Privé d’un lancement fastueux à Cannes puis à Miami, le Samana 59 démarre donc sa carrière relativement discrètement entre Marseille et Toulon… Le remplaçant de l’Ipanema 58 a tout de même réussi à convaincre un public averti – pas moins de 20 unités sont d’ores et déjà commandées ! Nous avons pu naviguer à bord de ce luxueux catamaran.
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Lieu de l’essai : Bandol, France
Conditions : mer peu agitée, vent de sud-est de 10 à 15 nœuds
L’annulation tardive du Cannes Yachting Festival a motivé de nombreux constructeurs à organiser des événements privés sur la côte méditerranéenne française, de préférence aux mêmes dates que le rendez-vous cannois initial. C’est l’opération qu’a organisée Fountaine Pajot dans le port de Bandol. A défaut de la troisième nouveauté 2021, le Power 67 – finalement resté en Grèce –, l’Isla 40 et le Samana 59 ont donc été présentés pour la première fois à un public restreint du 10 au 13 septembre dernier. Et c’est donc juste après ces journées de présentation que nous avons pu essayer ces deux catamarans. Le timing est serré : shooting photos et vidéos ont déjà commencé…
Design flatteur
Comparé à son prédécesseur l’Ipanema 58 lancé six ans plus tôt, le Samana 59 est incontestablement plus élégant. Le travail d’intégration du flybridge est particulièrement abouti et réussi. L’effet de sustentation des superstructures obtenu par les hublots latéraux qui masquent les montants, les « oreilles » de cockpit vitrées et les ailes de rouf de couleur grise y sont pour beaucoup. La ligne de pont est également complètement différente. A la ligne droite du 58 succède une tonture inversée très prononcée à bord du 59. Le design général, renforcé par une nervure et des hublots de coques très travaillés, est bien plus flatteur – étraves et poupes paraissent ainsi affinées, d’autant que les premières sont désormais sensiblement inversées. Le tour de force des architectes du cabinet Berret-Racoupeau – ce sont d’ailleurs les mêmes qui s’étaient attelés à concevoir l’Ipanema – est donc d’être parvenus à dessiner un catamaran bien plus beau. Un défi qui n’avait rien d’évident : le Samana 59 est encore plus grand, plus large, plus lourd que le 58.

Malgré l’importance des superstructures, les architectes sont parvenus à dessiner un catamaran élégant.
Sacrée machine…
Dans le port de Bandol, facile de retrouver cette nouveauté : son tirant d’air est le plus important des 1 600 bateaux amarrés ici ! Vu plus près du quai, le 59 joue assurément dans la cour des grands – celle des flagships du constructeur, chapeautés par l’Alegria 67. Tous les codes de l’univers du luxe sont présents – matériaux, sensation d’espace, utilisation exclusive d’équipements haut de gamme. A bord, des techniciens travaillent encore à régler les derniers détails de la domotique. Les acheteurs de ce n° 1 sont déjà à bord ; ils commenceront leur périple familial par une transatlantique. La passerelle nous mène à une des deux larges jupes arrière dont les marches s’incurvent légèrement. Entre les deux coques, une énorme plate-forme hydraulique occupe toute la surface disponible – elle peut supporter un dinghy de 4,50 m et 350 kg. Plus haut, le cockpit prend ses aises sur 27,5 m2… Sur bâbord, la table extérieure de cockpit en teck mesure 224 cm par 129 cm – une rallonge est disponible en option. On peut s’y installer à douze : six sur la banquette, six sur les tabourets ou fauteuils. Deux banquettes sont également installées – 2,65 m à l’arrière et 1,74 m à tribord. Une cuisine extérieure est également en place.
Les deux vitrages qui prolongent le rouf participent à l’excellente protection du cockpit. Sur chaque bord, trois marches mènent aux passavants – de vrais boulevards : ils font toujours plus de 87 cm de large et sont défendus par un pavois de 13 cm. En revanche, il n’y a pas de mains courantes sur le rouf. Tous les panneaux de pont – et ils sont nombreux – sont bien sûr flush. A l’avant, on parvient à un deuxième cockpit – ouvert, celui-là – et aux deux trampolines.
Un flybridge de 30 m2
Depuis le cockpit arrière, neuf larges marches mènent à l’imposant flybridge. De là-haut, vue imprenable, bien sûr… mais on est relativement exposé au vent, d’autant plus fort qu’on est haut perché. Tout est conçu pour profiter du spectacle, à commencer par les immenses solariums arrière, des assises sur bâbord – autour d’une petite table de 88 cm x 70 cm –, une cuisine en face et enfin le superbe poste de manœuvre et de pilotage, face à la route. Une assise pour deux, une grande barre à roue centrale, un tableau de bord avec écran XXL et une imposante batterie de quatre winches XT66 Antal. Cet accastillage est parfaitement étudié, tant sur le plan de l’ergonomie que sur celui de la puissance. Un navigateur éclairé peut gérer cet imposant catamaran – à condition de mesurer les efforts en jeu lors des manœuvres. Pas d’improvisation ici, mais rien de très compliqué. Au final, ce sont plutôt les parties d’escalade dans la bôme et la gestion de cette imposante unité qui pourraient dépasser les compétences – tant physiques que techniques – d’un propriétaire, lequel serait alors avisé de faire appel à un ou plusieurs professionnels.

Sur le flybridge, le constructeur a rassemblé le poste de barre et de manœuvres, un carré et une cuisine extérieurs, sans oublier un vaste solarium à l’arrière.
Un confort digne d’un palace
Côté cockpit arrière, une vaste baie vitrée garantit un passage de plain-pied vers l’intérieur. L’ouverture fait 2 mètres de haut par 1,4 mètre de large ; une ouverture en hauteur permet de gagner encore 1,36 m en largeur. Dans la nacelle, on est immédiatement surpris par l’immense volume offert – mis en valeur par une généreuse hauteur sous barrot de 2,10 m. Cette nacelle immense est encore plus spectaculaire dans l’option Galley Down retenue ici : un carré sur bâbord peut accueillir 10 ou 11 personnes avec son plateau de 95 cm x 110 cm qui se dédouble, tandis qu’un coin lounge s’étend à tribord… A l’avant, le bar en U et le coin navigation sont séparés par une imposante porte avant montée sur pantographe. En plus d’offrir un passage direct vers le cockpit avant, cette pièce est remarquable sur le plan technique et esthétique. Un seul bémol : la marche située juste avant le seuil mérite un marquage pour éviter quelques chutes… Globalement, la finition est flatteuse – seuls quelques caches et diverses baguettes de raccords, eux-mêmes sur des pièces de jonction, trahissent une exécution un brin expéditive plutôt qu’une réflexion de fond qui serait de traiter au mieux le moindre détail. Un autre point perfectible ? Le bruit ! De nombreux couinements, grincements et autres vibrations sont perceptibles pendant la navigation – à la voile comme au moteur.

En version « Galley Down », la nacelle propose un immense carré complété d’un salon sur tribord.
Eclairage et système électrique de qualité peuvent être accompagnés de toutes les options possibles en termes de confort – système écran/son, Internet, climatisation, etc. Les cabines se répartissent sans surprise dans les coques. La grande option, c’est la cuisine : dans la nacelle ou en coursive à bâbord ? La seconde formule convient évidemment parfaitement à un équipage intégrant des pros à bord, lesquels disposent alors de leurs quartiers dans la coque bâbord. D’une manière générale, les cabines sont très vastes et les couchages le plus souvent installés travers à la marche – vue sur mer garantie, même installé au fond de la couette ! Le plus des cabines arrière est bien sûr l’accès direct sur le cockpit via une descente privative.
Moyennes supérieures à 10 nœuds
Evidemment, manœuvrer une plate-forme de près de 20 mètres par 10 qui frise les 30 tonnes ne ressemble pas à un exercice d’improvisation. Cette opération réservée à un skipper très expérimenté. La motorisation prévue en standard est de 2 x 110 CV – des blocs de 150 CV sont prévus en option. On se sent tout de suite plus à l’aise en eau libre ; là, tout se passe sur le flybridge. Le Samana 59 est calé face au vent. Quelques minutes sont nécessaires pour que la corne de la grand-voile rejoigne la tête de mât. Dès lors, nous pouvons nous engager sur un bord, puis couper les moteurs et dérouler le génois. Si le mât est relativement reculé et posé sur le rouf, c’est bien une voile d’avant à recouvrement qui a été retenue. Associé à une grand-voile à large corne, le plan de voilure est puissant et permet de naviguer à la voile dès 5 à 6 nœuds de vent. Attention toutefois aux écoutes de génois lors des virements de bord. Nous sommes pour commencer calés au travers ; avec 12 nœuds de vent, le GPS affiche 8 nœuds. Au près, le vent monte un peu – 13 nœuds. A 50/55° du vent réel, nous relevons 7,5 nœuds. Une valeur très honorable compte tenu du fardage du Samana et de ses appendices peu profonds (1,65 m). Abattre sensiblement est l’occasion de dérouler le gennaker : la vitesse oscille entre 8 et 10 nœuds suivant la force du vent – jamais supérieure à 15 nœuds. De fait, il suffira d’un petit 4 Beaufort au portant pour naviguer en permanence au-dessus de 10 nœuds – la longueur a du bon !
Le gennaker permet d’allonger la foulée ; les 10 nœuds sont vite dépassés !
Conclusion
Une fois encore, la formule catamaran démontre qu’on peut s’offrir le luxe d’un yacht de plus de 24 mètres dans un voilier de 5 mètres de moins. Les prestations proposées par le Samana 59 sont bien dignes de la grande plaisance. Gardons le mot de la fin pour Thomas Bez, skipper de ce premier exemplaire : « Ce 59 est incroyablement confortable et reste gérable à deux. Lors de notre tour d’Espagne, le catamaran s’est parfaitement comporté en haute mer, sans jamais taper ; nous avons enchaîné les journées de 200 milles sans forcer. »
DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Fountaine Pajot
Architecte : Berret/Racoupeau YD
Longueur : 18,78 m
Largeur : 9,46 m
Poids lège : 28,2 t
Tirant d’eau : 1,65 m
Surface GV : 117 m²
Surface génois : 87 m²
Eau : 1 150 l
Gasoil : 1 200 l
Motorisation : 2 x 110 ou 150 CV
Versions disponibles et prix en € HT :
Maestro : 1 338 078
Charter : 1 369 196
Principales options en € HT
Cuisine en bas : 50 000
Pack Grand Large : 28 000
Pack Océanique : 90 000
Pack Confort : 108 000
Moteurs 150 CV : 4 400
Hélices tripales repliables : 16 149
Propulseur d’étrave : 18 346
Hard top : 62 700
Meuble cuisine au fly : 6 070
Aménagement de pointe avant : 19 200
Caméra arrière : 980
Pack électronique Garmin 3 : 32 000
Communication satellite : 22 712
Amplificateur Wi-Fi : 1 684
Lave-vaiselle 12 couverts : 2 050
Climatisation complète : 45 614
Eclairage sous-marin : 3 457
Panneaux solaires 3 x 170 W : 4 721
Groupe électrogène 17 kW : 23 978
Dessalinisateur : 220 l/h : 16 437
Voiles en Hydranet : 24 600
Gennaker : 13 980
Mât carbone : 125 000
Plate-forme hydraulique : 50 240
Mise en service : 13 200

Cette version d’aménagement avec cuisine dans la coque bâbord est celle de notre modèle d’essai.

Une immense nacelle, deux possibilités : la cuisine peut être installée à bâbord… ou non, et laisser place à un carré XXL.

Le flybridge du Samana 59 offre une surface record de 30 m2.
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Dans les coques, 4 à 6 cabines et des salles de bains tout confort vous attendent.
Les +
+ Confort exceptionnel
+ Performances à toutes les allures
+ Aménagement de la cuisine dans la nacelle ou en coursive
Les -
- Marche traîtresse devant la porte avant
- Flybridge exposé au vent
- Insonorisation générale à revoir


