Avec son Switch 51, le chantier Sud Composites s'adresse aux navigateurs au long cours exigeant, à la recherche d'une unité idéale pour voyager loin, vite et longtemps… Aujourd'hui, le chantier présente le Switch 55, une unité de prestige que nous venons tout juste d'essayer !
Infos pratiques
- Le chantier : Switch 55
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Le Switch 51 a fait ses preuves et s’affirme aujourd’hui comme un remarquable catamaran de grande croisière ; design classique, prestations individualisées et signature architecturale flatteuse ont séduit une quinzaine de skippers-voyageurs. Actuellement TATAJUBA (numéro 12 de la série) participe au rallye des îles mené par un équipage familial. Marin, solide, bien équilibré et rapide, cette berline du "juste milieu" cherchait son complément dans le segment supérieur. La mise à l’eau du 55’ permettra à l’atelier de Balaruc de répondre à des programmes plus ambitieux et de proposer un haut de gamme adapté aux exigences nouvelles d’une certaine catégorie de propriétaires.
Le Switch 55 est plus qu'un "super Switch 51"… C'est bel et bien un tout nouveau bateau !
Le concept
Le 55’ est une "jumboïsation" du 51’, cela n’est pas péjoratif car la qualité du travail effectué sur l’outillage existant (coques-roof) et la création de nouveaux moules ont permis à cette plate-forme profondément remaniée d’accoucher d’un vrai nouveau modèle. Globalement les lignes d’eau sont identiques à celles du 51’, sauf dans la zone arrière du flotteur où elles sont plus tendues et les sections évasées pour créer de nouveaux volumes dans les cabines. Le roof a été rallongé de 1.50 m, rehaussé de 15 cm et la poutre arrière reculée.
Une très jolie ligne pour un cata de grand voyage haut de gamme…
La silhouette générale
Ce catamaran est élégant ; la longueur des flotteurs et le franc-bord modéré, associés aux nouvelles jupes, mettent en évidence le design harmonieux des concepteurs. Le grand roof peut apparaître un peu massif (sous certains angles avant, en proportions des entraxes de coques et de la hauteur de nacelle qui sont restés ceux du 51’), mais cette perception disparaît dans les autres points de vue où l’esthétique générale du bateau est évidente.
Larges jupes, cockpit géant, le nouveau Switch est bien un très grand catamaran…
La construction
Le 55’ est soigneusement construit en sandwich ; l’âme est constituée d’une mousse PVC (80kg/m3), les tissus de verre orientés sont stratifiés par imprégnation contact au moyen de résine vinylester, avant mise sous vide. Les étraves et les jupes sont munies de crash-boxes et des cloisons étanches équipent les pics avant et les cales machines. Dériveur intégral de grand voyage, le Switch 55 est pensé pour l’échouage, ses fonds de coques sont en monolithique et deux petits ailerons protègent les sail-drives et les safrans.
Un catamaran qui se déhale au moindre souffle de vent…
Le choix du "sur-mesure"
Comme chaque bateau issu de l’atelier Sud Composite, FANTAZIA est très personnalisé, mais ses options gravitent autour d’une base standard et ne concernent que des implantations "secondaires" qui n’affectent pas le schéma technique du bateau. Ainsi, postes de barre, architecture interne, décoration et choix des selleries sont des objets d’arbitrage pour les propriétaires qui apprécient de participer à la création de "leur" catamaran.
Le cockpit est très agréable à vivre. A noter l'astucieux bimini en toile sur lequel on peut marcher sans problème…
Sur le pont
Les jupes sont parfaites, belles et ergonomiques, elles constituent à elles seules un nouvel espace à vivre, aux proportions inspirées. Pente, hauteur de marches, esthétique et accessibilité constituent une nouvelle référence remarquable. L’accès à bord est sécurisé par une double filière à fermeture Pélican, la convivialité du cockpit est manifeste et les parements de teck apportent une note chaude et fonctionnelle. La table est bordée d’une confortable banquette en L dont les coussins rouge vif sont assortie à la charte graphique du bateau. La progression vers l’avant s’effectue par les deux "boulevards" latéraux. L’ensemble du pont est sobre, net et dégagé. Les zones de manœuvre, de mouillage, et d’amarrage se sont avérés pratiques à l’usage.
En entrant dans le 55, on découvre à tribord la cuisine très pratique et particulièrement réussie, et devant soi l'espace salon très confortable…
Accastillage et gréement
Le mât "grande croisière" concocté par Sparcraft pour le Switch 55’ est vraiment cohérent, son architecture ne mérite que des éloges. Le tube aluminium de facture classique mesure tout de même 22 mètres, mais les arcs de gréement de ce cotre à enrouleurs sont judicieux. Le mât est bien bloqué dans toutes les configurations de voilure ; étais et bas-étais sont en Kevlar, l’auto-raidissage en rod et les drisses de trinquette et de génois sont équipées de messagers largables (évitant la présence de 40 mètres de bout en pied de mât). Deux enrouleurs Facnor achèvent l’équipement de ce poste remarquablement traité. (La seule faute de goût concerne les réas de bôme "camelote" qui ont été changés par le fournisseur après notre essai). Le plan de pont reste simple et l’assistance d’un puissant winch électrique Andersen permet de maîtriser facilement la généreuse surface de toile (plus grande que celle d’un vainqueur de l’Ostar des années 80). Le travail sur la réduction des frictions (essentiel dans ces tailles) a été mené à bien et l'excellent accastillage Frederiksen à billes est présent à tous les postes stratégiques : rail de GV, grande barre d’écoutes, etc, …). La proximité des étais oblige à rouler partiellement le génois avant de déclencher le virement, mais nos tests ont prouvé que cette manœuvre restait simple et rapide.
Les cabines sont spacieuses, bien ventilées et offrent de bons rangements. La finition y est, comme sur tout le bateau, excellente.
Aménagements intérieurs
FANTAZIA, le prototype du Switch 55’ est une version "propriétaire", la coque bâbord lui est intégralement dédiée, l’espace est donc généreux. Couchage, bureau-coiffeuse et nombreux rangements trouvent naturellement leur place à l’arrière. La coursive reçoit l’armoire électrique (d’excellente facture), les groupes de climatisation réversible ainsi que la machine à laver. Ce bateau prototype, doté d’options assez "lourdes" en termes d’architecture électrique, est parfaitement maîtrisé. L’ensemble de la connectique et des réseaux de distribution est au meilleur niveau. Le bloc sanitaire est vaste et confortable (grande douche séparée des toilettes + meuble coiffeuse avec vasque). La coque tribord accueille les invités dans deux belles cabines doubles (toutes dotées d’écran LCD). Une mention particulière doit être accordée au traitement de la nacelle centrale : comme partout dans le bateau, le bon goût et la qualité s’expriment ; le choix des matériaux, l’organisation des volumes sont à la fois chaleureux et consensuels. L’ergonomie est pertinente à la mer, bravo ! L’ensemble cuisine, armoires de froid, four et bloc 4 feux permet au chef d’être efficace en toutes circonstances et d’organiser un service et une présentation rationnelle grâce aux larges plans de travail et aux éviers adaptés. Point de course ou de gesticulation dans cette cuisine-là, le coq préside une zone de convivialité intelligente, ouverte sur le "carré extérieur". Pendant notre essai le gigot "brayaude" ou les pommes de terre "grosse louloute" ont constitué l’ordinaire de ce voilier de sybarite gastronome.
Les cales machines sont équipées de cloisons étanches et offrent un bel espace pour travailler autour du moteur…
250 miles à bord du Switch 55
Épisode 1 : le salon de Cannes ferme ses portes et nous ouvre celles du large, la pétole lacustre le dispute à la risée de confessionnal mais, nos 16.50 m de flottaison et 200m2 de toile nous permettent de faire route à 5 nœuds dans un réel à peine supérieur ! Le genaker (incidences) « vole » parfaitement et lance les 15 tonnes de notre Switch pendant que nous peaufinons les réglages de GV à l’écoute et au chariot. Le « shape » de cette voile Dacron est bien adapté au bateau, les 4 voiles font preuve d’une excellente adaptation au programme et s’averrent tolérantes et intuitives à régler, gage de facilité (même si une GV Spectra pourrait s’avérer judicieuse). Le vent refuse franchement en baie d’Hyères s’installant au NW force 2 ; le passage du Grand Ribaud (entre Porquerolles et continent) voit le Switch affirmer de bonnes qualités d’évolution au près serré : dérive à fond (2.40m), le bateau progresse franchement dans le vent (- de 50°) et laisse un sillage rectiligne. Les coulées arrière sont nettes, dénuées de turbulences et les longues voûtes lèchent le bleu avec délicatesse. Longueur de patin, voilure généreuse et dessin de carène expriment un bon potentiel, dans ces conditions légères le Switch est vivant et efficace. La brise thermique achevant sa rotation nous abandonne sur un plan d’eau agité par la houle de NW et c’est au moteur que nous rejoignons le phare du Planier. La motorisation choisie (2 X 75 CV Turbo Volvo), attelée à une paire d’hélices tripales repliables de la même marque, est puissante, « coupleuse » en manœuvre et …silencieuse ! Les vibrations sont imperceptibles et la discrétion de fonctionnement remarquable. Croiser à 8 nœuds de moyenne (9.5 en pointe) permet d’envisager d’éventuelles longues traites au moteur avec optimisme. La confection d’un rôti de porc à l’auvergnate (sur son lit de pommes de terre) nous conduit à l’heure du dîner par le travers du phare du Planier. Table pour 5 convives, génois et grand-voile sont gréés de concert et à 8 nœuds au près nous attaquons rôti et furieux clapot du même bel appétit. Ponctuée de réductions progressives, cette journée nous aura permis de monter et de descendre l’ensemble des gammes (genaker, génois, trinquette, prises de ris, …) et d’affirmer que ce gréement de cotre est parfait ! Généreux dans le petit temps, facile dans le médium, il permet de courber l’échine dans la brise (sous grand-voile réduite – trinquette) et sera le bienvenu dans la très grosse brise, avec 2 ou 3 ris. La nuit s’écoule entre 8 et 9 nœuds au prés sous GV 1 ris et trinquette, chahutés par 25 nœuds de NW sur une mer saccagée par les précédents coups de vents ; ceux qui connaissent cette région savent qu’il est éprouvant de lutter au près sur ce plan d’eau et apprécieront le fait que notre 55’ soit monté d’un bord de Marseille à Sète (75 miles) ! Cette traite de 180 miles se conclut en 24 heures chrono malgré des conditions peu favorables.
Épisode II : Les grands skis du Switch 55’ m’ont donné envie de cavalcade dans la poudreuse sur pente forte (pardon ! par vent fort !) et nous avons rendez-vous pour une fin de coup de Tramontane force 8 à 9. Hélas ! il faudra se contenter d’un petit force 3 au portant sous spi pour une traite Sète-Marseille. Une première bordée sous genaker à 8,5 nœuds (avec 12 réels), nous amène dans les parages du sud Camargue, le vent adonne et nous voilà fausse panne ! Le grand spi médium (180m2) ouvre sa chaussette et le Switch 55 confirme ses bonnes dispositions et déroule une trajectoire impeccable. La stabilité de route au portant est remarquable et notre pilote assume la situation en réduisant ses impulsions au minimum, la grande barre d’écoute permettant de bien descendre dans le vent.
Conclusion
Le Switch 55’ est beau. Il propose de superbes espaces à vivre et l’équilibre ergonomie-intimité-convivialité illustre le savoir-faire du chantier, le bon goût général exprime la "griffe" Switch. Le 55 est une Limousine de grand voyage, il marche bien à toutes les allures et, peut, malgré sa taille, être conseillé à des équipages réduits, la prise de ris automatique (par une bosse en continu) de la GV et l’excellent gréement de côtre favorisant la gestion de la puissance en toutes circonstances.
Les plus :
- Esthétique générale - Salon de pont particulièrement réussi - Gréement de cotre et facilité de manœuvre
Les moins :
- Redans de nacelle bruyants dans le clapot - Budget - Pas de GV Spectra en série
Convoyage Gènes-Sète, skipper J.Pierre Galtier
Départ Gênes : 17/10/05 à 11 h, arrivée Sète : 18/10/05 à 17 h, distance parcourue : 280 MN, durée : 30 h, moyenne : 9,4 N, vitesse maxi : 18,6 N Tendance générale : Secteur Est, état de la mer : Houle d’Est, puis vagues de 4 à 5 m du Rhône à Sète - Gênes – San Remo : N – NW 20 à 25 N - Grand Largue et Bon plein - GV haute + Génois puis Ris + Trinquette : vitesse constante 10 N - San Remo – Cannes : E 5 N : Moteur - Cannes – St Maxime : SE 15 à 20 N : Grand largue - GV 1 ris + Génois : Vitesse 10 N - Ste Maxime – Beauduc : E 20 à 27 N : Grand Largue – GV 2 ris + Trinquette, puis GV 3 ris + ½ Trinquette en papillon : vitesse entre 12 et 15 N, surf maxi enregistré 18,6 N - Beauduc - Sète : E-SE 25-30 N – Grand Largue : GV 3 ris + Trinquette : 12 N À 15 noeuds, Gilou à la barre, le rosbeef finit de cuire tranquillement dans sa cocotte… et l’équipage se prépare à passer à table, sous pilote en toute sérénité !
Fiche technique
Architectes : Van Peteghem-Lauriot Prevost Constructeur : Atelier Sud Composites (Balaruc-les-bains, 34, France) Longueur : 17m Largeur : 7.80m Flottaison : 16.50m Poids : 15 t Déplacement : 17 t Hauteur de mât : 22m Surface GV : 105m2 Surface génois : 61m2 Surface trinquette : 28m2 Genaker : 95m2 Enrouleurs : Facnor Motorisation : 45 à 80 cv (modèle d’essai 75cv Volvo Turbo) Capacité d’eau : 2 X 220 l Capacité gas-oil : 2 X 220 l Holding tank : 2 X 55 l Mobilier : sandwich nid d’abeille + placage essence bois procédé Oberflex Sol : teck ou acajou procédé Oberflex Sellerie : alcantara (coloris au choix) Froid : réfrigérateur 110 litres + congélateur 110P Waeco Ventilation : 13 panneaux de pont, 6 hublots de coque et 2 trappes d’évacuation Prix : Version croisière 735 000 euros HT, version grande croisière 924 000 euros HT

Les concurrents
MODELE CHANTIER ARCHITECTE LONGUEUR en m LARGEUR en m POIDS en t PRIX TTC euros Lagoon 570 Lagoon VP-LP 17.06 9.15 14 955 011 Sunreef 60 Sunreef Sunreef 18.30 9.50 23 1 064 440 Catana 52 Catana C.Barreau 15.80 8.60 17 1 317 000 Eleuthera 60 Fountaine Pajot Barret Racoupeau 18.28 8.57 18 994 593