Digne descendant du Nautitech 475, dessiné par le cabinet rochelais Mortain/ Mavrikios, ce grand catamaran marie habilement performances et habitabilité. Le chantier a réalisé une unité tout à fait homogène, que pour vous nous avons essayée…
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Beau temps, belle mer.
Nous sommes au large du bassin des Minimes de La Rochelle, sur le plan d’eau protégé des Pertuis. La jolie brise souffle entre 15 et 20 nœuds, et la pureté des lignes du Nautitech, qui file à un peu moins d’une dizaine de nœuds, ne peut laisser indifférent celui qui aime les beaux bateaux. Vent et soleil sont de la partie, les conditions idéales sont réunies pour réaliser un essai dans de bonnes conditions ; et quand le bateau du jour est une unité qui, à priori, et avant même d’y avoir posé le pied à bord, semble plutôt bien née, la journée sera bonne. Feu le Nautitech 475, dont le 47 reprend les moules des coques, la nacelle s’avère radicalement différente, même si on y retrouve, indéniablement, un certain air de famille. Tout comme le 40, le petit frère du 47 dans la gamme du chantier Nantais (ville où sont implantés les bureaux, puisque le 40 voit le jour à La Rochelle, tandis que le 47 est assemblé à Lorient), ce bateau bénéficie d’entrées d’eau bien profilées. La traînée induite par la faible surface mouillée devrait favoriser la progression dans le petit temps, et au prés, ce dessin devrait lui permettre une remontée correcte dans le vent. Je suis encore à bord de la vedette ‘L’Aubisque’, du port de La Rochelle, pour achever les photos sous voiles, elle me dépose à bord du 47. Eric, notre skipper, empanne, nous mettons le cap vers le large, pour un tour de l’Ile de Ré, un parcours qui va nous faire naviguer à toutes les allures : dans un premier temps, le près dans le clapot formé, avec la mer du large, et donc, dans une certaine mesure, celle du vent ; un peu plus tard, nous devrions rencontrer un vent de travers, au nord de l’île, avant de bénéficier, pour le retour, d’une brise portante.
Un grand catamaran qui marie habilement performances et habitabilité.
Avec 15 nœuds de vent, à 70° de l’apparent, nous avançons tranquillement à 8 nœuds, sous le vent de la côte, et donc sur une mer plate. Les transmissions par drosses offrent des sensations intéressantes, à cette allure, le bateau se mène du bout des doigts, et la position, depuis le poste de barre au vent, bien déporté sur la coque (la console bâbord reçoit les commandes et les instruments), offre un réel plaisir. Malgré son poids et sa taille, le bateau répond aux sollicitations ; il est annoncé à un peu moins de 14 tonnes, ce qui semble plausible. Nous naviguons au près, nous sommes assez proches d’une pointe, et la mer lève un désagréable clapot, perpendiculaire, décalé par rapport au vent, il s’oppose à notre marche, et nous fait perdre en vitesse. Nous commençons à ressentir la houle du large, et malgré la faiblesse relative de la hauteur de la nacelle au-dessus de l’eau, nous ne sommes pas trop gênés par le choc des vagues. Comme sur tous les catamarans, et dès qu’il y a un peu de mer, ces chocs sont normaux. Avec 18 nœuds de vent réel, à 55°, on avance à 8 nœuds. Ce vent est irrégulier, dès qu’il diminue, notre vitesse suit la même courbe, et avec 15 nœuds de vent, on n’est plus qu’à 6 nœuds. Il convient cependant de relativiser, et comme écrit précédemment, les vagues de face tendent à nous ralentir. Nous sommes gâtés : le vent adonne, il est désormais travers, et le Nautitech 47 continue sa cavalcade, à plus ou moins 8 nœuds. Puis il refuse, tant et si bien qu’un long bord de près s’avère nécessaire pour dépasser la pointe nord de l’île. Après avoir viré, nous n’avons plus à faire front à ces vagues de face, le passage dans la mer devient plus fluide, et le Nautitech 47 accélère. Quand enfin nous abattons, de quelques degrés au départ, puis plus nettement, naturellement, la navigation devient plus confortable, on choque les écoutes, et on regrette, dans ce vent mollissant, de ne pas disposer de chevaux supplémentaires, gennaker ou spinnaker. Nous approchons des Minimes, la grand-voile descend, les moteurs sont démarrés. A 2.300 tours/minute, nous sommes à 8,5 nœuds. Les moteurs sont deux Yanmar de 53 chevaux, implantés tout à l’arrière des coques, on y accède par des panneaux situés sous les postes de barre. De là, on a accès à tout l’intérieur de la poutre arrière, d’où on peut surveiller la jonction des barres, ainsi que toutes les gaines techniques qui y passent. Nous rentrons au port. Même si je n’effectue pas les manœuvres d’accostage, il est aisé de constater que, même si la vue sur la mer est bonne, il n’y aura d’autre solution que de chercher la visibilité sur l’angle opposé à travers la baie vitrée du carré.
Sous voiles, le Nautitech 47 offre des performances tout à fait en adéquation avec son programme de croisières hauturières (photo : Y. Zedda)
Tour d’horizon extérieur.
Hier au soir, alors que le Nautitech était mouillé nez au vent, seul un faible courant d’air parcourait le cockpit. La nuit était tombée, un éclairage sympathique diffusait sa lumière dans cet espace où, en compagnie de quelques membres du ‘staff’ de Nautitech, je découvrais le catamaran pour la première fois. La table extérieure, agrémentée en son centre d’une petite glacière, est ceinte d’assises constituées d’une banquette, d’une part, et de fauteuils pliants de type cinéma, d’autre part, et qui trouvent aussi leur place à l’intérieur. Hormis la porte de descente, coulissante, la communication entre l’extérieur et l’intérieur est facilitée par une baie vitrée, coulissante elle aussi, pratique à tous points de vue. Assis confortablement dans le cockpit, le regard dans le hard-top, le toit ouvrant, la marque de visite du chantier, permet, en mer, de surveiller le réglage de la grand-voile ; par beau temps, ou sous les tropiques, il offre un contact direct avec les éléments, et permet, selon les conditions, mais aussi les humeurs, de se protéger du soleil, ou, lors des quarts de nuit, de compter les étoiles… Prenons le temps d’effectuer un tour d’horizon de la plate-forme. Le plan de pont est à l’image du bateau, plutôt dépouillé, et avant tout fonctionnel. La circulation est aisée, et j’apprécie l’esthétique agréable et l’impression dégagée que procure l’ensemble. Un radeau de survie trouvera sa place le long de la poutre arrière, et entre les jupes, deux gros tubes en inox, bien renforcés, constituent les bossoirs de l’annexe. Le rail de grand-voile court sur cette même poutre, il est desservi par deux winches et trois coinceurs, ils contrôlent le chariot, et les deux extrémités de l’écoute, qui peuvent ainsi être choquées à tout moment, depuis l’un ou l’autre des postes de barre. Les bosses de ris se manœuvrent depuis le pied de mât, tout comme la drisse de grand-voile, qui, à défaut, sur le bateau essayé, de winch électrique, pourra s’envoyer à l’aide du guindeau, après avoir renvoyé la drisse sur une poulie ouvrante. Soyons réaliste : sur ces tailles de bateau, la surface de grand-voile commence à être tout à fait conséquente, et si elle est envoyée manuellement, au winch ou à la volée, elle demande un minimum d’énergie de la part de son équipage. Tout à l’avant, le guindeau et la chaîne trouvent leur place en avant du mât, la chaîne court sur un guide en aluminium, sous la poutre longitudinale, jusqu’à la poutre avant, où l’ancre reste à poste.
Le poste de barre est agréable, même si la visibilité manque un peu pour les manœuvres de port…
A l’intérieur, un travail de finition soigné.
La cuisine en U est sur tribord en entrant, elle offre de nombreux rangements ; on peut y mettre la vaisselle depuis l’intérieur, et l’extraire en face, du coté de la porte, en communication presque directe avec l’extérieur ; ‘comme à la maison’, ce système devrait, à l’usage, s’avérer pratique. Dans la nacelle, le carré occupe toute la partie frontale, la hauteur sous barrots y est partout suffisante. Les grandes baies vitrées offrent une vision panoramique, et la ventilation est correcte. La table modulable est tout à fait intéressante : d’un coté, on dispose d’un guéridon, dont la hauteur est réglable ; de l’autre, on trouve la table à manger, qui se déplie et se replie, au gré des désirs de l’équipage, pour venir recouvrir le petit guéridon. La version essayée propose quatre cabines, avec quatre cabinets de toilette ; la version propriétaire, dont le premier exemplaire sera construit en 2005, devrait offrir un volume des plus confortables. Ici, les cabines sont véritablement privatives, de chaque coté des descentes, des portes délimitent les espaces, et une petite coursive donne l’accès aux toilettes : leur aération est perfectible, mais la solution technique difficile à trouver ; le problème devrait cependant prochainement trouver une solution. Les vaigrages, en réalité un moulage polyester, sont une imitation parfaite du bois, et j’avoue m’y être laissé prendre. C’est remarquablement bien réalisé, facile d’entretien, et insensible aux UV. Sinon, l’essence utilisée, un bois rouge exotique, est du moabi, les fargues sont réalisées en massif, les panneaux, quant à eux sont en placage. Les cabines avant apparaissent plus spacieuses, elles offrent notamment d’avantage de rangements (un gros placard-équipet plus conséquent), et une petite assise. Leurs couchettes sont positionnées transversalement, vers l’intérieur, dans le corps même de la nacelle, pour y accéder, il faut escalader, en s’aidant d’une marche. Une fois là-haut, on dispose d’un espace et d’une hauteur au-dessus de la couchette tout à fait confortables. Les pics avant seront aménagés à la demande, le bateau d’aujourd’hui propose deux couchettes superposées. Pour ma part, la veille au soir, j’ai dormi dans la cabine arrière, et j’avoue l’avoir trouvée des plus sympathiques.
La cuisine en U offre de nombreux rangements. Un plus en croisière hauturière !
Conclusion.
Le Nautitech 47 nous a séduit, tout comme l’avait fait le 40 ; un coup de cœur, assurément, et à condition d’avoir un budget suffisant pour s’offrir une unité de cette taille, pourquoi s’en priver ? Ce bateau représente un bon compromis en terme de (déjà grand) multicoque de croisière, il réunit dans sa conception tous ces éléments, connus, qui constituent un bateau cohérent : un poids maîtrisé, une surface mouillée fonction du déplacement, une surface de toile adaptée, un plan anti-dérive performant, un poids dans les hauts maîtrisé, et un bon centrage des poids. Le niveau de finition de l’ensemble est très bon, raffiné mais sans excès, et il faut vraiment chercher pour lui trouver des défauts ; il y a bien quelques points discutables, comme ces quelques angles vifs, dans la cuisine, que l’on aimerait voir disparaître, mais il s’agit là de détails facile à corriger. Sur l’eau, à bord d’un Nautitech 47, on trouvera évidemment son bonheur.
Les couchettes de la version quatre cabines sont très agréables. On attend avec impatience de découvrir la version propriétaire du 47 en 2005… (photo : JM Liot)
Les plus :
- Un bateau cohérent. - De bonnes performances pour un bateau de ce type. - Une finition soignée.
Les moins :
- Le manque d’éclairage et d’aération dans les toilettes. - Depuis les postes de barre, le manque de visibilité pour les manœuvres de port. - Quelques angles agressifs à revoir.
Quelques cotes.
- Couchettes arrière : 140 x 190 cm. - Couchettes avant : 140 x 195
Caractéristiques techniques.
- Longueur : 14,50 mètres - Longueur de flottaison : 14 mètres - Largeur maxi : 7,60 mètres - Tirant d’eau : 1,20 mètres - Hauteur du mât : 18 mètres - Hauteur de la nacelle au-dessus de l’eau : 0,80 mètre - Déplacement lège : 14 tonnes - Motorisation : 2 x 53 chevaux - Capacité en gazole : 400 litres - Prix, au départ de Lorient : 394 789 euros
