Le MC60 du chantier McConaghy est un catamaran qui ne ressemble pas aux autres modèles de cette taille. Sa conception, son aménagement et ses performances en font un multicoque unique avec des solutions technologiques directement issues de la compétition que l’on trouve rarement à bord d’un catamaran de série. Un concept qui s’adresse aux fans de high-tech et de performances.
Infos pratiques
- Le chantier : MC60
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- Lieu de l’essai : Fort Lauderdale (Floride – USA)
- Conditions : vent de sud-est 6 à 8 nœuds, 10 personnes à bord, petit clapot.
Vous n’êtes peut-être pas familier avec la marque McConaghy… et pourtant, ce chantier n’est pas né d’hier ! Le constructeur a en effet été fondé en 1967 en Australie par John McConaghy, et a démarré son activité avec la production de yoles de 16 à 18 pieds. Puis ce fut le tour des Moth, d’autres dériveurs sportifs, ou encore des catamarans Tornado. Le chantier a troqué le contreplaqué pour la fibre de verre, avant d’opter pour le sandwich moussé puis le Kevlar®. En 2000, Jono Morris et Mark Evans, deux employés du chantier, ont repris la société et l’ont développée. Le groupe s’est ensuite associé à Tiger Group, et a ouvert un autre site de production en Chine. En près de 55 ans d’existence, McConaghy est ainsi devenu une référence dans la réalisation de bateaux en composite, et produit des unités très différentes, des fameux bateaux de la Coupe de l’America aux navires de la Volvo Ocean Race, en passant par des superyachts, des multicoques de croisière ou par le déjà célèbre AC40, une unité à foils très performante.
Une expérience de plus de 50 ans
La gamme de catamarans de croisière qui nous intéresse plus particulièrement s’étend pour sa part de 55 à 115 pieds ; le MC60, désormais rebaptisé MC62, est donc l’un des plus « petits » de la famille. Présenté en 2018, le catamaran, qui est presque entièrement customisable, a été construit à trois exemplaires et, même s’il est toujours disponible à la commande, il change désormais d’appellation pour devenir MC62, avec, au passage, quelques petites améliorations. De manière générale assez éloigné du concept de production en grande série, le chantier McConaghy ne fait pas d’exception quand il s’agit de ses multicoques de croisière. Le MC60 est donc un catamaran assez unique en son genre, et cela à bien des égards. Dessiné par Ker Yacht Design, il affiche un profil qui, dès le premier coup d’œil, ne laisse pas indifférent. Près de 19 m de long, 8,82 m de large et un mât interminable, le ton est donné. Les longs hublots de coques trahissent néanmoins une bonne habitabilité, tandis que la structure du rouf plongeant vers l’avant confère un caractère sportif à l’embarcation, accentué encore par le flybridge placé complètement à l’arrière – ce véritable cockpit surélevé semble directement hérité d’un bateau de course. Sur la proue, les étraves inversées et les trois voiles sur enrouleurs confirment que nous sommes à bord d’un catamaran où la performance n’est pas accessoire.
Un plan de pont unique
Le MC60 offre un plan de pont bien particulier. Cela commence dans le cockpit, un espace habituellement occupé par une ou plusieurs banquettes et une table ; ici, on trouve surtout un escalier assez encombrant menant au flybridge. Un choix architectural un peu surprenant, mais qui démontre là encore que le catamaran est conçu pour abattre des milles en comité réduit, et non se plier aux exigences du charter. En outre, une fois au mouillage, il suffit de mettre l’annexe à l’eau, et l’on se retrouve alors avec une plate-forme supplémentaire créant un bel espace totalement ouvert. Enfin, les jupes de belle largeur facilitent l’accès à la baignade ou l’embarquement. De là, il est très facile de se rendre sur l’avant grâce à des passavants d’une largeur étonnante pour la catégorie. Pour contenir le poids, le McConaghy ne propose pas de grand pontage en dur sur l’avant. De même, il se passe de poutre avant et dispose d’un trampoline traditionnel sur la proue. Un élément qui permet d’accéder facilement au bout dehors si besoin, mais, avec trois voiles gréées sur enrouleur, cela ne sera normalement nécessaire que pour vérifier le mouillage ou pour amarrer le multicoque. Plongeant sur l’avant, le rouf permet dès lors d’accéder facilement au pied de mât depuis le pont avant. Une circulation bien pensée qui s’applique également aux bouts et écoutes, puisque tout revient au cockpit surélevé. Véritable tour de contrôle, ce flybridge est accessible depuis l’escalier en carbone du cockpit principal. Couvrant toute la largeur de la timonerie, il dispose d’une longue banquette en arc de cercle pour six à huit personnes, tandis que l’on trouve un poste de manœuvre à chaque extrémité avec barre en carbone, piano, deux winches de belle taille et suffisamment de sacs à bouts pour libérer le plancher. Le tout est surmonté d’un toit rigide, et peut être fermé grâce à une toile transparente souple. Offrant une vue à 360°, cet endroit est idéal pour mener le multicoque. Deux petits regrets toutefois : aucune table ou tablette n’est prévue pour poser une boisson, de quoi manger ou des objets personnels. Quant à la circulation entre le poste de barre et le rouf, elle est un peu acrobatique. Face à ce double poste de barre, le gréement en carbone pointe fièrement à plus de 30 m de haut. Quant à la bôme, elle est si gigantesque qu’on peut littéralement s’y allonger. Le gréement dormant est lui aussi en carbone, tandis que le chariot d’écoute de grand-voile reçoit une assistance électrique, un vrai plus pour les changements de bord. Une installation qui permet de mener le catamaran en équipage réduit, comme le font souvent le propriétaire et son épouse.
Un intérieur baigné de lumière
Pour ce qui concerne la partie habitable, là encore, le MC60 se démarque de la concurrence. Les portes vitrées séparant le cockpit du pont principal peuvent s’ouvrir presque entièrement pour abolir la frontière entre l’extérieur et l’intérieur. De là, on découvre un énorme open concept avec une surface digne d’un yacht de 80 ou 90 pieds. Qui plus est, la structure qui supporte le mât a été habilement dissimulée, et seule une jambe de force apparaît, ce qui permet d’accentuer le volume intérieur. La nacelle profite également d’une immense surface vitrée (avec des fenêtres en verre trempé) offrant une vue à quasiment 360°. Si cela ne suffit pas, le bateau dispose de trois longues fenêtres de toit, toutes équipées d’un store coulissant. La luminosité est encore accentuée par le blanc des murs et la couleur claire des boiseries. Aménageable selon les désirs du client, cet espace disposait, sur notre modèle d’essai, d’un long canapé sur tribord avec une table dépliable et d’un très grand îlot central faisant face à la cuisine – cette dernière est disposée, quant à elle, sur bâbord. Outre l’électroménager dernier cri, cet espace bénéficie d’un vrai plus : une vitre latérale coulissante électrique sur quasiment toute la longueur, c’est assez bluffant. Un autre petit salon est localisé sur tribord avant, tandis qu’à côté, la table à cartes propose tout l’équipement électronique nécessaire, avec, là encore, une vue imprenable
Un large choix de teintes disponible
Le MC60 est disponible en version trois ou quatre cabines et, pour l’occasion, nous étions sur un modèle propriétaire, c’est-à-dire trois cabines. Grâce à la largeur imposante des coques, le volume habitable est assez remarquable et l’on bénéficie d’une hauteur sous barrot de 2,07 m. Dans la coque bâbord, une chambre pour les invités avec un lit double disposé perpendiculairement et une salle d’eau privative sur l’avant de la coque vient prendre place. Une seconde cabine est placée sur l’arrière, et offre deux lits individuels ainsi qu’une salle de bain. Bien entendu, cela peut être organisé de manière différente selon les désirs du client. Quoi qu’il en soit, toute cette partie habitable bénéficie d’une excellente luminosité grâce aux grands hublots de coque et aux panneaux de pont. On y trouve également de nombreux rangements, c’est bien utile en croisière. La coque tribord est pour sa part dédiée à la suite propriétaire, comprenant un couchage double avec de l’espace de chaque côté du lit, un espace salon avec canapé et grand écran de télévision, et surtout une salle de bains un peu inédite, puisqu’elle comporte une baignoire ! Un élément plutôt rare sur ce genre d’unité. Les rangements sont là encore très généreux – de quoi envisager sereinement de longs séjours à bord. Sur Noble House, notre catamaran test, les teintes claires ont été privilégiées, mais une fois encore, un large choix est disponible à la commande à partir des trois propositions principales, jusqu’au choix de la couleur des murs, du type de boiserie ou des tissus. Dès la version standard, l’équipement est plutôt généreux, puisqu’il inclut notamment tout l’électroménager, les éléments des salles de bains, le chauffe-eau, le système audio Fusion, l’enrouleur de foc ou encore des prises USB partout… et la liste est encore longue. De surcroît, cet inventaire fait partie des discussions au moment de l’achat.
Priorité à la performance
La performance fait définitivement partie de l’ADN du chantier, et ce MC60 ne fait pas exception. Le catamaran est construit entièrement en infusion en utilisant de la fibre de verre, du carbone et de la mousse à cellule fermée pour les parties en sandwich. Le tout est renforcé par des longerons en carbone pour une rigidité maximale. Une méthode qui permet d’obtenir une structure très solide, mais aussi relativement légère, puisque le catamaran n’accuse que 18,50 tonnes sur la balance. Contrairement à de nombreux multicoques de la catégorie, le MC60 ne dispose ni de dérives légères relevables au-dessus du pont, ni de quillons, mais d’un système hybride. Chaque dérive intégrée est ainsi positionnée au centre de la coque et peut être rétractée en partie grâce à un bouton poussoir quand le bateau est au port ou en eaux peu profondes. Trois positions préréglées sont d’ailleurs disponibles. En sus, un système de sécurité permet aux dérives de se relever automatiquement si elles touchent le fond. Réalisés en composite, ces deux appendices plongent jusqu’à 3,75 m sous l’eau, et remontent en limitant le tirant d’eau à 1,35 m. Au près, le MC60 arbore une surface de 210 m2. Toutefois, le jeu de voiles est généralement conçu à la demande pour chaque propriétaire. Pour Noble House, il s’agit d’un set North Sails réalisé sur mesure à Fort Lauderdale (USA) et qualifié de « Performance cruising ». Revenant tout juste d’un périple de quelques semaines aux Bahamas, le MC60 confirme sa vocation de navigateur au long cours. De par sa longueur, son espace habitable et sa voilure, il est capable d’effectuer de longues croisières dans un temps qui reste raisonnable. En navigation, sous grand-voile et foc, le catamaran ne demande pas beaucoup de vent pour se déhaler. Le jour de notre essai, nous disposions de 6 à 8 nœuds de vent, ce qui était suffisant pour nous tirer entre 6 et 7 nœuds. Avec le Code 0, les performances s’envolent, puisque le McConaghy navigue aisément entre 1 fois et 1,5 fois la vitesse du vent. Concrètement, avec 7 nœuds de vent, nous avons régulièrement touché 9 nœuds en vitesse réelle. Une performance excellente d’autant qu’elle s’établit de manière assez confortable. Grâce à la configuration des écoutes et drisses et à l’assistance électrique, le voilier se manœuvre sans trop de problèmes avec un équipage de trois personnes, voire moins pour des marins expérimentés. Plutôt pas mal pour une unité de 60 pieds. On peut bien entendu opter pour une voilure encore plus performante, mais l’idée était ici de trouver le bon compromis entre performance et confort en mer. Autre avantage de ce modèle : les étraves hautes limitent au maximum les effets de spray, et, d’une manière générale, les mouvements du catamaran restent très souples, ce qui contribue au confort à bord. Pour les journées sans vent, le McConaghy est équipé de deux moteurs Yanmar de 57 CV. Cette puissance peut même être portée à 2 x 80 CV en option, une motorisation qui reste économique tout en propulsant le bateau à près de 10 nœuds. Grâce au réservoir de 600 litres, on dispose d’une bonne autonomie.
Conclusion
Naviguer à bord du MC60 représente sans conteste une expérience particulière. Mariant avec brio une habitabilité record et des performances de classe mondiale, ce catamaran propose des solutions inédites et innovantes. En outre, le fait qu’il soit presque entièrement customisable permet au futur acheteur de créer le catamaran de ses rêves tout en bénéficiant de toute l’expertise du chantier. Une offre unique dans une catégorie Sport-Cruiser de plus en plus populaire.







- Performances sous voile
- Espace et luminosité intérieurs
- Facilité de manœuvre
- Cockpit limité
- Circulation entre le flybridge et le rouf
- Manque table sur le flybridge
Descriptif technique
- Constructeur : McConaghy Boats
- Designer : Ker Yacht Design
- Matériau : sandwich mousse/verre et carbone
- Longueur hors-tout : 18,30 m
- Largeur : 8,58 m
- Tirant d’eau (haut/bas) : 1,35/3,75 m
- Tirant d’air : 30,20 m
- Déplacement : 18,50 t
- Surface de voilure : 210 m2
- Motorisation : 2 x 57 ou 2 x 80 CV Yanmar
- Carburant : 560 l
- Eau : 560 l
- Eaux noires : 180 l
- Couchages : 6 (8 en version 4 cabines)
- Homologation CE : A
- Prix : 3 028 000 $ HT en version standard 3 cabines
- Principaux équipements standards :
- Plate-forme hydraulique arrière
- Lumières de courtoisie
- Table intérieure
- Îlot de cuisine
- Réfrigérateurs
- Congélateur
- Table de cuisson
- Four
- Toilettes électriques
- Système audio Fusion
- Principales options en US$ HT :
- Version 4 cabines : 29 600
- Générateur 12 kW : 30 300
- Air conditionné : 35 850
- Dessalinisateur : 20 050
- Cave à vin : 3 920
- Lave-vaisselle : 2 500
- Four micro-ondes : 3 250
- Passerelle en carbone : 7 500
- Pont en teck : 38 000
- Option 2 x 80 CV Yanmar : 6 230
- Propulseur d’étrave rétractable : 26 330
- Pack électronique : 42 328
- Panneaux solaires : 25 500