Le chantier anglais Broadblue Catamarans propose une unité de 40 pieds légère, performante et taillée pour la vie au grand air… Le Rapier 400 est un catamaran original, dont voici l'essai complet.
Infos pratiques
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On oublie souvent à quel point le savoir-faire anglais a été essentiel dans le développement des premiers catamarans (et trimarans) de grande série. Et aujourd'hui, en apercevant le Rapier 400 sur le ponton, on découvre un bateau moderne, affûté, innovant, et surtout très léger. Un catamaran de 40 pieds qui s'annonce quasiment deux fois plus léger que la majorité des multicoques de cette taille, il est vrai offrant beaucoup plus en termes de confort…
L'image qui vient à l'esprit en découvrant le Broadblue, c'est que l'on va naviguer sur un Louisiane ou un Outremer 40 moderne !
Construction soignée
La construction est réalisée en Pologne – un pays qui démontre depuis longtemps une compétence et un savoir-faire impressionnants dans la construction navale, et qui est équipé d'unités de production dernier cri et high-tech. Les coques et le pont sont réalisés en sandwich sous vide avec âme en mousse. Les œuvres vives, pour une plus grande tolérance aux chocs et une facilité de réparation optimum, adoptent le polyester monolithique. Quant aux ailerons, ils sont rapportés, de façon à offrir une flottabilité supplémentaire en cas de voie d’eau – le 400 est par ailleurs équipé de cloisons étanches structurelles. Si les ailerons étaient endommagés – corail, par exemple –, les coques ne seraient pas impactées. Enfin, dernier point positif que cette construction autorise, l’échouage, maîtrisé celui-là, est possible.

Déclinaisons multiples du plan de pont
Outre sa légèreté et son volume forcément en retrait comparé aux productions de même taille, le Rapier 400 propose de nombreuses formules originales. A commencer par le rouf, court ou long. Le modèle que nous avons essayé est la version équipée du rouf court. Une unité plutôt adaptée aux mers chaudes et complètement ouverte sur le cockpit – de simples bâches zippées avec fenêtres permettant toutefois de fermer l'espace de vie en cas de mauvais temps. Un concept Open plus radical encore que ceux développés sur les Nautitech 40 et Bali 4.0. La nacelle du Rapier est en fait modulable à l’envi ; la nôtre affiche 1,84 m de hauteur sous barrot, mais le chantier peut vous en préparer une sur mesure, un peu plus haute si vous le souhaitez… Le cockpit peut être protégé par un bimini, mais il y a surtout la possibilité d’opter pour un rouf long. En un mot comme en cent, pour le plan de pont, c’est à la carte, et vous pouvez vous construire et imaginer le bateau de vos rêves !

Autre bon point à signaler, l’antidérapant est vraiment accrocheur.
Le poste de barre est original, avec sa console robuste et sa barre à roue de grand diamètre, il trône au beau milieu du cockpit. Surélevé et entouré d’une longue banquette de 165 cm – convivialité assurée –, il assure une bonne vue sur le plan d’eau debout. Assis, le grand vitrage du rouf permet d’y voir également, d’autant qu’il est équipé d’une paire d’essuie-glace… Les manœuvres sont réparties de chaque côté de ce poste de barre, de sorte qu’une personne seule, aidée du pilote automatique, gère facilement ce catamaran. Tous les bouts cheminent astucieusement dans des goulottes rapportées – et donc démontables. Un seul reproche : elles sont un peu souples sous le pied, tout comme les grands hublots frontaux.
En revanche, nous avons particulièrement apprécié les manœuvres de port à bord du Broadblue Rapier 400 ; d’abord, on voit bien les proues et les poupes, mais en plus, le faible fardage permet toutes les fantaisies d’approche, même par vent fort latéral.
Un ratio voilure/poids favorable
86 m2 pour 5 tonnes, ça fait un ratio voilure poids de 17,2 m2/t. Nous voilà proche des valeurs d’un Louisiane (15,27 m2/t) ou d’un Outremer 40 (21,7 m2/t)... des catamarans certes anciens, mais réputés pour être d'excellents marcheurs sous voile. Aujourd'hui, les catamarans de 40 pieds que l'on trouve sur le marché tournent tous autour des 10 m2/t… mais offrent il est vrai un confort et un volume à bord sans commune mesure.
On n’est donc pas surpris d’apprendre que le Rapier 400 a remporté à deux reprises dans sa classe la Round the Island Race. Lors de notre essai, notre catamaran (équipé d’hélices repliables) marchait à 6,5 nœuds au près par 12 nœuds de vent réels. Les ailerons autorisent un cap à 50° de l’axe du vent. Sous gennaker, on relève 8 nœuds avec un vent à peine plus faible, et quelques pointes à 9 dans les risées. Un propriétaire qui a déjà fait 4 000 milles à bord de son Rapier assure avoir fait des pointes à 16 nœuds. Dans le gros temps, la nacelle peut sembler assez basse, mais ce même skipper semble ravi du comportement de son catamaran au large de l’Espagne dans un gros coup de vent. Les coques asymétriques ont été conçues pour ne pas taper, assure-t-on chez Broadblue. Ce ne sont pas les conditions du jour, bien sûr, et nous nous régalons de la direction hydraulique, directe et précise.

Aménagements intérieurs
L'originalité du Rapier 400 tient dans son espace nacelle/cockpit d'un seul tenant. On vit à l'extérieur dans la nacelle, ou à l'intérieur quand on est dans le cockpit. Le concept de l'Open est poussé ici à son paroxysme, et ça marche.
A l’avant, l’aération est assurée par un petit panneau ouvrant ; il est possible d’en avoir d’autres en option pour encore favoriser la ventilation. On trouve ici un carré avec une table de 115 cm par 145 cm. Sur notre modèle d’essai, l’ensemble est modulable, banquette géante avec support télé devant la console. Et la cuisine, où est-elle ? Dans la coque tribord, agencée tout en longueur sur le bordé. La table à cartes ? Dans la coque bâbord. On s’y installe travers à la marche. Le plateau mesure 60 cm par 93 cm. Ces coques sont accessibles par des descentes. Du fait de leur proximité immédiate du cockpit/carré, ces descentes sont équipées à l’entrée de dalots d’évacuation, et surtout de portes étanches. Utile et rassurant en cas de gros temps… Les cabines grand format se nichent tout à l’arrière, avec 1,90 m de hauteur sous barrot et des lits de 1,60 m de large. Une troisième cabine peut être installée à l’avant, travers à la marche, quand la cuisine prend ses quartiers en haut, à l’avant de la nacelle.

Conclusion
Convaincant sous voile, le Rapier 400 propose une vie à bord inédite, un peu comme une voiture décapotable. Autre point fort de ce modèle : la possibilité de personnaliser le plan de pont à l’envi. Certes, le volume offert – surtout dans la nacelle – est bien inférieur à celui de la plupart des unités de même taille. Mais son prix est plutôt bien placé. Un catamaran parfait pour se faire plaisir, mais en équipage réduit de préférence.

- : La hauteur de la nacelle nous a semblé un peu juste, mais il est vrai que le Rapier est très léger.
- : Court ou long, le rouf ? Le chantier propose les deux formules.
- : Tous les bouts passent dans des goulottes pour arriver aux deux winches et à une batterie de bloqueurs, situés de part et d’autre du poste de pilotage.
- : Les ailerons sont rapportés pour protéger les coques en cas d’échouement brutal.
- : Les grands hublots de rouf assurent une excellente visibilité sur le plan d’eau, mais ils sont trop souples – ils se déforment sensiblement sous le poids d’un équipier.
- : Une grande barre à roue centrale surélevée : le poste de barre est tout proche des winches, situés de part et d’autre de la console.
- : Le gréement latéral est réalisé en textile. En option, possibilité d’équiper le bateau d’un mât carbone.
Les plus :
- Facilité de manœuvres
- Performances dans toutes les conditions
- Nombreuses versions de plan de pont et d’aménagement intérieur
Les moins :
- Souplesse des hublots du rouf
- Nacelle un peu trop basse
- Descentes fermées par gros temps
Descriptif technique
Constructeur : Broadblue Catamarans
Architecte : Jürgen Peter
Longueur de coque : 11,99 m
Largeur : 6,7 m
Tirant d’eau : 1,1 m
Poids : 5 t
Voilure au près : 86 m2
Grand-voile : 58 m2
Solent autovireur : 28 m2
Gennaker : 80 m2
Spinnaker : 100 m2
Moteur : IB 2 x 20 ou 30 cv diesel
Gazole : 2 x 200 litres
Eau : 350 litres
Cabines : 3
Certification CE : A
Prix de base : 230 422 €
Options :
Coques de couleur : 2 281 €
Rouf long : 14 437 €
Cuisine dans la nacelle (rouf long seulement) : 7 796 €
Carré convertible en couchette double : 2 599 €
Kit complet gennaker : 11 492 €
Voiles Hydranet et drisses Dyneema : 7 854 €
Winch drisses électrique : 3 696 €
Mât carbone : 32 340 €
Bimini (rouf court seulement) : 982 €
Supplément moteurs 30 cv : 2 166 €
Hélices trois pales repliables : 3 523 €
Réservoir d’eau supplémentaire : 1 253 €
Package Coastal Navigation Instrument : 9 529 €
Package Open-Seas Navigation : 11 827 €
Package Ocean Navigation : 15 691 €
Les concurrents
| Modèle : | Bali 4.0 | Nautitech Open 40 | Lucia 40 | Lagoon 39 |
| Constructeur : | Bali Catamarans | Bavaria Catamarans | Fountaine Pajot | Lagoon |
| Surface de voile en m2 : | 81 | 97 | 94 | 70 |
| Poids en t : | 8,6 | 8,5 | 9,1 | 11,67 |
| Prix HT en € : | 262 569 | 280 000 | 260 862 | 240 000 |