Plébiscité en Australie, best-sellers aux USA, le chantier Seawind débarque maintenant en Europe, avec un catamaran de croisière marin et surtout malin : le Seawind 1160…
Infos pratiques
- Le chantier : Seawind 1160
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Un concept innovant
A chaque fois qu'il est présenté sur un salon nautique, ou encore quand il arrive dans un mouillage, le Seawind 1160 attire immanquablement le regard des amateurs de bateaux de croisière. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il ne ressemble à aucun autre catamaran. Construit en Australie par le chantier éponyme, le Seawind 1160 est le digne descendant du 24 et surtout du fameux 1000, qui a donné au chantier toute sa notoriété et en a fait le leader incontesté de la construction australienne. Créé en 1982 par Richard Ward, le chantier propose aujourd'hui une gamme cohérente, allant du 10 m au 12,50 m en passant par le 11,60 m qui nous intéresse ici. Des catamarans vraiment habitables, confortables mais aussi capables d'emmener leurs propriétaires au bout du monde.
Une ligne originale, voici le cata du bout du monde : le Seawind 1160…
Construction
Le Seawind 1160 est construit classiquement sur moules femelles pour les coques et les ponts, et finition extérieure en gelcoat avec antidérapant intégré sur les ponts. Les coques sont en stratifié avec résine vinylester (époxy) entre le gelcoat et l'âme en mousse. Pour les autres éléments, le chantier a opté pour de la résine polyester. Le tout est aux normes australiennes, mais aussi américaines et bien entendu européennes. Une construction solide, qui durera dans le temps, mais qui n'empêche pas une finition plutôt flatteuse et de bon goût au niveau des intérieurs.
Lors de notre essai, la météo n'a pas été très clémente… Nous voici obligés de tirer des bords devant Portovenere…
Un catamaran ingénieux
Car si le look du Seawind est unique, son intérieur est lui beaucoup plus classique. Les coques ne sont pas très larges, car elles ont été développées à partir de celles du 1000, en élargissant seulement suffisamment au-dessus du niveau de l'eau pour obtenir du volume, sans pour autant trop toucher à la carène à proprement parler. Résultat, les entrées d'eau sont fines et permettent au catamaran de se déhaler à la moindre brise, comme nous avons pu le voir lors de notre essai. Le cockpit est particulièrement attrayant, et ce qui frappe dès la montée à bord, est la parfaite harmonie et l'intelligence de la conception. Chaque chose est à sa place, les angles sont parfaitement arrondis, les marches agréables. On sent qu'à la conception du 1160, il y a une équipe qui a beaucoup navigué… Ce cockpit, bien fermé, est sécurisant. Sous l'arceau, on trouve une ingénieuse banquette arrière qui entoure le magnifique barbecue. C'est l'espace privilégié, aussi bien en navigation – car dans le sens de la marche – qu'au mouillage. Quatre adultes tiennent confortablement sur ces banquettes qui sont de plus vraiment très confortables. Sur chaque côté du cockpit, on trouve deux coffres profonds vraiment pratiques où trouveront naturellement leur place les palmes, le seau ou encore le charbon de bois pour le barbecue. Ces deux coffres sont surmontés d'un coussin attaché par des pressions : simple, facile et pratique ! Contre les parois du roof, on trouve les deux barres à roue, ce qui, sur un catamaran d'un peu plus de 11 mètres, est déjà un exploit. Toutes les manœuvres reviennent au cockpit à tribord ou à bâbord sur chacun des deux winches disponibles de chaque côté, sauf les écoutes qui peuvent être gérées indépendamment d'un côté ou de l'autre. A bâbord, on trouve les commandes moteurs, et le bouton qui déclenche le guindeau directement du poste de barre. Là encore, c'est un vrai plus en termes de sécurité, surtout en équipage familial. Seul bémol, mais il est de taille, la position des winches n'est pas idéale pour manœuvrer. En revanche, l'accastillage Harken de notre bateau d'essai ne mérite que des éloges. Les bloqueurs sont bien positionnés, les winches de la bonne taille, les renvois (nombreux) cohérents et les frottements limités. Envoyer la grand-voile n'est qu'une formalité, tout comme la prise de ris et toutes les manœuvres des voiles d'avant.
Et un, et deux et trois portes qui disparaissent en un clin d'œil pour laisser un espace de vie génial.
Mais le must est sans conteste le chariot de grand-voile qui a trouvé sa place sur l'arceau à l'arrière du cockpit, arceau qui reçoit aussi les panneaux solaires et les bossoirs. Pour régler le chariot de GV, il suffit de positionner l'ergot sur tribord ou sur bâbord, puis avec la manivelle de winch, de donner quelques tours. Sans aucun effort, le chariot se positionne alors au millimètre près. Magique ! Tout cela combiné au foc auto-vireur fait du Seawind 1160 un catamaran très facile à manier, même en solo, ce qu'apprécieront les familles naviguant pour quelques jours ou quelques mois… Le bimini est lui aussi ingénieux : il est rigide sur sa partie centrale, permettant ainsi de facilement accéder à la bôme et au chariot de grand-voile, mais seule une toile sur les deux côtés protège le cockpit. Ces toiles se roulent et se déroulent très facilement, ce qui permet de profiter, selon la météo, de l'ombre ou du soleil, sans hésitation. Mais le vrai trait de génie sur ce bateau, c'est la porte qui sépare le cockpit du carré. Composée de trois éléments séparés, elle peut être plus ou moins ouverte, selon les envies de chacun. Mais si vous avez envie de profiter de l'espace carré – cockpit à fond, vous pouvez remonter la porte qui disparaît dans le bimini. Un système très simple, composé d'un bout qui revient sur le winch bâbord, d'un crochet qui s'accroche au bas de la porte, et en quelques tours de manivelles, la porte a disparu. Moins d'une minute est nécessaire pour passer de la configuration porte fermée à plus de porte du tout et vice versa. Lors de notre essai, il faisait 8°C, et pourtant, nous avons tout ouvert pour profiter de l'espace gigantesque ainsi proposé : on se croyait ainsi dans un bateau beaucoup, beaucoup plus grand…
Vous êtes à la barre du Seawind 1160… Vous ne voyez rien ? Nous non plus !
Un intérieur lumineux et cosy
Le chantier a fait le choix de proposer une cuisine en coursive (côté tribord). Du coup, le carré est exclusivement composé d'une magnifique banquette et d'une table, le tout se transformant en lit gigantesque… Cette espace est vraiment agréable, et les boiseries comme la sellerie sont vraiment d'excellente facture. Les vieux grincheux dans mon genre trouveront toutefois qu'il manque une table à cartes pour pouvoir s'amuser avec ses compas et autres règles, mais le dieu informatique ayant depuis longtemps envahi les catamarans de croisière, il paraît que ce n'est plus nécessaire… En revanche, tout le monde appréciera les deux (très) grands hublots ouvrants, assistés par des vérins, qui s'ouvrent et se ferment d'une main, et offrent une luminosité et surtout une ventilation absolument géniale. On sent que ce catamaran a été conçu par des gens qui ont l'habitude de naviguer sous les tropiques… Dans la coque tribord, la cuisine est vraiment impressionnante : un vrai plan de travail, de beaux rangements, et une luminosité incroyable, due au hublot sur toute sa longueur. Résultat : on cuisine avec une vue sur mer imprenable. Les deux cabines de cette même coque, une à l'arrière, l'autre à l'avant de la cuisine, sont de belle taille pour un catamaran de seulement 11,60 m. Enfin, dans la pointe avant, on trouve une salle de bains dans laquelle même les plus grands seront à l'aise. A bâbord, la cabine arrière est identique à celle de la coque tribord, mais la cabine avant est vraiment très grande, avec un lit en hauteur et travers à la marche. Enfin, entre ces deux cabines, une belle salle de bains complète les aménagements. Ce qui frappe dans ce bateau, c'est bien sûr la qualité des aménagements, les détails de finition (comme les aimants qui maintiennent les portes fermées) mais aussi la taille des espaces : rares sont les catamarans de moins de 12 mètres à en offrir autant.
Le carré est réussi, avec boiseries et sellerie de qualité.
En navigation
Nous avions rendez-vous à La Spezia en Italie fin janvier dernier pour essayer ce bateau qui nous avait tapé dans l'œil au salon de Miami ainsi qu'au dernier salon de Gênes, mais que nous n'avions toujours pas eu l'occasion de tester. Il y a souvent de très belles journées de navigation en Méditerranée en hiver, avec un magnifique soleil et un petit vent des plus agréables. Malheureusement, nous avons eu froid (8°C au plus chaud de la journée), un ciel bas et voilé et un vent… proche du zéro pointé. Dans les rafales, l'anémomètre (qui ne fonctionnait pas) aurait pu à peine annoncer 5 nœuds dans les rafales. Et encore a-t-il fallu naviguer entre deux îles pour essayer de profiter d'un effet venturi fantasque. Résultat, nous avons dû beaucoup manœuvrer pour rester dans l'étroit chenal, ce qui n'est jamais simple pour un bateau de 7 tonnes avec aussi peu de vent. Mais je dois dire que j'ai été bluffé. Le Seawind s'est montré très réactif, enchaînant les virements avec une facilité déconcertante (merci l'auto-vireur), et se relançant à chaque fois avec une étonnante bonne volonté. Avec le gennaker sur emmagasineur, nous avons finalement réussi à atteindre la vitesse de 6 nœuds sur un bord de portant, ce qui n'est vraiment pas ridicule compte tenu des conditions de vent. Dans ces manœuvres incessantes, nous avons vraiment pu apprécier les très belles et très profondes bailles à bouts ainsi que le ressenti à la barre (système par drosses). Après quelques heures, le vent est complètement tombé. Qu'à cela ne tienne, un essayeur de Multicoques Magazine reste sur la brèche et c'est en grand professionnel que je me suis mis à tester le confort du trampoline et l'espace faisant office de siège à l'avant du roof. Là encore, ce sera forcément l'un des endroits de prédilection en croisière estivale.
La cuisine prend place dans la coque tribord : rangements en nombre et luminosité au top la feront plébisciter par le cuistot…
Conclusion
Si nous avons été séduits par le Seawind 1160, c'est bien par la qualité de ses aménagements et surtout par toutes les astuces qui, en croisière, vont simplifier la vie de son équipage. Des échelons de mât escamotables en passant par l'espace dédié à la gaffe sous le bimini, jusqu'à la commande de guindeau au poste de barre ou bien sûr la porte de cockpit qui disparaît comme par magie dans le bimini, ce catamaran est vraiment facile à vivre. Il ne reste qu'à l'essayer dans des conditions de vent plus soutenu pour valider définitivement le concept innovant de ce bateau du bout du monde…
Les vitesses
Lors de notre essai, et compte tenu des conditions de vent, nous avons surtout pu valider les performances au moteur. Sachez donc qu'à 3000 tr/mn sur chaque moteur vous atteindrez la vitesse de 7,5 nœuds sur une mer absolument plate. Sous voile, nous avons atteint 6 nœuds au portant, avec un vent très faible (l'anémomètre ne fonctionnait pas), mais il ne devait pas excéder les 7 - 8 nœuds maxi. D'autres que nous ont eu la chance de naviguer avec plus de vent, ils ont atteint 7,4 nœuds avec 16 nœuds de vent et surtout 5,5 nœuds avec 7 - 8 nœuds de vent, sans gennaker…
Sport : 2,5/5 Confort : 3/5
LES PLUS
- L'espace carré - cockpit : un must. - La porte amovible : une idée géniale et pratique. - La banquette arrière : confortable et agréable au mouillage comme en navigation.
LES MOINS
- La position au winch : après une journée de navigation, je n'ai pas trouvé le bon positionnement pour ne pas me casser le dos en winchant. Désagréable, d'autant plus qu'il n'y a pas de winch électrique ! - La cuisine dans la coque, ce n'est vraiment pas convivial en équipage familial.
Fiche technique
Longueur : 11,6 m Longueur à la flottaison : 11,3 m Largeur : 6,5 m Tirant d'eau : 1,1 m Déplacement : 7 tonnes Hauteur sous nacelle : 0,73 m Surface de voiles : Grand-voile : 57 m2 Foc auto-vireur : 22 m2 Screecher sur emmagasineur : 62 m2 Motorisation : Diesel 2 x 29 CV Yanmar + Sail Drives Gasoil : 360 litres Eau douce : 700 litres Réservoir à eau noire : 240 litres Prix : 330.867 euros HT livré en Europe.
LES CONCURRENTS
MODELE Lagoon 380 Aventura 36 Spirited 380 Mahé 36 Constructeur : Lagoon Indigo Yachts Spirited Design Fountaine-Pajot Longueur : 11,55 10,60 11,70 11 Surface de voile (m2) : 79 65 96 77 Déplacement (t): 7,260 3 5,2 5 Prix HT en euros : 180 000 150 919 268 000 152 000
Détails bateau

PHOTO 1 : L'auto-vireur simplifie grandement les manœuvres. A bord de ce catamaran, les navigations en solo seront vraiment faciles…

PHOTO 2 : A l'avant, on profitera de cet espace détente pour flâner ou profiter de la vue, au mouillage comme en navigation.

PHOTO 3 : Monter en tête de mât : rien de plus facile avec ces marches repliables qui rendent l'escalade accessible à tous.

PHOTO 4 : Des mains courantes et des marchepieds permettent de se déplacer sans appréhension.

PHOTO 5 : Un poste de barre vraiment complet, avec de belles bailles à bouts pour accueillir toutes les manœuvres qui reviennent au cockpit. A noter la commande de guindeau contre la cloison

PHOTO 6 : Le système pour régler le chariot de grand-voile est vraiment simple : un ergot à déplacer du côté où vous voulez que le chariot aille, un ou deux tours de manivelle de winch et vous réglez votre chariot au mm…

PHOTO 7 : La fameuse banquette arrière. Même par temps (très) froid, on y est vraiment bien. Et avez-vous remarqué le magnifique barbecue ?
