalités : tout d’abord, une double entrée, qui facilite merveilleusement la circulation ; ensuite, une casquette relevable qui transforme le carré en véritable bateau décapotable. Une excellente idée que ce panneau en polyester articulé, d’autant que la hauteur sous barrot réelle se limite à 1,70 m. Evidemment, on jouera la carte du ciel ouvert à condition qu’il soit bien bleu… Et même bien fermé, le mécanisme peut présenter aujourd'hui une étanchéité douteuse. La cuisine se tient entre les deux portes, elle jouxte donc le cockpit. Le reste du volume disponible est dédié au carré, soit une banquette en fer à cheval et une grande table. Les hublots très inclinés devront être protégés du soleil dans les pays chauds. Les coques, malgré la longueur limitée à un petit dix mètres, parviennent à loger quatre cabines. Il ne faut pas rêver, seules celles de l’arrière sont capables d’accueillir deux adultes : à l’avant, on case juste une personne. Astucieusement, la table à cartes est implantée à bâbord et le seul cabinet de toilette du bord dans l’autre coque. Des aménagements simples pour un bateau très attachant et que l'on trouve aujourd'hui à un prix canon !
Les + :
+ Excellent rapport prix/confort
+ Performances plutôt flatteuses, surtout avec un génois à recouvrement
Les - :
- Ambiance un peu roots, comparée à celle des unités modernes
- Cabines exiguës
Les points à vérifier
Structurellement, le bateau est costaud, d’autant que les coques présentent très peu de porte-à-faux ; les ennuis sont donc relativement mineurs. On relève les tout premiers profils de mâts trop faibles et des soucis d’étanchéité sur les hublots de la nacelle et au niveau du toit ouvrant. Autre point à vérifier : le moteur hors-bord. Passé 10 ans de bons et loyaux services, il sera à réviser pour qu’il ne vous laisse pas en rade dès la première prise de coffre…
Fiche technique
Chantier : Fountaine Pajot
Architecte : Joubert/Nivelt
Matériau : sandwich polyester
Longueur de coque : 9,90 m
Longueur la flottaison : 9,60 m
Largeur : 5,30 m
Tirant d’eau : 0,90 m
Poids lège : 3 t
Surface de grand-voile : 38 m2
Surface de génois : 17 m2
Nombre de cabines : 4
Moteur : un hors-bord de 15 à 25 CV
Production : 100 exemplaires de 1988 à 1994
Prix occasion : à partir de 60 000 euros