L'Outremer 42 est le dernier de l’ancienne équipe d’Atelier Outremer. Il propose une évolution intéressante des anciens modèles du chantier. Un peu plus de volume, une nacelle plus confortable… un sacré compromis !
Infos pratiques
- Le chantier : Outremer 42
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Outremer 42
- Assuez votre Outremer 42
- Articles autour du Outremer 42
La saga Outremer a démarré au milieu des années 1980, sous la houlette d’un architecte visionnaire et décalé, Gérard Danson. On lui doit donc le fameux Outremer 40, puis les déclinaisons 38/43 et 40/43... Des catamarans dépouillés, légers et très rapides, reconnaissables entre mille avec leurs coques fines et bananées… Du bon polyester monolithique costaud pour faciliter les réparations à l’autre bout du monde, mais un volume habitable réduit et une capacité de charge très, très limitée ! L’architecte lâche un peu de lest avec les moteurs in-board, puis les panneaux solaires… mais les clients qui souhaitent vivre à bord de longs mois en veulent plus : l’Outremer 42 est précisément la réponse de Gérard Danson à cette demande – et ce sera d’ailleurs la dernière, puisque le concepteur disparaît avant la mise à l’eau de son premier modèle. S’ensuivra une période délicate pour le chantier, privé de son charismatique fondateur. Puis Atelier Outremer rentre dans le giron de Grand Large Yachting en 2007. Et la carrière du 42 sera écourtée ; la nouvelle direction privilégie des nouveaux modèles bien plus modernes sur le plan du design. Alors, que propose le 42 ? Un réel plus en confort sans renier la philosophie du chantier. Les coques restent fines, les dérives sont là pour le cap au près et l’équilibre de barre. Quant au gréement, il arbore tout de même 94 m2 au près. Du côté de la construction, le chantier reste fidèle au polyester, moins cher et plus facile à réparer, mais adopte la technique de l’infusion et un unique moule pour les deux coques et la nacelle. Cette dernière, avec ses hublots de grande surface plus verticaux et le débord du rouf qui forme un semblant de casquette, ressemble plus à celles des productions de grande série...
Gros potentiel de vitesse
Même si le 42 semble quelque peu assagi, il reste un bon marcheur… son ratio voilure/poids au près est de 10,56 m2/t ; on est loin des bombinettes des années eighties du chantier de la Grande Motte – 21,70 m2/t pour l’Outremer 40 –, mais dans la moyenne des constructions d’il y a 10 ans. Avec quelques avantages tout de même pour le 42 : une bonne paire de dérives sabres et un gréement particulièrement élancé – le mât mesure 17,70 m tout de même. Du coup, notre catamaran, même s’il n’est pas un foudre de guerre par petit temps, se cale vite à plus de 9 nœuds au près, avec un cap de 45 à 50° du vent réel. A ces allures, la plupart de ses concurrents lui rendent un bon nœud de vitesse et 10° en cap… Autres avantages de ce catamaran dont le fardage reste gérable : il se manœuvre aisément au moteur et ne réclame sa première réduction de voilure qu’à partir de 25 nœuds de vent. Face au clapot court, les coques ne tapent pas et l’équipage reste au sec. Par bonne brise, voiles bordées, l’accélération est immédiate. Travers au vent, nos essais de l’époque nous avaient permis de relever une vitesse moyenne de 11 nœuds, des pointes à 13 nœuds et même un surf au largue à près de 16 nœuds. Au portant, il est d’ailleurs très intéressant de jouer avec les dérives : demi-remontée sous le vent, complètement remontée au vent, et voilà le 42 qui glisse encore plus vite ! Essayez, c’est drôlement grisant…
Un plan de pont qui fait la part belle aux trampolines
Le plan de pont du 42 s’accommode très bien du rouf, qui a pris – un peu – de volume comparé aux Outremer de la première génération. L’ergonomie générale a pris un petit coup de vieux face à la fluidité de circulation qu’offrent les catamarans les plus récents… mais le 42 s’en sort plutôt bien. Une marche astucieuse permet de facilement grimper "sur le toit" pour zipper le lazy bag. Sur les passavants très larges, la circulation est excellente, mais l’antidérapant n’est pas très accrocheur par temps humide. La plupart de manœuvres reviennent au pied de mât pour libérer deux zones de repos, les trampolines à l’avant, et le cockpit à l’arrière. Ce dernier, bien abrité par un bimini textile, se divise en trois parties : à bâbord, contre le rouf, est aménagé l’unique poste de barre. La vue sur l’avant est bonne, même vers l’étrave opposée. C’est ici également que sont regroupées les commandes moteurs. A l’arrière, une confortable banquette arrondie. Au centre, un puissant winch et une batterie de bloqueurs gèrent les écoutes et la barre d’écoute. A tribord, enfin, une table et encore une banquette. Les deux jupes offrent un excellent accès à la mer. Un robuste arceau supporte les panneaux solaires et fait office de bossoirs pour une annexe. Les trampolines surprennent par leur grande surface. Le bib est stocké assez bas, sur la tranche, de façon à rester utilisable en cas de retournement. Les opérations de mouillage sont bien étudiées, avec un stockage de la chaîne près du pied de mât pour le centrage des poids. C’est là que sont aménagés quatre coffres, en plus des deux volumes disponibles dans le cockpit et des deux soutes avant.
La grand-voile est hissée à la volée depuis le pied de mât : c’est la seule opération physique du bord, puisque le génois autovireur est monté sur enrouleur.
Emménagements dépouillés, mais confortables
Une nacelle à vivre : on entre de plain-pied depuis le cockpit, un plaisir dont on ne se lasse pas. La hauteur sous barrot est de 1,91 m, et la finition très soignée mais un peu froide. Bien éclairé par une batterie de hublots (dont deux ouvrants), le carré est un peu juste pour accueillir tout l’équipage – de 6 à 8 personnes suivant les versions. Pour le dépannage, quelques tabourets ou autres poufs peuvent être utiles. Côté cockpit, la cuisine reste toujours proche des convives, qu’ils s’installent sous le bimini ou dans la nacelle. Un seul évier, une cuisinière deux feux, un beau plan de travail et six volumes de rangement : voilà ce dont dispose le cuistot, qui peut gêner l’accès aux cabines. Le navigateur s’installera à bâbord, presque face à la route. Le plateau de belle taille – 1,78 x 0,50 m – est découpé pour caler un ordinateur portable et la vue parfaite vers l’avant. En revanche, les rangements sont un peu chiches pour les guides et autres documents du bord. On emprunte quelques marches pour accéder aux coques. Deux plans d’aménagement sont proposés : on pouvait commander deux coques identiques avec deux cabines et un cabinet de toilette central, ou une version propriétaire. Dans ce cas, la coque tribord abrite une unique cabine arrière tandis que les toilettes sont repoussées vers la soute. Au centre, des rangements supplémentaires ou un bureau. Toutes les cabines sont confortables, mais elles ne disposent pas de portes. Les grands gabarits privilégieront les couchettes arrière – 1,45 m de large contre 1,25 à l’avant. A noter également, les cloisons qui rigidifient la coque limitent par endroits le passage à 24 cm aux pieds. Rien à redire en revanche quant à l’aération, partout généreuse.
Conclusion
Un design général plutôt flatteur – même si le fameux rail de fargue en alu ajouré date un peu –, une bonne dose de confort en plus comparé aux modèles de la première génération : l’Outremer 42 est donc un catamaran moins spartiate que ces prédécesseurs et adapté aux impératifs de la grande croisière – énergie, capacité de charge –, mais dont les performances restent grisantes dès que la brise est au rendez-vous.
Les points à vérifier
Une structure compacte et bien échantillonnée ; l’Outremer 42 est assurément costaud. Rien ne bouge, rien ne couine, même dans une mer bien cabossée. Les premiers modèles, âgés pile de 10 ans aujourd’hui, sont encore très frais. En revanche, leurs propriétaires ont pour le plupart bouffé et encore bouffé des milles : un bon examen du gréement, des drisses et de tous les éléments soumis à de fortes charges est recommandé. Du côté du circuit d’eau, de la plomberie et de l’électricité, l’ensemble est bien posé et accessible : pas de mauvaise surprise à craindre.
On aime :
- Très marin et toujours performant
- Nacelle et volume de coque bien adaptés à la grande croisière
- Robustesse générale
On n’aime pas :
- Aménagements peu chaleureux
- Un seul poste de barre
- Manque d’intimité dans les cabines
Fiche technique :
- Chantier : Outremer
- Architecte : Gérard Danson/Nicolas Dieuset
- Matériau : polyester
- Production : 9 exemplaires de 2005 à 2008
- Longueur de coque : 13,10 m
- Largeur : 7,00 m
- Tirant d’eau : 0,70/2,30 m
- Déplacement lège : 6,50 t
- Déplacement en charge : 8,90 t
- Surface de voile au près : 94 m2
- Spi asymétrique : 101 m2
- Moteurs : 2 x 29 CV diesel
- Réservoirs : 2 x 150 litres
- Prix occasion : 185 000 euros HT