Bel exemple de longévité pour ce modèle qui nous vient de l’hémisphère sud : proposé depuis 12 ans, il n’a pas pris une ride ! (Re)découverte de ce modèle particulièrement séduisant pour la grande croisière au soleil.
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Quand vous découvrirez le Seawind 1160, vous vous direz sûrement que ce modèle ne ressemble pas aux autres catamarans de sa catégorie… et vous aurez bien raison ! Avec ses coques surélevées par d’imposants hublots latéraux, sa nacelle compacte et ses coques fines, il a son look bien à lui. Peu connu en Europe, il est logiquement bien plus populaire dans son pays d’origine, l’Australie, mais également aux Etats-Unis, où il connait un grand succès commercial. Le chantier aujourd'hui implanté en Asie se développe, et compte bien présenter l’année prochaine son 1600 dans les salons nautiques européens, nous explique Shane Grover, qui gère également Corsair Marine. A ce jour, le 1160 a été diffusé à plus de 120 exemplaires… et il est toujours en production ! Ce catamaran a profité pendant sa longue carrière d’évolutions minimes (principalement l’adoption de matériaux high-tech) ; ce qui est à retenir, c’est qu’une version Lite est proposée depuis 2014. Il s’agit d’une déclinaison plus dépouillée, avec deux moteurs hors-bord de 20 à 25 CV en lieu et place des diesels, et un seul poste de barre. A la clé, un gain de 500 kg au peson. Parallèlement, la version Deluxe conserve les attributs du 1160 original avec ses moteurs in-board, pléthore d’options proposées en série et des couchages supplémentaires – elle existe aussi en version Propriétaire.
Une ligne originale pour un cata qui ne l'est pas moins. Le Seawind 1160 est bon marcheur et saura vous emmener loin…
Un plan de pont original
La principale singularité du 1160, quand on arpente le pont, c’est la différence de niveau importante entre le cockpit, parfaitement protégé par le bimini qui se prolonge loin en arrière, et les passavants haut perchés sur les coques : grâce à des marches larges et à une pente très douce, la circulation se révèle aisée. Et on relève des mains courantes bien placées ainsi que des marches bien utiles pour grimper sur le rouf. Une partie du bimini est amovible afin que le barreur puisse, quand le temps est au beau, avoir une bonne vision du plan de voilure. Mais les postes de barre sont trop bas pour assurer une bonne vue sur le plan d’eau, on est obligé de regarder à travers le carré pour apercevoir ce qui se passe devant. Le 1160 regorge aussi d’astuces bienvenues : commande du guindeau depuis le cockpit, logement pour la gaffe dans le bimini, et surtout sa fameuse porte amovible ; composée de trois modules, elle disparaît en moins d’une minute dans le bimini, libérant un espace exceptionnel. Ça vous rappelle forcément quelque chose… eh oui, les bonnes idées sont parfois déjà en place depuis longtemps, et les nouveaux Open n'ont finalement que redéveloppé un concept qui fonctionne depuis longtemps ! Autres points forts du 1160 : sa banquette arrière, une autre devant le mât et ses deux trampolines confortables. Côté farniente, ce catamaran n’a rien à envier aux productions les plus modernes ! Et pour l’accastillage, l’équipage est plutôt bien servi : d’abord, toutes les manœuvres reviennent au cockpit. Ensuite, la barre d’écoute se règle avec un ergot qui décide de quel côté vous souhaitez envoyer le chariot, et un winch dédié, un solent autovireur, facilite la progression au près, des échelons de mât repliables permettent d’intervenir facilement dans le gréement, des grandes bailles à bout clarifient le cockpit : non, il ne manque rien !
Le carré est confortable, et, étant dépourvu de cuisine, il offre un espace impressionnant pour un cata de cette taille.
Vivant sous voile
Décidément, les coques aux faibles largeurs à la flottaison sont bien celles qui assurent les meilleures performances… vous vous en rendrez compte dès vos premiers bords à la barre d’un 1160. Même par petit temps, il s’élance gaillardement et rend vite inutile l’appui des moteurs. Avec son ratio voilure/poids de 11,29 m2 et son gréement élancé, ce catamaran se présente comme une unité raisonnablement véloce – on la classera dans la catégorie croiseur rapide. Autre singularité du 1160 : il vire très facilement et se relance aussitôt. De fait, les 8 nœuds de moyenne sont facilement tenus lors des longues traversées alizéennes. Outre le fait d’arriver à destination un jour ou deux avant un cata plus lourd, vous profiterez d’un réel agrément de navigation – vive les barres à drosses. Mais également d’avoir sous les pieds un bateau sûr par mauvais temps, capable d’étaler une mer formée et des vents violents. La hauteur sous nacelle est de 74 cm, ce qui est suffisant pour éviter de cogner durement dans les vagues au près. A cette allure, les ailerons courts – 1,10 m – semblent suffisamment bien dessinés pour limiter toute velléité de marche en crabe. Tant mieux !
La cuisine prend place dans la coque tribord : rangements en nombre et luminosité au top la feront plébisciter par le cuistot…
Volume compté dans les coques
Si la nacelle haute, généreusement éclairée et ventilée, convainc les visiteurs, le volume peut sembler relativement réduit comparé à la production actuelle… La faute à des carènes étroites, on l’a vu, mais également parce que ces coques sont en fait directement issues du Seawind 1000. Certes, elles sont sensiblement plus hautes de franc-bord et élargies en partie supérieure, mais voilà, on peut se sentir quelque peu à l’étroit. Le chantier a opté pour une cuisine déportée dans la coque tribord – les Européens n’ont pas l’habitude de cette disposition, considérée comme peu conviviale… Reconnaissons que les rangements ne manquent pas, que le plan de travail est vaste et que la luminosité apportée par l’immense hublot latéral est bien appréciable. Et du coup, la nacelle peut s’enorgueillir d’un carré très confortable – il est convertible en couchette géante. Quant à la table à cartes, eh bien… il n’y en pas ; là aussi, les Anglo-Saxons ont appris, à l’ère de la navigation électronique, à s’en défaire bien plus vite que les navigateurs européens. Revenons aux coques : à tribord, la cuisine centrale, donc, et une couchette double arrière. La salle de bains XXL est repoussée à l’étrave. A bâbord, deux belles cabines et une seconde salle de bains, en milieu de coque cette fois.
Et un, et deux et trois portes qui disparaissent en un clin d’œil, et l'espace de vie devient géant !
Les points à vérifier
Particulièrement bien construit, le 1160 ne souffre pas de problèmes structurels. Malmené dans des mers difficiles et souvent retenu par les loueurs, ce modèle se tire parfaitement de ces exercices exigeants pour un catamaran de série. L’emploi de la résine vinylester protège le stratifié des phénomènes d’osmose. L’examen d’un 1160 se résumera donc aux contrôles de ses périphériques – moteurs, haubanage, voiles, plomberie, électricité, électronique.
On aime :
- Qualité de construction
- Les astuces du bord qui facilitent la vie en croisière
- Très bonnes performances à toutes les allures
On n’aime pas :
- Mauvaise visibilité depuis les postes de barre
- Winches mal placés pour une embraque efficace
- Cuisine repoussée dans la coque tribord
Caractéristiques Seawind 1160
- Chantier : Seawind
- Production : 120 exemplaires depuis 2004
- Matériau : sandwich mousse/vinylester
- Longueur de coque : 11,6 m
- Longueur à la flottaison : 11,3 m
- Largeur : 6,5 m
- Tirant d'eau : 1,1 m
- Déplacement lège : 7 t
- Surface grand-voile : 57,00 m²
- Surface génois : 22,00 m²
- Moteurs : 2 x 29 CV diesel ou 2 x 20 à 25 CV hors-bord
- Fuel : 360 litres
- Eau : 700 litres
- Prix occasion : à partir de 160 000 € HT