Pensé dans les moindres détails, ce Nautitech joue la carte de l’efficacité et du sens marin. Pas de gadgets ni de bluff marketing : on a bien affaire à un catamaran construit pour durer… donc à une bonne occasion !
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Déjà un classique !
Si les premiers Nautitech de la seconde génération – comprenez le 40 et le 47 qui ont été lancés par le constructeur qui n’appartient plus au chantier Dufour depuis 2002 – étaient directement issus des précédents modèles, le 44 présenté en 2006 est bien un dessin inédit… Le cabinet Mortain/Mavrikios a travaillé 18 mois sur le projet. Finalement, mis à part la fameuse cuisine en U déjà en place à bord du Nautitech 435, on relève en effet beaucoup de changements, à commencer par le plan de pont complètement revu, avec un rouf à casquette et des hublots plus verticaux. Les emménagements gagnent également en confort. Le choix de coques plutôt fines a été conservé, et c’est tant mieux ; c’est grâce à elles que le 44 affiche un potentiel intéressant sous voile malgré un ratio voilure/poids moins favorable – 10,33 m2/t contre 12 pour le 435. L’accent a été mis sur la convivialité de la nacelle, de plain-pied avec le cockpit. En revanche, comparée aux standards actuels, la capacité de charge est forcément réduite. La carrière du 44 s’est poursuivie jusqu’en 2014 sous les vocables 441 et 442 ; le premier dispose d’un poste de barre, contre deux pour le second. Tous deux disposent d’une finition plus flatteuse et de hublots de coque plus grands. Et la possibilité d’arborer une grand-voile à corne.
Bon marcheur avec ses ailerons qui calent 1,20 m, le Nautitech 44 remonte plutôt bien au vent.
Design classique… qui vieillit bien !
Le rouf, même s’il est plus proéminent que celui du 395, reste sobre et s’intègre remarquablement bien dans la silhouette générale – la finesse du bimini rigide, marque de fabrique Nautitech dès 2003, y est pour beaucoup. Un joli coup de crayon avec une tonture inversée qui, s’il n'est pas révolutionnaire, offre l'intérêt de rester dans le coup 10 ans après son lancement. Le constructeur et les architectes ont clairement privilégié les qualités marines avec des coques au franc-bord maîtrisé, une largeur à la flottaison bien plus faible que celle de la plupart des catamarans actuels typés confort, et surtout une confortable hauteur du tunnel de la nacelle de 80 cm. Même souci de robustesse générale à juger par les échantillonnages du sandwich polyester et les contremoules qui raidissent la structure, le profil alu retenu pour le mât et les moteurs de 40 CV – là où la plupart des constructeurs se contentaient il y a 10 ans de 30 CV. De fait, le 44 marche gaillardement à 8 nœuds sans pousser les manettes dans le coin – le régime de croisière est de 2 200 tours.
Véloce dans la brise
Soucieux de limiter les efforts lors des manœuvres, le constructeur a limité la surface de la voile d’avant, laquelle s’apparente à un petit yankee avec son point d’écoute très haut – l’idée est de reculer le point de tire pour que le winch soit à portée du barreur. Ou plutôt du poste de barre sous le vent, car il y en a deux. La grand-voile, quant à elle, profite d’une bonne assez longue ; on arrive donc à 60 m2 contre 35, en faveur de la grand-voile, évidemment. Cette configuration s’avère plaisante lors des manœuvres – le 44 vire d’ailleurs très facilement, même si les écoutes du génois s’accrochent souvent au winch du mât –, mais le bateau manque clairement de chevaux en dessous de 3 Beaufort. C’est bien sûr dans ces conditions qu’un gennaker sera bien utile. A commander d’urgence si le Nautitech que vous convoitez n’en est pas équipé. Avec 8 nœuds de vent, le bateau atteint 5 nœuds au près à 45° du vent apparent. Deux nœuds de vent en plus et le speedo monte à 6,5 nœuds, ce qui démontre l’appétit des carènes fines pour la brise. Le 44, dès 20 nœuds de vent, est capable de dépasser facilement les 10 nœuds. Et tangue peu dans la mer formée, gage de confort pendant les traversées au large. Une bonne surprise, car le mouillage et son guindeau sont installés en bout de coque bâbord – comme sur le 40. Lors d’une transat, il sera judicieux de stocker la chaîne et l’ancre dans un coffre plus central.
La cuisine en U est à l’usage séduisante : on est parfaitement calé quand la mer est agitée.
Un plan de pont épuré
Le choix de concentrer les manœuvres au pied de mât et vers les postes de barre – à l’ancienne – ne pose finalement que peu de contraintes tant l’accès est partout facile et bien pensé. La grand-voile se règle depuis le centre de la poutre arrière, sur le passage qui mène d’une barre à l’autre. Les passavants bien dégagés permettent d’accéder aux winches de mât facilement – le profil est posé devant le rouf – et ce dernier s’escalade avec aisance grâce à des marches au moment de zipper le lazy bag. Un bon point également pour le bimini rigide : plus haut que celui du 40, il protège très efficacement le cockpit sans accrocher les têtes… Et son toit ouvrant est une belle trouvaille. Côté farniente, on est gâté avec une belle banquette en U et sa table à abattants, et un grand trampoline. Et pour la baignade, deux jupes arrière bien aménagées.
Ambiance chaleureuse à bord, et une vraie table à cartes bien pratique…
Des emménagements soignés
La première satisfaction en découvrant la nacelle du 44, c’est l’accès de plain-pied. Mais la porte paraît étroite comparée aux dernières productions. Dans la nacelle, on trouve 1,90 m de hauteur sous barrot et un grand carré repoussé tout à l’avant. La table à cartes, un vrai bureau, jouxte le cockpit sur bâbord. En face, une étonnante cuisine en U. Elle se révèle bien pratique quand la mer est agitée et ne gêne pas la circulation de l’équipage, d’autant que la surface de plancher est généreuse. Cette cuisine profite d’une baie vitrée qui s’ouvre sur le cockpit. Le chantier a opté pour une finition de bon goût – contremoulages blancs, panneaux bois et lattes moulurées. L’accès aux coques est aisé. On dispose de trois ou quatre cabines – sans compter les pointes parfois aménagées. Les couchages sont disposés travers à la marche. Partout, un volume et des rangements généreux.
Le Nautitech 44 est un excellent support pour le grand voyage. Plaisant sous voile, robuste et marin, il est taillé pour les longues traites océaniques, et son volume est suffisant pour accueillir dans de bonnes conditions de confort une famille, et même des invités. Conçu dès le départ pour les propriétaires comme pour la location, ce modèle se révèle polyvalent, plutôt simple à entretenir… et continue à être, aujourd'hui, un joli bateau.
Les plus
Robustesse générale
Cuisine en U
Performances dans la brise
Les moins
Sous-toilé par petit temps
Sensible à la surcharge
Mouillage décentré et sur l’avant
Les points à vérifier
Ce modèle, renforcé par des contre-moulages, a une très bonne réputation en termes de qualité de construction. Pas de problèmes structurels à craindre… Ici, il y a plutôt plus de fibre et de polyester que pas assez ! Idem pour le gréement et l’accastillage, d’autant que le tout est encore récent. Seul un usage intensif – location évidemment – réclamera un examen plus soutenu de tous les points d’usure classiques (vit-de-mulet, haubanage, moteurs, mèches de safrans, plomberie, électricité, etc.).
Fiche technique
Longueur de coque 13,47 m
Longueur à la flottaison 12,20 m
Largeur 6,8 m
Tirant d’eau 1,2 m
Poids 9,2 t
Voilure au près 95 m2
Grand-voile 60 m2
Génois 35 m2
Cabines 3 ou 4
Moteur IB 2 x 40 CV
Matériau sandwich polyester
Architecte Mortain/Mavrikios
Constructeur Nautitech Catamarans
Prix occasion A partir de 180 000 euros HT
Essai dans Multicoque Mag n°120