Fort du succès de son 40, Nautitech décline son concept Open sur un modèle plus grand. Nacelle et cockpit ne font donc qu’un, mais le volume est sacrément revu à la hausse !
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L’Open 40 nous avait beaucoup séduits avec son grand espace à vivre distribué intelligemment entre la nacelle et le cockpit – le fameux concept Open. Le big boss de Nautitech, Bruno Voisard, avait promis début 2015 un grand frère au 40. A l’époque, il était question d’un modèle coiffé d’un flybridge sur lequel on devait retrouver le poste de barre et de manœuvres. Cette version à fly vient d'être présentée au dernier salon de Cannes en avant-première. Plus lourde (de 400 kg) et amputée de 6,5 m2 de toile, elle offre un espace à vivre remarquable et elle correspond à une demande des plaisanciers désireux de contrôler la marche du bateau avec une vue à 360° sur le plan d’eau. Mais revenons à notre Open 46 d'essai. Nautitech, historiquement, défend avec constance une vision du catamaran marin avant tout – le confort, d’accord, mais les performances et l’agrément de navigation doivent passer au premier plan. C’est l'objectif affiché sans complexe de ce nouveau Nautitech, et c'est pour rester fidèles à ses – excellentes – valeurs que les premiers Open 46 ont d’abord été déclinés en version "classique", avec deux barres à roue, un rouf standard et un plan de voilure puissant. Le modèle, présenté pour la première fois au public au Salon des Multicoques à La Grande Motte, se différencie tout de même nettement des catamarans de la première génération et de la deuxième génération – les Nautitech signés Dufour puis les anciens 40 et 47 : le 46 est en effet bien plus haut de franc-bord et les coques sont plus pleines… en partie haute seulement, car un redan sur chaque face parvient à affiner considérablement la largeur à la flottaison. On relève également le gréement très élancé, puisque la tête de mât est à 23 mètres au-dessus de l’eau. Quelques vérifications de l’état de surface du gel coat, de la rigidité des surfaces planes et de la qualité des assemblages donnent la mesure de la qualité de fabrication.
Pour un bon compromis confort et performance, le chantier a fait le choix des redans. Et ça marche très bien !
Dehors ou dedans ?
En cette fin de journée maussade, l’intérêt du concept Open est immédiatement validé : sitôt dans le cockpit, plus un souffle d’air, aucune goutte de pluie. La protection assurée par le bimini enveloppant et les longs débords du rouf est parfaite. Et le flou savamment étudié entre extérieur et intérieur offre une inédite sensation d’espace, alors que la nacelle est en réalité très compacte. Le carré est donc, à l’instar de l'Open 40, reculé dans le cockpit. Sur la grande table de 1,76 m par 0,79 m, il est possible de partager un repas à dix personnes en utilisant les trois tabourets présents à bord. Ce plateau, en option, peut même se transformer en lit "lounge". L’entrée très large – 1,76 m – et le retour des assises de la table qui se fond à la méridienne participent également à gommer toute frontière entre l’extérieur et l’intérieur. Dans la nacelle, on découvre sur bâbord un grand réfrigérateur. Sur notre modèle d’essai, il fait également office de table à cartes – un vrai coin navigation plus conventionnel est disponible en option. La cuisine, quant à elle, ne tente pas de s’approcher au plus près du cockpit – formule retenue sur la plupart des concurrents de l’Open 46. Tout au contraire, le plan de travail jouxte quasiment le trampoline. Avec la configuration en U, on gagne une belle surface, de nombreux rangements, et le cuistot est bien isolé de la circulation de l’équipage. Les six pieds supplémentaires – par rapport à l’Open 40 – ont permis de loger sur tribord un mini carré (chez Nautitech, on l’a baptisé "salon"). En option, il se transforme en quelques secondes en couchette double d’appoint. Lors des longues navigations, c’est un lieu de quart idéal.
Sous voile, le Nautitech Open 46 s'est montré agréable et performant. Un vrai croiseur hauturier pour partir au bout du monde.
Le plein de lumière dans la nacelle
La nacelle, flanquée par d’imposants hublots latéraux et zénithaux, est remarquablement lumineuse. La vue sur mer est donc imprenable, évidemment… Corollaire de ces nombreuses ouvertures : il peut vite faire chaud à l’intérieur si les stores ne sont pas tirés quand le soleil donne. Le chantier propose deux versions d’emménagements – trois ou quatre cabines. C’est la version Propriétaire que nous avons testée ; le skipper profite de toute la coque bâbord avec une grande couchette arrière de 2 m par 1,60 m, un bureau et une salle de bains complète. A l’instar de la finition extérieure, celle de l’intérieur est tout aussi soignée avec de belles mains courantes gainées de cuir, des éclairages indirects à led réglables en intensité, des prises 220 V un peu partout, un parfait ajustement des boiseries et des vaigrages. Dans la coque tribord, deux cabines de belle taille. La salle de bains et les toilettes sont connectées par un astucieux jeu de portes – accès direct de l’un à l’autre et deux passages vers la coursive.
Le chantier vient de présenter une version flybridge de l'Open 46, mais notre catamaran d’essai présente deux postes de barre, bien conformes à la philosophie Nautitech.
Le long cours en mode véloce
Grâce à un déplacement relativement mesuré et à l’élancement de son gréement, l’Open 46 parvient à établir son ratio voilure/poids juste au-dessus de 10 m2/t – valeur frontière entre les catamarans dédiés avant tout au confort et ceux où les performances sont importantes. Pour être complet avec ce chiffre, pour notre Nautitech, il grimpe à 11,5 m2/t avec le génois à recouvrement en option – le catamaran est en effet proposé en série avec un solent autovireur. De quoi largement faire de belles moyennes à la voile en traversée. Malgré le fardage important, l’équipage du chantier – particulièrement amariné, reconnaissons-le – s’extirpe du ponton et des bouées d’amarrage sans difficulté, simplement en jouant des manettes des gaz. Les moteurs de notre catamaran d’essai sont des 55 CV au lieu des 40 CV livrés en standard ; en régime de croisière à 2 200 tours, on navigue à 8 nœuds. A fond, le GPS indique 9 nœuds. Les 40 chevaux pourront donc être suffisants. Notre motorisation plus puissante sera en revanche appréciée pendant les (rares, espérons-le !) navigations par vent fort et mer de face.
Du poste de barre, on a une bonne vue sur le plan d'eau, et surtout sur les réglages de la voile.
Un plan de pont pour les manœuvres… et le farniente !
Notre essai semblait bien mal emmanché à la sortie du port : alors que la brise de mer avait gentiment ventilé toute la journée, le temps est désormais menaçant et le vent aux abonnés absents. On en profite donc pour découvrir le plan de pont ! Dans le cockpit, on compte trois grands coffres et deux logements pour les bibs (80 cm x 30 cm x 52 cm). Les manœuvres reviennent toutes vers les postes de barre. Les bouts, en provenance du pied de mât comme du bimini – pour le réglage de l’écoute de grand-voile et de sa barre d’écoute – sont très intelligemment guidés par un jeu de goulottes et de poulies. Depuis les postes de barre, on profite d’une relative protection. Mais la nacelle masque l’étrave opposée. On s’habitue à surveiller cette zone à travers les vitrages. Trois marches mènent à des passavants particulièrement larges. Antidérapant efficace, bonnes prises – la circulation sur le pont est excellente. Devant la nacelle, la baille à mouillage et le guindeau sont reculés afin de centrer les poids au mieux. Du coup, la chaîne court sur une goulotte entre les deux trampolines. Bien pratique, à ceci près qu’il n’y a pas d’évacuation pour la vase ou le sable, qui ne manqueront pas de s’y accumuler – un détail à revoir sous peine d'avoir à s'imposer une bonne corvée de rinçage après chaque mouillage. Le chantier a prévu une belle zone de farniente sur les trampolines, avec de confortables matelas et une tablette à abattants. Pour grimper sur le rouf, une échelle est à poste. Là-haut, attention à ne pas glisser par temps humide sur les hublots zénithaux dont nous avons parlé plus haut. Une bonne surprise : la bôme est ancrée suffisamment bas pour que les manipulations diverses du lazy bag ou du passage de bosse de ris ne tiennent pas d’une séance d’acrobatie. Bien vu !
La plage avant est bien équipée pour profiter d'un coucher de soleil en traversée, ou de l'apéro au mouillage.
Il ne demande qu’à allonger la foulée !
Notre équipage de pros est impatient de naviguer à la voile ; ça tombe bien, après notre court trajet au moteur, le vent rentre gentiment de l’ouest-nord-ouest. Le mistral prévu par la météo est bien là… Et le ciel a la bonne idée de se découvrir pour libérer les derniers rayons. Du coup, le grand spi asymétrique est envoyé – opération facilitée par sa chaussette. 7 nœuds de vent à l’anémo, 5 nœuds au GPS… on se réjouirait presque, avant de relever 3 nœuds seulement au bon plein avec le foc autovireur. Cette voile est bien séduisante pour tirer des bords sans toucher aux écoutes, surtout en équipage réduit ou en solitaire, mais les 12 m2 supplémentaires du génois nous manquent tout de même un peu en dessous de 3 Beaufort. Un bon point pour les quillons rapportés – en cas de talonnage violent, ils font office de fusible et préservent ainsi l’intégrité des coques – : plus profonds que ceux des principaux concurrents de l’Open 46 (1,45 m contre 1,30 m pour le Lagoon 450, 1,22 m pour le Bali 4.5 et 1,15 m pour l’Hélia 44), ils réduisent certes l’accès aux plan d’eau les moins profonds, mais permettent un cap plus que correct. Notre traceur relève en effet 100 à 110° degrés d’un bord sur l’autre, et une dérive quasi négligeable. Nous commençons à nous ennuyer un brin, quand le vent a une la bonne idée de rentrer pour de bon. Ça, c’est bien un coup de la Méditerranée… 14 bons nœuds sortis de nulle part frétillent le plan d’eau encore tout plat ; au travers, sous gennaker, notre cata s’élance pour un long run à 9 nœuds, et le barreur se fait plaisir à chercher l’angle optimum pour tirer le meilleur rendement du bateau. Au près, le solent autovireur reprend du service et parvient cette fois à décrocher les 7 nœuds. L’équipage de l’Open 46 n’est pas vraiment surpris : lors de leur convoyage depuis le golfe de Gascogne, ils ont atteint 16,4 nœuds. Le vent était établi à 30 nœuds et la bateau progressait à 105° sous grand-voile à deux ris et génois à moitié roulé.
Le voilà, le concept Open ! Longs débords de rouf et bimini couvrant protègent efficacement le cockpit, même par mauvais temps ; du coup, la frontière entre intérieur et extérieur n’existe plus, ou presque.
Conclusion :
Très convaincant, cet Open 46 ! Confortable et pourtant vif sous voile, il offre un agrément de vie à bord inhabituel avec son cockpit en connexion directe avec la nacelle. Un excellent choix pour le long cours en famille, assurément.
Les plus :
- Concept Open séduisant, en mer comme au mouillage
- Finition très soignée
- Carènes performantes dès 6 nœuds de vent
Les moins :
- Table à cartes en option
- Hublots zénithaux glissants par temps humide
- L’écoute de spi fait croche-pied sous le vent
Descriptif technique
- Longueur hors-tout 13,79 m
- Longueur à la flottaison 13,79 m
- Largeur 7,54 m
- Tirant d’eau 1,45 m
- Déplacement 10,8 t
- Surface de voile au près 112 m2
- Solent autovireur 38 m2
- Grand-voile 74 m2
- Gennaker 98 m2
- Spi asymétrique 150 m2
- Motorisation Yanmar 2 x 40 CV diesel
- Réservoirs carburant 2 x 300 l
- Réservoirs eau 2 x 300 l
- Construction sandwich mousse PVC polyester
- Architecte Marc Lombard
- Constructeur Bavaria Catamarans
- Certification CE A pour 12 personnes
- Prix version 3 cabines à partir de 393 700 euros HT
- Prix version Fly 3 cabines à partir de 401 900 euros HT
- Principales options : Pack Holiday : 13 700 euros HT ; Pack Safety : 10 900 euros HT ; pack Blue Water : 17 500 euros HT ; pack Exclusive : 12 499 euros HT ; moteurs 55 CV : 3 900 euros HT ; Code 0 : 4 750 euros HT ; gennaker : 6 140 euros HT, spi asymétrique : 5 500 euros HT ; sellerie avant : 5 400 euros HT , climatisation : à partir de 18 100 euros HT…
Les concurrents
| Modèle | Constructeur | Surface de voile en m2 | Poids en t | Prix HT en € |
| Leopard 48 | Leopard | 144,5 | 14,46 | 489 000 |
| Bali 4.5 | Catana | 121 | 11,8 | 375 500 |
| Hélia 44 E | Fountaine Pajot | 115 | 10,8 | 382 660 |
| Lagoon 450 S | Lagoon | 130 | 15 | 365 750 |
Détails du bateau

- : Voiles de portant. Le chantier propose un Code 0 de 58 m2, un gennaker de 98 m2 et un spi asy de 150 m2.
- : Etraves. Elles sont légèrement inversées au-dessus du redan, pour une petite touche de modernité bienvenue.
- : Cabine(s) arrière. Les couchages font 2 m par 1,60 m. La lumière et l’aération sont assurées par deux hublots de coque et un panneau ouvrant.
- : Cabine avant. Les matelas mesurent 2 m par 1,60 m à la tête et encore 1,40 m aux pieds. Possibilité d’aménager un couchage dans les pointes avant.
- : Local technique. Le chantier a prévu un excellent accès au moteur et la possibilité d’installer d’autres équipements.
- : Echelle de rouf. Elle permet un accès aisé sur la nacelle.
- : Rigole mouillage. Reculer le mouillage pour le centrage des poids, c’est bien, mais la rigole en polyester est rapidement souillée par la vase.
- : Bôme. Elle est assez basse pour qu’on puisse facilement ouvrir et fermer le lazy bag.
- : Farniente : le solarium avant et sa tablette sont plus légers qu’un cockpit avant, et surtout n’entravent pas les manœuvres.Retour manœuvres : les bouts reviennent vers le poste de barre grâce à des renvois astucieux et discrets. 10.
- : Aérateurs dorade : ils sont parfaitement protégés par leurs coques et le robuste arceau inox.