En revisitant le design du pont, du rouf ainsi que le design intérieur, les concepteurs du New Windelo 50 Yachting peuvent-ils prétendre à présenter un nouveau modèle ? Les améliorations validées par le constructeur apportent-elles des changements notables lors de la navigation ? Qu’en est-il du confort et de l’écoresponsabilité ? Pour répondre à toutes ces questions, rien de mieux que d’embarquer à bord – c’est ce que nous avons fait suite à la présentation du New Windelo 50 en première mondiale au Cannes Yachting Festival.
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Conditions : vent de 9 à 15 nœuds, mer peu agitée
Lancé en 2021, le Windelo 50 Adventure a marqué une avancée technologique prépondérante ; on avait relevé, en matière d’écoresponsabilité, sa construction en composite fibre de basalte et mousse PET, mais le premier des Windelo a aussi apporté un nouveau concept de la croisière rapide en catamaran. Le 50 a en effet démontré un excellent potentiel sous voile tout en proposant un cockpit avant protégé faisant partie intégrante de la zone de vie de la nacelle. A l’arrière, le constructeur proposait en option un système de porte escamotable sous le rouf comparable à ce qui a été développé chez Bali. Le jeune chantier a lancé le 54 l’année suivante ; force est de constater que la marque connaît un réel succès auprès de navigateurs hauturiers sensibles au respect de l’environnement, puisque la production atteint désormais 7 ou 8 exemplaires par an. Notons également que tous les Windelo sont propulsés par des moteurs électriques, ce qui fait du constructeur un des acteurs principaux dans ce domaine. Si nous avions été un peu réservés il y a trois ans sur le niveau des finitions (ce qui peut être excusé pour les premiers modèles) et la rigidité de la porte arrière, reconnaissons que la marque a immédiatement réagi à ces critiques. Et nous voici, deux ans après le lancement du 50, avec ce New 50 en version Yachting, bien plus abouti...
Nouveau design
Si les coques et une bonne partie de la nacelle sont restées identiques, en tout cas en apparence, le pont et le rouf ont été revus avec des formes beaucoup plus fluides et aérodynamiques. Pour l’intérieur, le relooking est tangible dès le premier regard. La collaboration étroite entre l’agence LADIDA, Christophe Barreau, Fréderic Neuman et le bureau d’études du chantier a permis de marier design, décoration et prestations techniques dans un même objectif, comme nous allons le constater. Le constructeur a procédé également à un investissement important au niveau des moules de grandes tailles pour le pont et le roof, permettant d’incorporer directement un antidérapant. Ce nouveau mode constructif élimine des assemblages, procure une rigidité accrue et permet une économie de poids – ce qui permet la mise en place d’équipements de confort sans répercussion sur le déplacement total.
Sur le plan esthétique, la réussite est indéniable. Les angles du rouf sont plus arrondis et se traduisent par une dynamique évoquant la performance. La casquette, dépassant des vitrages sur l’avant, protège le cockpit avant des rayons du soleil. Le travail ergonomique, sur le pont comme sur le rouf, outre un meilleur écoulement des embruns ou de la pluie, permet de disposer d’une plus grande surface de panneaux solaires. Cela porte la puissance à 5 680 Wc au lieu des 3 300 précédemment, notamment grâce à l’intégration de panneaux sur les plages avant. Ce gain très sensible favorise évidemment l’autonomie propulsive et domestique sans rejet de CO2.
Une ergonomie et des finitions plus abouties
La visite des aménagements intérieurs est tout aussi convaincante. Une précision importante : sur ce premier modèle, la porte escamotable a été remplacée par une baie vitrée coulissante à six vantaux. En rabattant de part et d’autre ou d’un seul côté les vantaux, l’ouverture est finalement quasiment aussi efficace qu’avec la porte basculante. La manipulation devient beaucoup plus facile et l’isolation s’avère bien meilleure en navigation. Cette modification a aussi été faite pour faciliter l’installation d’une terrasse accueillant une table pour six personnes face à la mer. Deux plans d’aménagement sont toujours disponibles. Alors que le premier 50 disposait d’un carré avec cuisine en U et table en vis-à-vis, celui du New 50, avec cuisine en L et carré en L, nous paraît plus pratique à l’usage, donnant même la possibilité de s’offrir un petit bain de soleil ou une sieste à l’arrière en abaissant le dossier. Le plan des cabines est identique, avec une suite Propriétaire à bâbord et deux cabines doubles à tribord. En revanche, les finitions - nous l’avons évoqué plus haut - sont sans commune mesure avec les précédents modèles. Les panneaux composites stratifiés sont beaucoup mieux ajustés, tandis que le motif le motif de l’éclair sur les cloisons est souligné grâce à un liseré inox entre vaigrage crème et panneaux foncés. La qualité des tissus et vaigrages est bien plus classieuse, contribuant à une ambiance plus raffinée. Ces matériaux sont fabriqués à partir de matière 100 % recyclée et 100 % recyclable. Selon la finition Adventure, Yachting ou Sport, on profite de supports et de teintes différents à même de créer des univers très distincts. En navigation, on se sent vraiment bien installé dans la nacelle ; aucune vibration, aucun grincement ne vient troubler le moment de quiétude que l’on est venu chercher à l’intérieur. C’est d’autant plus vrai au moteur : le bruit généré par la mécanique est quasi imperceptible, comme nous allons le découvrir en navigation.
Un mode tout électrique vraiment utilisable
La météo nous gâte pour cet essai en baie de Cannes : une bonne brise de 10 à 15 nœuds est annoncée avec vent thermique de l’après-midi et un très beau soleil est en mesure d’alimenter en énergie le parc de batterie de 53,8 kWh en 48 volts. Le mix énergétique, chez Windelo, on maîtrise depuis le premier modèle mis à l’eau… Trois ans plus tard, le sujet est mieux traité encore avec la surface revue à la hausse des panneaux solaires – ils sont en mesure de recharger le parc en une quinzaine d’heures, ce qui correspond à deux jours avec de bonnes conditions d’ensoleillement. L’hydrogénération assurée par les hélices Gori de 13,5 pouces peut grimper jusqu’à 2 kW (1 kW par hélice) quand le catamaran navigue à plus de dix nœuds. Deux éoliennes optionnelles peuvent fournir 2 x 400 watts pour les jours sans soleil. Le seul point critique, c’est quand il n’y a ni soleil ni vent (ce qui arrive, mais rarement les deux en même temps). C’est dans ces conditions défavorables qu’on doit faire appel au groupe électrogène de 18 kW. Les deux moteurs Bellmarine de 20 kW installés dans chaque coque sont montés sur ligne d’arbre. La déperdition due aux frottements est minime et, surtout, cette transmission se révèle particulièrement silencieuse. Avec un parc batteries plein, ces moteurs permettent de naviguer pendant six heures à six nœuds, et huit heures à quatre nœuds. Au-delà, c’est le groupe qui fournit l’énergie de propulsion, et l’autonomie totale, avec les 500 litres du réservoir, atteint 1 100 milles à six nœuds. Cela représente plus de 180 heures de navigation si l’on part du principe que la consommation de service sera exclusivement couverte par les énergies vertes. Mais tout ça, c’est la théorie… dans la pratique, le Windelo est avant tout un multicoque rapide asservi par un système développé maison de gestion de l’énergie particulièrement efficace. Autant de qualités qui changent réellement la manière de naviguer. Toutes les informations sur la consommation des moteurs et du bord tout comme les différents chargements du mix énergétique sont lisibles à tout moment et sur tous les écrans du bord, y compris sur votre smartphone. Le degré de fonctionnalité et de facilité d’utilisation est impressionnant et permet d’être très serein sur le déroulement de la croisière. Une véritable invitation à un test grandeur nature...
Les performances au service de l’écologie
D’ordinaire, quand on essaie un bateau à propulsion électrique, le parc batteries est toujours à 95 % de charge, voire plus. Eh bien là, non, la charge n’est que de 50 %, car le Windelo n’était pas branché au quai. Et à 10 heures du matin, la recharge solaire commence à peine. Le puissant couple fourni par les moteurs électriques est très efficace pour s’extirper du dédale des pontons du salon. En sortant, nous poussons une pointe à huit nœuds, mais pas longtemps, car la consommation électrique s’envole. Nous hissons ensuite le jeu de voile Elvstrøm, pas mécontents que le vent soit au rendez-vous. Les manœuvres centralisées dans le cockpit au pied du mât sont très fluides. Toutes les manœuvres sont sous la main au poste de barre. Les invités, assis sur les grandes banquettes, peuvent se détendre et profiter de la navigation. Au près, la barre est très agréable. Grâce aux dérives sabres, le catamaran remonte aisément à 30 degrés du vent apparent. Le GPS indique 6 nœuds avec treize nœuds de vent réel. Avec le solent autovireur, les virements sont une formalité et on sent que la relance est très rapide. Le Windelo passe le clapot en souplesse ; la rigidité de la plate-forme participe à cette aisance. Petit coup d’œil sur l’écran : le gain solaire est de 1,2 kW, la dépense du bord de 0,2, et donc la recharge de 1 kW. A cette vitesse, l’hydrogénération ne fonctionne pas encore, mais, à n’en pas douter, une éolienne ferait son office. Nous arrivons au mouillage, et le four électrique a eu le temps de réchauffer le repas que l’on partage évidemment face à la mer. Au zénith – même si soleil ne dépasse plus beaucoup les 45° d’angle avec l’horizon une semaine avant l’équinoxe d’automne sur la Côte d’Azur, la charge solaire augmente franchement et passe à plus de 1,5 kW. A quatorze heures, les batteries de propulsion sont ainsi remontées à 56 % et celles de service à 100 %. Comme annoncé, le vent monte en début d’après-midi, et il est temps d’aller tirer des bords avec le gennaker pour s’amuser un peu. Déroulements, empannages, enroulements : ces manœuvres sont un jeu d’enfant avec drisses et écoutes revenant dans le cockpit Avec 15 nœuds de vent, les 9 nœuds de moyenne sont tenus à 60° du vent apparent. La tenue de cap est facile et la visibilité à la barre est royale. Les sensations offertes au barreur sont excellentes. Avec l’hydrogénération qui s’est mise en route, la balance énergétique remonte un peu plus franchement dans le vert. On remarque que l’hélice sous le vent travaille mieux que son homologue au vent. Pour l’heure, nous ne pouvons compter que sur 0,6 kW. En fait, grâce au cadran ultra précis du bord, nous finirons cette journée aussi instructive qu’amusante avec un peu plus de 60 % de batterie et 95 % de service. Lors d’une navigation de croisière plus longue, la recharge aurait été beaucoup plus importante. Cela nous amène à penser que la vélocité est l’alliée incontournable de l’énergie à bord d’un multicoque électrique. Et puis un catamaran rapide, c’est bien pour l’ambiance, aussi…
Conclusion
Le New Windelo 50 démontre qu’il est désormais possible de naviguer au long cours en toute sérénité sans émettre de CO2. Ce nouveau modèle est même parvenu à valider le difficile exercice de la navigation à la journée (beaucoup de dépense et peu de recharge) avec brio et décontraction. Rapide à toutes les allures, vivante à la barre, cette nouvelle version est aussi plus plaisante que l’ancienne – le New est plus abouti, techniquement et ergonomiquement. Des progrès sont encore à faire avec l’hydrogénération à basse vitesse, mais le bilan global rend d’ores et déjà la navigation zéro émission très réaliste, le tout dans de bonnes conditions de confort et de sécurité.
Cockpit avant couvert/fermé très pertinent
Utilisation du mix énergétique très efficace
Attention aux options coûteuses en énergie
Nettoyage des panneaux solaires récurrent
Descriptif technique
Architecte : Christophe Barreau – Frédéric Neuman
Design intérieur et extérieur : BE Windelo/LADIDA
Longueur hors-tout : 15,24 m
Largeur : 7,95 m
Tirant d’eau : 1,03/2,32 m
Déplacement lège : 11,2 t
Grand-voile : 92 m²
Solent : 43 m²
Gennaker : 161 m²
Moteurs : 2 x 20 kW
Générateur : 18 kW en 48 volts
Panneaux solaires : 5 680 Wc
Batteries : 53,8 kWh
Carburant : 500 l
Eau douce : 400 l
Prix de base : à partir 1 075 000 € HT
Prix de la version essayée : environ 1 350 000 € HT
Principales options :
Aménagements 4 cabines : 11 400 € HT
Porte arrière basculante : 40 420 € HT
Pack électronique : 19 840 € HT
Pack Marine Starlink : 6 900 € HT
Dessalinisateur 105 l/h : 13 750 € HT






