Chez Fountaine Pajot, on a toujours aimé ce créneau des catamarans de tailles raisonnables, capable à la fois de briller en flotte de location mais aussi auprès de propriétaires à la recherche d'un bateau pour partir…
Infos pratiques
- Le chantier : Orana 44
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Orana 44
- Assuez votre Orana 44
- Articles autour du Orana 44
Une filiation… flatteuse
En 1992, le chantier de La Rochelle sortait le Venezia 42, dont 126 exemplaires seront vendus pour la plus grande joie des loueurs de catamarans à la recherche d'un bateau facile à mener et à entretenir. Ces qualités seront bien vite comprises par nombre de navigateurs hauturiers, et on trouve encore aujourd'hui des Venezia aux quatre coins du monde. Pour remplacer ce best-seller, le chantier proposera en 2000 le Bélize 43, qui se démarque de son prédécesseur par un design plus moderne ainsi que par la volonté d’offrir des performances en nette amélioration. Résultat : 174 exemplaires sont sortis du chantier…
En renouvelant sa gamme de catamarans voile (Mahé 36 - Orana 44 - Salina 48 - Galathea 65), le chantier a dans l'esprit d'actualiser ses unités en perfectionnant l'ergonomie générale aussi bien en ce qui concerne les aménagements que le plan de pont. Et c'est bien ce qui nous a séduit lors de l'essai que nous avons réalisé de l'Orana 44…
Silhouette
En découvrant l'Orana 44, la première réflexion qui vient à l'esprit est que ce catamaran fait partie de la famille des "grands bateaux" et qu'il sera capable de vous emmener ou bon vous semble… La ligne est agréable, et les proportions parfaitement adaptées à l'image d'un catamaran sécurisant et de grande croisière. Les jupes sont larges et accueillantes, le bimini rigide est bien intégré à la ligne générale, et l'on retrouve la fameuse "casquette", signature indiscutable du chantier. L'étrave droite et la hauteur de franc-bord renforcent la sensation de bateau imposant et solide, sans pour autant le rendre massif. Tout juste pourra-t-on regretter le sifflet de jupe, qui alourdit un peu la silhouette générale vue de l'arrière.
Architecture et construction
On ne change pas une équipe qui gagne… C'est donc fort logiquement que le chantier a fait appel au même duo d'architectes Joubert/Nivelt que pour les Venezia et Belize. Leur (très) grande expérience en matière de multicoques leur a permis ici de réussir un challenge pas si évident que cela : offrir un bel espace de vie à bord, une excellente hauteur sous barrots, une sensation de volume, sans pour autant avoir à supporter des coques trop larges et un roof par trop proéminant !
Hors de l’eau l'Orana dévoile des œuvres vives classiques. Les lignes sont suffisamment tendues pour lutter contre le tangage excessif et la finesse des ailerons comme leur allongement devrait donner de bons résultats. Les safrans, les embases sail-drive et les hélices bi-pales manifestent le souci d’une traînée réduite ; globalement la surface mouillée et la géométrie générale doivent permettre à ce 44 pieds d’être bon marcheur à toutes les allures.
Au niveau de la construction, le chantier domine parfaitement la technique de l'infusion, qui permet de respecter aussi bien l'environnement que d'offrir un composite complètement homogène, ce qui se ressent au niveau du poids général du bateau et de la solidité de l'ensemble…
Vie à bord
En embarquant à bord de l'Orana, on se sent tout de suite parfaitement à l'aise. Le volume, l'espace disponible, les aérations, les couleurs claires des ameublements, tout concoure à rendre la vie à bord agréable. D'ailleurs, lors de notre essai, nous étions cinq adultes et cinq enfants à bord… Chacun a tout de suite trouvé sa place en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Les aménagements de notre bateau d'essai étaient classiques. Une version location, équipée de quatre cabines doubles généreuses, et de quatre salles d'eau tout aussi impressionnantes, chacune avec des douches séparées… A noter la cabine arrière tribord (celle dévolue au grand chef) particulièrement belle et offrant un lit "island" du plus bel effet. (Un lit "island" est un lit autour duquel on peut tourner… Un luxe plutôt rare sur un 44 pieds !). Et puis on appréciera aussi les portes coulissantes sur les descentes, un vrai plus pour préserver l'intimité de chacun.
Au niveau surface, le carré n'est pas en reste : en entrant, la cuisine se trouve sur tribord : elle offre de beaux espaces qui permettront de cuisiner aussi bien en mer qu'au mouillage, même s'il ne sera pas toujours facile de bien se caler en cas de forte houle. Et comme ce carré est impressionnant en terme de taille, il faudra à tout prix éviter de la traverser à l'horizontale… Le réfrigérateur est le modèle "Piano" qui se retrouve sur toute la gamme Fountaine. Ce frigo offre les avantages des deux types de réfrigérateurs classiques : ceux à ouverture frontale (facilité de recherche d'un produit et de stockage), et ceux à ouverture par le haut (excellente conservation du froid). Seul bémol aux aménagements, il manquera un peu d'espaces de rangement pour ceux qui désireront vivre à bord de l'Orana…
Sur l'Orana 44, vous pourrez facilement inviter des amis à profiter d'un apéritif ou autour d'un repas festif : l'espace pour les recevoir est vraiment agréable, et l'on tient facilement à 8 autour de la table du carré. La ventilation y est très bonne, et lors de notre essai (aux Antilles), nous avons pu profiter pleinement des espaces intérieurs.
Mais l'espace le plus important sur un catamaran n'est-il pas le cockpit, lieu de prédilection dans le cadre d'une croisière de location ou d'une navigation sabbatique en suivant les alizés… Et là, attention les yeux ! Le chantier a fait très fort, avec plusieurs espaces : celui autour de la table, classique et confortable, lui faisant face, une banquette / bain de soleil pratique et agréable, un poste de barre XXL (voir plus bas) et un bain de soleil, derrière ce poste de barre vraiment génial ! Pourquoi génial ? Tout simplement parce que c'est l'espace pour lequel tout le monde s'est battu pendant toute notre journée d'essai… Confortable, ludique, parfait pour ceux qui souffrent du mal de mer, comme des amateurs de pêche, ce bain de soleil n'a qu'un défaut : ne pas pouvoir accueillir tout le monde en même temps !
Plan de pont
On en rêvait depuis longtemps, le chantier Fountaine-Pajot l'a réalisé : toutes les manœuvres reviennent au poste de barre… Un plus indéniable en terme de sécurité comme de confort en navigation, surtout en équipage familial. Du coup, un skipper normalement constitué sera parfaitement à même de mener en solo son bateau, sans avoir à réveiller toute sa famille pour la moindre manœuvre. Hisser la GV, dérouler le génois, virement de bord et empannage s'enchaînent ainsi sans problème et avec une facilité déconcertante. Les winches sont bien placés, bien dimensionnés. A l'usage, c'est vraiment parfait. Seulement voilà, il y a une manœuvre qui nécessite encore d'aller en pied de mât : la prise de ris ! Quand on a dû aller en pied de mât pour prendre un ris, alors que le vent vient de monter soudainement et que la mer est mauvaise, on sait que ce n'est jamais très agréable…
Poste de barre
Fidèle à ses traditions, le chantier de La Rochelle n'a pas souhaité augmenter le fardage des ses catamarans en y greffant un fly bridge. Mais sur un 44 pieds moderne, il fallait offrir un poste de barre digne de ce nom, agréable à vivre, offrant une belle visibilité aussi bien sur l'avant que sur l'arrière. La solution proposée par Fountaine-Pajot est pertinente : un poste de barre avec une belle assise confortable pour trois personnes légèrement surélevé par rapport au niveau du cockpit. Deux petites marches permettent d'y accéder sans problème. En cas de mer formée, on pourra se tenir vigoureusement au support du bimini pour se hisser à son poste. Une fois à la barre, la vue vers l'avant et vers l'arrière est excellente, et les manœuvres de port ne poseront aucun problème. Les différentes manœuvres tombent parfaitement sous les mains. Le bimini rigide est découpé au dessus du poste de barre pour éviter de s'y cogner en y accédant (merci pour les grands), et surtout pour avoir une belle vue sur la grand-voile que l'on peut ainsi régler avec plaisir. Mais comme chacun le sait, on n'a rien sans rien et sous le soleil des Antilles, ça chauffe dur quand on passe plusieurs heures à la barre…
Essai en mer
Nous avons eu la chance de pouvoir réaliser cet essai dans des conditions assez exceptionnelles… Tout d'abord, il s'est déroulé aux Antilles, en Martinique, par un temps splendide et des conditions variées : vents de 15 à 20 nœuds établis et rafales à 30. La mer était bien hachée dans le canal entre la Martinique et Sainte Lucie, et parfaitement calme dans la baie du Marin et devant la plage des Salines. Bref, des conditions idéales pour apprécier ce que ce joli catamaran a réellement dans le ventre. D'autant plus que le bateau que nous avons essayé est un catamaran de location, en condition "réelle" de navigation, soit avec le plein d'eau (2 x 275 l), de gasoil (5x175 l) et dix personnes à bord, donc pas loin d'un déplacement en charge maxi…
Nous découvrons donc notre Orana sur un ponton de la marina du Marin. Il s'agit d'une version charter exploitée par Régis Guillemot Charter et qui revient tout juste d'une croisière aux Grenadines. A bord, aucun de nous n'a déjà navigué sur ce catamaran, pourtant il ne nous faut que quelques minutes pour prendre la mesure du bateau. Facile d'accès, manœuvres cohérentes, plan de pont évident… Nous quittons le ponton et embouquons le chenal qui doit nous mener devant Sainte Anne où nous allons pouvoir hisser les voiles. Au moteur, l'Orana se montre facile et les manœuvres de port ne posent aucun problème : du poste de barre la vue est excellente sur l'avant comme vers l'arrière. Il faudra seulement se méfier du haut franc-bord au moment d'embarquer après avoir lâcher les amarres… Avec 2 x 30 cv, l'Orana atteint rapidement sa vitesse de croisière dans un silence satisfaisant. Avec le nouveau plan de pont, une seule personne peut facilement hisser la grand-voile tout en maintenant le catamaran face au vent. Les winches sont de bonne taille, et la manœuvre ne prend que quelques minutes sans effort démesuré. Du même poste de barre on déroule le génois et on peut enfin couper les moteurs pour profiter de la carène de Joubert-Nivelt. Car c'est là la bonne surprise de cet essai : l'Orana se comporte vraiment bien sous voiles. Dans la baie protégée, sur une mer parfaitement plane, et avec 15 nœuds de vent, le cata se propulse rapidement à 8 nœuds. A 20 nœuds, il se maintient entre 10 et 12 nœuds, sans avoir besoin de jouer sur les réglages de voiles outre mesure. N'oubliez pas que ce bateau n'est pas neuf, que ses voiles de location ont déjà une bonne demi saison et qu'il est bien chargé… Alors on peut facilement imaginer qu'avec les nouvelles voiles à corne (CST) que nous prépare le chantier, l'Orana gagnera encore en vélocité.
Mais nous ne sommes pas là pour rigoler… Direction le canal de Sainte Lucie pour voir ce que l'Orana peut donner dans des conditions musclées. La mer est agitée avec des creux de 2 mètres à 2,50 mètres, et surtout désagréable, car les vagues, comme souvent dans les canaux des Antilles, sont désordonnées. Le vent monte d'un cran, avec un bon 20 nœuds établis, et quelques rafales à 25/28 nœuds. Dans ces conditions, l'Orana reste très confortable, taillant la route avec puissance dans les vagues. On passe la vague facilement, il n'y a quasiment pas de chocs sous la nacelle. A la barre, on prend un malin plaisir à surfer la houle ou au contraire à rentrer joyeusement dans la vague. Si nous étions raisonnables, il faudrait prendre un ris, mais c'est trop bon et on continue à enquiller les bords dans tous les sens. Virements de bords, empannages, au près, au largue, par vent de travers, nous n'arrêtons pas. Et plus le temps passe, plus nous avons le bateau en mains. On s'amuse même franchement à barrer, à placer l'étrave juste au bon endroit pour partir dans un surf endiablé. Une bonne journée de nav… Dans ces conditions, nous avons apprécié le côté sécurisant du bateau, avec un bon volume sur l'avant qui empêche toute mauvaise surprise dans les surfs trop optimistes.
Reste un point à voir au plus vite, comment se comportera ce catamaran dans des conditions de vents inférieurs à 10 nœuds.
Conclusion
Vraiment facile à mener en équipage réduit, agréable dans les conditions parfaites de notre essai, confortable, l'Orana a réussi ce test avec succès. La preuve ? A bord, nous aurions bien poussé jusqu'aux Grenadines pour en profiter encore un peu plus. Et puis, cerise sur le gâteau, nous nous sommes vraiment amusés à le barrer, obtenant même une pointe à 17,5 nœuds dans un surf endiablé…
Les concurrents sur le marché
|
Modèle |
Architecte |
Chantier |
Longueur en m |
Largeur en m |
Poids en t |
Surface voiles en m2 |
Prix HT en euros |
|
Lagoon 440 |
VPLP |
Lagoon |
13,61 |
7,70 |
12,15 |
116 |
331 000 |
|
Nautitech 44 |
Mortain & Mavrikios |
Nautitech |
13,47 |
6,81 |
9,2 |
96 |
348 780 |
|
Léopard 43 |
Simonis & Voogd |
Robertson & Caine |
12,95 |
6,93 |
8,6 |
91 |
NC |
|
Antares 44 i |
Antares Yachts |
Antares Yachts |
13,60 |
6,60 |
7,9 |
100 |
US$ 839 000 |
FICHE TECHNIQUE
ORANA 44
Chantier : Fountaine-Pajot
Architectes : Joubert/Nivelt
Longueur HT : 13,10 m
Largeur HT : 7,35 m
Tirant d'eau : 1,20 m
Déplacement lège du bateau standard : 9769 kg
Déplacement en charge maxi : 13 776 kg
Surface voilure :
Grand-voile : 64 m2
Génois : 45,5 m2
Motorisation : 2 x 30 cv
Eau douce : 2 x 265 l
Gasoil : 400 l
Prix : 335,000 euros HT
LES PLUS
Agrément général en navigation familiale
Volumes et aménagements
Plan de pont
LES MOINS
Prise de ris en pied de mât - seule manœuvre à ne pas revenir au cockpit.
Manque de rangements pour vie à bord.
Merci
Un grand merci à Regis Guillemot Charter, qui a bien voulu mettre à notre disposition cet Orana 44 qui revenait tout juste des Grenadines. Un bateau parfaitement entretenu, comme toute la flotte de ce louer basé au Marin en Martinique.