Au fil du temps, Seawind, petit constructeur australien, est devenu une figure incontournable dans l’univers mondialisé du catamaran de croisière. Avec le Seawind 1170, le chantier prend une option intéressante en offrant un design moderne et une habitabilité remarquable sur une coque de moins de 12 mètres – une taille quelque peu boudée par les plus grands constructeurs, le tout sans sacrifier les performances. Le cahier des charges du Seawind 1170 en quelques mots : un catamaran de croisière océanique compact. C’est ce que nous allons vérifier !
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Conditions : Mer calme, 10 à 18 nœuds de vent, 9 personnes à bord
A l’origine de Seawind, il y a un homme, Richard Ward. Marin accompli, coureur au large, il décide un jour – il y a 39 ans – de construire son propre catamaran, juste à côté de la plage, en Australie. Plus de 40 ans plus tard, Seawind est devenu une marque reconnue à travers le monde et même un groupe, avec l’acquisition, en 2010, de la marque Corsair Marine. La société emploie plus de 550 personnes et est présente sur quasiment tous les continents. La gamme Seawind compte aujourd’hui pas moins de huit modèles de 38 à 52 pieds.
Une ambition : dessiner un catamaran de croisière océanique de moins de 40 pieds
Le 1170 est une unité de 39 pieds, c’est-à-dire une taille relativement modeste dans le monde des catamarans de croisière. Pour autant, ce catamaran profite d’une gestion de l’espace très intéressante. Construit à Izmir en Turquie dans une nouvelle usine, le Seawind est présenté par le chantier comme un catamaran compact de haute mer.
Sur le plan esthétique, le 1170 profite d’une évolution de style significative par rapport aux 1190 et 1260, avec des lignes plus tendues, plus allongées – elles sont très proches du 1370. On relève également une habitabilité revue à la hausse. On retrouve toutefois les longs hublots de coque, mais les pavois des coques sont totalement verticaux et conservent pratiquement la même hauteur de la poupe à la proue. La timonerie est beaucoup plus conséquente que sur les précédents modèles, tout en restant très aérodynamique. Le bimini rigide, quant à lui, se poursuit jusqu’à l’arrière des jupes, offrant une protection idéale contre le soleil et/ou les intempéries. Les étraves fines inversées donnent du style au catamaran, tandis que la poutre avant supporte deux enrouleurs et un bout-dehors rétractable. En dépit d’un volume généreux, la nacelle qui culmine à 70 cm au-dessus de l’eau paraît très fine, presque aérienne.
Ce joli coup de crayon offre un look moderne au 1170 et ce design réussi est également au service de la fonctionnalité. Du cockpit, il est ainsi très facile de rejoindre le pont avant grâce à de larges passavants. Ce pontage avant est principalement rigide et inclut plusieurs coffres pour les défenses, les voiles ou le matériel de sécurité. On découvre le guideau, joliment dissimulé, et, pour profiter du spectacle, deux strapontins sur la proue de chaque coque.
On retrouve cette même idée de fonctionnalité dans la zone de vie avec un cockpit qui n’est pas immense – mais nous ne sommes que sur un 39 pieds. Toutefois, la conception de ce dernier est intelligente. La partie arrière comporte une grande banquette, tandis que, sur chaque bord, un accès condamné par des filières mène aux petites jupes. Implantés de chaque côté du cockpit, les deux postes de barre profitent d’une bonne visibilité tout en étant abrités des éléments. En sus, le barreur n’est pas isolé du reste de l’équipage. Grâce à une fenêtre ouvrante, le matériel électronique reste bien protégé tout en restant facilement accessible au barreur. Enfin, une banquette permet au skipper de s’installer confortablement pour les longs trajets. Ce cockpit est aussi totalement couvert par le bimini rigide. Outre le fait de garder l’équipage à l’abri des intempéries, cela permet d’intégrer des racks pour les cannes à pêche ou pour accrocher une planche de paddle. Enfin, deux fenêtres de toit permettent au skipper de garder un œil sur le gréement.
Une circulation très facile à bord
Pour passer du cockpit au carré intérieur, Seawind a opté pour une solution intéressante. En effet, la porte de séparation est composée de trois parties. En position fermée, les deux parties extérieures de la porte s’ouvrent de manière conventionnelle, mais, si vous voulez ouvrir l’ensemble, les trois battants se replient sur eux-mêmes et un mécanisme actionné par un winch permet de monter l’ensemble au plafond. Une super idée pour gagner de la place à bord.
Le chantier a conçu ce catamaran avec dans l’idée une utilisation par un couple avec ou sans enfant. Une préoccupation qui se retrouve dans les aménagements intérieurs. En effet, bien qu’il soit en dessous de 40 pieds, ce catamaran semble étonnamment vaste.
Le carré principal se compose d’une assise en U complétée par un pouf, avec une capacité de sept ou huit personnes autour de la table. Pour un usage classique entre deux et quatre personnes, c’est amplement suffisant. Cette table est également modulable et peut être descendue pour créer une couchette d’appoint, ce qui porte à 8 la capacité de couchage. L’assise bâbord sert également de banc pour le poste de navigation, là encore, c’est une bonne manière d’utiliser l’espace. Cette table à cartes est d’ailleurs de bonnes dimensions, elle comporte un rangement dessous et peut recevoir un panel complet d’instruments électroniques. L’intérieur du 1170 se caractérise donc par une gestion intelligente des volumes. Pour ne rien gâter, l’ensemble profite d’un généreux éclairage naturel. Les nombreuses baies vitrées ouvrantes – tout comme les hublots – participent à une ventilation efficace.
En ce qui concerne la partie nuit, la coque bâbord accueille la suite Propriétaire avec un lit double, et un bel espace avant comportant pas mal de rangements. Le couloir regorge lui aussi d’espaces de stockage, et c’est là que l’on trouve le système d’alimentation électrique. Sur l’arrière, le Propriétaire peut profiter d’une très grande salle d’eau avec une douche séparée aux dimensions XXL. Cette douche intègre même un banc, cela peut être utile dans des conditions de mer agitées. Enfin, une porte dans la douche donne accès au moteur pour la maintenance.
La coque tribord profite de l’absence de table à cartes pour accueillir une vraie cuisine avec deux plans de travail, des rangements et tout l’électroménager nécessaire. Mention plus pour les hublots, qui offrent une vue mer quand on cuisine, même si l’on est situé en contrebas, dans la coque. Cette cuisine se poursuit sur l’avant par une cabine avec couchage double et salle d’eau et de multiples rangements. Enfin, sur l’arrière de cette coque tribord, on trouve la troisième cabine, plutôt destinée à un enfant ou au stockage, mais comportant tout de même un couchage double. C’est également sous cette couchette que se trouve l’accès au moteur tribord.
Un plan d’aménagement plutôt impressionnant pour une modeste unité de cette taille, puisque chaque recoin a été exploité. Les hauteurs sous barrot sont quasiment toutes supérieures à 2 m et l’on ne se sent jamais à l’étroit à bord – les murs blancs, les boiseries claires et les nombreuses baies vitrées y sont forcément pour quelque chose. Il convient également de signaler la qualité de la fabrication et le niveau de finition, tout simplement remarquables.
Un gréement facile à gérer depuis le cockpit
Pour ce qui est de l’énergie à bord, le Seawind utilise une solution traditionnelle à l’aide du moteur et d’un générateur. Le catamaran dispose également de quelques panneaux solaires et cette configuration est définie par le client de même que le nombre de batteries lithium en fonction du programme envisagé. Autre détail intéressant concernant ce roof, il est construit avec un système de récupération de l’eau de pluie. Il suffit de connecter un tuyau entre le point de collecte de la gouttière et votre réservoir d’eau, et le tour est joué – encore faut-il qu’il pleuve…
Toujours dans l’optique d’un catamaran dédié à un couple ou à un équipage réduit, le Seawind 1170 mise sur la simplicité dans l’exécution des manœuvres. Cela commence sur la proue, avec la présence de deux enrouleurs, un pour le foc et l’autre pour le Code zéro. Si l’on veut envoyer le spinnaker, on pourra utiliser le bout-dehors rétractable en carbone. A noter que, dès le départ, on bénéficie d’un foc autovireur, une solution qui simplifie grandement les manœuvres.Toutes les drisses reviennent au cockpit en prenant avantage de la largeur des passavants.
Un sac à bouts, ou plutôt un « bac » à bouts, est installé juste derrière les winches. Quant aux bloqueurs, ils sont très accessibles depuis le poste de barre. Le chariot de grand-voile a été installé sur le bimini top, ce qui est à la fois facile et très sécurisant, puisque les mouvements de bôme s’effectuent en dehors des zones de circulation.
Des performances en accord avec le programme
Si le Seawind affiche bien des ambitions hauturières, il ne prétend pas, en revanche, être un multicoque de régate ; à ce titre, il ne possède pas de dérives, mais des mini quilles. Cela ne veut pas dire non plus que le 1170 est lent, bien au contraire ! Le jour de notre essai, dans la baie de Chesapeake, dans le Maryland, nous avions une brise de 11 à 18 nœuds et une mer relativement plate, des conditions idéales pour tester ce Seawind. Pour se déplacer, le catamaran embarque un jeu de voiles Doyle avec une grand-voile de 57 m2 et un Code zéro (en option) de 51 m2, soit une surface de voile au près de 108 m2 pour un bateau qui pèse près de 10 tonnes à vide. On peut ajouter à cela un spinnaker de 111 m2, ce qui aidera vraiment dans les bonnes conditions.
Quoi qu’il en soit, toilé de la sorte, le Seawind file déjà à 8,5 nœuds avec un vent de 11 nœuds, ce qui est prometteur. Nous grimperons même à 9,3 nœuds avec un vent de 16 nœuds et un angle de 40° avec le vent apparent. Avec 18 nœuds de vent, à peine plus abattu, le Seawind s’offre des pointes à plus de 10 nœuds, ce qui permet déjà de faire de la route. En discutant avec Bill et Sierra, les heureux propriétaires du 1170 qui vivent sur le bateau à l’année pour faire vivre leur chaîne YouTube « Tula’s Endless Summer », la vitesse moyenne du catamaran se situe autour de 6 à 7 nœuds, ce qui semble totalement cohérent.
Pour sortir de la marina ou pour les journées sans vent, le Seawind 1170 est équipé de deux moteurs Yanmar de 29 CV. Une puissance qui permet de naviguer à environ 6 nœuds sans trop de bruit et avec une consommation très raisonnable.
Conclusion
Difficile de trouver un catamaran de 40 pieds aussi habitable ! Le chantier est vraiment parvenu à exploiter l’espace intérieur au maximum grâce à nombre d’astuces. De plus, cette habitabilité ne se fait pas aux dépens de l’esthétique, puisque le 1170 affiche une ligne très fluide, presque sportive, et elle ne se fait pas non plus en sacrifiant les performances, plutôt correctes pour un multicoque de croisière familiale. Notons aussi que la construction et la finition sont vraiment de bon niveau. Gardons la dernière bonne surprise pour la fin : avec un tarif de départ de 510 000 $ US, le Seawind 1170 reste plutôt compétitif au vu des prestations offertes.
Facilité de manoeuvre
Performances
Petites jupes arrière
Descriptif technique
Design : BE Seawind
Longueur hors-tout : 11,90 m
Largeur : 6,50 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Tirant d’air : 18,80 m
Déplacement lège : 9,2 t
Grand-voile : 57 m2
Foc autovireur : 27,5 m2
Code 0 : 51 m2
Spi asy : 111 m2
Réservoir carburant : 2 x 260 l
Réservoir d’eau : 500 l
Motorisation : 2 x 29 CV Yanmar
Prix de départ version SC : 510 000 US$




