Si vous lui trouvez toujours un air jeune et moderne, rien de plus logique, le dessin des coques du 475 a fait de la résistance sur le 47 et sur le tout nouveau 482… Bref, les car nes sont top ! Et le reste ?
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Autant vous l’écrire tout de suite : il existe deux 475… Le modèle d’origine et celui que nous découvrons, sensiblement modifié. Notre catamaran, âgé de 16 ans, bénéficie en effet d’une table extérieure entièrement repensée, d’une plateforme arrière qui rallonge le cockpit et surtout d’un bimini rigide qui intègre l'écoute de grand-voile. Rien à redire pour la table, la convivialité y trouve son compte. En revanche, on ne voit plus rien à la grand-voile depuis le winch dédié à son réglage. Quant à la superstructure greffée à l’arrière, elle assure une circulation fluide en contournant le cockpit, mais ne se prive pas de cogner dans la mer dès que le bateau se cabre sur un clapot devenu plus creux... Et que dire du poids ! On ne le répétera jamais assez, les kilos sont l’ennemi numéro un des multicoques… Les engraisser, c’est les tuer un peu. Bref, vous l’avez compris, cette version « lourdement » modifiée ne nous a guère convaincus. Alors, revenons au modèle d’origine, bien plus vaillant et séduisant. Il a été conçu en 1995, pour les besoins de VPM, un important loueur de bateaux… La première lettre, c’est le V de Bruno Voisard, l’actuel patron de Nautitech, qui a donc repris la marque après le démarrage made in Dufour : « On a exploité chez VPM une vingtaine de 475. Très peu de modèles ont été commandés par des particuliers : 10 % contre 90 % pour la location. » La plateforme est relativement haut perchée sur deux coques plutôt fines, soit une base très saine pour un catamaran hauturier. De fait, le 475 s’est vite révélé un engin particulièrement marin. « On a pris des énormes bastons avec ce bateau, et rien n’a bronché », se souvient Bruno. Nous voilà rassurés : l’Atlantique est bien à portée d’étraves !
Excellent potentiel dans la brise
Malgré l’absence de dérives, le cap au près est bien meilleur que celui de nombreuses unités de même taille grâce aux sections en U marqué, lesquelles forment un plan antidérive additionnel particulièrement efficace. Autant de qualités nautiques qui ne sont pas restées inaperçues puisque voilà bientôt vingt ans que les carènes Mortain/Mavrikios sont en service, utilisées successivement sur les deux modèles qui ont relayé le 475, à savoir le 47 et le 482. Mais voilà : le 475 est délibérément typé… brise ! Par petit temps, point de salut, le speedo ne s’énerve pas beaucoup. Frustrant pour les mangeurs d’écoutes. La faute à des aménagements très lourds et surtout au plan de voilure, très ramassé et équipé d’un petit foc autovireur. Une configuration qui tient au cahier des charges du bateau : « On souhaitait que le cata puisse tenir les grosses claques qui surprennent entre les îles sans prendre de ris, avec un centre de voilure assez bas pour un vrai confort de nav’ et un maximum de surface dans la GV. Le rapport poids/surface est loin d’être dans les meilleurs, c’est vrai. Mais le 475 est rapide quand même ! » justifie le patron de Nautitech. Notre bateau demande donc du vent. Si notre exemplaire sévèrement alourdi traîne de l’eau, gros remous à l’appui, et peine à dépasser les 8 nœuds au portant avec un bon 4 Beaufort, le modèle standard, lui, marche à plus de 10 nœuds au débridé pour la même force de vent, et les pointes à 14 nœuds et plus ne sont pas rares sous spi. Et c’est vrai que, même si l’anémo enregistre des claques à 30 nœuds, nul besoin de réduire. Le 475 est très sécurisant, même dans la grosse brise ! Le plan de pont préserve de belles surfaces pour le farniente – passavants larges et trampolines. Les postes de barres sont, eux, reculés à l’arrière. Mais la barre est trop basse sur de nombreux modèles ; certains ont été dotés d’une « bassine » pour descendre les pieds du barreur pour arranger la situation. Même constat pour le travail sur les winches : on est ni debout, ni à genoux, on n'y travaille donc pas très bien...
Îlot central comme à la maison
La principale originalité du plan d’aménagement tient à la double entrée de la nacelle. Une disposition plaisante en location avec beaucoup de monde à bord – la circulation reste alors particulièrement fluide. En revanche, la convivialité des dessins actuels, avec cuisine attenante au cockpit, n’est pas de mise ici. Deuxième signe distinctif, l’îlot central. Il fait office de réfrigérateur et de desserte, sous une paire d’épontilles et d’équipets imposants dans lesquels on range les verres. Pas de vaigrages ici, mais du projeté. Le Formica imitation bois est très lourd, mais il vieillit bien et l’ensemble est très facile à entretenir. L’impression de volume est bonne grâce à une généreuse hauteur sous barrot de 1,96 m à l’entrée de la nacelle. Tout à l’avant, sous les hublots, qui devront être obturés sous le soleil tropical, le carré s’étend sur une longue table en demi-lune, soit 2 m de long par 0,78 de large. Les cabines sont bien sûr logées dans les coques. Lesquelles, assez fines, on l’a dit, réservent des coursives relativement étroites. En revanche, les couchages sont confortables, surtout à l’arrière. Les cabines équipage, pour les modèles qui en sont dotés, sont accessibles via les cabines avant ou par un capot de pont.
Le Nautitech 475 est un support, presque 20 ans après sa sortie, parfaitement adapté à la grande croisière en famille… même s’il était prévu pour la location à la semaine. Ses formes de carènes peu volumineuses réclament en revanche un vrai effort quant au devis de poids. Amateurs de biminis rigides, de groupes électrogènes surpuissants et de moteur d’annexe de 30 CV, intéressez-vous à un autre modèle !
Les points à vérifier
Le seul point noir de cette série concerne les tout premiers modèles, qui ont parfois souffert de faiblesses structurelles – un défaut très vite corrigé par Dufour. La plupart des 475 ont été exploités pendant de nombreuses années en location, aussi certains organes, comme les moteurs, les pompes, la tuyauterie mais galement l’installation électrique, ont pu souffrir d’un usage intensif… Les unités "refitées" présentent évidemment de meilleures garanties. Préférez ces modèles avec des moteurs récents, un gréement révisé et des voiles peu usagées, à ceux qui portent encore les ébérchures de gel coat des accostages approximatifs !
Les + :
+ Carènes éprouvées et… toujours d’actualité !
+ Catamaran facile à gérer en équipage réduit ou en solo.
+ Les aménagements vieillissent bien.
Les - :
- Peu toilé, le 475 n’apprécie pas le petit temps.
- Position de barre peu confortable sur de nombreux modèles.
- La double entrée de la nacelle peut rebuter.
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Dufour
Architecte : Mortain/Mavrikios
Mat riau : sandwich polyester
Longueur de coque : 14,30 m
Longueur la flottaison : 13,90 m
Largeur : 7,6 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Poids lège : 11,23 t
Surface de grand-voile : 80,60 m2
Surface de génois : 30,90 m2
Nombre de cabines : de 3 à 6 Moteur : 2 x 30 à 55 CV
Réservoirs d’eau : 750 l
Réservoirs de gazole : 400 l
Production : 48 exemplaires de 1995 à 2000
Prix occasion : 250 000 euros