Catamaran compact, le Nautitech 40 donne beaucoup pour un prix serré. Et ses performances sous voile, sans être celles d’un racer, sont une (très) bonne surprise. Anatomie d’un grand classique.
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Un simple coup d’oeil de face suffit : le Nautitech 40 n’a pas misé sur le volume. Ses coques, signées Mortain/Mavrikios, sont même plutôt fines. Etraves droites, franc-bord cons quent, elles sont dans le coup et pourtant… elles fêteront bientôt leurs 20 ans ! Car l’histoire du 40 démarre au milieu des années 1990 : Dufour lance une gamme de catamarans baptisée Nautitech. Le cahier des charges, se souvient Bruno Voisard, patron de la marque devenue chantier autonome, c’était quatre cabines pour la location, bien sûr, mais également que "le catamaran ne doit pas chavirer avec 30 noeuds de vent tout dessus". Les loueurs, même s’ils proposent des destinations idylliques et bien ensoleill"es, doivent en effet composer avec des spécificités locales météo : Bora aussi soudaine que violente en Croatie, effets Venturi costauds entre les îles dans l’archipel antillais… Bref, passer de 10 à 30 noeuds de vent en quelques longueurs de coque, ce n’est pas une vue de l’esprit, ça existe et ça pourrait mettre à mal un catamaran très puissant dont l’équipage n’est pas attentif… Ce qui explique une surface de voile relativement modérée comparée à ses concurrents de l’époque. Le ratio voilure/poids du Nautitech 395 est de 12,27 m2/t, il passe même à 11,76 m2/t pour le 40 – un peu plus lourd. Il y a dix ans, il s’agissait là d’un des catamarans les plus sages dans cette cat gorie des 40 pieds : un Privilège 12 M revendiquant alors 12,4 m2/t, le Lagoon 410 12,36 m2/t alors que les unités typées performance montraient déjà les dents sur le papier : 14,46 pour le Catana 401 et même 21,7 pour l’Outremer 40… Des chiffres à rapprocher de la tendance actuelle, plus sage encore : 11,77 pour un Lipari 41 et seulement 9,22 pour le Lagoon 400...
Les coques fines du 395 en héritage
Notre 40 hérite donc, en 2003, des coques fines – légèrement rallongées – et de la trame d’emménagements du 395 mais profite d’un nouveau moule de pont. Le rouf est plus moderne – avec des vitrages bien protégés des rayons verticaux – et surtout se poursuit par le fameux bimini rigide qui assure une protection très efficace contre la pluie, les embruns et… le soleil. A notre connaissance, c’est le premier multicoque en Europe équipé d’un "toit en dur". Aujourd’hui, le bimini est présent sur plus de 80 % des catamarans de croisière… Le Nautitech 40 est aussitôt apprécié par les loueurs pour ses qualités marines et ses capacités de couchage – quatre cabines doubles et deux pointes avant, soit dix personnes. Autre innovation remarquable : l’accès de plain-pied du cockpit vers la nacelle. Le gréement ramassé n’assure pas des performances brillantes par petit temps, certes, mais le 40 se montre à la hauteur dès 10 noeuds de vent. Et passé 4 à 5 Beaufort à l’anémomètre, il est capable de flirter avec les 10 noeuds au débridé. Un convoyeur professionnel a même rapporté une pointe à 21 noeuds. L’accastillage est simple, facile appréhender : on maîtrise aisément la machine, même en solitaire. C’est le vrai plus de ce bateau, accessible en famille sans être ennuyeux sous voile. Si le plan de pont est irréprochable – circulation fluide, trampolines confortables –, certains points sont tout de même moins convaincants. En matière de centrage des poids, le 40 pourrait mieux faire : l’ancre reste à poste sur l’étrave de la coque bâbord. Pas terrible pour amortir le tangage… Lors d’une transat, le mouillage aura intérêt à être stocké dans un coffre près du mât ou dans le cockpit. Ensuite, les fameux postes de barre. Ils sont situés sur chaque coque, avec une vue exceptionnelle sur le plan de voilure et le bord sur lequel on se trouve. Mais gare à l’angle mort du rouf : il faut s’habituer à veiller à travers les vitrages. Enfin, le fameux bimini : trop bas, il rencontrera immanquablement les crânes des équipiers distraits qui quittent un peu vite le cockpit…
Bimini rigide et accès de plain-pied
Le chantier a tenu compte de ce dernier défaut : la déclinaison 402, lancée en 2005, offre quelques marches bien utiles pour quitter le cockpit. Et il est possible de découper le bimini pour faciliter le passage. Nautitech a profité de son refit pour lancer une version propriétaire – diffusée 10 exemplaires seulement, elle est logiquement très prisée en occasion. Autres modifications remarquables à bord du 402 : une cuisine un peu plus grande qui intègre la poubelle, les sièges de barre basculants deviennent fixes sur le capot moteur et enfin d’astucieuses modifications de structure permettent d’abaisser les couchettes de 18 cm. Plus de confort et plus d’espace visuel, c’est toujours bon à prendre. En 2008, le chantier change ses boiseries et opte pour du bois clair... Mais le bateau commence à accuser son âge et il est temps pour le chantier de relancer un nouveau modèle : le Nautitech Open 40 sera présenté fin novembre. Le premier constat de Bruno Voisard, patron / créateur du chantier, c’est que "l’équipage n’utilise pas la table du carré". Du coup, la nacelle abritera un carré transformable et une cuisine au fond ou un ensemble loft et table à cartes, c’est au choix. Une seule table de carré donc, sous le bimini. Le rouf sera élargi grâce à des joues latérales pour assurer une excellente protection du cockpit, lequel pourra être couvert par des bâches avec un système de fermeture rapide. Du côté des carènes et du design, Nautitech tient à surfer sur la vague de son 542, très bien accueilli : c’est donc Marc Lombard qui a dessiné ce nouveau 40...
Les + :
+ Forte valeur de revente
+ Voilier costaud et plutôt bien fini
+ Grande capacité de couchage
Les - :
- Unité plus chère que ses concurrents de même taille
- Centrage des poids perfectible
- Bimini trop bas
Les points à vérifier
On a affaire à un voilier bien construit : pas de problèmes structurels à craindre. Le seul défaut connu est un problème d’étanchéité entre le pont et le rouf. Ce dernier est posé sur la plate-forme et la cornière de jonction s’est révélée, sur les tout premiers modèles, insuffisante. Elle a rapidement été revue et encore accentuée sur les plus récentes unités. De nombreux Nautitech 40 ont été exploités en location : beaucoup d’heures de mer, ce sont des moteurs et un gréement durement sollicités. Et parfois des ailerons qui ont tâté du corail d’un peu trop près. A contrôler. Les emménagements s’en sortent plutôt bien, seuls les groupes froids ont causé quelques soucis aux loueurs.
Fiche technique
Chantier : Nautitech Catamarans
Architecte : Mortain/Mavrikios
Longueur de coque : 11,98 m
Longueur à la flottaison : 11,50 m
Largeur : 6,40 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Poids lège : 7,4 t
Surface de grand-voile : 50 m2
Surface de génois : 37 m2
Moteur : 2 x 29 ch
Production : 90 exemplaires de 2003 à 2011
Prix occasion : 150 000 euros