Poids plume, coques ultra- fines et dérives profondes, le 43 est bien un croiseur hauturier… qui marche comme un avion !
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Le 43, c’est le dernier représentant de la philosophie originelle d’Outremer : un cata dépouillé, simple, léger et sûr. Construit jusqu’en 2000, il a cédé sa place au 42, déjà plus civilisé, alors que le 45, sensiblement plus grand et plus logeable – 6,1 t contre 3,8 –, ne joue pas dans la même catégorie. Parce que partir à bord d’un 43 s’apparente à un sacerdoce : ne comptez pas embarquer un bloc de plongée, votre guitare électrique, la bibliothèque du salon, votre équipement de voile et vos deux surfs fétiches… La charge utile se résume en effet à 1 700 kilos. Faites les comptes : deux adultes et deux enfants (200 kg), 300 litres d’eau, 150 l de gazole et 150 kg d’avitaillement, et il ne reste plus que 900 kilos pour les voiles de portant, le deuxième mouillage, l’outillage et les éléments de confort. Autant dire que les groupes électrogènes et le barbecue resteront chez le shipchandler ! Les temps ont changé : aujourd’hui, proposer un voilier aussi radical tiendrait du casse-pipe… Le chantier Outremer l’a bien compris et propose des unités bien plus grandes qui, elles, peuvent accepter de la charge… Avant de découvrir notre 43 d'essai, quelques explications s’imposent : au départ était l’Outremer 40, lancé en 1985. Les tout premiers modèles étaient dotés d’un tout petit rouf et le plus souvent propulsés par un petit moteur hors-bord. Ultra-légers et puissants, ces 40 "roots" cavalent sans forcer à plus de 20 nœuds et sont capables de longs surfs sur la houle atlantique. Dix ans plus tard, une version Light, ou 38, est directement issue du 40 à rouf large : le gréement est assagi – 1,80 m de mât en moins – et la plateforme plus étroite de 60 cm. Le 38 se décline en version 43 avec une poutre reculée, un cockpit plus grand et des coques rallongées à l’arrière. C’est ce modèle, mis à l’eau en 1998, que nous vous présentons ici. Vous suivez ? Parce que le 40 a également eu sa version 43 rallongée… C’est la raison pour laquelle on parle de 38/43 ou de 40/43 pour différencier les deux catas.
Refit complet
Nous voilà au port des Minimes, dans la zone technique du port de La Rochelle. Le nouveau propriétaire fait équipe avec… l’ancien ! Eh oui, ils sont copains… La transaction s’est faite à Port-Saint-Louis du Rhône : Christophe Maury décide de faire le tour d’Espagne pour ramener Thalès, mais il est lâché par son équipage au premier coup de vent, à Gibraltar. Le convoyage se poursuit en solo avant qu’Alain Damage, l’ancien propriétaire, ne lui file un coup de main à partir de Faro. Une vraie histoire de mer ! Car le bateau a déjà bien bourlingué : il a appartenu à un couple d’enseignants qui s’est fait muter en Martinique, puis en Polynésie et enfin à La Réunion. A chaque changement de poste, famille et cata ont suivi… Thalès est ensuite resté quelques saisons en Méditerranée. C’est là qu’Alain, installé en Belgique, l’a acheté : "J’ai pas mal navigué avec des amis et ma fille. Ses avantages ? Peu de surface mouillée, donc peu de traînée, pour d’excellentes performances. Et son principal défaut est son manque d'habitabilité. J’avais envie de faire un tour de monde, mais je l’ai trouvé spartiate. L’Outremer 43 est toutefois bien adapté aux pays chauds et à la Méditerranée." Le catamaran sort d’un refit complet. Tout n’est pas neuf, mais tous les éléments importants ont été revus ou remplacés : accastillage démonté et remis au goût du jour, jupes refaites, nouvelle peinture antidérapante, bandes de déco extérieure après déjaunissage du gel coat, électronique neuve, bagues de safran changées, safran et dérives déposés. Les nouveaux balcons avant et arrière flambant neufs ont été empruntés au Lagoon 620, et les moteurs, des 2GM, seront sans doute remplacés par des Lombardini. Ce qui fait de cette unité un support attrayant... Et justifie un prix de vente de 185 000 euros alors que le bateau a été acheté 100 000 euros de moins.
Gros potentiel sous voile
Pour l’heure, le catamaran se dégage sans difficulté du quai alors que le vent est mal orienté et la place petite. Les deux moteurs diesel facilitent la tâche – le job doit être plus compliqué avec un seul hors-bord central. Mais le 43 est bien aidé par son faible franc-bord, son poids plume et ses dérives. Bord à bord avec un Hélia 44, on mesure la faiblesse du franc-bord comparé au dernier-né de Fountaine Pajot. Le cockpit de notre engin est abrité par un bimini en dur – CP plastifié – pas trop dans l’esprit du bateau. On préférerait une toile, mais il supporte les panneaux solaires. Les voiles sont prestement établies, l’Outremer 43 attrape les premières risées pour filer à plus de 7 nœuds sans efforts. Le bateau est particulièrement évolutif – il vire facilement – et plaisant à barrer. A l’intérieur, on est surpris par le faible volume de la nacelle mais tout y est – carré, cuisine et table à cartes. Dans les coques, encore moins de volume, mais tout de même une volée de couchettes doubles. On accède à la cabine arrière tribord par le cockpit. Au début, ça surprend. "Au final, c’est très apprécié des enfants", constate Christophe...
Une machine dépouillée pour se faire plaisir en navigation, dédiée à ceux qui ne sont pas accros à tous les éléments de confort moderne, voilà ce que vous propose l’Outremer 43. A noter : Thalès est prêt à repartir… et son propriétaire intéressé pour racheter le bateau à votre retour. Un bon plan pour une année sabbatique !
Les points à vérifier
La structure en polyester monolithique est increvable et très facile à réparer en cas de choc : le bateau, même s’il semble en piteux etat, reste généralement très sain. En revanche, la finition approximative des premiers modèles – on pense donc plus particulièrement au 40, diffusé dès 1985 – se traduit par des emménagements fatigués. Prévoir de l’huile de coude avant de retrouver un intérieur pimpant pour accueillir votre famille à bord. A vérifier également sur ces unités qui ont bien bourlingué : moteur, circuit électrique, guindeau, voiles, gréement dormant et courant.
Les + :
+ Performances exceptionnelles
+ Plaisir de barre assuré
+ Structure particulièrement robuste
Les - :
- Volume habitable réduit
- Charge utile limitée à moins de deux tonnes
- Finitions très sommaires
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Atelier Outremer
Architecte : Gérard Danson
Longueur de coque : 13,2 m
Longueur à la flottaison : 12,9 m
Largeur : 6,2 m
Tirant d’eau : 0,5/2 m
Poids lège : 3,8 t
Surface de grand-voile : 49 m2
Surface de génois : 30 m2
Moteur : HB ou deux diesel de 10 ou 18 ch
Production des 38, 40 et 34 : 36 exemplaires
Prix occasion : de 100 000 à 190 000 euros