Le Tanna 47 dévoilé lors du Cannes Yachting Festival 2021 remplace le Saona 47, dont il reprend les principales caractéristiques. Plus moderne et abouti que son prédé- cesseur apparu quatre ans plus tôt, le Tanna privilégie l’aisance de circulation à l’intérieur de la nacelle, optimise le flybridge, et propose jusqu’à 1 700 W de cellulles photovoltaïques. Un multicoque taillé pour aller loin…
Infos pratiques
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Lieu de l’essai : La Rochelle
Conditions : vent d’est 5 nœuds, mer calme
Ce Tanna 47 vous rappelle furieusement le Saona 47 ? C’est normal, les moules restent les mêmes, et le constructeur poursuit même la numérotation de ses coques – la nôtre porte le no 177. On pourrait donc évoquer un Saona 47 Evolution plutôt qu’une vraie nouveauté. Pour autant, les emménagements et le flybridge apportent des changements notables. Sous le design de ce Tanna 47 qui intègre toujours parfaitement la gamme actuelle des catamarans à voile du chantier – le Saona 47 disposait déjà des étraves inversées, ce qui n’était pas le cas du Lucia 40 –, on peut compter sur une construction robuste et éprouvée ; les coques et le pont sont réalisés selon procédé d’infusion de résine polyester et résine anti-osmotique (coques) sur une âme de balsa et mousse PET. Le bimini est fabriqué selon le procédé RTM sur mousse PET, alors que les cloisons structurelles adoptent le sandwich balsa ou la mousse PET par infusion. Quant aux deux quillons, ils sont rapportés et collés dans un puits réalisé en composite. En cas de talonnage violent, cet assemblage évite un arrachement des fonds de coque, et donc une voie d’eau.
Poste de manœuvre et poste de barre
Quelques minutes après avoir largué les amarres, le constat tient de l’évidence : ce 47 pieds se gère parfaitement à deux. Cette facilité de manœuvre tient d’abord à son plan de voilure équilibré. Le constructeur n’a en effet jamais cédé à la tendance de reculer les mâts – et surtout de les rallonger. En conservant un gréement plus ramassé grâce à la grand-voile à corne de 75 m2 et au génois à recouvrement de 52 m2, le Tanna 47 reste donc à la portée d’un couple ou d’un équipage familial. Le double poste de barre/manœuvres participe également à l’aisance générale. Devant, toutes les manœuvres sont à portée de main ; même l’écoute de génois bâbord, accompagnée des retours de drisse bâbord du mât, est directement accessible. Avec les trois winches Lewmar et les batteries de bloqueurs, il est tout à fait possible de virer à la volée et de récupérer le mou de l’écoute de génois pendant la rotation du catamaran. Et cette rotation est assurée par le barreur, installé juste derrière. Son poste de barre concentre aussi les commandes moteur et l’électronique du bord. Cette disposition présente également deux avantages : elle évite un empiètement trop important sur le cockpit arrière, et permet de conserver la communication avec le reste de l’équipage, d’autant que les accès sont bien étudiés. Le flybridge du Tanna 47, à peine plus haut, offre une zone de farniente de surface baptisée lounge deck deux fois supérieure à celle du Saona. Le constructeur est donc parvenu à gagner de la surface utile à l’arrière du bimini, mais aussi à intégrer 9 m2 de panneaux solaires capables de produire jusqu’à 1 700 W. Une valeur très théorique, puisque certaines cellules photovoltaïques sont positionnées derrière les protections du poste de barre – un détail à revoir. A noter également : le bib est stocké sous les marches articulées qui mènent aux postes de barre/manœuvres depuis le cockpit. L’écoulement des eaux a été amélioré de façon à éviter les phénomènes de « flaques » constatés sur le Saona.
Un cockpit vaste et bien protégé
Le grand cockpit profite d’une protection optimale grâce au bimini très couvrant. La table, décalée sur bâbord, peut accueillir 8 à 10 personnes avec ses 164 x 84 cm. Une rallonge est disponible. En plus des assises de la table, on peut compter sur une grande banquette arrière de 2,18 m vet une méridienne centrale. La plate-forme arrière, proposée en option, mesure 4,20 m. Elle peut s’ajuster aux deux jupes arrière pour offrir un véritable ponton de baignade. Il est également possible, grâce aux puissants vérins hydrauliques, de supporter (et de mettre à l’eau) une annexe et son moteur, pourvu que l’ensemble n’excède pas 200 kg. Un petit détail facile à améliorer : la grande échelle de bain semble vraiment cheap dans un univers globalement haut de gamme et soigné. Les passavants, trois marches plus haut, sont toujours supérieurs à 73 cm de largeur. Ils sont sécurisés par des mains courantes bien placées. Les capots des coffres mériteraient d’être plus rigides. Ces passages extérieurs permettent de découvrir l’architecture très couvrante du rouf par rapport aux montants et aux hublots. On découvre ensuite un très vaste pontage avant – moitié en dur, moitié trampoline. De vastes volumes de rangements y sont aménagés. D’aucuns s’étonneront de l’absence d’aménagement spécifique en dehors des bains de soleil, mais cette plage avant a le mérite de rester fonctionnelle lors des opérations d’envoi ou d’affalage de voile de portant.
Des qualités marines indéniables
Le Tanna est proposé avec des moteurs Volvo de 50 ou 60 CV ; contrairement à l’Aura 51, à l’Elba 45 et à l’Astrea 42, le 47 ne sera pas proposé en version électrique en raison de probléma- tiques techniques – dommage ! Notre essai du jour nous a gratifiés d’un vent faible – jamais supérieur à cinq nœuds. Dans ces conditions légères et malgré l’absence de voile de portant, le Tanna 47 fait bonne figure, et parvient à accrocher 3,5 nœuds au GPS à 60° du vent réel. Le bout-dehors intégré en composite permettrait d’amurer un gennaker ou un spi asymétrique. Avec une telle voile, nous marcherions sans doute alors à la vitesse du vent. Deux précédents essais du Saona 47 – dont les caractéristiques principales sont donc identiques – nous avaient permis de prendre la mesure des qualités marines du catamaran. Avec 12 à 13 nœuds de vent, le barreur pouvait déjà apprécier une belle sensation de glisse concrétisée par des pointes à 9 nœuds. Une sortie bien plus musclée en baie d’Hyères avait apporté de bons enseignements : avec 30 à 35 nœuds de vent, notre journaliste Philippe Echelle avait appareillé avec 1 ris dans la grand-voile et quelques tours sur le génois pour relever une vitesse de 10 à 12 nœuds, et même une pointe à 13,7. Un peu plus tard, avec un vent monté à 40 nœuds établis et rafales à près de 50 nœuds, le catamaran avait conservé des mouvements très doux malgré une mer courte et nerveuse.
Une nacelle qui semble bien plus vaste
Le passage du cockpit à la nacelle s’opère bien sûr de plain-pied ; ce qui surprend d’entrée, ce sont les larges ouvertures. En plus de la traditionnelle porte coulissante de 188 par 78 cm, les vantaux permettent d’ouvrir la cuisine vers l’extérieur avec une surface vitrée mobile de 128 par 98 cm. Ladite cuisine est tout à fait inédite, puisqu’elle se passe de l’îlot central adopté sur le Saona tout en concentrant un maximum de rangement. Le système froid est repoussé tout à l’avant. Les planchers offrent une surface supérieure, mise à profit pour des volumes de stockage plus importants – 1 400 litres au total dans la nacelle. Comparé au Saona, le Tanna 47 offre une nacelle qui semble bien moins encombrée. La table à cartes traditionnelle disparaît ; elle est remplacée par une mini-tablette et un panneau pour les écrans accessibles depuis le poste de barre, et donc ouverte sur le cockpit. Le constructeur a donc décliné à bord du Tanna 47 la disposition générale de l’Elba 45 avec un poste de veille qui jouxte le carré. Concrètement, on s’installe dans une confortable méridienne avec vue sur le plan de voilure et possibilité de charger une tablette, laquelle peut relayer les informations de navigation, cartographie, etc. Une vision moderne qui peut frustrer les amateurs d’un vrai coin navigation – mais aussi d’un bureau dans la nacelle. Précisons également que les hublots zénithaux auront tôt fait d’être protégés du soleil pour ne pas transformer la nacelle en étuve. Le carré, déporté sur tribord, offre une table de 125 x 114 cm ; en option, on peut disposer d’un plateau électrique qui permet de disposer d’une table basse, et même d’un couchage double d’appoint. L’ébénisterie est réalisée en Alpi : un travail soigné, tout comme l’ensemble des finitions. Cinq marches mènent aux coques, lesquelles conservent une confortable hauteur sous barrot de 1,97 m. Notre version d’essai dédie la coque bâbord au propriétaire. En plus du vaste couchage arrière qui profite d’une belle vue sur l’extérieur et d’une aération bien étudiée, on profite ici d’un vrai bureau et d’une salle de bains immense qui occupe toute l’étrave. Dans l’autre coque, la cabine avant intègre un couchage travers à la marche. Toutes les couchettes sont de type island bed ; c’est-à-dire qu’on peut y accéder par les côtés. Suivant les versions, le catamaran peut abriter 3 à 5 cabines doubles.
Conclusion
Le Tanna 47 est assurément un catamaran bien né. Rapide, marin et confortable, il présente l’avantage d’être aisé à prendre en main. Aucune manœuvre ne semblera exigeante à l’équipage, qui profitera d’une véritable plate-forme de voyage et de vie à bord.






Descriptif technique
- Constructeur : Fountaine Pajot
- Architectes : Berret Racoupeau Yacht Design
- Longueur hors-tout : 13,94 m
- Largeur : 7,70 m
- Tirant d’eau : 1,30 m
- Déplacement : 13,80 t
- Surface de voile : 127 m2
- Grand-voile : 75 m2
- Génois : 52 m2
- Couchages : 3 à 5 cabines doubles
- Carburant : 2 x 470 l
- Eau : 2 x 350 l
- Motorisation : 2 x 50 ou 60 CV
- Prix Maestro 3 cabines : 636 212 € HT
- Principales options en € HT
- Pack Confort : 66 000
- Pack électronique Garmin no 3 : 16 500
- Voiles Off Shore (Hydranet) : 21 055
- Gennaker : 6 146
- Tangon et accastillage de gennaker : 5 972
- 2 moteurs VOLVO D2 60CV : 3 008
- Hélices tripales repliables/VOLVO 60 : 2 475
- Plate-forme annexe : 26 776
- Winch de bossoir électrique : 2 453
- Annexe 3,4 m et moteur 15 CV : 8 367
- Coussins extérieurs de salon avant : 2 920
- Plancha gaz intégrée : 1 339
- Table multifonction électrique : 6 065
- Chauffage complet : 12 382
- Climatisation : 30 224
- Batterie additionnelle 150 Ah : 645
- Eclairage sous-marin : 2 541
- Solar system intégré 1 700 W : 22 383
- Groupe électrogène : 23 353
- Dessalinisateur : 15 172
- Armement sécu complet : 3 807
- Radeau de survie MP6 : 1 650
- Ancre 25 kg + chaîne : 1 246
- Catamaran vivant et facile à mener
- Plan de pont à la fois adapté aux manœuvres et généreux pour le farniente
- Design plaisant
- Pas de motorisation électrique proposée
- Pas de table à cartes
- Positionnement des panneaux solaires à optimiser
Les concurrents
| Modèle | Leopard 45 | Nautitech 46 Open | Lagoon 46 | Neel 47 | Bali 4.6 | Excess 15 | |||||||
| Longueur | 13,72 m | 13,79 m | 13,99 m | 14,20 m | 14,36 m | 14,74 m | |||||||
| Déplacement | 14,90 t | 10,80 t | 15,77 t | 10,60 t | 13,60 t | 19,05 t | |||||||
| Surface de voile | 120,50 m2 | 114 m2 | 127 m2 | 130 m2 | 121,80 m2 | 154 m2 | |||||||
| Prix en € HT | 549 000 | 516 000 | 513 900 | 463 000 | 528 860 | 677 500 | |||||||
| Essai MM | 185 | 199 | 192 | 195 | 205 | HS14 |