Depuis 2002, Nautitech habitue le public des salons d’automne à des nouveautés régulières. Le 40’, puis le 47’ en 2004 sont des évolutions restylées des 395 et 475. Cette année, le 44’ affirme un dessin inédit et une stylique issue de plus de 18 mois d’études préalables avec le cabinet Mortain-Mavrikios.
Infos pratiques
- Le chantier : Nautitech 44
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Le chantier Nautitech
Bruno Voisard a débuté dans la plaisance en 1978 comme menuisier, plus tard il fonde une société de location en Bretagne et ne tarde pas à s’intéresser au développement outremer. Après Sea Tour, il crée VPM en partenariat avec Nouvelles Frontières. Depuis, il a repris la marque Nautitech jusqu’alors propriété de Dufour et relancé les 40’ et 47’, profondément remaniés mais construits dans les moules de leurs prédécesseurs. La gamme rencontre depuis un succès mérité, et il était temps de concevoir un tout nouveau bateau pour s'intégrer, dans la gamme, entre les 40 et 47'.
Le 44 reprend la silhouette réussie des Nautitech 40 et 47. Un très joli bateau !
Le Nautitech 44’
L’ancien 435 (une extension du 395) était un bon bateau qui aurait pu connaître une deuxième vie en production, mais la perte du moule a conduit les concepteurs à créer une vraie nouveauté. L’expérience du cabinet Mortain-Mavrikios dans ce segment sera déterminante (en outre elle renforce la cohérence de signature de la gamme). Il fallait un catamaran d’inspiration "classique" répondant aux attentes d’aujourd’hui, tant pour les habitués que pour les nouveaux locataires ou les béotiens (dont les yeux de Chimène s’ouvrent sur les incroyables volumes des multicoques présentés dans les salons nautiques). Le cahier des charges ? Beaucoup de convivialité dans la nacelle et à l’extérieur, une circulation de plain-pied, une intimité préservée dans les cabines et des performances correctes servies par un joli dessin : il ne restait qu’à relever le défi !
Le poste de barre décalé permet d'avoir une bonne visibilité à la fois sur l'avant et sur les voiles.
Architecture et lignes d’eau
15 centimètres plus larges que celle du 435, les coques du 44’ restent assez fines et le parti pris d’un tunnel de nacelle élevé (80 cm) et dégagé favorise la perception esthétique de face et joue un rôle favorable dans la progression par mer agitée. Les lignes d’eau sont assez tendues depuis l’avant jusqu’à la naissance des voûtes où la mise en volume a été spécialement travaillée pour générer un bon appui pendant la marche au moteur (2 X 40 CV !) et favoriser des écoulements délicats à mi-charge. Une paire d’ailerons et deux safrans elliptiques achèvent une étude harmonieuse et équilibrée dont la surface mouillée reste modérée.
Avec ce 44 pieds, le chantier Nautitech propose un vrai cata pour partir…
Une silhouette classique et réussie
Le 44’ est un joli "canote" : les hauteurs de franc-bord sont raisonnables la ligne générale est mise en valeur par un liston bois et cinq panneaux plexis dont les ouvertures sont intégrées dans des réservations de bordés. Les bandes décoratives (rouges ou bleues) soulignent la flottaison maximale et participent à une bonne acceptabilité de la silhouette. Le roof est élégant, sans exagération d’aucune sorte et le bimini rigide n’est pas trop pénalisant (poids et esthétiques sauvés par la finesse d’exécution).
On passe d'un poste de barre à l'autre facilement. Un plus pour la sécurité !
Construction
Nautitech s’inspire des méthodes modernes de production en sous-traitant les ensembles plateforme, aménagements et cloisons. Les coques sont infusées : ce procédé haute technologie est maintenant bien maîtrisé et assure, outre une hygiène et une sécurité améliorées, un meilleur compactage des peaux sur l’âme et une diffusion optimale de la résine. Après livraison dans la nouvelle usine de Périgny (La Rochelle), 45 techniciens ont en charge la stratification des cloisons en contreplaqué Multipli, la pose des aménagements, des moteurs, des réseaux et du pont. Le chantier délègue la phase Polyester "lourde" et peut ainsi exercer son contrôle qualité en se recentrant sur les métiers du second œuvre (assemblage, finitions), ce choix semble judicieux !
L'intérieur est raffiné et offre toutes les commodités qu'un propriétaire exigeant est en droit d'attendre.
Plan de pont
Le modèle essayé est un quatre cabines (version exclusive), à la présentation générale flatteuse ; la brillance du gel-coat, la finesse de démoulage sont évidentes. La table de cockpit et les parements de teck renforcent la perception d’un produit de qualité. L’ergonomie du pont est agréable, les déplacements et l’accès au toit du roof cohérents. Marchepieds et mains courantes sont présents et bien positionnés ; la zone de manœuvre arrière est pratique, il sera possible d’y travailler par grosse mer sans crainte. Les transferts d’une barre à l’autre ou en direction des winches s’effectuent au "pas de course" en toute sécurité. La fluidité s’exerce encore en pénétrant dans la zone "carré extérieur", ce concept plaira à de nombreux utilisateurs car il est intelligemment décliné : on ne se cogne pas dans le bimini rigide qui joue son rôle protecteur (intempéries et soleil) et la convivialité de ce "salon outdoor" est exemplaire.
Les cabines offrent un bel espace et la chaleur de leurs aménagements.
Aménagements
En bureau façade ou avec le siège traditionnel dans le sens de la marche, la table à carte est de belle facture ; la cuisine en U est redoutable d’efficacité (service rapide aussi bien vers le carré que vers la table de cockpit et confort dans la mer formée). Le volume de nacelle permet à l’ensemble carré-salon, cuisine-bureau de s’exprimer pleinement. Les descentes vers les cabines sont ergonomiques et la sensation de "bel objet" se poursuit avec la découverte de la coursive qui relève le pari d’être agréable à traverser, de préserver une bonne souplesse de fonctionnement (accès direct à la salle d'eau) et d’offrir aux cabines des volumes étonnants et une atmosphère chaude et privative. Le confort d’utilisation des salles d’eau et wc est remarquable (bravo pour la lumière et la ventilation). Le vaigrage "façon classique" (lattes moulurées) est chaleureux et l'atmosphère créée par l’alternance de panneaux blancs et bois est réussie. Les surfaces de planchers sont généreuses, les rangements abondants et les ouvertures de portes étudiées pour une fonctionnalité réelle à la mer.
Cuisine, grand salon et très belle carte à table : le Nautitech propose un bel exemple d'aménagement réussi du carré.
Essai en mer
Profitant du convoyage vers le salon de Cannes, je mets mon sac à bord aux îles du Frioul, nous appareillons vers 19h30 au moteur, en double avec Jean-Louis. Au régime de croisière, le bateau glisse à 8 nœuds de moyenne face à un petit clapot et le crépuscule entre les îles est un enchantement que la discrétion des moteurs ne perturbe pas. Notre "casse-croûte" de mer est pris à l’extérieur tantôt dans le cockpit, tantôt aux postes de barre dont la conception favorise une qualité d’observation et un toucher efficace (câbles push-pull reliés à une biellette rigide). Cette longue séance au moteur confirme l’excellente adaptation de l’ensemble mécanique : très puissant, discret et... performant. Après un petit somme de 2 heures, j’envoie la toile face à 8 nœuds de vent d’Est (la météo prévoyait force 5-6 !). Avec le parti pris d’un solent en coupe Yankee (point d’amure assez haut permettant d’avoir un bateau tolérant dans la brise et d’éviter les winches sur le roof), nous trottinons gentiment à 5 nœuds, un peu sous-toilé (un gennaker complète ce dispositif) mais, vers 3 heures du matin, la brise se lève progressivement. C’est le moment pour le Nautitech 44’ de nous montrer ce qu’il sait faire : un premier bord nous déhale à 6.35 nœuds avec 10 nds réels (à 45° de l’apparent). À 4.5 milles de la côte, nous touchons un air plus frais (12 nœuds), le 44’ glisse à 8.2 nœuds (à 50° de l’apparent) sur un clapot naissant. Une demi-heure plus tard la vitesse se stabilise à 8 nœuds sur un terrain maintenant plus accidenté. Dans le vent frais et tonique de ce petit jour, nous envoyons tribord amure, le Nautitech chevauche avec aisance cette mer courte et frontale (sans difficulté réelle), il est vivant, et montre ses bonnes aptitudes. Les mouvements sont doux, les carènes acceptent de monter au vent sans hésitation et, moyennant un cap de compromis, le résultat en terme de VMG est honorable. Nous progressons rapidement vers le but, distant d’une quarantaine de milles. Le bord au large permet "d’ouvrir" à peine et la vitesse grimpe à 8.7-8.8 (20 nds apparents à 5O° du réel), contre un clapot maintenant plus revêche. Comme sur tous les Nautitech la grand-voile est très prédominante, mais, l’équilibre de barre est parfait et les carènes laissent échapper des sillages sans turbulences particulières (nous sommes peu chargés). Le Nautitech est évolutif, il vire bien et se relance en quelques longueurs (sans choquer la grand-voile). À cette allure, la vie dans les cabines reste confortable et l’isolation phonique est maîtrisée (les contre-moulages génèrent du poids, mais ils ont un impact positif sur la présentation et l’isolation). Les voiles de série (Incidences) en Dacron sont belles, il est certain que, sur une version propriétaire, le choix du Spectra Hydranet Radial fera la différence en terme de performances et de stabilité des profils. À 10h nous affalons devant la jetée de Cannes au terme d’un convoyage facile et très agréable, c’est déjà fini ?
Il existe deux version de la table à carte, avec ou sans siège. Au choix du propriétaire !
CONCLUSION
En charter ou en version propriétaire, le Nautitech 44’ affirme sa personnalité dans un segment très convoité. Agile, bon marcheur et simple à utiliser, il conviendra aux candidats voyageurs et sa taille le prédispose aux traversées océaniques. Très confortable la version charter propose 4 cabines aux prestations ”propriétaire” et l’équilibre convivialité-intimité est remarquable. Avec le gennaker, le plan de voilure s’adapte à toutes les conditions de vent et, les équipages qui sauront être raisonnables sur la charge embarquée (dessalinisateur ?) profiteront d’une excellente plate-forme. Les postes de barre décentrés permettent une vision technique du plan de voilure et contribuent à l’agrément global en séparant bien les activités vie à bord-loisirs-manœuvre.
Les Concurrents
Modèle Constructeur Architecte Longueur Poids Surface au près Prix ttc en € Privilège 445 Alliaura Marine Lombard 13.45m 8.9 t 111 m2 532 220 Belize 43 Fountaine Pajot Joubert Nivelt 13 m 8.6 t 111 m2 376 740 Leopard 43 Robertson & Caine Simonis Voogd 14.13 m 8.6 t 114 m2 377 000
Les plus
- Equilibre de conception - Bonne qualité de fabrication - Agrément d’utilisation
Les moins
- Winches et écoutes un peu sous-dimensionnés pour la brise ; et absence d'option génois - L’écoute de solent accroche le winch de mât au virement - Accessibilité moteur
FICHE TECHNIQUE
Architecte : A.Mortain, Y.Mavrikios Constructeur : Nautitech catamarans Longueur : 13.47 m Flottaison : 12.20 m Largeur : 6.8 m Tirant d’eau : 1.20 m Plan anti-dérive : ailerons fixes Poids lège : 9.2 t Hauteur sous nacelle : 0.8 m Surface au près : 96 m2 GV : 65 m2 Solent : 30 m2 Eau : 800 l Fuel : 2 X 200 l Moteurs : 2 X 40 cv Homologation CE : Cat. A pour 10 personnes Matériau de construction : sandwich infusé polyester / verre / mousse. Cloisons CP Mouillage : guindeau 1200 w dans coqueron avant bâbord Prix : 393 900 euros Prix de la version essayée : 436 220 euros
Le Nautitech existe en version 4 cabines…
et 3 cabines, plutôt pour les propriétaires exigeants.